Les villages perchés de la Côte d'Azur

Les villages perchés de la Côte d'Azur
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À quelques km seulement de la Riviera, la Côte d’Azur recèle l’un des ses secrets les mieux gardés : les villages perchés de l’arrière-pays. Que ce soit dans les « coulisses » de Nice, de Cannes ou de Monaco, ces joyaux médiévaux dévoilent leur splendide patrimoine à ceux qui aiment vagabonder loin des sentiers battus. Une escapade apaisante, toute en séductions, au cœur de paysages méditerranéens intacts, sous le ciel bleu des Alpes-Maritimes.

Les villages d’Azur

Il y a Cannes, Juan-les Pins, Nice. Plages et mer, caps, croisettes et promenades, pêche, paillettes. Mais il y a aussi Aspremont, Saint-Jeannet, les Hauts-de-Cagnes. Collines, petites routes tortueuses, randonnées, vieilles pierres, panoramas et silence…Une autre Côte d’Azur, celle des villages perchés. Pourquoi perchés ? Tout simplement pour se protéger, car la région, terre de passage entre les péninsules italienne et ibérique, a de tout temps été convoitée et menacée.

Loin des clichés, cette Côte d’Azur-là ne s’étend pas à l’horizontale de la mer mais à la verticale des collines. Si Saint-Paul ou Vence sont désormais ultra-célèbres, qui connaît Carros-le-Vieux ou Castagniers ? Pourtant, la vie quotidienne y est douce et les jours de pluie guère nombreux.

Le temps d’un week-end, - long de préférence -, il faut goûter à la douceur de vivre de l’arrière-pays azuréen. Paresser aux terrasses des cafés, flâner dans les ruelles médiévales, profiter de points de vue à couper le souffle sur les montagnes et la mer, déguster les plats typiques, s’initier aux boules carrées, se balader et découvrir ces lieux de patrimoine.

Les villages perchés sont à portée de voiture de Nice et de Cannes, parfois même à quelques km seulement des deux villes. Il y a deux circuits incontournables, situés dans les arrière-pays niçois et cannois, séparés par la rivière du Var. Rive gauche, rive droite, bienvenue sur la route des villages perchés de la côte d’Azur !

Rive gauche du Var : l’arrière-pays niçois

Les villages perchés de l’arrière-pays niçois se trouvent à quelques km seulement de la Baie des Anges par la D 19. Falicon, première étape, offre la douceur de vivre - pour reprendre le titre du roman de Jules Romains écrit in situ-, fraîcheur et beaux points de vue. Dans ce village fleuri, vous découvrirez plusieurs façades en trompe-l’œil et des demeures baroques.

Quelques kilomètres au nord, une grimpette jusqu’au château du XIIème siècle de Tourette-Levens s’impose. Là haut, un beau panorama s’offre à vous mais aussi la visite de musées : histoire naturelle et papillons, métiers traditionnels ou encore préhistoire.

Une petite route à lacets rejoint le village perché d’Aspremont. « Aride mais libre » est sa devise. Après avoir emprunté le chemin piéton au départ du village, nous voilà à Notre-Dame-des-Salettes, sur un emplacement qui semble dominer le reste du monde ! Vallée, montagnes, collines, mer baignent dans une lumière dorée. D'Aspremont, orienté à l'ouest, les couchers de soleil sont envoûtants.

Réputés pour leur huile d’olive A.O.C., les villages de Castagniers – châtaigne – et de Colomars valent aussi le détour. GR5, promenade au mont Cima, abbaye, chocolaterie et confitures à Castagniers. Nature et aqueducs à Colomars. Et vieilles pierres, toujours.

Avant de rejoindre l’autre rive du Var, un crochet par le vignoble du Bellet vaut le détour. Une dizaine d’exploitations familiales composent la route des vins de Bellet. Parmi les plus vieux de France figurent les vins niçois… Qui l’eut cru ?

Rive droite : sur la route des Crêtes

Fiers et escarpés, ils surplombent et longent le Var. Une route étroite et sinueuse, surnommée la « route des crêtes », dessert une succession de villages perchés, au-dessus de l’Estéron et du Var. Départ de la commune du Broc, la plus éloignée de la mer. Vieux lavoir, petite église dédiée à Ste Marie-Madeleine, les férus de patrimoine apprécieront. Aux alentours, sources, forêts et oliveraies offrent une atmosphère apaisante.

Le château du village de Carros-le-Vieux, bien conservé, abrite le Centre d’art contemporain de l’arrière-pays. Pour une halte gastronomique, essayez la Forge où la cuisine de Madame le Chef se fait sous vos yeux. Suit Gattières, l’irréductible qui refuse de rejoindre la communauté de communes Nice-Côte-d’Azur. Ca pointe sur les terrains de pétanque en face de la mairie, on boit des coups sur les terrasses de l’auberge en se racontant les derniers potins du village. Le début du chemin du pèlerinage de Notre-Dame-du-Var offre de beaux points de vue.

