Sri Lanka, des plages du Sud aux plantations de thé

À Galle, sur les traces de Nicolas Bouvier

À Galle, sur les traces de Nicolas Bouvier
Olivier Page et Bertrand Deschamps

D'imposants remparts entourent la vieille ville de Galle qui s’avance tel un éperon défensif dans les eaux vives de l’océan Indien. On se croirait chez Vauban. Un phare tout blanc se dresse au bout d’une digue près d’une mosquée installée dans une ancienne église portugaise. On dirait Zanzibar. Des toits de tuiles romaines moutonnent entre les jardins de tamariniers, de manguiers et de cocotiers, à l’ombre de clochers éclatants de blancheur. On pense à Salvador de Bahia au Brésil.

Nous voici à Galle à 116 km au sud-est de Colombo. Ce nom se prononce « Gaulle » à l'anglaise ou « Gallé » à la cinghalaise. Des rues étroites se coupent à angle droit, peu de voitures, une circulation ralentie réduite au ballet ronronnant des tuk-tuk, de belles places ombragées par d’immenses banyans, des églises baroques et des maisons coloniales de style hollandais du XVIIIe siècle patinées par le temps et les embruns. Il est très agréable de rester quelques jours dans cette cité de caractère, qui résume quelques siècles d’histoire sri-lankaise, avant d’aller sur les plages de Unawatuna et Mirissa, plus à l’est.

À la recherche de mes chers fantômes, je découvre au 22, Hospital Street, une maison discrète patinée par le temps, comme en retrait du monde. L’écrivain suisse Nicolas Bouvier y séjourna 7 mois en 1955, après avoir traversé pendant 2 ans les pays du Moyen-Orient et l’Inde. Il vécut dans une chambre en soupente (photo), payant un loyer de 1 roupie par jour.

Cette soupente est toujours là, intacte et misérable, rien n’a changé : murs bleus décrépis, plancher percé, deux lits poussiéreux, une table usée… Seul, malade, déprimé, Nicolas Bouvier manqua y perdre la raison. Il relate sa saison en enfer à Galle dans Le Poisson-Scorpion. Cette maison est privée, mais le propriétaire W. R. Crunasekera (il ne parle que le sri-lankais) peut vous montrer la chambre de l’écrivain si vous en faites la demande. Il avait 3 ans quand l’auteur suisse vivait là.

Texte : Olivier Page

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