Dans les Highlands du Nord Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées

Forum Écosse

En 2010, 2012, et 2013, j’ai effectué avec des amis trois randonnées successives dans les Highlands de l’Ouest , dont j’avais fait à l’époque un récit assez détaillé . J’ai repris tout récemment les récits de 2010 et 2012 en y insérant les photos que nous y avions prises et en conservant autant que possible le texte original , mais en y ajoutant les compléments qui m’ont paru nécessaires . Notre découverte pédestre de l’Ecosse nous avait conduits en deux temps de Bridge of Orchy à Inverie en 2010 comme l’expose le carnet intitulé Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse puis d’Inverie à Poolewe en 2012,comme je l’ai raconté sous le titre *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest * Le présent carnet est consacré à la poursuite de notre marche vers le Nord, en 2013 . Il ne faut pas s’attendre à y voir de jolies photos . Elles ont été prises quand nous le pouvions, sous la pluie , dans le grand vent, le brouillard . Elles reflètent la réalité .
Lors de nos deux premières randonnées, tout s’était bien passé . En 2013, nous sommes repartis à quatre , les mêmes qu’en 2012, ceux que j’appelle Théodorine , notre Whymper et Cyrus Smith Mac Gyver, issus du même groupe de randonneurs et grimpeurs de la forêt de Fontainebleau dirigé en ce temps là par celui que j’appelle Robin Hood de Fontainebleau Sherwood . Le présent récit est celui d’un échec . Nous avions un grand projet, celui d’ atteindre enfin le Cap Wrath , une étape dans l’Assynt nous a été fatale . La montagne a accouché de quatre souris trempées .
Pourquoi avoir fait en 2013 le récit d"un échec peu glorieux et pourquoi le reprendre ? Parce que je pense que les erreurs sont instructives . On n’apprend pas grand-chose quand on rencontre peu de problèmes et que tout se déroule comme prévu . Nous avons pour la première fois en 2013 rencontré des intempéries plus sérieuses , j’ai connu encore pire il y a quelques mois avec une vraie tempête dans l’île de Skye, mais derrière les murs d’une auberge de jeunesse . Nous avons appris à nos dépens, sans avoir eu à affronter une véritable tempête, que les Highlands deviennent très redoutables , lorsqu’on ne peut y trouver d’abri .

A suivre

L’été suivant, nous avions marché et bivouaqué tous les quatre pendnat neuf jours dans le Mercantour avec Robin Hood, notre chef bien-aimé, qui bivouaqua jusqu’à 89 ans, et de toute sa bande, dont l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches , héroïne de mon premier récit . Au début de l’automne, Théodorine, Cyrus et moi, avions randonné pendant six jours en complète autonomie autour du Carlit, sur un itinéraire à nous, pour comparer les lochs pyrénéens et les lochs écossais, le loch Maree avec le lac des Bouillouses et l’étang de Lanoux. Nous avions eu de la neige, nous étions trop chargés, mais tout s’était bien passé.
L’hiver fut beaucoup moins favorable à notre préparation : temps exécrable, tendinite ou ennui de ce genre, problèmes divers : nous ne nous sommes guère entraînés, et, jusqu’au dernier moment, nous n’avons pas été sûrs de partir. J’ai beaucoup travaillé cependant sur le projet, posé beaucoup de questions sur ce forum. J’ai envisagé plusieurs itinéraires, dont l’un passait tout à l’Ouest , pour voir de près les étranges sommets de l’Assynt que sont le Stac Pollaidh et le Suilven . Nous sommes partis comme prévu le 25 Avril, donc plus tard que l’année précédente où nous avions quitté Edimbourg la veille au soir du premier Mai .
Le projet finalemant adopté était de partir d’Aschnashellach, sur la ligne de chemin de fer Inverness Kyle of Lochalsh pour rejoindre Kinlochewe, de traverser la Fisherfield Forest de Kinlochewe à Dundonnell , de prendre ensuite le bus jusqu’à Ullapool pour nous ravitailler , de négliger le Sud de l’Assynt et de rejoindre directement Inchnadamph par le bus . De là , nous devions suivre l’itinéraire classique du Cap Wrath Trail . Les conditions météorologiques, les tendinites, et les manœuvres du Cap Wrath, en ont décidé autrement. Sur les onze étapes initialement prévues (nous ne sommes pas des rapides), nous en avons fait deux et demie.
Je n’ai pas fait de voyage en Ecosse aussi raté que celui-ci, à part le dernier , à l’automne 2025, dans les îles de Raasay et de Skye, où nous avons eu droit à la tempête Amy .
Il nous a conduit cependant à une belle découverte tout à fait en dehors de notre projet initial , celle des Small Isles .

A suivre

De Londres à Achnashellach

Pour la troisième fois, nous partons par Eurolines. Le plus pratique pour nous Parisiens, serait de prendre le soir Eurostar puis le Caledonian Sleeper, si le voyage par Eurostar ne nous empêchait pas de prendre avec nous tout notre matériel, afin de randonner dès notre descente du train. Nous nous retrouvons donc tous les quatre à 7h30 à la gare routière de Galliéni, toujours un peu sordide, avec nos gros sacs, nos bâtons de marche, et cinq jours de ravitaillement, et partons une heure plus tard pour Londres. En chemin, je vais admirer les échangeurs de Roissy ; nous allons comparer les terrils aux hills écossaises (elles se vengeront) ; Théodorine, chargée comme d’habitude de nous préparer des sandwichs de luxe, va photographier le tissu du dos des sièges du bus (bleu veiné de couleurs diverses), projetant de faire passer cela pour un ciel écossais .

Ciel écossais selon Théodorine .
Photo Cyrus


Nous nous retrouvons au bout de quelques heures au contrôle de la frontière, que nous devons passer par le tunnel.
Contrôle désagréable à la frontière. Nous devons sortir nos gros sacs du bus, les contrôles d’identité sont tâtillons . Nous n’aimons pas le tunnel : on ne voit rien, ni mer, ni bateaux, ni oiseaux, ni falaises, pas de gâteaux anglais aux carottes, pas de bière. Les clôtures de la zone du tunnel et les rames destinées à transporter les véhicules nous évoquent les départs en camp de concentration . Une affiche nous vante les mérites écologiques du tunnel . Nous proposons un moyen encore plus écologique, la traversée en galère, avec réduction pour les passagers qui acceptent de ramer.

