Espagne : Santander, 5 raisons d'y aller

Espagne : Santander, 5 raisons d'y aller
Santander © JackF - stock.adobe.com

C’est souvent l’oubliée du nord de l’Espagne, sur le chemin de la Galice. Capitale de la Cantabrie, Santander se trouve à un peu plus d’une heure de route de Bilbao, en direction de l’ouest. Il faut dire que sa périphérie disgracieuse donne plutôt envie de passer son chemin… Mais, il ne faut pas se fier aux apparences. Derrière les grands axes, elle abrite l’une des plus belles baies du monde, des édifices remarquables, un grand musée d’art contemporain et des plages plus jolies les unes que les autres. Ce n’est pas pour rien que la famille royale espagnole en a fait, au 20e siècle, la destination de prédilection de ses vacances d’été. À vous de la découvrir…

Baie de Santander : l’une des plus belles au monde

Baie de Santander : l’une des plus belles au monde
Paseo de Pereda © Aurélie Michel

Emprunter la promenade Paseo de Pereda

Pour faire connaissance avec Santander et sa baie majestueuse, pas de plus belle entrée en matière que la promenade du front de mer, le Paseo de Pereda. Très populaire, l’artère grouille de vie dès le matin : on vient y promener son chien, boire un café, admirer la baie sur un banc, prendre le bateau…

D’élégants immeubles du 19e s font face à la baie. Ils arborent des balcons et oriels (fenêtres en baie) typiques de Santander. C’est aussi l’une des plus anciennes avenues de la ville. Elle a en effet échappé à l’un de ses plus grands drames : un gigantesque incendie, en 1941. Elle dévoile aussi un imposant édifice avec un grand arc, sous lequel circulent les voitures : l’Edificio Banco de Santander, l’un des emblèmes de la ville, qui abrite depuis 1923 le siège social de la Banco Santander, banque espagnole la plus importante.

Cette dernière a vu le jour en 1857 sous Elizabeth II, afin de faciliter les échanges commerciaux entre le port de Santander et l’Amérique latine. À sa tête depuis des générations et des générations : la famille Botin. La même qui est à l’origine de la Fondation Botin (1964) et du Musée d’art contemporain Centro Botin. Pile en face, il domine la baie et les beaux jardins de la Pereda, un chouette coin de nature en plein centre. Ils doivent leur nom au grand écrivain cantabrique José María de Pereda, comme en témoigne une grande sculpture représentant des scènes de ses livres.

Bateau dans la baie de Santander © Aurélie Michel

Explorer la baie en bateau

La baie de Santander est une merveille. Elle fait d’ailleurs partie du « Club des plus belles baies du monde », aux côtés de quarante-deux autres, réparties un peu partout sur la planète. D’une superficie de 23 km2, elle paraît immense… Et encore, elle l’était d’autant plus autrefois : quasiment le double ! Auparavant, les premières rues du front de mer (et notamment la balade qu’on vient de faire) n’existaient pas. La baie a en effet été remaniée à partir du 18e siècle.

Pour mesurer toute sa beauté, rien ne vaut une promenade sur l’eau. On monte à bord d’un bateau de la société « Los Reginas », qui assure des liaisons régulières entre Santander, Pedrena et Somo (en face). Un moyen de transport comme un autre, ici à Santander ! À mesure qu’il s’éloigne de l’embarcadère, la ville se livre dans son ensemble. On perçoit bien sa construction sur deux niveaux : à l’arrière-plan, des bâtiments perchés sur la colline et, au premier plan, les rues rajoutées et venues « grignoter » la baie.

Comme posé sur ses eaux calmes, le banc de sable, « El Puntal », long de 3 km, est un paradis pour cormorans, mouettes et goélands… et plagistes, l’été. Leur grand jeu : faire coucou aux passagers ! Derrière, une belle péninsule arborée laisse apparaître un édifice intriguant : le Palais de la Magdalena, construit au début du 20e siècle pour le roi Alphonse XIII.

Somo © Aurélie Michel

Faire escale à Somo

De l’autre côté, montagnes et paysages verdoyants se dessinent. Au bord de la baie, un premier village apparaît : Pedrena, dont est originaire le golfeur Severiano Ballesteros. Considéré comme l’un des meilleurs, il fait la fierté de toute la région. Le golf de Pedrena, où il s’entraîne, se love dans la verdure, en surplomb de la baie.

