Bonjour,
Beaucoup de voyageurs, d’après ce que j’ai lu , mentiraient sur leurs vacances . Je n’en ferai rien ici et je ne cacherai rien des déboires de ce dernier voyage que je viens d’effectuer en compagnie de mon amie Théodorine . Disons que ,sinon les cieux dans leur ensemble ,du moins la météo nous fut contraire durant notre séjour et de façon très perfide . Au lieu du beau temps annoncé juste avant notre départ, nous avons eu la tempête Amy .
L’an dernier, nous avions toutes les deux découvert l’île de Lewis et Harris . J’en avais fait un long récit intitulé Lewis et Harris . Bog, famine et tweed . Nous avions projeté pour ce printemps, au début du mois de Mai un voyage d’Est en Est du glen Affric à Saint Kilda . Au programme le Glen Affric Kintail Way puis une traversée des montagnes de Harris et enfin une excursion à Saint Kilda . Nous nous étions sérieusement préparées . Renouvellement du matériel pour mon compte personnel , nouveau duvet , nouveau gore-tex pour affronter les intempéries et pour toutes les deux achats de sacs plus petits pour essayer de porter des chargements moins lourds . Et nous étions parties pour quatre jours de randonnée en Janvier sur le chemin de Compostelle en partant d’Espalion , avec deux nuits de bivouac, pour nous tester et tester notre matériel . Nous souhaitions de grosses intempéries , nous eûmes seulement un beau temps sec, pas suffisamment froid ,avec des nuits à moins cinq .
Fin Mars, tout était prêt, nous avions même réussi, non sans mal ,à obtenir des places pour Saint Kilda . Mais Théodorine fit, chez elle, une chute malencontreuse qui lui valut une fracture de la cheville suffisamment sérieuse pour justifier la pose d’une structure métallique impressionnnante en noble acier suisse, ce dont elle est très fière . La raison ne permettait pas de partir avant l’automne . Saint Kilda au moment des tempêtes d’équinoxe, cela paraissait un peu risqué et le Glen Affric Kintail Way, hors réseau avec une cheville convalescente et après fermeture de l’auberge de jeunesse, cela ne paraissait pas très raisonnable, la traversée des montagnes de Harris non plus . Nous avons donc opté pour une destination plus civilisée , l’île de Skye, et Raasay qui m’attirait depuis longtemps .
A suivre
Jusqu’à ce dernier voyage, nous n’avions parcouru de l’île de Skye que la partie Sud, d’Armadale à Portree , le chemin de Sligachan au loch Coruisk , et la route Uig Portree Kyleakin . J’ai toujours été fascinée par les Black Cuillins vues de la mer ou au delà de la mer .
Photo 2010 Black Cuillins vues du loch Nevis
Photo 2015 Un voyage dans les Small Isles Traversée Mallaig Muck
Photo 2015 *Un voyage dans les Small Isles * Les Black Cuillins vues de la plage de Kilmory dans l’île de Rum
Photo 2019 . Rum, Canna, Inverie . Retour dans les Small Isles Excursion maritime de Rum à Soay
Nous les avions vues de près sur le chemin du loch Coruisk en 2010 , où nous avions dû attendre toute une nuit pour voir la crête dégagée de la brume .
Photo 2010
Je voulais me rendre à Glen Brittle pour voir les Black Cuillins sous un angle que je ne connaissais pas encore . D’autre part, nous souhaitions voir le Storr et le Quiraing, que nous ne connaissions pas encore malgré nos multiples voyages en Ecosse .
Après d’assez longues réflexions (je souhaitais aussi voir les falaises de la presqu’île de Duirinish, les plus belles d’Ecosse paraît-il , mais j’y ai renoncé parce que nous ne disposions pas de suffisamment de temps et parce que c’est un parcours très long et pas facile ) , le projet , modifiable en fonction de la météo et de la forme des participantes, devait comporter Raasay, Glen Brittle et la presqu’île de Trotternish, en espérant y ajouter une incursion à Torrin pour découvrir un peu mieux les Red Hills .
A suivre
Préparatifs
Notre voyage doit durer treize jours, dont deux pour l’aller et deux pour le retour. Nous voyagerons par le train et en bus,en bateau et à pied, avec nos sacs à dos . Habitant toutes les deux Paris intra muros, nous prenons Eurostar . Nous avons dû échanger les billets initialement prévus pour le mois de Mai et j’ai découvert à cette occasion que le nombre de fois où on peut les échanger n’est pas limité . Nous avons également pris des pass ferroviaires ,des britrail euroflexipass, commercialisés par acprail , trois jours de circulation illimitée librement choisis sur un mois , 174 euros par personne au tarif senior . Nous ne pouvons que regretter l’absence de tarif senior sur eurostar . A vrai dire , nous aspirerions pour nos voyages futurs à la rapide création d’une nouvelle catégorie, celle des superseniors pour la classe d’âge comprise entre 80 et 100 ans ou, encore mieux, je propose, malgré l’ampleur des déficits publics, que nos voyages soient pris en charge par la collectivité : la seule raison valable de s’y opposer serait de redouter que le présent récit ne suscite beaucoup d’émules .
Je me suis occupée des billets de train et des pass ferroviaires et j’ai réservé l’hébergement du premier soir à Inverness, au Student Hostel où nous avons dormi l’année précédente. La veille du retour , nous dormirons à Edimbourg, au Royal Mile Backpackers , pour lequel j’avais réservé en Mai . Pas de remboursement possible mais seulement un échange . Dans les deux cas ,il s’agit d’hébergements économiques en dortoir mixte, bien situés, en centre ville et pas très éloignés des gares . On peut y faire sa cuisine . Nous ne demandons rien de plus .
Nous avons l’intention de bivouaquer ou de dormir dans des campings officiels mais , peu avant de partir , j’ai réservé une nuit à l’auberge de jeunesse de Glenbrittle, pour que nous puissions dormir une nuit confortablement au milieu de notre séjour et avoir la possibilité de reprendre apparence humaine si c’est nécessaire . Shakelton et ses hommes faisaient fuir les enfants lorsqu’ils sont arrivés à la fin de leur odyssée dans la capitale de la Géorgie du Sud …
J’apporte enfin les cartes Ordnance Survey nécessaires (je les possède depuis longtemps (Théodorine qui adore les cartes n’a pu s’empêcher d’en apporter de son côté ) ainsi qu’une boussole, et une batterie pour recharger nos téléphones .
Théodorine de son côté vient avec sa tente, une MSR deux places achetée pour le voyage de 2012*1 , dont l’un des arceaux a dû être rafistolé dès le premier soir de son utilisation , lors d’un violent coup de vent à Barrisdale, et le réchaud acheté à Fort William en 2015 * .Elle prend aussi une grande feuille plastique à glisser sous le tapis de sol (la même depuis 2012 et il serait grand temps de la renouveler comme on le verra plus tard ) Elle doit apporter aussi briquet et allumettes . Habituellement , nous avons un réchaud , mais nous mangeons froid . Ou bien nous ne savons pas allumer le réchaud, ou bien l’allumage piézoélectrique ne fonctionne plus et nous n’avons ni briquet ni allumettes, ou bien comme en Janvier dernier sur le chemin de Compostelle, la cartouche ne s’adapte pas au réchaud . L’an dernier dans l’île de Lewis et Harris, nous avons mangé des nouilles chinoises froides . Cette année, sur le chemin de Compostelle en hiver, c’était soupe minute froide , Nescafé froid et purée en flocons froide . Désormais, promis juré, nous aurons le bon réchaud, une cartouche de gaz adaptée , de quoi l’allumer , et nous mangerons chaud . Enfin ,nous le croyons …
Pour le ravitaillement , Théodorine apporte les soupes , les infusions , le thé . Elle doit aussi fournir le café qui lui est indispensable . De mon côté , j’arrive avec un kilo d’amandes, des flocons d’avoine de millésime non vérifié que j’ai retrouvés à Paris dans un placard, de la purée en flocons, et un gros paquet de nouilles chinoises en promotion à 0,99 euros dans un magasin Aldi de Picardie . Aucun produit d’origine animale venant d’Europe n’est autorisé à entrer au Royaume Uni à cause de la dermatose nodulaire bovine . Donc , ni saucisse sèche de boeuf Salers achetée au marché d’Aurillac, ni Maroilles odorant . Nous serons une fois de plus condamnées au cheddar .
Mais nous venons surtout avec un moral inaltérable . Nous cherchons l’Aventure . Nous aurons l’Aventure , comme le lecteur patient , s’il existe , le verra plus tard .
*1 Voir le carnet de voyages intitulé Randonnée td’Inverie à Poolewe
*2Le lecteur curieux, s’il existe , pourra découvrir avec quelle perspicacité nous en avons fait usage en lisant mon carnet de voyages intitulé Un voyage dans les Small Isles
Je pense que jusqu’au bout , nous avons dû douter que nous puissions finalement partir . Théodorine a préparé son sac au dernier moment , ce qui nous vaudra de nous retrouver avec une quantité impressionnante de soupes minute (il doit y en avoir pour presqu’un mois ) mais elle a oublié le café qui lui est ordinairement indispensable . Pour ma part , je m’y suis prise un peu plus tôt , mais la nécessité d’un départ très matinal perturbe la grande dormeuse que je suis … Notre train part peu après 7 h30 . Il faut désormais arriver une heure trente avant le départ d’Eurostar et nous devrions nous retrouver avant le passage des contrôles …Théodorine doit prendre un taxi . Je me rends pour ma part à la gare du Nord à pied, mais une fois partie , je crains à tort d’avoir oublié de prendre la veille une chose essentielle, je pose donc mon gros sac à dos dans la rue pour vérification, je dois ensuite le remettre non sans peine et de ce fait j’arrive à la gare avec une dizaine de minutes de retard . Pas de Théodorine, les contrôles ont déjà dû commencer . Je dois donc les passer seule ce que je n’apprécie guère parce que je comprends généralement mal comment il faut présenter billets et passeport, mon intelligence technique étant extrêmement limitée . Je subis malgré tout victorieusement cette épreuve, tout en songeant qu’assurément il est bien plus facile à des drones non identifiés de franchir les frontières qu’à de vieilles voyageuses . Sans doute nous soupçonne-t-on de préparer des attentats terroristes ou de vouloir immigrer illégalement pour profiter de façon illimitée des raffinements de la gastronomie britannique . Je retrouve avec soulagement Théodorine qui m’attend . Nous sommes finalement toutes les deux bien en avance . Une fois installées dans Eurostar, nous nous amusons à regarder les conseils de prudence pour la descente du train . Le pas à franchir pour atteindre le quai est un peu plus grand que d’ordinaire .Une vidéo nous montre plusieurs types de voyageurs franchissant le pas fatidique : mère avec son jeune enfant sans bagage , jeunes gens alertes ,personne âgée avec un tout petit sac , la catégorie vieilles randonneuses avec gros sac à dos n’est pas prévue .