:

Le tour de notre bus vient enfin, il est enfermé dans son compartiment, serti comme une boîte de conserve et finalement le passage sous la Manche commence . J’ai gardé avec moi mon altimètre, et nous passerons donc la traversée à lire et commenter les altitudes négatives indiquées par l’altimètre, Théodorine, notre géologue, nous expliquant que le tunnel est creusé à travers différentes couches de craie bleue . Nous retrouvons finalement avec soulagement l’air libre et arrivons à Londres avec le soleil, étonnés malgré tout de voir Londoniens et Londoniennes légèrement vêtus alors que nous gardons nos polaires.

A suivre

Arrivés à Londres à la gare routière de London Victoria, nous prenons le métro pour rejoindre la gare routière de London Euston, et après avoir déposé nos sacs à la consigne (un peu déshonorant et contraire à notre éthique de l’épargne), nous partons pour une promenade pédestre en direction de Regent’s Park.
Pour la première fois, je suis séduite par Londres, par ce mélange invraisemblable pour une Parisienne de buildings futuristes (l’un d’entre eux évoque un obus ou un suppositoire (à chacun son imaginaire) ), de jardins et d’immeubles traditionnels. Nous sommes étonnés par les attroupements devant les pubs (s’agit-il d’une coutume londonienne quotidienne ?)

Photos Cyrus

Nous sommes séduits par Regent’s Park, plus particulièrement par les jardins de la reine Mary, les pélicans, les écureuils et la fausse cascade. Nous allons jalouser les étudiants d’une école installée dans le parc. Nous la remplacerions volontiers par une pension pour vieux retraités de notre espèce, séjournant à Londres entre deux expéditions montagnardes pour randonner dans la National Gallery ou au British Museum.

Grilles de Regent’s Park

Plan de Regent’s Park
Photo Cyrus

Photo Cyrus

Autoportrait de l’auteur de ces lignes

Euphorbes

Photo Cyrus

Nous allons tous les quatre , mais plus particulièrement Cyrus, grand amoureux et séducteur de tout ce qui porte poils ou plumes , nous intéresser aux habitants du parc .

Photos Cyrus

Définitivement conquis par les jardins londoniens (nous avions beaucoup aimé Saint James Park l’année précédente ), nous quittons finalement à regret Regent’s Park pour retrouver London Euston où nous attend un Caledonian Sleeper direct pour Inverness .

A suivre

Nous sommes désormais des habitués du Caledonian Sleeper, certes très confortable, mais peu fait pour des randonneurs avec de gros sacs : les couloirs sont bien étroits, les compartiments aussi, mais nous apprécions beaucoup le café du matin, et le shortbread qui l’accompagne, très efficace pour calmer la faim du réveil . Je vais me réveiller peu avant Perth, et je vais en profiter pour observer le paysage jusqu’à Inverness. Nous sommes dans le dernier wagon, ce qui va me permettre de regarder non seulement des deux côtés mais à l’arrière . Par chance, je vois pour la première fois les lieux sous un soleil timide et intermittent .L’ Ecosse est jaune et rousse , la végétation ayant été brûlée par le froid, là où elle n’est pas couverte par la neige . Les environs de Pitlochry m’évoquent la vallée cantalienne de l’Alagnon, du côté de Laveissière. Je suis ensuite intéressée par les formes étrangement rabotées des collines du côté Ouest, je rêve un peu plus loin à une traversée possible dans cette direction .Le terrain paraît souvent extrêmement spongieux . Le paysage, de plus en plus sauvage et inhospitalier me fascine , ainsi que les étranges jeux de lumière, et pour la première fois, je vois un peu mieux à l’Est le massif des Cairngorms , réputé pour son climat extrêmement rigoureux .

Vue à l 'Ouest sur les collines du Perthshire

Toutes ces photos concernent les montagnes situées à l’Ouest de la voie ferrée Edimbourg Inverness .

Près d’Aviemore

Vue sur les Cairngorms

Nous arrivons à Inverness sous une pluie battante, après avoir redouté de manquer la correspondance avec le train pour Kyle of Lochalsh, qui doit sur demande auprès du contrôleur, nous permettre de descendre au milieu de nulle part, à Achnashellach dans le glen Carron . Il pleut assez abondamment, et nous arrivons enfin un peu avant onze heures .

Beauly firth ?

Montagnes enneigées au Nord de la ligne de chemin de fer

Photo Cyrus

Nous sommes partis plus tard que l’année précédente . C’est le 26 Avril et les conditions , à l’Est des Highlands, sont hivernales . Cela ne présage rien de bon pour l’avenir mais nous restons optimistes .

A suivre

Première partie : d’ 'Achnashellach à Poolewe

D’Aschnashellach à Kinlochewe

Je n’ai certainement pas choisi la manière la plus rapide de progresser vers le Nord puisque l’année précédente nous avions déjà effectué une traversée du glen Carron au glen Torridon en empruntant le bealach na Lice comme je l’ai exposé précédemment . Mais je veux traverser du Sud au Nord la Fisherfield Forest qui m’a tant séduite l’année précédente . Il nous faut pour cela rejoindre Kinlochewe que nous connaissons déjà . L’itinéraire le plus aisé et le plus rapide à partir de la gare d’Achanschellach serait le large chemin du Coulin Pass, mais je souhaite un itinéraire plus corsé . Nous allons, avec le même point de départ et le même point d’arrivée passer un peu plus à l’Est par Drochaid Coire Lair .
Une fois descendus du train ,il nous faut préparer nos sacs pour la marche . L’abri de la “gare” est trop exigu pour nous quatre . Par bonheur , la pluie s’arrête et nous facilite les choses .
La randonnée commence …

Le quai de la “gare” . La ligne de chemin de fer Inverness Kyle of Lochalsh, à l’ entrée du pont de Skye, est à voie unique .