On fait volontiers escale au village suivant, Somo. Sa plage, longue et sauvage, fait le bonheur de tous et en particulier des surfeurs. Elle offre également une vue imprenable sur Santander, la péninsule, les petites îles…

Des plages à la ville et une superbe péninsule

Des plages à la ville et une superbe péninsule
Plage à Santander © JackF - stock.adobe.com

Une douzaine de plages

La plage en ville, un luxe ? Santander nous l’offre ! Et pas qu’une fois : elle en abrite, tout de même, plus d’une douzaine… Eaux turquoise, sable doré, petites îles à proximité… tous nos rêves de plages idylliques sont comblés. Citons Playa de Los Peligros, reliée par une passerelle à Playa Magdalena, idéale pour les familles, car bien protégée. Comme son nom l’indique, elle se situe au pied de la péninsule et du palais royal.

Au début du 20e siècle, Santander devient en effet la destination de vacances du roi Alphonso XIII et de son épouse, la Reine Victoria Eugenia (elle a donné son nom à l’une des avenues principales). En 1908, le conseil municipal décide de leur offrir un palais, grâce à une souscription auprès de la population locale. Ainsi naît le Palacio Real de la Magdalena. Chaque été, de 1913 à 1930, la venue de la famille royale et de ses courtisans transforme Santander en capitale politique de l’état. Ses séjours s’arrêtent en 1931, année de la Seconde République.

C’est à cette époque qu’ont été construits les bâtiments les plus emblématiques de la ville, comme l’Hotel Real, haut perché, et le Gran Casino, face à la majestueuse Playa El Sardinero. Son sable blond se déroule sur 1,3 km. On imagine bien l’aristocratie le fouler, au siècle dernier…

C’est aussi le départ d’une agréable balade d’environ 6 km (AR) jusqu’au phare du Cabo Mayor le long d’un sentier à flanc de falaise. En chemin, des plages isolées, comme playa de Matalenas, lovée dans une petite crique. Clou du spectacle : le Cabo Mayor et son phare de 30 m, construit en 1839. La vue sur la côte est grandiose !

Île Mouro © Dar1930 - stock.adobe.com

Balade sur la péninsule d’Alphonse XIII

Elle se visite librement et gratuitement, toute l’année de 9 h à 20 h (l’été, de 8 h à 22 h). Chênes, palmiers, pins maritimes, peupliers, platanes, cèdres du Liban… son parc de 24,5 hectares est incroyablement boisé. L’endroit idéal pour se balader et pique-niquer.

Elle offre également de très belles vues sur l’île Mouro, au milieu des flots, où se dresse l’un des trois phares de Santander (1858). Si, en été, il paraît paisible, il affronte les pires tempêtes en hiver… les vagues parviennent alors à le recouvrir totalement. Un sacré spectacle, très souvent immortalisé par d’impressionnants clichés.

Une grande route serpente jusqu’au palais royal, aux influences anglaises, françaises et locales. L’intérieur se visite le week-end (entrée payante). Les pièces sont en grande partie des reconstitutions, mais certains éléments sont d’origine : le très beau sol du Salon de danse, par exemple. Depuis 1944, il accueille le siège de l’Université Internationale Menendez Pelayo.

Promenade architecturale dans le centre-ville

Promenade architecturale dans le centre-ville
Cathédrale de Santander © Aurélie Michel

Un terrible incendie en 1941

Du quartier historique, il ne reste pas grand-chose… Juste après la guerre civile, le 15 février 1941, Santander connaît une autre grande tragédie : un gigantesque incendie ! Il va ravager une grande partie du Vieux Santander.

Pour mesurer l’ampleur du drame, rendez-vous sur la place de la Catedral de Santander. Près du bassin, un panneau explicatif retrace le chemin du feu, attisé par un fort vent du sud (il renvoie à une intéressante application mobile, « incendio Santander »). Résultat : d’énormes dégâts, quelque 120 000 m2 de ruines et de gravats ! La cathédrale, d’un style gothique très sobre, a fait partie des victimes. Une bonne dizaine d’années a été nécessaire pour la restaurer.

Il s’agit en réalité de deux églises en une. La première, située dans la partie inférieure, date du 13e siècle. C’est le plus ancien édifice de la ville. Dans ce monument très bas de plafond, un plancher vitré laisse entrevoir des vestiges de thermes romains. Construite au-dessus, l’église supérieure date du 14e et le cloître du 15e.

