Séville, 5 raisons d’y aller

Séville, 5 raisons d’y aller
Plaza de Espana © Jean-Philippe Damiani

C’est la ville de Velazquez et de Murillo, mais aussi de Carmen, de Don Juan et de Figaro, le fameux « barbier de Séville ». La capitale de l’Andalousie, vous l’aurez compris, fait partie de ces endroits au caractère bien trempé. Elle le doit en grande partie à sa riche histoire, où se mêlent les cultures chrétienne et musulmane, qui lui ont légué d’inestimables joyaux. Mais aussi, et surtout, aux Sévillans. Il suffit de se balader dans ses rues animées à toute heure pour le réaliser : Séville est une formidable scène de théâtre, qui enchante le visiteur. Voici 5 raisons de tomber amoureux de cette superbe Andalouse…


La cathédrale et l’Alcazar, trésors de l’Unesco

La cathédrale et l’Alcazar, trésors de l’Unesco
Cathédrale de Séville © Jean-Philippe Damiani

La Plaza del Triunfo, au cœur de Séville, possède une particularité rarissime : elle est bordée par trois édifices classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. Rien de moins !

La cathédrale et la Giralda

Le moins connu des trois reste la Casa Lonja (16e s), qui abrite les « archives des Indes », soit plusieurs milliers de documents retraçant la conquête des Amériques. Ce superbe palais de style Renaissance fait face à l’impressionnante (et célèbre) cathédrale, qui est la troisième du monde par sa taille : 130 m de long, 76 m de large et des voûtes s’élevant à 42 m au-dessus du sol.

Giralda
Giralda vue depuis l'Alcazar © Jean-Philippe Damiani

Comme d’autres sites catholiques d’Andalousie, elle fut bâtie à partir du 15s sur l’emplacement d’une mosquée. Il en reste aujourd’hui la cour des Ablutions, la porte du Pardon et le minaret, la Giralda. Devenue l’emblème de Séville, la tour doit son nom à la girouette ornant son sommet depuis le 16s. Dominant la cathédrale du haut de ses 97 m, la Giralda offre un superbe panorama à 360° sur la ville.

Symbolisant la victoire de la chrétienté sur l’Islam, avec la conquête de Séville en 1248, la cathédrale mêle les styles mudéjar, gothique, renaissance, baroque et néoclassique. Parmi les trésors qu’elle abrite, il ne faut pas manquer le monumental tombeau de Colomb ou la baroque capilla Mayor et son maître-autel de 200 m2 contenant 1 500 figurines taillées dans du bois de cèdre.

Le Real Alcazar

De l’autre côté de la place s’élève l’autre emblème sévillan, le Real Alcazar, une ancienne forteresse omeyyade, qui devint, par la suite, résidence des rois d’Espagne. Le site, gigantesque, renferme un ensemble de palais et de patios construits au fil des siècles.

L’influence arabe se lit partout, notamment dans le patio de Yeso, chef-d’œuvre d’art mudéjar, et les magnifiques jardins. Mais l’Alcazar reste avant tout un superbe exemple de syncrétisme architectural, agrémentant le style mudéjar d’inspirations plateresques, baroques ou classiques. L’un des hauts lieux de la culture arabo-andalouse, avec l’Alhambra de Grenade, dont il est l’une des sources d’inspiration.

Un patrimoine historique exceptionnel

Un patrimoine historique exceptionnel
Casa de Pilatos © Jean-Philippe Damiani

Quatrième ville d’Espagne, Séville a hérité de sa longue histoire un patrimoine architectural et artistique exceptionnel. La capitale andalouse compte parmi les plus belles cités de la péninsule ibérique, certains en font même leur capitale de cœur. Attendez-vous à de fortes émotions esthétiques, aussi bien dans les ruelles tortueuses de ses quartiers populaires qu’à l’intérieur de ses somptueux palais.

Splendeurs architecturales

Construite au 15e et 16s, la Casa de Pilatos est sans doute la plus ravissante demeure seigneuriale de la ville. Là encore, son architecture mêle les styles mudéjar et Renaissance, les influences italiennes et arabes, poussant à la perfection l’art hispano-mauresque. On reste bouche bée devant la magnificence des azulejos, des mosaïques, de la marqueterie et la grâce des jardins, signes d’un raffinement extraordinaire.

Autre vénérable demeure construite au 16s, le palais de la comtesse de Lebrija recèle une très belle collection d'oeuvres d’art, regroupant les trésors amassés par cette passionnée au début du 20e s.

Quelques dizaines de mètres plus loin, s’élève l’un des joyaux du vieux Séville et, pour tout dire, d’Espagne : l’église del Divino Salvador, apothéose du baroque espagnol aux magnifiques retables, qui, elle aussi, fut bâtie à l’emplacement d’une ancienne mosquée.