Nous arrivons rapidement à Londres .
A suivre
De Londres à Edimbourg
Cette année encore , nous avons un peu de mal à sortir de la gare et à éviter de nous retrouver dans le métro . Nous ne prenons pas la sortie la plus adaptée qui nous ferait arriver directement sur la gare de King’s Cross. Nous y parvenons quand même , exploit notable quand on sait qu’il n’y a qu’une rue à traverser . Devant la gare se tient une sorte de marché où l’on vend des choses assez appétissantes , dont des pains d’aspect très français (est-ce dû à la proximité de la France créée par Eurostar ?) mais nous ne nous attardons pas parce que nous souhaitons prendre le premier train en partance pour Edimbourg . Il y a justement un train à quai et nous montons , sans réservation, dans le premier wagon venu . Il semble bien en effet que les réservations ne soient pas obligatoires . Nous trouvons des places assises qui sont vacantes jusqu’à York . En revanche, nous ne savons pas où caser nos gros sacs . Un charmant jeune homme (pas tout jeune, mais indiscutablement jeune par rapport à nous) qui parle fort bien le français, originaire d’Amérique du Sud) nous aide à les ranger dans une sorte de débarras prévu pour les bagages encombrants et engage la conversation avec nous . Bref , c’est le bonheur, complet lorsqu’un employé des chemins de fer passe et distribue à tous les voyageurs un sachet de chips . Nous voulons payer , mais nous apprenons que c’est gratuit .
Nous sommes charmées de la générosité des chemins de fer britanniques ,d’autant plus que nous avons pris notre petit déjeuner avant cinq heures du matin , qu’il est bien 10 heures et que nous sommes toutes les deux dotées d’un robuste appétit . C’est alors que le charmant jeune homme, charmant dans tous les sens du terme , bien élevé et bien de sa personne , nous explique qu’il s’agit , tout comme le réduit réservé aux bagages très encombrants, d’un privilège accordé aux voyageurs de la première classe, dont nous ne faisons pas partie, bien sûr . Le contrôleur , qui n’est pas loin, n’a pas encore commencé ses travaux de vérification des titres de transport . Nous déménageons au plus vite, notre erreur sera donc sans conséquence ( à vrai dire, ces sièges de première sont bien moins larges et confortables que ceux de la SNCF , ce qui explique notre confusion ) et nous nous dirigeons vers la classe standard . Là encore, nous avons la chance de trouver des places côte à côte, mais rien pour ranger nos sacs à dos . De monstrueuses valises à roulettes qui ne descendront pas avant Newcastle occupent les casiers à bagages . Les Britanniques, contrôleur y compris , semblent considérer l’encombrement des couloirs par des bagages incongrus comme faisant partie de ce que les Stoïciens classaient dans les choses indifférentes . Nous décidons donc de rivaliser avec eux en prenant nos sacs avec nous , pour montrer que les vieilles dames françaises sont capables elles aussi de stoïcisme , comme on pourra le constater sur la photo suivante .
De gauche à droite : Théodorine, à pois blancs sur fond bleu et à rayures noires sur fond blanc, son nouveau sac tout neuf et son gore-tex , moi Calamity et mon nouveau sac .
Comme on peut le voir, l’espace est relativement encombré ,bien moins malgré tout que ne le fut parfois celui la voiture de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood ,le grand maître qui nous initia, nous les membres de sa bande d’outlaws à la pratique du bivouac et du hors sentier sous toutes ses formes *. Malgré tout , quelque chose de tentant est encore visible à hauteur de nos yeux
Comme on le voit, nous sommes assises sur des sièges réservées aux personnes handicapées ou âgées ou enceintes . En cas de contestation par le contrôleur, ne pourrions-nous faire valoir à la fois notre âge et le fait que nos bâtons, pour l’heure sagement rangés dans un sac annexe de Théodorine sont assimilables à deux cannes ?
Il est possible dans ce train de faire une commande pour être livré à sa place . C’est trop compliqué pour chacune de nous deux .
Un vendeur finit par passer . Malheureusement, le paiement ne peut se faire en argent liquide et il faut une carte bancaire avec paiement sans contact . La carte bancaire de Théodorine est - officiellement - bloquée . On vient de la pirater . Quant à la mienne , elle ne peut servir . Je suis trop paranoïaque pour avoir accepté le paiement sans contact . Nous allons nous rabattre sur des barres chocolatées avec des graines diverses que m’a données avant mon départ la voisine de mon inséparable Cyrus Smith MacGyver privé , que j’ai abandonné en Picardie avec ses deux chats pour faire ce voyage (elle n’aimait pas ces barres, m’a -t-elle dit , mais elles sont bien nourrissantes) et sur les chips que nous n’avons pas méritées .
A suivre
:
*Le malheureux véhicule souffrait parfois tellement , que l’un des outlaws de la bande, chroniqueur de ses aventures, rédigea un jour un texte fameux où cette pauvre voiture racontait les sévices que lui infligeait régulièrement son tortionnaire
A suivre
Le voyage vers Edimbourg se poursuit sans évènement majeur . Nous traversons des gares en briques qui se ressemblent toutes ,
et des agglomérations faites de maisons toutes identiques , avec de petits jardins ceints de murs de briques d’aspect tristounet , malgré le soleil .
J’attends impatiemment York, parce que le nom de la ville me rappelle le roman Ivanohé, le premier Walter Scott que j’ai lu étant enfant (j’en ai lu vraiment beaucoup depuis, dont un certain nombre édités par la Bibliothèque Nationale), en édition intégrale , peu après la sortie du film, qui s’éloigne beaucoup trop du livre à mon gré . C’est là que le héros éponyme rencontre Isaac et sa fille Rebecca, pour se procurer armure et cheval, c’est dans la cathédrale d’York qu’il épouse à la fin du roman Rowena, le duo féminin Rebecca Rowena n’étant pas sans rappeler le duo Flora Mac Ivor Rose Bradwardine dans Waverley .Mais je suis mal placée pour photographier la cathédrale dont je ne vois que les tours . J’attends Durham où j’aimerais bien m’arrêter . Je déménage vers le porte pour être en mesure de prendre la photo . Peine perdue ! Un jeune randonneur avec un énorme sac à dos, prêt à descendre ,me bouche complètement la vue et je ne peux prendre une photo que lorsque le train s’éloigne .
Mais nous finissons par voir apparaître la mer , des vaches, je vois même sans avoir le temps de prendre la photo des joueurs de golf et des randonneurs
. De curieux reliefs qui me semblent être des dunes couvertes d’herbe .Comme le lecteur patient peut le constater , les vitres des trains britanniques sont tout aussi sales que les nôtres .
Enfin, nous arrivons à Berwick .
Berwick est construite sur les rives de la Tweed . Nous franchissons la Tweed, nous sommes en Ecosse !
A suivre
Depuis quelque temps, nous voyageons en fait beaucoup plus confortablement . Les monstrueuses valises à roulettes (je crois que l’une d’entre elles était rose) sont descendues à Newcastle (il y en avait cinq ou six) avec leur propriétaire , un immense indien avec turban, qui devait certainement posséder six bras, comme il sied à un dieu hindou . Nous avons donc pu mettre nos sacs dans les casiers à bagages presqu’entièrement vides . Beaucoup d’autres voyageurs sont partis eux aussi et nous pouvons donc aller librement d’un côté à l’autre du train .
La côte devient rocheuse et il prend à mon appareil la fantaisie de faire du noir et blanc .
Nous apercevons ensuite au loin un château imposant .
Tout aussi mystérieusement , mon appareil abandonne le noir et blanc pour revenir à la couleur . J’ai reconnu trop tard Bass Rock émergeant de la mer . Je vais finir par le retrouver , je crois , sa silhouette apparaissant au delà des terres qui constituenr le rivage .
Bass Rock est un îlot rocheux qui sert de refuge à des dizaines de milliers d’oiseaux . Un épisode de la seconde partie des *Aventures de David Balfour * de Stevenson , *Catriona *, s’y déroule . David Balfour , qui avec son ami Alan Breck a assisté au meurtre d’Appin où fut tué Colin Campbell , est emprisonné pendant quelque temps à Bass Rock pour l’empêcher de témoigner en faveur de James Stewart ,accusé à tort du meurtre . Il s’y nourrit des oeufs des oiseaux qu’il peut dénicher sur la falaise , ce qui n’est pas sans rappeler la façon dont les habitants de Saint Kilda pourvoyaient à leurs besoins .Bass Rock est situé à l’entrée du Firth of Forth ,c’est-à -dire de l’estuaire du Forth . peu de temps après , nous arrivons à Edimbourg .
A suivre
La gare d’Edimbourg est en plein travaux lorsque nous arrivons . L’année dernière, nous n’avions eu aucun mal à sauter dans le premier train pour Inverness en arrivant de Londres . Là , c’est une tout autre affaire . Nous cherchons d’abord longtemps un tableau des départs, mais le plus laborieux, c’est de trouver la voie annoncée . Le fléchage nous renvoie d’une partie de la gare à l’autre , nous fait monter et descendre des escaliers plusieurs fois de suite . Les indications sont vraiment incompréhensibles , à tel point que j’en arrive à regretter la gare du Nord , j’entends par là la gare du Nord de la grande époque , celle où même un habitant du quartier devait faire de longues études pour s’y retrouver. J’ai même la nostalgie des travaux précédant l’ouverture des Jeux Olympiques gare du Nord et gare d’Austerlitz . Les lecteurs Parisiens ,s’il en existe ,comprendront l’ampleur de notre détresse .
Au bout du compte , nous ratons le premier train pour Inverness . Il nous faudra donc prendre un train pour Perth, puis changer à Perth . Mais avant tout, il faut réussir à attraper le train pour Perth . Nous finissons par apprendre qu’il est en bout de quai, cent mètres devant un autre train . Nous devons nous hâter pour ne pas le rater lui aussi . Jamais, nous n’avions vécu pareille situation à la gare d’ Edimbourg .Je me demande quelle distance et quel dénivelé nous y avons parcouru .
A suivre
D’Edimbourg à Inverness
L’an dernier, notre train ,direct pour Inverness, était passé par Stirling . Nous n’avions guère vu le paysage car c’était un jour de déluge . C’était un parcours qui m’avait surprise . Habituellement , nous franchissions le viaduc sur le Forth pour nous rendre directement à Perth . Cette année, nous prenons bien le pont sur le Forth , un impressionnant chef - d’oeuvre de l’architecture métallique .
