Une apparition inquiétante . Théodorine fait une découverte scientifique importante.
Nous quittons donc la route . Je repère l’échancrure où va passer notre itinéraire qui doit nous permettre de rejoindre la Golden Road sur la côte Est non loin d’Aird Mhighe.
Nous croisons quelques promeneurs, qui visiblement ne font pas l’Hebridean Way et nous nous engageons dans la montée du bealach Eorabhat . L’itinéraire que nous empruntons est une ancienne "coffin road ", une route de cercueils . Les habitants de la côte Ouest , plus fertile grâce à son machair,
victimes des clearances ont été chassés sur la côte Est rocheuse et déshéritée . Mais ils voulaient être enterrés à l’Ouest où ils avaient vécu .
Nous commençons par longer le petit loch Carran .
Le temps est de plus en plus brumeux et l’atmosphère est inquiétante . C’est alors que Théodorine , se retournant , voit apparaître ,toute vêtue de noir , courbée sous son grand sac où elle transporte les âmes des morts, la sinistre silhouette de l’Ankou .
Tremblant d’effroi ,nous poursuivons notre route jusqu’au col .
Le paysage est sombre et inquiétant . Il ne s’éclaire même pas lorsqu’arrivées au col , nous découvrons un petit loch et la mer au loin .
Nous ne voyons plus l’Ankou, disparu dans la lande . Bien que fort peu rassurées - il ne faut pas confondre la courage avec l’inconscience - , nous décidons de nous arrêter pour nous restaurer , autant que faire se peut vu l’état de nos provisions . Nous n’avons plus de pain . Nous allons nous partager un paquet de nouilles chinoises crues , qui vont faire office de pain pour accompagner le seul petit bout de fromage qui nous reste , nous terminons notre pâte de dattes et la pâte d’amandes dont il ne restait vraiment plus grand’chose . Désormais, nous ne pouvons plus compter jusqu’à Tarbert que sur les flocons d’avoine, à manger sans accompagnement, à l’eau froide . Par bonheur , il ne fait pas chaud et donc notre réserve d’eau , qui semble-t-il doit tenir elle aussi jusqu’à Tarbert n’est pas trop entamée .
On ne peut dire que l’avenir s’annonce sous les meilleurs auspices . Pourtant, c’est dans ces circonstance où des âmes plus faibles auraient succombé au désespoir que l’esprit de Théodorine , toujours en éveil , toujours animé par la passion de la connaissance , va faire une découverte scientifique majeure, celle d’une roche métamorphique inconnue à ce jour, le gneiss noodeliensis aux plis extraordinaires .
Photo Théodorine
On comparera les plis de cet échantillon de gneiss noodeliensis avec ceux de cette roche du Knoydart
Comme on peut le voir , les plis du gneiss noodeliensis sont beaucoup plus rapprochés et complexes et la couleur de ce gneiss est beaucoup plus claire . Nul doute que cette découverte ne soit de nature à révolutionner la connaissance de l’histoire géologique des Hébrides extérieures et même de toute notre planète . L’enthousiasme de Théodorine est indescriptible , elle réussit à m’en communiquer une partie et nous repartons d’un bon pas en direction de la côte Est .
A suivre .
.

















