De Murillo à l'art contemporain

Musée des Beaux Arts de Séville
Musée des Beaux-Arts de Séville © Jean-Philippe Damiani

À l’Hôpital de la Charité, les amateurs de peinture ne manqueront sous aucun prétexte les tableaux de Murillo, qui fut mandaté pour décorer l’église. Mais c’est au musée des Beaux-Arts que l’on pourra admirer, entre autres chefs-d’œuvre, les plus belles créations de cet enfant du pays, grand peintre du Siècle d’or espagnol.

Pour goûter à une Séville plus moderne, il faut franchir le fleuve Guadalquivir et se rendre à la Cartuja, une chartreuse fondée au 14e et transformée en fabrique de céramique au 19s, qui abrite aujourd’hui le centre andalou d’art contemporain. Autre contrepoint furieusement actuel au vieux Séville, le Parasol recouvre la plaza de la Encarnacion. La forme de cet imposant monument en bois a inspiré aux Sévillans son surnom : le champignon (« Setas ») !

De formidables balades urbaines

De formidables balades urbaines
Quartier de la Macarena © Jean-Philippe Damiani

Séville ne saurait, en aucune manière, se résumer à un conservatoire de monuments et de chefs-d’œuvre, si splendides soient-ils. S’il est bien une ville qui se vit tout autant qu’elle se visite, c’est bien la capitale de l’Andalousie !

Du barrio de Santa Cruz au Guadalquivir

Vous l’aurez compris, il faut s’élancer inlassablement à travers les quartiers de Séville, observer l’animation de ses rues, goûter à ce mélange d’effervescence et de décontraction qui fait tout le charme de la ville. De formidables balades urbaines vous y attendent, à commencer par le quartier de Santa Cruz.

Situé à côté de l’Alcazar, Santa Cruz est une carte postale de l’Andalousie. Même s’il est très touristique, on se perd toujours avec bonheur dans ses ruelles tortueuses, bordées de demeures colorées ou blanchies à la chaux, dans une configuration labyrinthique évoquant une médina. En chemin, on croise des églises, des placettes, des patios cachés derrière des grilles ou de lourdes portes. Un régal. 

En allant vers le fleuve Guadalquivir, la promenade conduit vers les arènes et la monumentale plaza de España avec ses édifices bâtis pour l’Exposition hispano-américaine de 1929. Au pied des pavillons de brique rouge, dignes d’un palais, 48 bancs d’azulejos représentent les provinces espagnoles. Minérale et aérée, bordée de bassins et d’un parc luxuriant, la place est un lieu de promenade apprécié des Sévillans.

Triana, Macarena et San Lorenzo

De l’autre côté du Guadalquivir, changement d’ambiance dans le quartier de Triana. Rien de monumental, mais plutôt, au fil des rues, le spectacle d’une Séville populaire. Il faut s’y rendre en fin d’après-midi, du côté de la calle San Jacinto ou de la calle Betis, face au fleuve, quand les terrasses de bars commencent à se remplir. Animation assurée. Ancien fief des gitans, Triana est, aujourd’hui encore, le quartier du flamenco, dont il porte vaillamment les couleurs.

Enfin, pour prendre le pouls très vif de la Séville populaire, on peut aussi se balader dans  les quartiers de San Lorenzo et de la Macarena. Super ambiance au marché de la Feria, à deux pas de la place Alameda de Hercules, le matin. On vous conseille d’y déjeuner.

Le flamenco, l'âme de Séville

Le flamenco, l'âme de Séville
Flamenco © Jean-Philippe Damiani

Indissociable de Séville, dont elle est l’un des berceaux, le flamenco constitue à lui seul une bonne raison de se rendre dans la cité andalouse. À la fois noble et tragique, envoûtant et bouleversant, il fait partie de la culture populaire locale. Ce spectacle, d’une puissance rare, devient quasiment extatique quand le public entre en communion avec les interprètes.

Les néophytes iront s’initier au musée du Flamenco. Créé par la diva Cristina Hoyos, ce bel endroit permet de se familiariser avec l’histoire et les genres du flamenco. Les visites en fin d’après-midi sont suivies d’une représentation (1 h environ).

Où assister à du flamenco ?

Séville offre nombre d’endroits pour assister à du flamenco, notamment les tablaos, des salles de spectacle qui lui sont dédiées. Un guitariste, un chanteur, un danseur et une danseuse y interprètent les différents styles de danse. Si les représentations, comme à la Casa de la Memoria, sont souvent de qualité, l’ambiance n’est peut-être pas aussi chaude que dans les bars de flamenco, comme la Casa Anselma ou Lo Nuestro.

C’est dans ceux-ci, situés pour la plupart à Triana, que l’expérience se révèlera plus authentique. Car le flamenco, resté populaire, ne se cantonne pas aux théâtres quelque peu touristiques. Veillez jusqu’à minuit, les spectacles débutant rarement plus tôt, et joignez-vous à la joyeuse foule sévillane. Certes, la qualité peut être inégale – et la musique dévier parfois vers la rumba et les sévillanes – mais quelle ambiance !