Je suis surprise de découvrir ensuite un gros bateau de croisière précédé de son remorqueur …
J’ai fait croire récemment à la bande d’outlaws de notre très cher et regretté Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, grand maître de la randonnée bivouac en tous terrains et par tous les temps -" L’être humain n’est pas soluble dans l’eau " était l’une de ses maximes favorites, qu’au lieu du rituel séjour raquettes sans neige que j’organise à son intention dans un trou perdu du Cantal en Février, je m’étais ravisée et avais réservé pour nous tous une croisière sur un gigantesque paquebot tout neuf . Enfin, nous vivrions une existence plus conforme aux exigences de notre âge . Enfin, nous pourrions choisir entre des mets raffinés, exotiques, et divers ,au lieu des éternels choux farcis, pountis ,tripous, aligots, truffades saucisses , boudins et liogues , Salers ,Saint Nectaire , Bleu d’Auvergne et cabeccous qui faisaient notre triste ordinaire . Plus de marches éreintantes dont nous avons l’habitude de rentrer fourbus et trempés , des paysages de rêve s’offriraient sans le moindre effort à nos regards émerveillés tandis que nous siroterions de délicieux breuvages . De courtes excursions dans les lieux les plus célèbres (inutile de traîner dans une ville comme Venise , par exemple , Saint Marc et le Rialto suffisent amplement ) nous permettraient de profiter au plus haut degré de la chaleur humaine incomparable que dégagent nos semblables dans une foule dense unie par une admiration commune . Nous échapperions enfin aux marches dans des sous bois pentus glissants où nous perdons notre chemin sous la neige, à de longues marches sur de mornes planèzes où Monts du Cantal et Sancy peinent à animer l’horizon . Mieux encore, nous pourrions tout ignorer dans notre cité des 4000 moderne ,chef-d’oeuvre de l’urbanisme flottant où nous pourrions organiser , inspirés par la lutte entre Basbordais et Tribordais de *Lîle à hélice * de Jules Verne une compétition qui ferait oublier la guerre des Ratichons et des Balèzes célèbre dans les annales de la bande de Robin Hood ,tout comme les séances de détection d’ARVAS cachés dans les duvets et les sacs à dos pour réchauffer ceux qui s’apprêtaient à dormir dans une glaciale cabane de montagne . A ma grande déception ,une alerte générale fut lancée . On me crut devenue subitement folle .
A suivre
Je n’avais pas remarqué jusqu’à maintenant que la ligne , celle dont nous sommes coutumiers et que nous empruntons ce jour longe le Firth of Forth . Sans doute est-ce parce que c’est la première fois que nous n’effectuons pas ce parcours par mauvais temps . Nous pouvons bien voir la rive opposée de l’estuaire .
Nous longeons quelques villages .
La ligne quitte ensuite la côte pour rejoindre Perth . Pas de problème pour le changement . C’est la dernière étape du jour qui doit nous conduire à Inverness .
Nous allons donc traverser les Grampians, avec à l’Est les Cairngorms et à l’Ouest les montagnes du Perthshire puis les Monadliath Mountains . Pour la première fois, nous allons bénéficier d’un très beau temps sur tout ce parcours . Malheureusement , le soir tombe et les reflets sur les vitres du wagon gênent beaucoup mon activité de photographe . Je suis nulle dans ce domaine, ce qui n’arrange pas les choses .
En fait, je ne saurais dire si ce ne sont pas encore les montagnes du Perthshire Photo prise côté Ouest
Je ne saurais dire avec certitude si la photos est prise près de Dalwhinnie ou de Kingussie
On pourra comparer avec une photo du même lieu datant du printemps 2013 .
Pour la première fois, nous allons bien voir les Cairngorms , avec leurs sommets arrondis , leurs gorges et falaises impressionnantes et leur forêt .
Nous approchons maintenant d’Inverness . Je vois apparaître au Nord un paysage intéressant mais de façon trop fugitive . Nous arrivons à Inverness vers 17 heures . La première étape est terminée .
A suivre
Où l’ouverture d’un paquet de flocons d’avoine infléchit notre destin
Nous avons réservé comme l’année précédente à l’Inverness Student Hostel . Ce n’est pas très loin des gares routières et ferroviaires et ce n’est pas cher . Nous avons comme l’année précédente réservé dans un dortoir mixte . Notre projet est de faire les courses à Inverness le lendemain matin , pour acheter nourriture et cartouche de gaz , et de prendre ensuite le train pour Kyle of Lochash , puis le bus pour Skye avec l’idée de dormir soit à Raasay , mais nous arriverions un peu tard, soit au camping de Sligachan .
Lors de notre précédent voyage, il pleuvait beaucoup à Inverness . Nous n’avions pas eu envie de visiter la ville . Cette année, il fait beau .Lorsque nous arrivons près de notre hébergement , nous remarquons que nous sommes tout près du château , ce que nous n’avions pas du tout vu la première fois .
Après un repas très gastronomique fait de soupes minute et de purée en flocons, avec quelques amandes pour dessert, nous gagnons notre dortoir où nous ne retrouvons pas le
motard callipyge de l’année dernière *. Il y a là un couple de jeunes randonneurs, des jeunes filles à la silhouette de danseuse, des femmes plus âgées qui travaillent (c’est peut-être pour elle un hébergement régulier économique ) . Rien à dire sur la nuit où je pense que nous avons toutes les deux dormi jusqu’au matin, fatiguées par cette journée de transport . Le lendemain matin , nous faisons nos préparatifs sans hâte , notre train doit partir vers 13 heures et nous partons le coeur léger nous occuper de notre petit déjeuner , tout aussi gastronomique que le dîner fait de flocons d’avoine sans lait et d’infusions que nous avons apportés . La plupart des personnes hébergées sont parties . Nous nous trouvons seules à table avec un homme d’une trentaine d’années ,fort grand autant qu’on puisse le juger en le voyant assis et nous entreprenons d’ouvrir le paquet de flocons d’avoine que j’ai apporté . J’observe alors qu’il a atteint depuis trois ans sa date de péremption mais il n’y a là rien qui puisse nous effrayer ni Théodorine ni moi . Mais il faut réussir à l’ouvrir et ce n’est pas une mince affaire .
A suivre
*J’ai longuement traité cet épisode dans mon carnet de voyage intitulé Lewis et Harris . Bog, famine et tweed
L’ouverture d’ un sachet hermétique n’est généralement pas aisée et c’est tout particulièrement le cas lorsqu’elle est donnée pour facile . Théodorine et moi, nous n’avons pas apporté de ciseaux (mon Cyrus MacGyver attitré , héros de mes trois premiers carnets de voyage , qui en fait le plus large usage en cuisine et même à table) dirait à coup sûr que c’est une erreur fondamentale . Nous n’avons pas apporté d’opinel (les couteaux à cran d’arrêt sont interdits sur Eurostar) . Je n’ai qu’un minuscule couteau suisse avec une toute petite lame et nous n’arrivons dans la cuisine à mettre la main que sur des couteaux à beurre . Difficile dans ces conditions d’ouvrir un paquet de flocons d’avoine récalcitrant . Nous essayons de crever le sachet avec quelque chose de pointu , en l’occurrence un stylo à bille. C’est l’échec . Mais nous ne voudrions pas non plus faire un large trou, pour ne pas risquer d’épanchement de flocons d’avoine dans tous les coins du sac ou de la tente . Notre voisin pris de pitié
nous propose alors son aide , sort je ne sais d’où un grand coutelas, dimensionné pour tuer un ours, et fait une gigantesque brèche dans le paquet de flocons, comparable à celle que fit avec Durandal Roland encerclé par les Sarrasins à Roncevaux .
Nous le remercions ,bien que le résultat soit plus catastrophique que tout ce que nous avions imaginé .
C’est là pour lui une entrée en matière pour faire plus amplement connaissance avec nous . Nous parlons fort mal l’anglais . Lui, nous comprenons qu’il est polonais . Assurément au vu de sa taille , Napoléon en aurait fait l’un de ses grenadiers . Il nous demande où nous allons . Nous lui répondons que nous nous rendons dans l’île de Skye pour y randonner . Il va lui aussi à Skye, plus précisément à Uig , pour prendre un ferry pour Lochmaddy . Il est souvent allé dans les Hébrides extérieures , qu’il aime beaucoup , tout comme nous . Si nous attendons un peu (il a quelques courses à faire et nous propose de faire les nôtres, offre que nous déclinons, craignant que les choix d’un géant tout droit sorti des forêts polonaises ne nous conviennent pas vraiment) , il nous conduira avec sa voiture dans l’île de Skye . Au terme d’une courte réflexion ,(il n’a pas du tout l’air féroce malgré tout ) nous acceptons d’être conduites par lui en voiture jusqu’à Portree qui est sur sa route . Donc, nous ne prendrons pas le train, nous ne ferons pas nos courses à Inverness mais à Portree . Pour la nuit , nous verrons, puisque nous devrions arriver à Portree en début d’après - midi
A suivre
Conformément à sa promesse, il revient à l’heure dite ,et charge nos gros sacs dans sa voiture . Je lui demande par où il passe . Il n’en sait rien . Il demande à son GPS . J’aurais cru qu’il emprunterait le glen Carron, comme la voie ferrée . Il n’en est rien . Nous allons passer par le loch Ness ,le glen Moriston , puis le glen Shiel .
C’est la seconde fois que nous voyons le loch Ness . Nous l’avions vu pour la première fois lors de notre troisième voyage en Ecosse , où nous avions fait en une journée par les transports en commun , sans savoir au départ où nous irions, le trajet Durness Mallaig, avant de partir pour la première fois à la découverte des Small Isles, après notre abandon sur le Cap Wrath Trail . J’ai raconté cette journée dans *Comment la montagne accoucha de quatre souris trempées *
Aujourd’hui, il fait très beau, alors que la première fois, il tombait des cordes . Nous voyons le loch Ness sous son meilleur jour .Notre chauffeur fait une halte . C’est joli, mais sans plus .Mais ce n’est pas la peine d’aller en Ecosse pour ça , je n’ai pas changé d’avis sur la question . Mais après les choses deviennent beaucoup plus intéressantes, quand nous approchons du glen Shiel .
Nous arrivons bientôt au loch Cluanie , un lac de barrage . Le paysage devient splendide .
Comme on peut le voir , il fait toujours beau . Où donc est la justification du titre de mon récit ? Ami lecteur, si tu as eu la patience de me lire jusqu’ici, tu verras bientôt que l’avenir qui nous attend ne présente pas ces brillantes couleurs . N’était-ce pas, en fin de compte ce que voulaient me faire comprendre les photos en noir et blanc qui, le jour précédent , étaient apparues à l’improviste ?
A suivre
Notre grenadier polonais au grand coutelas (à la réflexion, il s’agissait peut-être du couteau à pain de la cuisine mais l’imagination est toujours prompte à s’enflammer ) reçoit une succession de coups de téléphone . On lui apprend que son ferry est annulé .Rien d’étonnant à cela , je sais , pour suivre attentivement les problèmes des ferries écossais ,que les liaisons pour les Uists sont apparemment les premières sacrifiées en cas de pénurie de ferry et c’est chose fréquente avec les pannes récurrentes des vieux rafiots de Caledonian MacBrayne (les nouveaux ferries ne valent pas mieux ) . Théodorine croit avoir compris qu’il aurait des problèmes avec son travail . Je n’en sais rien , je n’ai jamais étudié le polonais ,je reconnais seulement quelques mots qui me rappellent le serbo-croate dont je possède quelques rudiments ,à vrai dire bien sommaires .Peut-être est-ce pour mieux discuter de ses problèmes, mais il fait une nouvelle halte qui nous permet d’admirer à loisir le loch Cluanie .