À cette époque, un pont la reliait à l’Église de la Anunciación, que l’on aperçoit pile en face, par-delà Calle Calvo Sotelo. D’ailleurs, le grand bassin d’eau dans lequel la cathédrale se reflète est là pour nous rappeler qu’ici passait Ria de Becedo, divisant la ville en deux.

Maisons de Santander © Aurélie Michel

Jolies façades colorées

Quand le soleil coopère, Santander devient ville de couleurs et de reflets. On a souvent le nez en l’air, pour admirer les façades des immeubles, jaunes, rouges, bleues... et très souvent pourvues d’oriels. Ces fenêtres, qui font saillie, forment de jolies loggias, où l’on aperçoit (discrètement, hein !) les gens lire, manger… ou nous observer !

On distingue rapidement deux grands types d’architecture ; grosso modo, l’avant et l’après incendie. Cela saute particulièrement aux yeux sur la plaza Ayuntamiento. Quand on tourne le dos à l’hôtel de ville – Casa Consistorial, construit en 1907 – on aperçoit dans la rue d’en face (calle Jesus de Monasterio) une ribambelle de jolis immeubles. Tout en finesse, ils arborent des façades colorées et pourvues d’oriels. Voilà à quoi ressemblait Santander avant l’incendie. Ils y ont échappé !

Puis il suffit de tourner la tête à gauche pour apercevoir, rue Isabel II, de gros buildings sans fioritures, massifs, imposants. Pas très folichon, tout ça. Logique : ces bâtiments sont représentatifs de l’architecture de la reconstruction, sous le dictateur Francisco Franco… D’ailleurs, depuis 1964, trônait sur cette place une statue à son effigie. Elle n’a été enlevée qu’en décembre 2008 ! Elle était alors la dernière en place en Espagne, celles de Madrid et de Guadalajara ayant été retirées en 2005.

Centro Botin : nouveau souffle pour l’art contemporain en Espagne

Centro Botin : nouveau souffle pour l’art contemporain en Espagne
Centro Botin © Aurélie Michel

Un bâtiment signé Renzo Piano avec vue sur la baie

Le gigantesque centre d’art contemporain Botin nous fait de l’œil depuis notre arrivée en ville. Inauguré en 2017, il est signé Renzo Piano, l’architecte italien à l’origine du Centre Georges-Pompidou à Paris et du musée de la fondation Beyeler à Bâle, entre autres.

L’édifice s’articule autour de deux volumes, érigés sur pilotis, à 7 m du sol. Ils sont reliés entre eux par une structure de places et de passerelles d’acier. Malgré sa grandeur, il sait se camoufler dans le paysage. Un vrai caméléon, dit-on ! En partie suspendu au-dessus de la baie, il semble presque flotter. Son revêtement en céramique (270 pièces !) reflète la lumière de l’eau et des jardins de Pereda. Réaménagés à l’occasion de sa construction, ces derniers sont passés de 2 à 4,8 hectares. Le sol extérieur bleuté, qu’ils ont en commun, a été pensé comme une prolongation de la baie. Et cela fait son petit effet !

Le rooftop, en accès libre, offre l’un des plus beaux panoramas de Santander et de la baie. Alors on n’hésite pas une seconde : on grimpe tout là-haut !

Centro Botin © Aurélie Michel

De grandes expositions

Le volume ouest, dédié à l’art, offre 2 500 m2 d’espaces d’exposition, dont une partie permanente. Le tout dans un cadre exceptionnel : une grande baie vitrée laisse entrevoir la baie de Santander. Les expositions temporaires s’intéressent à de grands maîtres. Dernier en date : Calder et ses fameux mobiles colorés. Au programme, en 2020 : la plasticienne afro-américaine Ellen Gallagher et l’artiste franco-allemand Thomas Demand.

Après la visite, rien de tel qu’un petit break sur la terrasse du café-resto du musée, déployée sur le quai. Une bonne adresse pour se requinquer tout en profitant de la vue.

Art de vivre à Santander : places, tapas et festivités

Art de vivre à Santander : places, tapas et festivités
Plaza Porticada © Aurélie Michel

De place en place, jusqu’à l’heure des tapas

Comme dans toute ville où il fait bon vivre, ce ne sont pas les places qui manquent, à Santander ! Certaines abritent des bâtiments importants, comme Plaza del Ayuntamiento (hôtel de ville) et Plaza de las Atarazanas (cathédrale). Sans oublier Plaza Alfonso XIII : la poste « Correos » (1918) et le Banco de Espana (1924) sont des miraculés de l’incendie.