Pour en savoir plus : http://www.andalucia.org/fr/flamenco

Tapas et vie nocturne

Tapas et vie nocturne
Plaza Salvador © Jean-Philippe Damiani

Là encore, une raison suffisante pour venir à Séville, qui possède l’une des vies nocturnes les plus animées d’Europe… et depuis longtemps. Les boîtes branchouilles ne sont pas vraiment la spécialité locale ; à Séville, vous trouverez plutôt un maillage très serré de bars pour prendre un verre et se régaler des inévitables tapas.

Alors, c’est parti pour la tournée des bars ! Car, bien évidemment, le jeu consiste à changer plusieurs fois de crèmerie dans la soirée… mais pas avant 21 h (ou plus) ! Pour votre marathon nocturne, on vous conseille, plus que Santa Cruz, les places Alfalfa, San Andres, Alameda de Hercules et El Salvador (et leurs environs), ainsi que les quartiers de San Lorenzo, Macarena et Triana, du côté des calles Betis et San Jacinto.

Il y a toutes sortes de bars. Dans les plus traditionnels, on écluse son vino tinto ou sa cerveza en l’accompagnant de tortillas, fritures et autres montaditos (mini sandwiches). Attendez-vous à rester le plus souvent debout et à jouer des coudes pour accéder au comptoir. Si vous parlez espagnol, liez conversation, les Sévillans sont loin d’être snobs ou farouches.

Pour les palais plus raffinés, il existe des tapas plus sophistiqués (en général, les lieux vont avec), à l’instar des pintxos basques (que l’on trouve aussi à Séville). La créativité se lit déjà sur l’ardoise et le menu. Pour les repérer, jetez un œil aux assiettes des autres convives !

Et, passé minuit, quand certaines cuisines commencent à fermer, ne pensez surtout pas à aller vous coucher. La nuit ne fait que commencer…

Fiche pratique

Fiche pratique
El Patio San Eloy © Jean-Philippe Damiani

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Office du tourisme espagnol

Office de tourisme de Séville

Comment y aller ?

Vols directs vers Séville avec Vueling, Transavia, EasyJet, Ryanair depuis les principaux aéroports français.

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Où dormir ?

- Hotel Sevilla : C/Daoiz, 5. Sur la jolie place San Andres, un hôtel charmant et tranquille avec des chambres climatisés et confortables. Proche des principaux centres d’intérêt de la ville tout en étant au calme, une bonne adresse offrant un rapport qualité-prix convenable. Doubles env 80 €.

- Toc Hostel : c/Miguel Manara 18-22. Une AJ privée, moderne et bien équipée à deux pas de l’Alcazar. Lit en dortoir 18 €, doubles 60 €.

- Casa del Poeta : c/Don Carlos Alonso Chaparro, 3. Une superbe adresse, intime et raffinée, dans une maison de maître des 17e et 18s. Doubles à partir de 175 €.

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Où manger des tapas ? Où prendre un verre ?

- La Cava del Europa : c/ Puerta de la Carne, 8. En bordure du quartier de Santa Cruz, un établissement qui se caractérise par la créativité de ses tapas. Délicieux.

- Bodega Santa Cruz – Las Columnas : c/ Rodrigo Caro ; 1. L’un des piliers du quartier Santa Cruz, qui ne désemplit pas. Authentique et animé.

- El Patio San Eloy : c/ San Eloy, 9. Près du musée des Beaux-Arts, cette taverne décline tous les grands classiques, jambons suspendus au-dessus du bar inclus. Autres succursales dans Séville.

- La Pepona : c/ Lasso de la Vega, 1. Entre resto et bar à tapas, une adresse au cadre design qui réinvente le genre, avec succès.

- Bar Alfalfa : c/ Alfalfa et c/ Candilejo. Une bodega authentique qui sert de bons tapas, dans le quartier sympa de la place Alfalfa. Bonne ambiance.

- Mercado Provenzal : Alameda de Hercules, 94. Bières et montaditos à petits prix, dans ce bar d’Alameda de Hercules, très prisé des jeunes Sévillans.

- Cafe Central : Alameda de Hercules, 64. Il y a foule dans ce bar hyper populaire de cette place bien pourvue en lieux nocturnes. Ambiance jeune.

- La Clueca : Calle Orfila, 5. Ici, on sert avant tout des tortillas sous toutes les formes et à des prix très démocratiques. Compter 4-5 €.

Où assister à du flamenco ?

- La Casa de la Memoria : c/ Cuna 6. Un tablao offrant des spectacles de très bonne qualité. Spectacles à partir de 19 h 30. Bodega à côté. Réservation conseillée. Entrée : 18 €

- Casa Anselma : c/ Pajes del Corro, 49. Anselma est une figure de Séville et son bar, l’un des hauts lieux de la musique live (et pas seulement du flamenco). Ambiance du tonnerre… tous les soirs à partir de minuit. Il est conseillé d’arriver plus tôt (ou de réserver) pour avoir une place.

Texte : Jean-Philippe Damiani

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