Ce que nous voyons sur les photos , ce sont les montagnes de la rive Sud du loch . On aperçoit au loin sur la première photo ce qui doit être Cluanie Lodge . On doit pouvoir à partir de là rejoindre par un itinéraire bien spongieux le glen Loyne et le loch Quoich . Je m’étais intéressée en 2012 à cette possibilité lorsque nous sommes allés d’Inverie à Poolewe, avant d’opter pour le passage par le bealach Coire Mhalagain qui relie Kinloch Hourn au loch Duich .Sur la rive Nord ,sur laquelle nous roulons, nous devrions bientôt voir déboucher une vallée qui m’intéresse depuis longtemps, celle de l’Allt a Caorainn Mor, qui permet par un autre itinéraire bien marécageux de rejoindre le haut glen Affric au niveau de l’auberge de jeunesse . Nous arrivons ensuite à Cluanie Inn . Cette localité, indiquée sur la carte Michelin , se réduit à un hôtel et à un arrêt prévu pour les bus Citylink .Le glen Shiel désormais va être une vallée étroite dominée de part et d’autre par une série de “munros” . C’est splendide .
A suivre
Le glen Shiel fut le théâtre d’une grande bataille lors de la rébellion jacobite de 1719 mais je n’ai pas repéré le monument commémoratif de la bataille au pied du Sgurr na Ciste Duibbhe et du Sgurr nan Spainteach . C’est lors des combats auxquels a donné lieu cette rébellion que fut bombardé et détruit Eilean Donan Castle . Mais mon seul centre d’intérêt était d’examiner les montagnes du côté Sud du glen Shiel , d’identifier le Saddle et le Meallan Odhar parce que nous étions passés en 2012 du Bealach Coire Mhalagain à la vallée bien marécageuse de de l’Allt Coire Chaoil puis de l’Allt Undalain pour rejoindre Shiel Bridge . Nous avions rejoint le ligne de crête qui domine le glen Shiel un peu au Sud du Meallan Odhar , sans passer par le sommet : le sentier passait à flanc un peu au dessous côté Ouest et nous conduisait au bealach na Craoibhe où nous avions le choix, après avoir contourné des barres rocheuses, entre la descente en tout terrain côté Ouest sur une pente d’herbe boueuse , solution que nous avions adoptée, et un vrai sentier côté Est débouchant sur le glen Shiel , mais aussi du même coup sur une route à circulation importante dangereuse pour des randonneurs .
Ma satisfaction est grande parce que je pense identifier ici de gauche à droite, une arête du Sgurr na Sgine, l’échancrure du bealach Coire Mhalagain où nous avions reçu une averse de grésil, le pointe du Saddle à l’arrière -plan au centre le sommet aplati du bealach na Craoibhe et le sentier qui en descend
En agrandissant un peu la photo qui suit ,on voit distinctement le sentier partant de la crête qui descend sur le glen Shiel .
Je joins une photo de la carte Harvey au 40000ème qui concerne ce secteur
On peut ici comparer avec les photos que nous avions prises en 2012 que je n’ai pas eu la possibilité de joindre à mon carnet de voyage consacré à notre randonnée d’Inverie à Poolewe
Bealach Coire Mhalagain (autre versant ,avec montée raide en tout terrain )
 dont malheureusement je n’ai toujours pas compris le fonctionnement . Je ne l’ai pas encore dit à mon Cyrus Smith MacGyver qui me fera, l’air de ne pas y toucher , une des remarques ironiques dont il a le secret . Nous avons près du magasin une assez jolie vue vers le Nord (rien d’extraordinaire cependant ) et vers le Sud, nettement plus intéressant .
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Nous revenons dans le centre de Portree par le même trajet, mais sur un trottoir différent ,ce qui permet à Théodorine de tomber en arrêt devant une plaque d’égout fabriqué à Pont -à-Mousson . Elle me dit alors que ce n’est pas la première fois qu’elle voit en Ecosse des plaques d’égout fabriqués à Pont-à-Mousson . Depuis lontemps, ceux qui la connaissent savent qu’elle a une vision très particulière des choses .
Retour dans le centre
Revenues dans le centre -ville , nous nous occupons de notre ravitaillement pour les prochains jours . Nous ne sommes pas certaines de tomber dans les heures d’ouverture du Community shop de Raasay, où nous devons nous rendre le lendemain et nous souhaitons acheter de quoi manger pour le soir . Nous achetons de quoi faire un vrai festin (ce sera d’ailleurs l’unique fois dans ce voyage) : saumon fumé, bananes , mais aussi du cheddar du Stilton*, du lait en poudre que nous avons beaucoup de mal à dénicher, du fromage de chèvre , et un ersatz de pain .Malheureusement , nous oublions l’une et l’autre le café si nécessaire à Théodorine . Nous rapportons tout cela à l’hostel . Nos chambres , je l’ai déjà dit , se situent tout en haut, et il faut parcourir un vrai labyrinthe pour les atteindre . Le dernier escalier que nous devons emprunter est raide et ses marches sont très étroites . Pour descendre ,si l’on est chargé,d’un gros sac, il faut se souvenir de la technique de descente des cheminées en montagne . Ayant tout déposé dans la chambre, nous partons nous promener près du port .
- L’année précédente , nous avons perdu le morceau de Stilton acheté à Leverburgh . C’est la raison pour laquelle nous avons souffert de la famine dans l’île de Harris . Il s’agit de prendre notre revanche sur l’adversité !
A suivre
Il y a quinze ans, nous avions déjà flâné dans Portree . Nous faisons en quelque sorte des révisions et nous prenons le temps de faire tout le tour du port .
Théodorine remarque tout particulièrement ce “charity shop” qui vend tout ce qui est nécessaire pour les soins du corps et de l’âme, d’après l’inscription que l’on peut lire . Renseigenments pris, ce serait orienté tout particulièrement vers les femmes et les enfants dans le besoin .
. Théodorine ne trouve pas cela très rassurant à moins de compter sur la protection du Seigneur .
Nous entreprenons alors de faire tout le tour du port .
Nous découvrons alors que les maisons situées sur le port côté Nord disposent de tout petits jardins privés, séparés de la rue par une corde .
Après une incursion dans les hauteurs, nous regagnons la place principale .
Nous retrouvons notre gîte . Il est tenu par des Asiatiques, qui nous semblent être des Chinois . Il y a pas mal de monde dans la cuisine salle à manger qui est assez bruyante . Nous regagnons ensuite notre chambre dans les hauteurs, prenons des nouvelles de nos compagnons respectifs . Cyrus , au ton de ma voix ,en conclut comme la veille que nous paraissons jouir d’un excellent moral .
C’est le lendemain que doivent commencer les choses sérieuses . Nous partons pour Raasay !
A suivre
Pour nous rendre à Raasay, nous devons d’abord revenir en arrière , jusqu’à Sconser, non loin de Sligachan . C’est de là que part le ferry . Il pleut lors de notre départ . Il pleut lorsque le bus Citylink nous dépose à l’arrêt situé au niveau du port . Il y a beaucoup de vent . Mon sac est lourd ,et je manque de peu d’être renversée par le vent.
D’autres que nous attendent le ferry, de jeunes Bretons, et aussi une jeune fille qui s’est rendue la veille au Storr . Pas de guichet près de l’embarcadère, on paie sur le bateau , seulement un abri assez sommaire. Tout près de là il semble que l’on puisse se procurer des cafés au lait, ce qui réconforte toujours quand il y a de la pluie et du vent , mais nous n’avons pas le temps . Notre ferry arrive, Il est petit , ne peut embarquer que quelques voitures et c’est un vieux rafiot rouillé . On avait mis en service il y a deux ans un bateau tout neuf, tout beau ,écolo mais un incendie s’est déclaré à bord et il a fallu secourir les passagers . Prendre un bateau de Caledonian MacBrayne, cela devient une aventure !
L’article qui suit parle seulement de surchauffe de batterie donc de risque d’incendie . J’ai lu deux versions de cet incident .
Le nôtre est bien rouillé mais il n’a pas fait naufrage . La mer est agitée, mais nous ne le sentons guère .
Nous attendons un certain temps avant que l’on nous demande de payer notre passage . Libérée de cette obligation, je pars sur le pont , une grille est là pour empêcher de passer par dessus bord si la mer est trop agitée.
Nous approchons de la côte de Raasay .
Nous débarquons . Je tenais à aller à Raasay pour voir Skye sous un autre angle . Je ne suis pas déçue . C’est beau et sinistre . Il tombe des cordes . Je précise que la photo qui suit est en couleur . Nous avons bien vu les choses ainsi .
A suivre
La rédaction de ce récit esr interrompue pour une quinzaine de jours pour cause de vacances .
Côté terre, la vue n’est guère engageante . Nous avons une assez longue jetée à parcourir, la baie à longer sur une certaine distance et une côte à monter, sous la pluie battante .
Nous allons donc nous réfugier quelque temps dans la salle destinée à accueillir les passagers du ferry . Elle est pouvue de sièges sur lesquels il est impossible de dormir et qui ne constituent pas non plus les bancs de sherpa dont nous pourrions rêver mais nous sommes à l’abri , il y a des toilettes , et nous pouvons effectuer au sec les derniers préparatifs utiles avant de nous lancer dans l’aventure .
Nous repérons que l’accès au bâtiment est protégé par un muret . Il y a là un passage couvert, abrité et de la pluie et du vent , si l’on est couché ou accroupi , qui pourrait en cas de nécessité vitale, après fermeture de la salle d’accueil, servir d’abri à des SDF de notre espèce . Nous y songerons avec nostalgie quelques jours plus tard lorsque nous serons en quête d’un gîte au moment de la tempête .
Bien que l’enthousiasme n’y soit pas, nous ne pouvons nous éterniser , et nous nous lançons héroïquement, Théodorine ne tête, à l’assaut de l’île .
A suivre
Notre premier objectif est de repérer le magasin de ravitaillement communautaire, bien que nous ayons les provisions nécessaires pour tenir quelques jours (nous sommes donc, comme à notre habitude , trop lourdement chargées) et d’explorer ce qui nous paraît être la capitale de l’île . Comme il pleut, je ne regarde pas suffisamment la carte ,nous nous dirigeons vers des maisons proches de la mer et nous aboutissons dans une impasse . Il nous faut donc rebrousser chemin ,et monter , sous la pluie . Nous arrivons alors à un assez grand bâtiment qui s’avère être la distillerie . Non loin de là se trouve Raasay House, hôtel et restaurant assez luxueux ,mais qui accueille aussi un café bar ouvert à tous où l’on sert de quoi se sustenter . J’ai faim , comme toujours, le sac est particulièrement pénible à porter sous la pluie, la tentation est grande . J’hésite à suggérer un arrêt aussi peu héroïque et aussi hâtif àThéodorine mais je m’aperçois qu’elle est dans les mêmes dispositions .