L’abri de la gare

Photos Cyrus

Départ pour l’Aventure

Photo Cyrus

A suivre

Nous avons à la sortie de la gare laissée sur notre droite la petite route interdite aux véhicules non autorisés qui rejoint l’A896 entre Torridon et Kinlochewe au niveau du loch Clair, au pied du Bheinn Eighe . Cette route serait , à pied, le moyen le plus commode de rejoindre Kinlochewe par les transports en commun, ici la voie ferrée , les bus Stagecoach ne desservant pas Kinlochewe tous les jours . On peut de là marcher aussi jusqu’à Torridon, le long de la route , en espérant que la circulation ne soit pas trop intense , si l"on ne veut pas rejoindre Torridon comme nous l’avons fait l’année précédente à partir de la gare de Strathcarron par le bealach na Lice . Il existe d’autre part des bus entre Torridon et Kinlochewe, mais seulement en période scolaire . Ceux qui font des “road trips” rapides (les vieux guides Michelin de mes parents parlaient de "circuits en auto ", ce qui passerait aujourd’hui vraisemblablement pour le summum de la ringardise , ignorent ce qu’ils perdent en ne prenant pas le temps d’explorer un peu les montagnes dont ils font le tour . Il existe pourtant des aller-retours très faciles et très gratifiants .
L’étape commence par une montée sur un sentier de montagne classique avec vue sur des Munros enneigés. Le seul problème est de franchir une clôture à cerfs par une véritable trappe à randonneurs (ce n’est pas évident avec 17 kilos sur le dos), mais nous y parvenons sans trop de peine .


Fuar Tholl
Photo Cyrus

Regard en arrière sur les montagnes situées au Sud du glen Carron . On remarque la présence d’un pin calédonien .

Le souci de la vérité oblige à dire que je n’ai pas passé l’épreuve du passage de la trappe à randonneurs de façon particulièrement brillante . Les chats de Cyrus passent de façon beaucoup plus habile à travers la chatière et s’amusent parfois à donner un coup de patte à celui qui sort , quand ils n’en projettent pas la porte sur les intrus . Mes compagnons ont été beaucoup plus charitables comme on le voit sur les photos .

Photo Cyrus

![Ecosse 2013 098|666x500](upload://fSy946jz2ICFV9EPHTBfbsf2SSy.

J’ai dû m’y prendre à deux fois pour passer mais il est toujours flatteur d’avoir à sa disposition deux conseillers techniques dévoués et un photographe .

A suivre

Cet obstacle franchi , nous poursuivons notre ascension du col . A peu près 300 mètres de dénivelé à partir de la gare , située à 39 mètres d’altitude . Pourtant, on se croirait à une altitude beaucoup plus élevée, comme toujours d’après mon expérience dans les montagnes écossaises .

Après la trappe

Photo Cyrus

Photo Cyrus

Photo Cyrus

Regard en arrière

Photo Cyrus

Arrivée sur la crête . Cyrus , Théodorine et notre Whymper

Nous sommes arrivés à notre première étape, au vaste passage qu’est Drochaid Coire Lair . Devant nous la vallée qui conduit au bealach Ban . A droite part la vallée que nous allons suivre . Le lieu est très beau .

Regard en arrière . Comme on le voit , la zone est plutôt marécageuse .

C’est alors que nous entendons le bruit d’un hélicoptère .

Photo Cyrus

A suivre

Nous nous interrogeons sur les raisons de la présence de cet hélicoptère . Vient-il procéder à une opération de sauvetage dans ces montagnes enneigées ? Nous sommes fort étonnés de le voir se poser Il en sort un vététiste hautain qui sans un regard pour les misérables marcheurs que nous sommes, entame la descente vers le loch Coulin tandis que l’on filme ses exploits de l’hélicoptère .Nous rencontrerons deux jours plus tard dans la Fisherfield Forest des vététistes moins hautains , et plus respectables à nos yeux, qui eux, montent les côtes à vélo


Vue sur Coire Lair . A gauche, le Sgurr Ruadh (962 m) . A droite le Beinn Liath Mhor . On peut de Coire Lair passer sur le glen Torridon par le bealach Ban (environ 650 m)au niveau de la Ling Hut et de la joindre le loch Coire Mhic Fhearchair puis en tout terrain diffcicile le col situé près du sommet du Beinn Eighe Moutain Trail d’où l’on peut arriver à KInlochewe en suivant le pony track . Une version particulièrement corsée (et pas testée par nous !) du Cap Wrath Trail dans ce secteur
Photo Cyrus


Le Vététiste . Détail

  • J’ai su grâce à Joyce et à Iain - Phradaig qui malheureusement ne s’expriment plus publiquement sur ce forum , alors que leurs interventions étaient toujours très précieuses qu’il s’agissait du tournage d’un film publicitaire , visible en ce temps-là sur You Tube . Cette vidéo laissait croire que le Vététiste était monté là à vélo (comme par hasard, on ne voyait pas le passage dans la barrière à cerfs ) . On trouve tout le détail de cette discussion dans la version initiale de ce récit intitulée Comment la montagne accoucha de quatre souris trempées que je conserve pour leurs interventions ainsi que celle de Wren D’une manière générale , il est toujours intéressant lorsqu’on est passé dans un endroit un peu difficile ou seulement pénible à traverser , de comparer avec les vidéos qui prolifèrent sur You Tube .On voit parfois d’étranges lacunes qui ne tiennent pas forcément à la difficulté de filmer .

A suivre .

Nous allons perdre un peu de temps dans les parages, par ma faute . J’ai repéré sur ma carte Ordnance Survey le loch Coire Lair ,au pied du Fuar Tholl et du Sgurr Ruadh, deux Munros . Il serait intéressant d’y faire un aller-retour rapide en suivant le sentier du bealach Ban . Malheureusement , je ne réfléchis pas , je prends un sentier qui se dirige entre les deux Munros et nous contraint à un passage à gué vraiment difficile . Je m’enlise un peu en voulant faire demi-tour quand je m’aperçois de mon erreur et nous décidons donc de descendre directement vers le loch Coulin et le glen Torridon en passant par les chutes d’Easan Dorcha .
La montée a été facile, la descente vers les chutes d’Easan Dorcha me paraît curieusement longue. Il fait froid, et les kilomètres écossais, que notre Whymper qualifie de hantés nous paraissent ici interminables. Nous atteignons enfin les chutes, bien abondantes, et la toute petite Tea House Bothy, où nous arrêtons pour déjeuner.

Haut des chutes .
Photo Cyrus

Les chutes vues du pont (voir photo suivante)

Arrivée à Tea House bothy . On voit une toute petite partie de Tea House bothy sur la gauche .