Pour les plus sportifs, Saint-Jeannet la « montagnarde » propose de superbes parcours d’escalade sur son célèbre « baou ». A l’entrée de Vence, et après une route aux panoramas exceptionnels, une petite chapelle blanche aux tuiles vernissées bleues attire votre attention. Matisse en est le bâtisseur. Privilégiez un jour de soleil pour découvrir ses vitraux colorés illuminant une construction sobre et dépouillée. La cité historique de Vence mérite quelques flâneries avant de parcourir la courtine de Saint-Paul, village chéri des stars, artistes, galeristes et… touristes. La fondation Maeght est incontournable pour terminer le week-end avec son exceptionnelle collection d’art moderne et contemporain.

D’autres villages perchés plus loin

Il existe d’autres routes des villages perchés, pas forcément adossées au littoral de la Riviera ou aux portes des villes. Par la D121, on rejoint depuis Nice Peillon, jugé sur une falaise dans un paysage d’oliviers, de genêts et de pins. Ce village, parmi les plus beaux de la région, semble ne pas avoir changé depuis des siècles. Plus loin, Peille, dominé par la ruine de son château, a bien du charme. C’est un plaisir de se perdre dans ses ruelles médiévales. Quant aux villages fortifiés de Lucéram et Coaraze, ils annoncent déjà les Alpes…

D’autres joyaux vous attendent aussi dans les vallées des Alpes-Maritimes, où l’on ne peut plus vraiment parler de Riviera. Signalons, dans la vallée de la Roya, le magnifique village de Saorge, véritable nid d’aigle avec ses hautes maisons (XVIe-XVIIe) aux façades ocre et aux toits de lauze. On rejoint ce village d’origine étrusque par une route de montagne accrochée à une falaise escarpée. Impressionnant.

Coup de cœur : l’aura du Haut-de-Cagnes

De loin, vous apercevez les créneaux de son château médiéval. Ancien fief des Grimaldi, il abrite aujourd’hui un musée d’art et d’histoire locale. Ca et là, au sein du village, vous pourrez contempler des reproductions d’œuvres réalisées in situ par de célèbres peintres du début du XXème siècle. Dans ce lieu prisé par les artistes, une certaine magie continue à se dégager des étroites ruelles piétonnes, des maisons de village fleuries et parfaitement entretenues aux inscriptions parfois énigmatiques.

A ne pas manquer une très belle église à demi enterrée, la plus ancienne maison du village ou encore le musée du bijou contemporain. Son entrée s’effectue sur la grande place, véritable lieu de vie où l’on joue à la pétanque, déjeune, prend l’apéro pour assister à de sublimes couchers de soleil.

Si l’habitant du Haut-de-Cagnes est esthète, il a aussi le sens de l’humour. Le cercle des amis, installé dans la très pentue montée de la bourgade, a créé la discipline des boules carrées. Le désir : jouer à la pétanque. La contrainte : les ruelles « monta cala » du village. La solution : des boules carrées. Une évidence ! Depuis, les championnats du monde de boule carrée ont lieu tous les ans aux Haut-de-Cagnes. Les inscriptions sont libres. Ambiance garantie.

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Côte d’Azur

Côte d'Azur Tourisme

Guide des villages perchés de l’arrière-pays niçois édité par la communauté de communes Nice Côte d’Azur.

Comment y aller ?

Nice est desservie par le TGV plusieurs fois par jour depuis de nombreuses villes françaises. En avion, vols directs avec Air France et EasyJet selon les aéroports.

Comment se déplacer ?

La location de voiture reste la meilleure solution.

En train :

Le train des Pignes, au départ de la gare de Nice, dessert les villages de Bellet, Colomars et Castagniers. 22 allers retours par jour.
On peut également prendre le train de Nice pour rejoindre la gare de Cagnes-sur-Mer. Une navette gratuite vous conduira ensuite tous les quarts d’heure aux Hauts-de-Cagnes.

En bus

La compagnie de bus Lignes d’azur vous conduit dans tous les villages mentionnés.

Où dormir ?

- L’auberge des Baous : 35, rue du Saumalier au cœur du vieux village de Saint-Jeannet. Chambre à partir de 82 euros. Accueil chaleureux, en plein cœur du vieux village.
- La Villa Estelle : 5 montée de la bourgade, Hauts-de-Cagnes. Chambre à partir de 110 euros la nuit. Charme garanti et petit plus…non loin du cercle des amis !

Trouver un hébergement dans les Alpes-Maritimes.

Où manger ? Où boire un verre ?

- La Forge : avenue Fernand Barbary à Carros-le-Vieux. Une cuisine gastronomique réalisée sous nos yeux.
- Bar-restaurant Hostellerie provençale : 7 rue Torrin Grassi à Gattières. Bon, simple, et du cru : truite aux amandes, raviolis ou daube à la niçoise….
- Fleur de Sel : 85, montée de la bourgade aux Hauts-de--Cagnes. Une cuisine qui anoblit les produits du terroir.

Texte : Mahé Gaucherot

Mise en ligne :

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