Nous nous dirigeons donc vers Raasay House .
Raasay House, qui a récemment brûlé, a été reconstruite . C’est l’ancienne demeure des propriétaires de l’île . Je crois qu’avant de brûler , elle avait abrité une auberge de jeunesse . Nous ne pouvons que regretter qu’il n’en soit plus ainsi . Nous sommes un peu gênées d’entrer dans un bâtiment aussi luxueux, avec nos gros sacs déjà tout mouillés, mais nous sommes bien accueillies à la réception et l’on nous laisse déposer notre fourbi dans cette belle entrée .D’après ce que je crois avoir compris, Raasay House serait gérée par les habitants de l’île . Nous n’en sommes plus , fort heureusement , à l’époque où un ancien propriétaire avait chassé la majeure partie des habitants de l’île qui avait déjà été victime une première fois des cleartances pour avoir soutenu Bonnie Prince Charlie .
La salle du café bar qui nous accueille est confortable , comme nous l’espérions . Nous repérons aussitôt un ensemble de gâteaux fort appétissants et de dimensions généreuses . Théodorine opte pour une énorme part de gâteau aux pommes et un café sans lequel , selon ses propos , elle ne saurait survivre .
Pour ma part ,je vais opter pour un gâteau au citron et un chocolat chaud . Je goûte partout les chocolats chauds dans le vain espoir de trouver un jour un chocolat chaud aussi bon que celui que j’ai bu en 1990 au refuge Padone, face à la Marmolada, dans les Dolomites . Mon espoir est déçu, comme d’habitude , mais c’est tout de même un chocolat très honorable .
Nous nous abandonnons assez longtemps dans les délices de Capoue, la pluie nous sert de prétexte mais notre sens du devoir finit par triompher et nous décidons de nous diriger vers la capitale de l’île Inverarish puis de chercher le sentier qui conduit au Dun Caan , le sommet de l’île , avec le projet de trouver sur notre route un lieu de bivouac .
A suivre .
Nous traversons à nouveau une partie du parc de Raasay House , longeons la distillerie . Notre route se dirige vers le Sud . Si le temps était clair, nous bénéficierions de vues intéressantes sur l’île de Skye, mais les pluies intermittentes , de toute façon , ne nous incitent guère à la contemplation . Nous arrivons enfin près de la petite école où nous croisons une famille avec un jeune enfant qui semble en train de faire un caprice, nous négligeons une route qui part vers l’Est et nous conduirait directement au sentier du Dun Caan , le sommet de l’île parce que nous sommes à la recherche du "centre ville (Inverarish est tout de même la capitale d’une île qui compterait aux dernières nouvelles 187 habitants) ou plus exactement du centre commercial du lieu , en l’espèce le Community Shop qui doit pourvoir aux besoins élémentaires de la commaunauté . Si ce magasin communautaire n’existait pas, il faudrait franchir un bras de mer et emprunter un véhicule jusqu’à Broadford ou Portree pour se procurer toute denrée manquante . Nous finissons par arriver à un pont où un engin agricole roulant à une vitesse un plutôt élevée nous contraint à attendre prudemment avant de le franchir . Aussitôt après le pont , nous débouchons sur une route bordée de cottages dont nous empruntons la branche Nord. Ces cottages auraient été construits pour abriter les ouvriers de l’ancienne mine de fer . L’un d’eux abrite le Community Shop .
Personne dans la rue . Il pleut, mais il y a un banc . Mon sac est lourd , et je manque de courage . Théodorine entre dans le Community Shop . elle n’y a achète finalement rien . Pour ma part, je reste assise sous la pluie à attendre sur un siège mouillé, pour tester l’imperméabilité du pantalon que j’ai récemment acheté pour nos expéditions écossaises . Au terme de notre voyage, je pourrai dire qu’il a tenu ses promesses .
Nous quittons ensuite l’avenue des Champs Elysées d’Inverarish et nous arrivons à un carrefour . Devant nous, un panneau indique la direction “Pôle Nord” . Je rêve certes des régions polaires , mais j’ai toujours été plus attirée par l’Antarctique que par l’Arctique, surtout par les temps qui courent . Nous prenons la direction Est puis Nord Est qui doit nous conduire à l’ancienne mine . La vue se dégage un peu au fur et à mesure que nous montons
Nous ne voyons guère cependant que les Red Cuillins, les Black Cuillins se fondant au loin dans la brume .
Nous arrivons finalement à l’ancienne mine de fer dont subsistent des bâtiments en ruine protégés par une clôture en raison du risque d’effondrement .
Nous ne pourrons donc pas compter ce soir sur ces murs pour trouver un lieu de bivouac abrité du vent . Nous traversons donc le parking et partons sur un chemin qui cesse bientôt d’être vraiment carrossable et doit nous conduire à l’entrée du sentier du Dun Caan . Il pleut . Nous apercevons quelques moutons dans la végétation épaisse . Le terrain de part et d’autre du chemin est pentu, passablement accidenté sous la végétation . Il s’avère que la recherche d’un lieu de camp ne sera pas évidente .
A suivre
Où, après avoir renoncé au pôle Nord, nous prenons la route de Birmanie
Le parking situé à côté des vestiges de la mine est assez vaste mais boueux, et il ne serait guère opportun d’y planter la tente . Nous continuons donc sur un chemin relativement large qui cesse bientôt d’être vraiment carrossable . De part et d’autre, le terrain est pentu, couvert de fougères roussies et de bruyère fanée , avec pas mal de ronces . Rien de très engageant . Ce chemin , construit dans les années 50 a été nommé la “Route de Birmanie” en raison de la densité de la végétation qui s’y trouvait . La progression est facile, mais rien qui annonce une possibilité de bivouac . Nous avons encore un peu de temps devant nous, bien qu’il soit prudent en cette saison d’avoir trouvé à s’établir vers 17 heures mais il nous faut un terrain plat et de l’eau . De l’eau, il y en a certes ,mais au fond d’une profonde gorge rocheuse avec des parois presque verticales que nous apercevons du haut du pont qui les franchit . Nous continuons donc notre marche sans rien trouver, ni eau accessible ni terrain plat , jusqu’à ce que nous arrivions à un nouveau pont . Un petit torrent coule légèrement en contrebas . L’eau est ici accessible et il y a même, au dessus de l’eau mais dans le creux, à l’abri du vent , une petite plateforme rocheuse, sur laquelle nous pourrions à la rigueur simplement poser la tente , à défaut d’y planter les piquets . Evidemment, il faudrait déménager en cas de très forte montée des eaux , mais cette éventualité ne paraît guère probable . Nous n’avons plus qu’une pluie fine intermittente et la météo est plutôt optimiste pour le lendemain. Nous poursuivons cependant notre route . Nous arrivons alors à un carrefour . Sur la droite part au milieu des arbres un sentier fléché avec l’indication "Dun Caan " . Son départ est à peine visible . Il est très étroit , très raide, bordé par des ronces et commence par des marches de 50 centimètres de eau, l’idéal avec un gros sac ! Cela nous dissuade d’aller plus loin sur l’itinéraire du Dun Caan pour chercher un lieu de bivouac . Nous nous posons donc pour réfléchir . A l’extrême rigueur , nous pourrions nous établir dans ce carrefour, si la nuit tombait . Mais nous décidons de continuer sur la "route de Birmanie " pour voir si nous trouverons mieux, pas trop loin . Le chemin est facile, herbu, et nous arrivons en vue d’une forêt . Au bord du chemin sur la gauche, la pente est douce sur quelques mètres . Le terrain est couvert d’une végétation assez dense, mais à la rigueur, nous pourrions trouver un petit espace . Rien d’idéal, loin de là . Nous entrons donc dans la forêt . Moins de végétation, mais trop d’arbres , cette fois-ci . Nous faisons donc demi-tour et nous décidons de nous établir juste au bord du chemin , sur les bruyères et les fougères . Nous avons croisé précédemment un homme accompagné de deux chiens aimables , un coureur va passer sur le chemin pendant que nous nous installons . Nous ne verrons plus personne jusqu’au lendemain .
Le lieu de camp n’est pas idéal certes mais il est nettement moins humide que celui où nous avions dormi l’année précédente dans l’île de Harris, sur un véritable waterbed
A côté du waterbed
Photos 2024 Carnet de voyage Lewis et Harris . Bog, famine et tweed.
Il ne nous reste plus qu’à aller chercher de l’eau au petit torrent que j’ai repéré . Je me charge de cette tâche, en prenant la précaution de ne pas glisser sur le rocher mouillé . Je vais me servir pour le captage et le filtrage de la gourde filtrante Katadyn que m’a conseillée Glen Coe que je remercie au passage .( Nous l’ avons déjà testée cet hiver entre Espalion et Decazeville sur le chemin de Compostelle, où nous étions réduites à boire l’eau de rigoles, les robinets prévus pour ceux qui suivent le chemin de Compostelle étant mis hors service à cause du gel) . Finalement, nous nous installons rapidement dans la tente . Nous nous contentons d’un repas froid . Je ne suis pas sûre d’avoir expliqué le détail de la situation à mon Cyrus MacGyver privé, que j’appelle tous les soirs pour lui faire un rapport circonstancié . Il n’aurait pas approuvé pareil bivouac, lui qui , comme le grand Shakelton est aussi exigeant en matière de confort que la princesse au petit pois d’Andersen .
A suivre
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Le lendemain matin, il fait beau lorsque nous sortons de la tente . Nous pouvons de ce fait voir les Black Cuillins se dégager nettement à l’horizon .
Pour la première fois, nous allons mettre en service le réchaud .Après quelques tâtonnements, nous constatons que la cartouche de gaz s’adapte parfaitement . Théodorine , plus douée que moi pour les activités techniques, installe le réchaud au milieu de la route de Birmanie . L’herbe, bien verte et trempée de la veille ne risque guère de prendre feu en cas de renversement accidentel . La persepctive d’un petit déjeuner chaud nous ravit , voilà bien longtemps que cela ne nous est pas arrivé en bivouac . Du soleil (ce sera la dernière fois du voyage, jusqu’au retour, à Edimbourg ) , pas de vent, même pas une brise légère . Il ne doit guère avoir gelé jusqu’à présent et ce que nous pouvions redouter se produit : les midges arrivent , de plus en plus nombreuses . J’avais un peu prévu le coup et placé la coiffe anti-midges sur le haut de mon sac ,avant le départ . Théodorine ne retrouve pas la sienne , elle la découvrira plus tard quand elle lui sera devenue inutile .