Tea House bothy
Photo Cyrus

Les chutes et le pont vus de Tea House bothy

Tea House bothy est un tout petit abri sans doute nommé ainsi parce qu’il permet de prendre son thé à l’abri de la pluie . Du vent aussi dans une certaine mesure mais du froid certainement pas . Nous y avons vraiment gelé et nous avons assez rapidement repris notre route . Nous étions d’ailleurs encore loin du but .

A suivre

Je dois rectifier une erreur . A Drochaid Coire Lair ,on voit effectivement le sentier qui conduit au bealach Ban mais ce sentier de chasseur , au lieu de descendre au Nord sur le glen Torridon oblique vers l’Ouest pour rejoindre le bealach na Lice que nous avons emprunté l’année précédente . Voir à ce sujet *Randonnée dans les Highands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest *Pour rejoindre le glen Torridon, il faut descendre au Nord vers la LIng Hut . Ma carte Ordnance Survey indique une solution de continuité entre le sentier du bealach Ban et celui qui part de la Ling Hut pour se diriger vers Coire Grannda . Je voulais explorer ce secteur en 2020 . Le confinement m’en a empêchée .

A suivre

A partir de là, un large chemin doit nous permettre d’abord de rejoindre la route qui descend du Coulin pass puis le loch Coulin, d’où le brouillard nous empêchera de voir la totalité du sommet du Beinn Eighe enneigé, et enfin le loch Clair dans le glen Torridon où nous retrouverons la route Torridon Kinlochewe . Cela prendra nettement plus de temps que prévu, et lorsque nous atteignons la route, nous commençons à être las, d’autant qu’il pleut et que nous commençons à être bien mouillés . Je n’ai pas voulu prendre le ciré que j’avais l’année précédente .J’ai acheté une veste de pêcheur dans un magasin picard et elle se révèle progressivement à peu près aussi étanche qu’une passoire .

Arrivée de la route du Coulin Pass . Nous n’avons pas à franchir le pont sur la rivière Easan Dorcha

Photo Cyrus

Regard en arrière sur le pont de la route du Coulin pass

Au fond , le Beinn Eighe enneigé

Loch Coulin

Loch Clair ? Photo Cyrus

Loch Clair

Dans le glen Torridon

Les quelques kilomètres qui nous séparent de Kinlochewe, sous la pluie, seront pénibles, Cyrus et notre Whymper, qui l’année dernière souffrait d’une tendinite, traînent à l’arrière, et j’apprends en arrivant à Kinlochewe que Cyrus sent sa tendinite se réveiller . Il est déjà 19 h (beaucoup trop tard) quand nous arrivons à Kinlochewe où tous nos espoirs se tournent maintenant vers le bunkhouse qui n’ a que douze places (heureusement, il peut nous accueillir) et nous nous rendons au Whistle Stop Café, qui nous avait si bien reçus un an jour pour jour auparavant. Nous en informons la dame du Whistle Stop Café, qui s’en montrera ravie, et nous y mangeons fort bien (pour ma part, j’ai pris une excellente pie au bœuf Angus). L’an dernier, nous avions commencé par un pèlerinage à Inverie, découvert en 2010 . Cette année, c’est notre pèlerinage à Kinlochewe .

A suivre

De Kinlochewe au lochan Fada et du lochan Fada à Kinlochewe

Où nous nous inspirons de l’épitaphe imaginaire de l’amiral Ganteaume

« Ci-gît l’amiral Ganteaume ,
Qui s’en fut de Brest à Bertheaume,
Et poussé par un fort vent d’Ouest,
S’en revint de Bertheaume à Brest »

L’année précédente, j’ai été très séduite par la région que l’on appelle souvent "Great Wilderness " située à l’Est du loch Maree . Nous étions à coup sûr dans la Letterewe Forest . Celle-ci est-elle incluse ou non dans la Fisherfield Forest , je ne le sais pas exactement . Mais cette année, notre objectif est de pénétrer au coeur de la Fisherfield Forest , de la traverser du Sud au Nord, jusqu’aux environs de Dundonnell . D’après tous les récits que j’ai lus, c’est une région magnifique, mais très isolée, avec des gués potentiellement dangereux, particulièrement à proximité de Shenavall Bothy et quelques portions hors sentier délicates par temps de brouillard . J’ai pris des renseignements à ce sujet auprès d’un blogueur qui a effectué ce parcours avec des amis .
La nuit a été plutôt bonne au bunkhouse. Nous ne démarrons pas très tôt . L’étape n’est pas très longue, nous voulons nous arrêter à proximité du lochan Fada pour nous remettre des fatigues du voyage et de notre étape de la veille pour aborder en forme les difficultés du lendemain . Nous aimons avoir le temps de choisir de beaux lieux de bivouac et nous avons l’âge de retraités pleinement confirmés pour employer des termes conformes à la plus délicate des bienséances .

Le temps n’est pas mauvais, sans être vraiment beau . Les cours d’eau paraissant bien abondants, nous ne choisissons pas de nous rendre au lochan Fada en suivant l’Abhainn an Fhasaigh par le gleann Biasnadail *(il faudrait franchir un gué difficile) mais par la variante du cap Wrath Trail qui passe par le chemin du lieu nommé Heights of Kinlochewe .

Glen Biasnadail vu du Beinn Eighe Mountain Trail . Photo 2012

Nous commençons par prendre la direction Incheril comme l’année précédente mais au lieu de longer la rive Est du loch Maree *, nous allons remonter la vallée de l’Abhainn Bruachaig . Pour une carte détaillée ,voir le site Walkhighalnds .*https://www.walkhighlands.co.uk/torridon/lochan-fada.shtml
Nous rencontrons comme l’année dernière des moutons, de très jolis agneaux (beaucoup de jumeaux), dont l’un bêle avec insistance dans notre direction (indignation contre des criminels potentiels amateurs de tendres gigots ?)

Adieu (très provisoire …) au bunkhouse de Kinlchewe, malheureusement fermé actuellement à la suite d’un sinistre .
Photo Cyrus

Arrivée à Incheril . Au fond, le Slioch enneigé

Pont sur l’Abhainn Bruachaig

Regard en arrière sur le massif du Beinn Eighe

Photo Cyrus

Incheril et le Slioch enneigé à droite

Adieu (tout provisoire ) au massif du Beinn Eighe

Après un coup d’œil au Slioch enneigé et un regard en arrière sur le Beinn Eighe (nous avons parcouru l’an dernier le Beinn Eighe Mountain trail),nous nous engageons dans la vallée de l’Abhainn Bruachaig .