Construite après l’incendie dans un style néoclassique, la gigantesque Plaza Porticada (de son vrai nom « Plaza de Velarde ») laisse entrevoir les vestiges des anciens remparts du 13e siècle, à travers une vitre. Pour les voir de plus près, on visite le Centre archéologique des remparts médiévaux. À l’entrée de la place, on s’arrête un instant devant la statue de Pedro Velarde, héros cantabrique de la guerre d'indépendance espagnole.

Pour un café, on se rend volontiers sur la Plaza Pombo, attachante. Pour une glace avec vue sur le Gran Casino et la plage EL Sardinero, à Plaza de Italia. En soirée, pour boire un verre et manger des tapas, rendez-vous du côté de la Plaza de Canadio, populaire et animée.

Tapas © Aurélie Michel

Marché couvert : les bons produits de Cantabrie

Pour faire le plein de produits typiques (de Cantabrie ou d’Espagne en général), passage obligé par le marché couvert de la Esperanza, installé dans une jolie halle du début du 20e s. À nous jambon Bellota, conserves d’anchois de Cantabrie… sans oublier les fromages, au lait de vache, de chèvre, de brebis… voire des mixtes de plusieurs laits.

Les becs sucrés goûteront quant à eux au « quesada pasiega », gâteau à base de fromage frais typique de Cantabrie. Un délice ! Le « sobao pasiego », qui rappelle le quatre-quarts, n’est pas mal non plus… On le croise partout.  Au sous-sol, il ne faut pas manquer le grand marché aux poissons. Pas de doute, l’océan n’est pas loin !

Palacio de Festivales © Aurélie Michel

Musées, festivals… Santander côté culture

Santander abrite d’autres musées que le Centro Botin. Le Museo de prehistoria y archeologia de Cantabria promet un véritable voyage dans le temps, aux origines de l’homme (crâne d’homo sapiens, reproduction de grotte…) et de l’époque romaine.

De son côté, le Museo Maritimo retrace l’activité maritime et industrielle de Cantabrie, depuis l’époque romaine. On s’ébahit devant le gigantesque squelette de baleine : 23,50 m ! Sans oublier la Biblioteca Menendez Pelayo.

Pour assister à un concert, rendez-vous au Palacio de Festivales, dont l’aspect extérieur ne laisse pas indifférent. Quatre colonnes, différents matériaux, du vert, du blanc, du bleu… ce théâtre atypique a été construit en 1990 par le célèbre architecte espagnol Francisco Javier Sáenz de Oiza. Il accueille chaque année en août le Festival Internacional de Santander, l’un des plus anciens festivals de musique d’Espagne (1952). Au programme : opéras, théâtre, récitals, concerts…

Fiche pratique

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Turismo de Cantabria

Comment y aller ?

Avec Iberia, compter 3 h de vol au départ de Paris Orly pour se rendre à Santander (avec escale à Madrid). Trouvez votre billet d’avion.

Biarritz-Santander : 3 h de bus avec les compagnies CONDA et ALSA (20 € aller).

Où dormir ?

- Hôtel Chiqui : av. Manuel García Lago, 9. Agréables chambres avec vue sur la plage d’El Sardinero. Double avec vue sur mer à partir de 69 €.

- Hotel Hoyuela : av. Hoteles, 7.  Chic hôtel à deux pas de la plage El Sardinero et du Palais de la Magdalena. Double à partir de 60 €.

Où manger ?

- Salvaje : calle Ataulfo Argenta 31. Une adresse moderne avec une intéressante formule à 15 €, parfaite pour le déjeuner (poke bowl, lasagnes, salades…). Bon café, jolie déco, ambiance à la fois chic et décontractée.

- Restaurant Canadio : Gómez Oreña, 15 (Plaza Cañadío). Un chouette endroit chic et branché, à deux pas de l’animée Plaza Canadio. On vient grignoter des tapas et des pintxos avec, pourquoi pas, un verre de sangria. Également un restaurant avec cuisine ouverte, qui propose des plats élaborés. Tapas au bar : environ 2 €.

Où acheter de bons produits ?

Marché couvert « Mercado de la Esperanza », Plaza de la Esperanza.

Épicerie La Ermita, Calle Jesús de Monasterio. De quoi faire un sacré bon casse-croûte, dans cette agréable boutique de poche : pain frais, fromages, empanada… Et pour le dessert : yaourts, sobao, quesada pasiega, cocadas…

Texte : Aurélie Michel

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