Pour ma part, je parade, fière de mon élégance, au milieu de la Route de Birmanie . .
Malheureusement, CyrusMacGyver vient de me faire remarquer que ma chemise est mal boutonnée . L’ignorant ! Il ne comprend pas que sous ma chemise , j’ai une polaire dont les deux poches intérieures et les deux poches extérieures sont bourrées d’objets divers et absolument indispensables .
Théodorine se fait dévorer par les midges, qui m’abandonnent et se dirigent toutes vers elles , déçues par la froideur de l’accueil que je leur ai réservé . Plus tard, elle aura le visage constellé de points rouges . Mon triomphe, malgré tout , sera de courte durée . Pour manger, je dois soulever un peu ma coiffe , les midges s’engouffrent . Je vais avoir des points rouges à la racine des cheveux, tout autour du visage , et dans le cou . Ces trop amicales bestioles s’insinuent partout où elles le peuvent .Les démangeaisons apparaissent un peu plus tard .
Avant de quitter ces lieux, nous profitons du soleil pour sécher nos affaires . Difficile en effet d’étendre ses vêtements à l’intérieur de la tente .
L’opération séchage terminée, nous suivons la route de Birmanie en sens inverse pour rejoindre le carrefour d’où part le sentier du Dun Caan .
On voit bien sur cette photo l’emplacement de notre tente , au loin , au bord du chemin . La carrefour d’où part le sentier du Dun Caan n’est pas très éloigné .
A suivre
Si nous nous sommes rendues à Raasay, c’est parce que je m’intéresse aux satellites de Skye . Nous sommes allées plusieurs fois dans les Small Isles et nous n’en avons pas épuisé l’intérêt . C’est aussi parce que j’ai lu des descriptifs de l’itinéraire d’ascension du Dun Caan et que j’ai vu des photos prises du sommet par temps clair. On y aurait une vue exceptionnelle à la fois sur Skye et sur le Mainland . Enfin, Raasay est à l’écart du tourisme de masse . L’obligation de traverser un bras de mer, cela suppose que l’on prenne son temps, que l’on ne se contente pas d’additionner de courts passages dans une liste de lieux à cocher , homologués comme intéressants, le temps de faire la même photo ou peu s’en faut que des milliers de prédécesseurs ,faute de de quoi il ne saurait y avoir de voyage réussi .Une traversée en ferry pour se rendre dans une île où il n’y a pas grand chose, c’est un sacré filtre et cela ne s’insctit guère dans le projet de faire le tour de l’Ecosse en huit jours … Pour peu que le temps ne soit pas bouché lorsqu’on se rend au Storr, on voit l’île de Raasay, entre Skye et la presqu’île d’Appelcross, et son sommet le Dun Caan quand on monte au Storr . Des milliers de personnes montent au Storr . Une amie m’a dit qu’en été, on y entendait parler français tous les dix mètres . Je n’ai encore jamais lu de compte-rendu en français relatif à la visite de Raasay .
Il fait beau, le temps est clair ,mais il est déjà un peu tard , au vu de la suite de notre programme . Nous devons être à Sligachan le soir . J’ai réservé à l’auberge de jeunesse de Glenbritle pour le surlendemain, mais je souhaite vraiment que nous y arrivions la veille , ou que nous le tentions , pour la suite du voyage et parce que j’ignore ce que nous réserve exactement l’itinéraire pédestre de Sligachan à Glenbrittle en passant par les Fairy Pools .
Nous nous engageons donc sur ce sentier très raide et très étroit au départ . La pente , assez vite, s’adoucit un peu, mais bientôt nous découvrons sur notre droite une gorge très profonde . Le sentier est sécurisé par une barrière plutôt branlante. Nos sacs sont lourds, donc la progression n’est pas très aisée . Nous arrivons ensuite dans un espace plus dégagé, une sorte de chantier , et nous nous heurtons rapidement à une haute barrière qu’il faut franchir .
Il y a bien un système classique pour ouvrir la porte mais le maniement n’en est pas du tout aisé . Après quelques tentatives infructueuses , Théodorine réussit à ouvrir , puis à refermer . Le sentier se poursuit au delà, plutôt étroit . Au bout de quelque temps , nous décidons de laisser nos sacs pour progresser plus vite . Nous arrivons bientôt à un terrain assez vaste et plat qui aurait été favorable pour le bivouac , mais la pluie quasi continuelle de la veille ne nous avait guère donné de courage . Poursuivant notre route , nous longeons le torrent , à nouveau tout au bord d’une petite gorge, beaucoup moins impressionnante cette fois-ci , mais aux parois verticales et suffisamment profondes pour qu’une chute ait des conséquences très graves . Le sentier est facile mais étroit et passe au bord de l’à pic . Il faut donc pendant quelque temps faire preuve de prudence . Nous sommes dépassées par de jeunes marcheurs légèrement vêtus et pas du tout chargés . Nous progressons certes, mais pas très vite et le temps passe . Nous ne sommes pas encore arrivées au loch que l’on doit longer avant l’ascension sommitale . Je voudrais que nous prenions le ferry avant 15 heures pour ne pas arriver trop tard à Sligachan et je plaide pour un demi-tour . Nous ne parviendrons pas cette fois-ci au sommet du Dun Caan . Etait-ce une mauvaise décision ? Sans doute pour ce qu’il en est de la vue du sommet , mais la météo du surlendemain aurait rendu bien difficile le passage sur Glenbrittle . J’étais trop attirée par les Black Cuillins .
La descente est plus rapide que la montée, nous reprenons nos sacs et nous arrivons à la barrière que nous avions eu du mal à ouvrir . Cette fois-ci, nous n’y arrivons pas du tout . La clôture ne comporte pas d’interstices où se glisser et elle descend jusqu’au sol . Impossible de sortir en rampant :je suis assez à l’aise dans cet exercice , ayant l’habitude de ramper sous les barbelés de mes Highlands cantaliennes où les vaches sont enfermées par des rangées de barbelés dignes de Verdun . Je serai beaucoup moins à l’aise pour escalader cette porte, surtout avec mon sac, ce que Théodorine envisage de faire en désespoir de cause . Allons-nous rester prisonnières ? Serons-nous obligées de bivouaquer ici et d’attendre que des personnes plus habiles viennent nous délivrer . Théodorine a finalement une idée de génie . Il faut peser de tout son poids sur cette porte . Nous nous y mettons toutes les deux, elle arrive à actionner le système d’ouverture . Nous sommes libres et bientôt nous rejoignons la route de Birmanie, puis la route tout court . Nous ignorons une fois de plus la direction “Pôle Nord” et nous descendons progressivement vers le port . Nous longeons la baie par la même route qu’ à l’aller, c’est une succession un peu longuette de petites montées et de descentes mais les vues sont belles .La veille, le temps était bouché .
Nous passons à nouveau devant la distillerie , ignorons le chemin de Raasay House (Théodorine va bientôt le regretter ) et nous arrivons enfin au port .
La vue que nous avons du port et celle que nous aurons pendant la traversée justifient à elle seule le voyage à Raasay .
A suivre
Bonjour , J’aurai pu écrire le même commentaire . Tellement bien raconté avec des détails . J’ai voyagé un mois et demi dans le nord …Quels bons souvenirs; La suite avec impatience avant une relecture!!
Bonjour,
Merci pour vos commentaires à tous les deux . L’Antarctique, je crois malheureusement que c’est un peu tard pour moi , surtout depuis que Shakelton a dû quitter l’île de l’'Elephant et que l’Antarctique est envahie par les bateaux de croisière . Je préfère garder le rêve .Vraie routarde, je ne pense pas . Je n’ai jamais été attirée ni par les destinations exotiques ni par la marginalité, ni par les destinations humainement dangereuses . Dormir dans des buissons mouillés, ou dans une chambre aux dimensions d’un placard à balai, ou dans une tente inondée au milieu des lapins de garenne (c’est pour plus tard )c’est une aventure sans danger à la portée de tous les voyageurs un peu pingres !
Nous avons interrompu trop vite notre ascension du Dun Caan , par crainte de manquer le ferry qui nous conviendrait le mieux et nous permettrait d’arriver à Sligachan bien avant la nuit, pour nous installer confortablement au camping et nous rendre au pub . J’avais conservé un bon souvenir du pub de Sligachan où nous avions mangé à l’abri de la pluie lors de notre premier voyage en Ecosse en 2010 . Je m’aperçois à notre arrivée au port que j’ai confondu les horaires de la semaine et ceux du dimanche . Nous sommes dimanche, les bateaux sont beaucoup plus rares ,nous devons attendre sensiblement plus d’une heure .Il y a cependant déjà une file d’attente de véhicules sur la jetée, sans doute des gens venus à Raasay pour le week end .
Théodorine quant à elle regrette que nous n’ayons pas fait un crochet par Raasay House . Elle aurait jugé plus plaisant d’attendre devant un gâteau et un café au lait , ou encore mieux un cidre, tentation à laquelle elle cède assez facilement .
Raasay House vue du port . A droite, émergeant des arbres, la distillerie .
Finalement, nous allons presque nous endormir dans la salle d’attente où nous sommes installées et nous aviser juste à temps que la file de voiture en attente a presque disparu . Nous devons nous hâter pour embarquer et ne pas rater notre ferry .
Je quitte Raasay à regret . J’aurais souhaité y rester beaucoup plus longtemps, monter au sommet du Dun Caan, explorer les rives Ouest et Est ,suivre jusqu’au bout la route de Callum, construite par un père qui voulait faciliter les retours de sa fille , et aller dormir dans la bothy de l’île .Aurait-ce été une bonne idée de rester plus longtemps à Raasay ? Au vu de l’évolution des conditions météorologiques, je ne le pense pas . Nous aurions eu beaucoup de mal à en revenir et nous n’aurions pas pu facilement trouver un abri, à part la bothy qui est très loin de tout , à l’extrémité Nord de l’île . Raasay ne m’a pas paru offrir d’hébergements économiques . On peut regretter l’absence de camping officiel . Cela faciliterait beaucoup la visite de l’île . Je n’exclus pas d’y revenir mais je choisirais un autre itinéraire pour l’ascension du Dun Caan, situé plus au Nord et préconisé pour la descente .Je pense qu’il doit offrir des vues plus dégagées sur Skye tout au long de l’ascension.
A suivre
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Notre traversée pour Sconser se fait toujours sur le même vieux rafiot . Les vitres sont bien sales et le bord des fenêtres est rouillé mais la vue est belle .
On reconnaît ici au loin le Storr .
On identifie bien sur cette photo le sommet du Dun Caan émergeant en arrière d’une première ligne de crête .