Cyrus sur la route des Heights of Kinlochewe

*https://www.walkhighlands.co.uk/torridon/lochan-fada.shtml

Bravo pour l’humour. Je connais peu l’Ecosse, mais le temps et les photos m’ont rappelé un peu la Norvège et l’Islande, quoique là, ce soit clairement plus “écossais”. Pour ce qui est de la veste de pêcheur, en ce qui me concerne, je suis parti la 1ère fois en Islande avec… un K-Way (évitez), et en Norvège, au mois d’août certes, mais à cyclo (49,9 cm3), sans vêtement de pluie correct, et sans gants ! (évitez aussi). 30 jours de pluie sur 31 - et en Norvège, mois d’août ou pas, à 1.400m d’altitude, il fait FROID.

@jeroboam-ier
Merci pour votre jugement, mais mieux vaut s’abstenir de se lancer dans ce genre d’aventures si l’on n’a pas un assez solide sens de l’humour . C’est nécessaire au fonctionnement du groupe .
En ce qui concerne les problèmes du climat , l’aventure que je raconte a eu lieu fin Avril début Mai et je vais exposer les pires difficultés liées à la météo que nous avons rencontrées un peu plus loin dans mon récit .C’était à une altitude qui n’a pas dépassé 550 mètres . Quant à l’équipement , j’étais la seule à ne pas avoir de gore-tex . Mais les gore-tex de l’époque n’ont pas suffi . Mes récents tests de gore-tex trois couches sont positifs, mais jusqu’à quand ? Cela dit , le pire , c’est peut-être le vent .

.Nous remontons le cours de l’Abhainn Bruachaig jusqu’aux Heights of Kinlochewe sur un chemin carrossable , en regardant au passage quelques cascades.

![IMG_1907|666x500](upload://xgimm6LNdIKYKd7Rmfnnla7ujK4.jpeg

Arrivant aux "Heights of Kinlochewe s’ouvre devant nous sur la gauche dans la direction Nord Ouest un glen ascendant beaucoup plus étroit le Gleann na Muice pour lequel nous allons abandonner la vallée de l’Abhainn Bruachaig

Dernier regard sur la vallée de l’Abhainn Bruachaig

A suivre

Des "Heights of Kinlochewe au lochan Fada

Les “Heihts of Kinlochewe”, ce sont quatre maisons, à cinq kilomètres de Kinlochewe, dont l’une au moins nous a paru à coup sûr inhabitée en raison de son état , au confluent de l’Abhainn Bruachaig et de l’Abhainn Gleann na Muice. Au delà, à coup sûr , plus aucune maison habitée . Il n’y a dans la région nommée Great Wilderness aucune construction humaine à l’exception de quelques très rares “bothies”, cabanes sommaires faisant office de refuge pour ceux qui se risquent dans cette contrée .

Heights of Kinlochewe . Photo Cyrus

Abhainn Gleann na Muice

Entrer dans le gleann na Muice, c’est dire adieu à la civilisation . Nous avons encore un bon sentier , jusqu’au lochan Fada, mais nous avons vraiment l’impression de pénétrer dans un monde complètement sauvage .

Dans le gleann na Muice .Regard en arrière en direction des Heights of Kinlochewe

Dans le gleann na Muice . Couleurs écossaises printanières …

Peu à peu vont émerger devant nous des sommets enneigés . Nous laissons sur notre droite un itinéraire qui conduirait au bealach Gorm pour continuer à remonter le gleann na Muice après avoir déjeuné tout près de la bifurcation dans un creux à l’abri du vent .

Nous pressentons que la vue va bientôt s’ouvrir sur un grand espace complètement sauvage
qui fait mériter à cette région le nom de Great Wilderness .

A suivre

Nous nous trouvons maintenant devant un grand espace dominé tout autour par des sommets enneigés ,Slioch , A’ Maighdean, Beinn Tarsuinn, Mullach Coire Mhic Fearchair , des sommets de la Fiesherfield Forest . Nous commençons à examiner le terrain à la recherche d’un lieu de camp car il n’est pas question de passer ce soir un col dont la descente comporterait des passages éventuellement délicats , après la journée de la veille . Malheureusement nous ne voyons qu’une vaste étendue de lande marécageuse . Le temps est de plus en plus gris et froid. Nous arrivons au loch Gleann na Muice et au loch an Sgeireach, qui précèdent le grand lochan Fada dont nous pouvons seulement deviner l’emplacement au loin . Nous sommes vraiment dans ce grand espace solitaire nommé "Great Wilderness " .

Slioch et !och Gleann na Muice


Loch Gleann na Muice , loch an Sgeireach . A’ Maighdean, le Munro le plus isolé d’Ecosse , à l’horizon ?

Nous poursuivons notre route , mais nulle part , nous ne trouvons d’endroit où nous établir dans cette lande désolée et venteuse . Le seul « abri » que nous trouvons est une cabane sans toit dont la charpente s’est effondrée .

Slioch

Nous examinons très rapidement la possibilité d’utiliser le double toit de nos tentes et nos tapis de sol pour faire de cette cabane en ruines un abri confortable . Après avoir pris la pose vautrés contre le mur de ce qui reste de l’abri, la mine encore assez réjouie comme en témoigne la photo prise par Cyrus (je ne la dévoilerai pas par souci de notre anonymat, bien que nous y soyons plutôt à notre avantage ), nous décidons de reprendre notre route , dans l’espoir de trouver mieux sur les rives du lochan Fada .

A suivre

Bientôt , nous voyons apparaître le lochan Fada au delà du loch an Sgeireach et de ses îlots rocheux et nous atteignons ses rives .

Loch an Sgeireach et lochan Fada . A gauche, le Slioch

Îlots rocheux du loch an Sgeireach . Au fond le lochan Fada . A droite, le sommet enneigé de l’ A Maighdean .

Sur la plage du lochan Fada .

A suivre

Bivouac au bord du lochan Fada

Le lochan Fada est un loch d’environ 6 kilomètres de long parallèle au loch Maree dont il est séparé par le Slioch . Tous les amateurs de “road trips” connaissent le Slioch et ses avant sommets dont la masse imposante domine le loch Maree mais seuls ceux qui acceptent de perdre une journée de leur temps à Kinlochewe peuvent découvrir la face Nord Est du Slioch et le lochan Fada dominé par les sommets de la Fisherfield Forest .
Depuis un an , je rêve du lochan Fada . Le loch Maree était, paraît-il, le loch où l’on immergeait les fous dans l’espoir de les guérir, la dame du Whistle Stop Café nous avait accueillis l’année dernière en s’exclamant « you are crazy ! », en nous voyant arriver à pied par un temps pareil, et c’est donc l’une des plaisanteries favorites de notre Whymper de parler du loch des fadas. Le paysage est tel que je l’espérais, bien que le temps soit sombre, mais pas de terrain herbeux où planter les tentes. On a normalement le choix dans les Highlands sauvages entre l’humide, le spongieux, le marécageux, et l’aquatique. Les deux dernières variétés semblent seules représentées ici. Le seul espace « campable » pour trois tentes sera une longue plage de galets roses au-dessus du loch . Planter les tentes sur des galets est fort désagréable pour les genoux, et difficile. Les petits piquets de la tente toute neuve de Théodorine ne conviennent pas, et elle devra s’installer assez loin sur une toute petite zone herbeuse. Dès que l’on s’écarte des galets, les pieds s’enfoncent dans le marécage , j’en fais l’expérience à mes dépens, chaussée de ce qui me tient lieu de pantoufles .Mais je connais peu d’endroits aussi beaux et le bivouac au bord du lochan Fada , dans une totale solitude, avec ces sommets enneigés, m’a laissé une impression inoubliable .

Beinn Lair ? A’Maighdean à l’arrière - plan . Beinn Tarsuinn à droite ?

De gauche à droite :
Beinn Lair ? A’ Maighdean , Beinn Tarsuinn et Mullach Coire Mhic Fearchair ?

Slioch

à comparer avec

Photo prise en 2012 sur la rive Nord Est du loch Maree entre Incheril et Letterewe . Carnet de voyage 2012 (Randonnée d’Inverie à Poolewe ) , revu et complété en 2026 sous le titre *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest *

J’ai fort bien dormi sur la plage de galets* qui se sont révélés plus confortables que prévu (je dors en général aussi bien qu’un chat) . Cyrus aussi, ce qui est plus étonnant, car il ressemble beaucoup à la princesse au petit pois d’Andersen . Mais peu après notre réveil, le vent qui n’a guère dû cesser de la nuit, va se déchaîner : mon altimètre indique une variation soudaine de 80 mètres . La tente est violemment secouée. Je crains pour les arceaux, et je m’interroge sur le niveau du loch . Personne ne bouge pendant cet épisode. Nous allons sortir lorsque le vent faiblit (relativement) et je vais en profiter , ainsi que Cyrus, pour faire des photos des vagues sur le loch.

Photo Cyrus

Photo Cyrus

Notre Whymper émergeant de sa tente . Photo Cyrus

Nous apprenons alors que si Théodorine a bien dormi sur son petit carré d’herbe, notre Whymper n’a pu fermer l’oeil de la nuit, dans sa petite tente ultralégère : il recevait sans arrêt des claques, le vent agitant trop violemment le double toit. Finalement rassemblés lors d’une relative accalmie pour le petit déjeuner, nous aurons la mauvaise surprise de sentir une odeur de gaz : le réchaud fuit, et il n’est guère possible, vu les conditions, de faire une recherche précise de la cause .Le vent va se réveiller lorsqu’il s’agira de démonter les tentes . Nous devrons tous coopérer au démontage de chaque tente, plus ou moins couchés sur la toile pour éviter de perdre notre matériel dans le loch (c’est une position très agréable sur des galets…) .

Notre Whymper essayant de ranger ses affaires dans son sac . On admirera successivement sur cette photo la tente de notre Whymper, la mienne, une suite princière qui nous héberge confortablement Cyrus et moi , montée par Cyrus avec une science admirable, et tout au loin la tente de Théodorine . Photo Cyrus .

Aucune photo n’a été prise pendant le démontage des tentes, tout le monde étant mobilisé pour les démonter l’une après l’autre …

A suivre

*L’abri en ruine que nous avions vu la veille s’est fortement dégradé depuis 2013 . Il ne reste presque plus d’éléments de charpente d’après une photo que je viens de découvrir sur le site Walkhighlands .

Du lochan Fada à Kinlochewe

Il semble que le réchaud ne soit plus fonctionnel et nous redoutons le retour de la tempête . Il nous faut prendre une décision pour la suite .
Le passage du bealach na Croise, d’après le guide du Cap Wrath Trail, semble un peu délicat par endroits. Ce qui ne poserait pas de problème par temps moyen peut s’avérer redoutable si nous avons la tempête à ce moment-là . Le bothy de Shenavall n’est tout de même pas très proche ; pour l’atteindre il faut d’ailleurs avant d’arriver traverser un terrain très spongieux et passer des gués qui peuvent être problématiques . D’autre part , il faudra par la suite rejoindre Dundonnell et nous aurons besoin de nous ravitailler à Ullapool . Si les tendinites de ces messieurs se réveillent dans un environnement aussi isolé, la situation peut devenir vraiment difficile . J’ai lu qu’on pouvait entre la descente du bealach na Croise et Shenavall camper facilement au bord du loch an Nid, mais comment installler les tentes dans la tempête ? Si le réchaud est inutilisable, nous devrons nous contenter de mastiquer de la semoule crue … Nous écartons aussi la solution qui consisterait à rejoindre Carnmore bothy * en longeant en tout terrain le lochan Fada, en empruntant le bealach a Chuirn puis la descente du bealach Mheinnidh*, toujours parce que nous redoutons la tempête . Imitant l’amiral Ganteaume, qui n’est pas sorti de la rade de Brest par crainte de la marine britannique, nous décidons finalement de revenir, peu glorieusement, à Kinlochewe.
Peut-être n’avons-nous pas été suffisamment audacieux : la tempête ne va pas se réveiller, et finalement le problème du réchaud n’était dû qu’à une cartouche défectueuse . La déception de ne pas poursuivre l’itinéraire prévu nous conduira plus tard à une décision plus audacieuse mais discutable .