Nous débarquons à Sconser, espérant trouver ouverte la buvette que nous avions vue à l’aller . Malheureusement elle est fermée le dimanche . Nous allons donc longuement attendre notre bus Citylink pour Sligachan . Sligachan n’est pas très loin , mais la circulation sur la route est assez intense . Marcher le long de la route serait dangereux et pénible . Pas de bus Stagecoach le dimanche . Nous ne sommes pas tentées par le stop, au vu de la vitesse à laquelle circulent les véhicules . J’ai téléphoné au camping pour prévenir de notre arrivée . Le gérant du camping parle fort bien le français . Ce n’est pas un problème d’arriver vers 19 heures , il sera présent . Mais la nuit est prête à tomber lorsque le bus nous dépose . Le gérant est bien là . Nous réglons notre séjour . Le pub devrait fermer bientôt mais le food truck d’Alberto qui fait des tacos mexicains est encore ouvert et nous pouvons manger sous un abri couvert . C’est copieux et très épicé , bon, mais pas franchement écossais . Il y a des tacos vegan, . Théodorine en prend quelques uns, pour que nous puissions manger un peu de légumes . La nuit est presque complètement tombée quand nous montons la tente et Théodorine manque de peu la chute en glissant le long d’un talus qu’elle n’a pas identifié dans l’obscurité . Par bonheur, j’ai pris la précautiion d’aller chercher de l’eau dès notre arrivée . Ce n’était pas tout à fait à côté ,et j’ai dû pour refaire notre modeste réserve patienter derrière un camping car qui faisait le plein .
Le montage de la tente terminé, nous décidons d’aller dormir au plus vite, sans prendre de douche .
J’ai interrogé le responsable du camping sur le sentier qui conduit de Sligachan aux Fairy Pools . Il ne serait pas difficile, un peu boueux mais pas trop , un peu rocheux par moments . Idéalement , je souhaite que nous arrivions à l’auberge de jeunesse de Glenbrittle avec un jour d’avance . Cela nous permettrait de passer une journée à marcher sans nos gros sacs. Nous avons réservé pour le vendredi qui suit à Portree la même chambre à l’Independent Hostel (nous apprendrons plus tard que ce sera le jour de la tempête ) L’idée est de pouvoir se sécher,et se reciviliser à intervalles réguliers
A suivre
Considérations sur les duvets, leur utilité, et leur carrière .
Nous passons une bonne nuit sous la tente . Théodorine apprécie les débordements de mon généreux duvet pour reprendre ses termes, un duvet Valandré censé vous protéger jusqu’à - 15 degrés, acheté l’hiver dernier pour dormir confortablement par - 5 sur le Glen Affric Kintail Way que nous avons dû reporter au printemps prochain, en raison de l’accident de Théodorine . Il remplace un duvet qui a fait son temps après quatre décennies de bons et loyaux services . Avec un sac à viande en soie et un matelas gonflable plus ou moins rapidement selon sa capacité pulmonaire, c’est un couchage 5 étoiles à rendre jaloux tous ceux qui ne jurent que par les avis de Tripadvisor . C’est un duvet gris, d’une élégance discrète, qui ne déparerait pas une chambre à la décoration raffinée en cas de panne de chauffage et de très grand froid pour des personnes qui jugent, comme nombre de membres de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, notre maître, qu’une température comprise entre 0 et 10 degrés est la plus favorable au sommeil et à la prévention des maladies hivernales. Cyrus MacGyver et moi-même (je pense que Théodorine est à peu près sur la même lignée), pensons que le chauffage d’une chambre est destiné avant tout à prévenir le gel des radiateurs .
Ce moelleux duvet est une pure merveille . Lorsque je l’ai étalé avant de le comprimer lors de mes derniers préparatifs de voyage, Mâla, ma grande amie, la plus jeune des chattes de Cyrus, s’y est installée sitôt que j’ai eu le dos tourné et je l’ai découverte lovée au beau milieu, me regardant avec l’expression d’un bonheur et d’une gratitude indicibles . Las! Ce n’était pas un cadeau pour elle . J’ai été cruelle et je l’ai aussitôt expulsée, sans ménagement . Les duvets Valandré sont plus chers que les cartons qu’elle se dispute avec son aînée Grisette , pour y dormir , mais aussi pour en déchiqueter frénétiquement le fond.
Le précédent duvet était un duvet rose à l’intérieur vert du plus bel effet . Je l’ai porté en guise de vêtement , entièrement fermé , un soir de frimas, lors d’un bivouac avec Robin Hood et sa bande au dessus de la Vallée Etroite. Un duvet sarcophage rose , en position verticale, soigneusement fermé la tête, à la place des pieds, et les pieds sortant de l’espace prévu pour la tête ,cela a une allure folle .J’ai défilé ainsi vêtue devant le groupe (1) .Je ne comprends pas qu’aucun de nos couturiers n’ait pensé à cette possibilité qu’offre un duvet sarcophage . Toutes les fashionistas se précipiteraient (2). Mon duvet rose peut encore faire une belle carrière , d’autant plus que les quelques lavages prudents qu’il a subis, ont épargné le parfum d’une admirable complexité que lui ont conféré les années .
Mon duvet Valandré est le troisième duvet de ma carrière de randonneuse, le second duvet sarcophage . Le premier , quant à lui, était beaucoup plus modeste . Je l’ai conservé . Il est toujours utile et se satisfait d’isoler le compteur à eau et la canalisation avant compteur dans ma maison des Highlands cantaliennes, pour les protéger du gel , après vidange de l’installation . Au bout de soixante ans, il n’a toujours pas droit à la retraite .
1)J’ai malheureusement négligé de donner suite à ma carrière de top model , me contentant de brèves apparitions trop peu rémunérées ,comme ma pose sur la route de
Birmanie pour la promotion des filets anti-midges vendus à Stornoway .
2) On pourrait concevoir des duvets de différentes longueurs , en pariculier au dessus du genou, ou même au dessus du nombril pour les plus jeunes qui voudraient faire admirer la finesse de leur taille .
A suivre
Nous nous levons comme d’habitude un peu trop tard . Difficile un 29 Septembre de partir de façon très matinale quand le temps est bien gris : le temps sera beau , nous a dit le gérant du camping, ce qui signifie seulement qu’il n’y aura ni déluge ni tempête et que nous pouvons donc partir sans risque . Nous profitons donc à nouveau de l’abri situé à côté du foodtruck d’Alberto . Nous avons appris la veille que c’est pour la dernière fois . J’avais envisagé de revenir au camping de Sligachan, plus tard dans la semaine, si nous ne trouvions pas d’hébergement à Portree , malheureusement, le camping ferme deux jours plus tard . C’est la fin de saison .
Sligachan, à part, le camping et l’hôtel ,et quelques rares constructions, ce n’est rien , si ce n’est un carrefour routier, au bout d’un loch, et un pont célèbre , maintes fois photographié, avec les Black Cuillins en arrière - plan . Il fut une époque où le pont de Sligachan et les Black Cuillins trônaient en affiche géante dans le métro parisien , dans une publicité pour le whisky Clan Campbell (il ne me semble pas pourtant que Skye ait jamais été le domaine des Campbells , les Mac Donalds et les Mac Leods lés auraient renvoyés bien vite en Argyll ). Mais si la localité est extrêmement modeste , c’est un point de départ de randonnées et ascensions très intéressant , pour les Red Hills et les Black Cuillins .
Photo 2024, prise du bus
Photo Juin 2024 .
Le port de Sconser est situé à l’entrée du loch, Sligachan à son extrémité côté terre.
Photo Cyrus Smith Mac Gyver Juin 2010, sous un soleil resplendissant.
Sligachan Camping photo Cyrus 2010
Rien de particulièrement séduisant , si ce n’est la vue sur les montagnes …, quand elle se dégage !
Carrefour de la route Pont de Skye Portree et de la route de Dunvegan . Photo Cyrus 2010
A suivre
Deux itinéraires de traversée , pourvus d’un vrai sentier , partent de Sligachan . L’un, emprunté par le Skye Trail, se dirige plein Sud vers Camasunary puis Elgol , une variante difficile permettant de rejoindre Camasunary puis Elgol en passant par le loch Coruisk et le Bad Step . L’autre part vers le Sud Ouest et se dirige vers les Fairy Pools puis Glenbrittle . C’est ce dernier itinéraire que nous avons emprunté cette année . Le premier , nous l’avions parcouru partiellement en 2010, lors de notre premier voyage en Ecosse . Je vais ici en présenter quelques images , cela pourrait inciter les milliers de visiteurs qui se contentent de photographier le pont de Sligachan à pousser plus loin leur curiosité et à s’attarder ; à l’écart de la foule .
Cette photo de Cyrus permet d’identifier la route de Portree au fond avec son grand virage et son grand pont, celle de Dunvegan qui part sur la gauche en passant le long du pub, le vieux pont de Sligachan, et le chemin de Camasunary et Elgol qui se transforme un peu plus loin en sentier assez souvent un peu boueux . Le sentier pour les Fairy Pools part de la route de Dunvegan à peu près à 800 mètres du carrefour des deux routes en prenant la direction Sud Ouest . Le camping quant à lui , est situé en contrebas de la route de Portree , entre la route et le loch .
Il vaut indiscutablement la peine de remonter le glen Sligachan. Suivre ce sentier permet de passer entre les Red Hills et les Black Cuillins , et de voir de plus près la montagne écossaise .
A gauche , le Marsco dans la brume qui fait partie des Red Cuillins . Le sentier traverse une lande spongieuse typique des montagnes écossaises .
Au centre , le Marsco . Photo Cyrus
A droite, ce sont les Black Cuillins . Photo Cyrus .
Photo prise un peu en amont le lendemain lors du retour Photo Cyrus
On voit sur la droite le sentier qui monte à Druim Hain avant de se diriger, soit en montant vers le Sgurr Na Stri, soit en descendant vers le loch Coruisk . Le sentier qui reste dans la vallée , passe au pied du Bla Bheinn ou Blaven et conduit à Camasunary puis va de Camasunary à Elgol en longeant la mer .
Cette photo est assurément sombre et sinistre , mais cette atmosphère est bien celle que l’on rencontre souvent dans les montagnes de l’île de Skye .
Marsco ,vu de Druim Hain
Black Cuillins . Photo prise dans la descente sur le loch Coruisk
Loch Coruisk et loch Scavaig
![PICT6542loch coruisk ,loch scavaig, Black Cuillins|690x442]
Photo Cyrus
(upload://ieQia2L9ioiXTwzb4RGXV6gNZYu.jpeg)
Black Cuillins
Nous avions dû bivouaquer pour voir la crête des Black Cuillins se dégager au dessus du loch Coruisk
J’avais envisagé cette année de revenir dans le glen Sligachan, de pousser jusqu’à Camasunary et de rejoindre la route d’Elgol entre Elgol et Torrin après avoir dormi dans la bothy de Camasunary ou d’explorer la crête qui conduit au Sgurr na Stri avant de renoncer à cette possiblité .De toute façon , les conditions météorologiques de cette année auraient rendu cela bien difficile .