  • Pour l’itinéraire bealach Mheinnidh Carnmore bothy , voir le carnet de voyage
    *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest *

*

Carnmore bothy , un abri très appréciable en cas de tempête …

Pour ceux qui voudraient un descriptif complet de l’étape dont nous n’avons fait que la moitié :

https://www.walkhighlands.co.uk/torridon/kinlochewe-shenavall.shtml

A suivre

Le retour à Kinlochewe, par le même itinéraire, s’est révélé facile, sous un temps pluvieux seulement par intermittences .

Sur le chemin du retour . Photo Cyrus

Regard en arrière . Les couleurs changent totalement dès que le soleil cherche à percer les nuages .

Nous croisons un groupe de vététistes qui , eux, nous saluent , contrairement au vététiste de Drochaid Coire Lair . Ils montent, semble-t-il ,vers le lochan Fada (c’est le week end) . Non seulement la montée est difficile, mais il y a du vent . Nous en concluons que les Ecossais sont plus résistants ( c’est normal pour un peuple de lanceurs de troncs d’arbres) et encore plus fous que nous . Nous ne les verrons pas redescendre. Qu’ont-ils fait? Cela reste pour nous une question, mais dans l’immédiat, nous redoutons qu’ils ne soient installés au Bunkhouse de Kinlochewe, où il n’y a que douze places . En arrivant aux Heights of Kinlochewe peu après midi, nous rencontrons un personnage entièrement couvert d’une cape rouge qui descend presque jusqu’à ses pieds, tel que j’imagine un grand Hobbit, avec une tête ronde joviale, visiblement heureux de nous voir . C’est un Suédois qui s’est lancé sur le Cap Wrath Trail en solitaire . S’il a vu une foule de touristes à Shiel Bridge au bord du loch Duich où passent tous ceux qui veulent voir Eilean Donan Castle, nous sommes les premières personnes qu’il rencontre depuis ce bref passage dans la civilisation . Nous ne saurons pas où il compte passer la nuit . Il ira au Cap Wrath" maybe". Théodorine, qui a fait une expérience de randonnée solitaire d’une semaine , nous dit que, souffrant trop de ne plus pouvoir parler, elle avait engagé la conversation avec un cochon de rencontre, puis avec des dindons . Si le cochon avait répondu avec des grognements aimables, les dindons, apparemment peu versés dans les langues étrangères, n’auraient guère apprécié ses avances, la forçant à battre prudemment et rapidement en retraite .
Nous avons souvent par la suite pensé au Suédois. Qu’a-t-il fait par ce temps ? *
A Kinlochewe, où nous avions vu l’avant veille une scientifique qui étudie les lichens, nous constatons qu’elle est toujours là, avec sa documentation . Il y a fort heureusement plus de place pour nous qu’il n’est nécessaire . Cette fois -ci , nous irons tester les bières du pub. Apprenant que le temps du lendemain doit être exécrable, nous réservons une nuit de plus à Kinlochewe .

  • Même s’il est arrivé à Sandwood Bay, il n’a pas pu aller jusqu’au Cap Wrath . Nous avons appris quelques jours plus tard que la zone était interdite en raison des manoeuvres .

A suivre

En relisant mon récit de 2013 , dont le présent carnet de voyage est la reprise, je viens , en relisant les interventions de Joyce et Iain -Phradaig, de trouver le moyen de découvrir la référence du film publicitaire tourné avec le Vététiste dont une séquence se passe à Drochaid Coire Lair . J’ai parlé de cela à propos de notre première étape, d’ Achnashellach à Kinlochewe .

Si l’on connaît les lieux, on voit que le cycliste a fait l’objet de déposes successives par hélicoptère . Et s"il passe bien près de la gare d’Achnashellach et à Drochaid Coire Lair, on ne voit pas du tout la trappe à randonneurs (une sorte de chatière ) que nous avions dû franchir . (Nous aurions regardé avec intérêt cette séquence )

Il franchit une barrière à cerfs par un portillon classique .

Donc, si ce film prend pas mal de libertés avec la vérité historique, il reste intéressant par les paysages qui lui servent de cadre et qui , quant à eux, sont authentiques .

A suivre

Le Bunkhouse de Kinlochewe était , avant qu’un sinistre ne conduisît à une fermeture dont je crains qu’elle ne soit définitive , un lieu où les randonneurs se sentaient chez eux . Grande cuisine, avec une grande table, immense gazinière, suffisamment de place pour déposer une partie de son matériel avant d’envahir le dortoir, bulletin météo montagne et horaires des trains et des bus affichés. Le Beinn Eighe Mountain Trail y était décrit , et présenté comme offrant à son sommet l’équivalent d’une expérience dans l’Arctique . Lors de notre passage en 2013 , l’atmosphère de ce lieu si hospitalier était assombrie par l’avis de disparition et la photo d"un randonneur expérimenté, un journaliste dont avait retrouvé la voiture sur la route de Kinloch Hourn . J’ai su plus tard qu’on l’avait retrouvé mort non loin de Kinloch Hourn, où nous sommes passés en 2012 . Un banal accident peut assez facilement avoir des conséquences tragiques dans des lieux aussi déserts, tout particulièrement si l’on s’y rend seul .
Juste en face de l’hôtel se trouvent l’arrêt de bus et la poste-épicerie qui vend à peu près tout ce dont le randonneur peut avoir besoin ,même des chaussures si les siennes ont rendu l’âme après une vie trop difficile et de superbes cartes postales pour rendre envieuses ses connaissances qui s’imaginent ensuite que la montagne, à défaut d’être une vallée de roses, est un enchantement perpétuel : n’y soufflent que de doux zéphyrs, n’y tombent que des gouttelettes de pluie rafraîchissantes, et n’y coulent que d’aimables ruisseaux aux berges accueillantes. Pour en revenir à notre sujet, c’est-à-dire à Kinlochewe, il y a en plus une station-service épicerie et juste un petit peu plus loin, se trouvait en 2013 l’inoubliable Whistle Stop Café .
Le bulletin météo nous annonce des conditions peu engageantes pour le lendemain : vent violent, averses de neige, déplacement extrêmement difficile dans les hauteurs . Nous réservons une nuit de plus dans ce lieu aussi accueillant et nous déciderons le lendemain matin de la façon dont nous occuperons notre journée .