A suivre
Je ne l’avais pas remarqué précédemment , mais je constate à la relecture , en agrandissant les photos,que le sommet du Dun Caan , point culminant de l’île de Raasay, est visible tant sur la première photo du loch Sligachan que sur la photo du point de départ de la randonnée dans le glen Sligachan par le sentier qui part de l’hôtel . La carte Ordnance Survey au 50000ème me confirme que l’orientation est bonne .

Je construis toujours mes itinéraires à partir de cartes, et non à partir d’applications . Je cherche dess renseignements après , pour savoir si ce sera raisonnablement faisable .Une carte du secteur, même si elle fait un certain poids, permet d’avoir une vue globale du terrain et d’identifier les points importants du relief . Cela permet d’imaginer des itinéraires futurs et quand le temps est clair, de se repérer rapidement sur le terrain .
De Sligachan à Glenbrittle
Pour rejoindre notre chemin , qui débute un peu plus loin sur la route de Dunvegan, nous passons devant l’hôtel . Nous constatons que le pub est encore fermé, il n’ouvre guère avant midi, semble-t-il, donc pas d’espoir de breakfast . De toute manière, nous sommes décidées à avancer, même si nous n’arrivons pas le soir-même à Glenbrittle . Nous aurions cependant cédé à la tentation d’un café . Théodorine a la migraine parce qu’elle est en manque : elle a oublié de prendre le Nescafé ! Tous les matins, elle a mal au dos en se levant, mais une fois la bête chargée, plus de problèmes .
Je regrette la façon dont l’hôtel pub de Sligachan a évolué . Il y avait auparavant une bunkhouse, c’est-à-dire un dortoir pour randonneurs . Cela nous aurait bien intéressées . Il me semble aussi que le pub était moins luxueux et plus largement ouvert en 2010 . Skye souffre de surtourisme . Je crains que la tendance ,pour lutter contre le tourisme de masse , ne soit la suppression des hébergements économiques et l’option pour le tourisme de luxe . Quel dommage pour nous qu’il n’y ait pas eu d’auberge de jeunesse à Raasay comme c’était le cas autrefois !
Le temps est bien couvert . Le passage sur la route de Dunvegan n’est pas long mais pénible . Il y a pas mal de circulation, il faut souvent monter sur le bas côté, mon sac me paraît lourd . J’ai les démarrages difficiles . Théodorine quant à elle , me paraît avancer allègrement ,malgré les maux dont elle souffre . Nous quittons enfin la route au profit d’un chemin carrossable qui conduit à l’hôtel Alttdearg ,peut-être intéressant pour un groupe . Je me renseignerai peut-être pour le proposer aux membres de la bande de Robin Hood intéressés, pour une autre fois .
Nous dépassons l’hôtel Alltdearg, que nosu verrons longtemps au loin, isolé sur la lande spongieuse . La vue commence à s’ouvrir sur le loch Sligachan, fermée à l’horizon par les hauteurs de Raasay .
Le chemin est assez sec, bien que de part et d’autre ce soit un immense" bog" . Il traverse pourtant un certain nombre de “burns”, des petits cours d’eau qui ont été canalisés aux endroits où il passe . Une grosse pierre de chaque côté , mais une grande enjambée est nécessaire . C’est un peu pénible avec un sac lourd .
A suivre
Au bout de quelque temps, le sentier se rapproche de la rivière Allt Dearg Beag (“allt” signifie rivière en gaélique) . La pente s’accentue, le sentier longe des cascades. La rivière a creusé de petites gorges aux parois très raides. Un court passage rocheux, facile, assez près de la gorge contraint à mettre les mains pour ne pas risquer de glisser sur le rocher mouillé . Le temps n’est plus seulement gris . Il y a du brouillard et l’atmosphère est légèrement inquiétante .
Le temps comme on le voit, est de plus en plus sombre et l’on distingue mal le relief
Je rappelle que le temps annoncé a été qualifié de beau . Effectivement, nous avons au pire une pluie fine et le vent ne souffle pas en tempête .
La même photo , après divers traitements ,permet de mieux discerner le relief et le sentier qui se poursuit, longeant une série de cascades que j’ai négligé de photographier, pour ne pas ralentir une progression trop lente à mon gré .
En arrière, la vue se dégage on voit le loch Sligachan et l’horizon fermé par Raasay, avec son sommet le Dun Caan .
La pente s’adoucit, nous arrivons dans un vaste espace, une sorte de cirque peu profond, Coire na Circe et nous arrivons enfin au col, le bealach a’ Mhaim, occupé par un petit loch .
Après un assez long passage à peu près plat, nous découvrons les hauteurs qui dominent le glen Brittle et nous entamons la descente sur les Fairy Pools.
A suivre
Hello Calamity!
L’éducation nationale ne vous remercie pas pour ce récit passionnant et plein d’humour sur lequel je suis tombée et me suis attardée au lieu de m’atteler à la correction de mes copies (dernière année avant la retraite!)
Je “tique” cependant sur votre appréciation très injuste à mon avis du cheddar dont j’ai pu goûter d’excellents fermiers même si mon coeur d’auvergnate reste fidèle au Salers et St Nectaire. Connaissez-vous le Stilton? Excellent bleu…anglais, et ce n’est pas un oxymore!
Bon, le devoir m’appelle…
Slan agat
Pascale
Bonsoir Hashtag,
Je suis heureuse d’être un sujet de dissipation . Mon récit va se poursuivre un certain temps et j’espère que cela vous distraira pendant les conseils de classe . En ce qui concerne le cheddar, je n’en ai mangé que de l’industriel . Nous avons aussi trouvé du Stilton . (L’an dernier , nous en avions acheté mais nous l’avions perdu , d’où la famine) mais je trouve que c’est effectivement un fromage intéressant , bien qu’il soit nettement inférieur à celui de mon fromager d’Aurillac .
J’essaierai de faire de mon mieux pour vous faire rire , l’éducation nationale gardera ses remerciements pour ceux qui en sont dignes, mais il faut que l’inspiration soit au rendez-vous . Je ne sais pas la plupart du temps, avant de commencer, ce que je vais écrire .
Pour une réunion mortelle avec des gens sérieux, ma pire recommandation est le "voyage en Ecosse d’une confinée ", mon carnet de voyage préféré , sur le forum bien sûr .
Calamity
Si la vue sur le glen Brittle est suffisamment dégagée pour que nous voyons bien les hauteurs qui le dominent au Nord Ouest, les sommets des Black Cuillins restent dans la brume .
Je vais malgré tout reconnaître très vite , pour l’avoir maintes fois vu en photo, le Sgurr an Fheadain, la montagne en forme de cône ou de pain de sucre située au centre du cirque du nom de Coire na Creiche où se situent les Fairy Pools .
Le parking des Fairy Pools , quant à lui , est bien identifiable dès le haut de la descente .
Il y a pas mal de véhicules, bien que ce soit le dernier jour de Septembre.
Le chemin des Fairy Pools semble un chemin bétonné, du moins au début . Est-ce pour limiter l’érosion comme au Puy Mary dans mes Highlands cantaliennes, où l’on a bétonné l’arête qui part du Pas de Peyrol (une véritable horreur justifiée par la surfréquentation ) ou est - ce pour éviter aux visiteurs de se mouiller les pieds, voire de s’enliser dans le bog dont l’expérience est pourtant essentielle à la connaissance des montagnes écossaises ? Au fur et à mesure que nous descendons, nous voyons distinctement des personnes qui se succèdent à intervalles rapprochés sur le chemin . En pleine saison touristique, je pense que cela doit évoquer des chenilles processionnaires . Cette affluence contraste avec la quasi solitude que nous avons rencontrée sur notre sentier : deux randonneurs non chargés et rapides et un homme seul qui n’avait fait qu’un aller-retour vers le col . En revanche, nous n’avons personne sur le chemin jusqu’au bas de la descente .
La descente a longtemps été facile , sur un sentier de montagne tout à fait classique . Pas de petites gorges traîtresses . Mais vers le bas , nous devons traverser de petits cours d’eau dont les abords sont de plus en plus boueux . Nous devons faire des détours de plus en plus importants pour trouver des passages solides , non pas parce qu’il y aurait un véritable danger mais parce qu’il serait peu plaisant de se retrouver avec de la boue à l’intérieur de ses chaussures et sur les jambes . Nous voyons pour la première fois de la journée des moutons, dont le piétinement n’a visiblement pas amélioré les choses . Alors que nous avions jusque là progressé à une vitesse raisonnable dans la descente , nous prenons maintenant du retard . Je regarde à peine une cascade sur notre droite . Nous arrivons finalement au bas de la descente au carrefour de la route et du chemin des Fairy Pools . Il est dix sept heures passées . Nous sommes un peu fatiguées . Il serait temps de décider du lieu où nous allons passer la nuit .
A suivre
Nous avons donc réussi , sans voiture , à rejoindre les Fairy Pools . Il est possible de faire de même pour tous les sites les plus connus de Skye . Je me suis amusée à chercher comment l’on pouvait se rendre à pied à Neist Point . C’est tout à fait possible . Ce qui en revanche est décevant , c’est de se retrouver dans la foule après une journée d’immersion dans la nature sauvage . Nous ne sommes pas allées jusqu’aux cascades si souvent photographiées . A quoi bon ? Il se fait tard ,et je pense que le site de Coire na Creiche , vu de plus haut , est plus impressionnant . De toute manière, il nous serait difficile de supporter pareille affluence . Cette affluence, d’autre par,t constitue un vrai problème pour nous . Impossible de bivouaquer ici , dans un lieu aussi fréquenté . Il aurait fallu se décider plus haut . Je dis alors à Théodorine que l’auberge de jeunesse n’est qu’à quatre kilomètres . Nous sommes fatiguées, nous n’avons réservé que pour le lendemain soir, mais nous décidons dès aujourd’hui de tenter notre chance . J’espère que nous pourrons faire du stop ou même que nous trouverons un lieu de bivouac en route . Quelques voitures passent mais elles ne s’arrêtent pas . Pas de lieu de bivouac possible , il y a de chaque côté de la route des grillages à moutons . Les zones d’affluence touristiques ne sont pas faites pour nous . La route traverse la rivière Brittle, puis remonte un peu . J’ai repéré sur la carte qu’elle longe un bois, à peu près à 500 mètres de l’auberge . La nuit commence vraiment à tomber, nous arrivons au bois, à la sortie du bois, nous apercevons un bâtiment qui ressemble à l’auberge que j’ai vue en photo . Il y a là plusieurs voitures en stationnement .Nous entrons dans l’enclos . L’entrée est derrière . Nous poussons la porte , incertaines de notre sort . Miracle, il y a de la place . Nous sommes donc à l’abri pour deux nuits . Le dortoir où nous avons nos places est à l’étage Nous posons notre fourbi et nous commençons par nous affaler sur notre lit , Théodorine en hauteur, moi en bas comme d’habitude, avant d’entreprendre quoi que ce soit .
A suivre
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