A suivre

Le lendemain matin, nous avons droit à un rayon de soleil . Nous décidons donc (c’est une idée de notre Whymper), de partir en exploration sur le pony track de Kinlochewe , un sentier qui se dirige vers le coeur du massif du Beinn Eighe . Notre but est d’atteindre le col qui permet d’accéder à la mystérieuse vallée de l’Allt’ Toll a’ Ghiubais, qui rejoint ensuite le glen Grudie . A partir de ce col ,nous devrions en restant à peu près à la même altitude et en nous dirigeant vers le Nord Nord Est rejoindre près de son sommet l’itinéraire du Beinn Eighe Mountain Trail que nous avons parcouru l’année précédente .
Pour le descriptif du Beinn Eighe Mountain Trail, voir ci-dessous .
https://www.walkhighlands.co.uk/torridon/Mountaintrail.shtml
J’ai adhéré aussitôt à ce projet, y voyant l’occasion d’observer l’itinéraire conduisant du loch Coire Mhic Fearchair à Kinlochewe, que l’une des versions du guide du Cap Wrath Trail de Iain Harper préconise pour se rendre du glen Carron à Kinlochewe à partir de Strathcarron , d’où nous étions partis en 2012 pour rejoindre Torridon . L’année précédente, nous avions envisagé de nous rendre au loch Coire Mhic Fearchair à partir de Torridon (cela aurait été long et plus difficile que nous ne le pensions ) mais le mauvais temps nous en avait dissuadés .
Pour le difficile itinéraire préconisé par Iain Harper , voir ci-dessous :
Strathcarron to Kinlochewe - Cape Wrath Trail Guide .
Mieux vaut être sûr de soi et des conditions météo si l’on s’y risque . Il y a là apparemment six kilomètres de tout terrain pas évidents et l’Allt Toll a’ Ghiubais peut-être un obstacle infranchissable . Un accident ou l’épuisement aurait des conséquences vraisemblablement très graves , d’autant plus qu’il ne doit pas y avoir de réseau …
Je suis donc intéressée de voir la fin de cette itinéraire . L’année précédente , nous avions aperçu de la rive Est du loch Maree une zone appelée Maol Cheannan qu’il faut traverser entre le loch Coire Mhic Fearchair et la vallée de l’Allt Toll a’ Ghiubais


Le loch Coire Mhic Fearchair est niché dans un cirque que l’on devine entre ces deux montagnes . Maol Cheannan est cette zone curieusement moutonnée au pied de la montagne de gauche qu’il faut longer en prenant la direction Est. Face à nous s’ouvre le glen Grudie .

Vallée de la rivière Grudie et Tripple Buttress . Photo prise de la rive Est du loch Maree.
L’A 832, une portion de la North Coast 500 passe à Bridge of Grudie , sur la rive Ouest du loch Maree, mais on ne doit guère voir ces montagnes de la route .

Photo 2012
En longeant vers la gauche le pied de ces montagnes, on arrive vers ce col que nous allons rejoindre en partant de Kinlochewe .

L’annnée précédente, ne doutant de rien nous n’avions pas exclu d’emprunter entre le glen Torridon et Kinlochewe cet itinéraire de Iain Harper . Finalement , comme je l’ai exposé dans le carnet précédent *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherdield Forest *, nous avions fait le trajet sur la route , à pied, sous les rafales de vent et les averses de grésil
En 2012, le mauvais temps nous a empêchés de voir la zone comprise entre le col proche du sommet du Beinn Eighe Mountain Trail et la zone nommée Maol Cheannan . J’espère que nous aurons plus de chance cette année .
Nous partons donc de Kinlochewe, sous un ciel très bleu de courte durée ,en empruntant un sentier que nous trouvons facilement, juste à la sortie du village . C’est un sentier excellent qui sous un temps acceptable(faible pluie par intermittences), va nous conduire jusq’au col.

Je ne retouche pas du tout les photos, pour montrer comment l’ambiance varie d’un instant à l’autre dans la montagne écossaise .

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Photo Cyrus Au fond, la vallée de l’Abhainn Fasaigh, par où l’on peut rejoindre le lochan Fada .

Photo Cyrus

Enfin ,nous arrivons au col et je crois que tous mes voeux d’observation de cette région mystérieuse vont être exaucés .

A suivre

Au col, j’ai juste le temps (comme l’année dernière) de jeter un regard et de faire deux photos sur cette vallée perdue entre deux séries de montagnes, qui me fait rêver. Un vent violent se lève, qui nous déséquilibre et nous envoie de la mitraille de glace à l’horizontale .

Meall a’ Ghiuthais

Près du col

Au col
Haute vallée de l"Allt Toll a’Ghiubais

On devine la vallée de l’Allt Toll a’ Ghiubais qu’il faut suivre pour rejoindre au bout de 6 kilomètres le loch Coire Mhic Fearchair .
Je n’ai pu en voir plus, la situation étant devenue aussitôt après intenable .
Cela donne une idée du défi que peut représenter cet itinéraire préconisé par Iain Harper .

Notre Whymper se sent cependant prêt à nous conduire vers le sentier du Beinn Eighe Mountain Trail , en tous terrains (marécages, microbarres rocheuses) Nous apercevons le sentier, mais les conditions devenant très pénibles, nous nous abritons derrière une barre rocheuse bien située, le temps de manger le strict nécessaire.

A suivre .

Le repas est pris fort rapidement , car nous ne souhaitons pas vraiment prolonger l’expérience de l’Arctique qui nous était annoncée (je précise que nous sommes à peu près à 500 mètres d’altitude ) . Nous nous sommes abrités, presqu’aux limites d’un petit loch , collés contre une barre rocheuse, il fait bien froid et j’ai les pieds mouillés . La décision est prise, contrairement à l’année dernière , de descendre par l’itinéraire de descente officiel du Beinn Eighe Mountain Trail, et non pas par l’itinéraire de montée qui passe presque droit dans la falaise, par crainte du vent. Une fois la descente amorcée, nous ne subirons plus ce vent glacial, le temps va s’améliorer, nous aurons droit à de très beaux jeux de lumière, dont un magnifique arc-en-ciel qui va s’élever au-dessus du loch Maree, et nous éviterons une bonne partie de la route au retour en empruntant un sentier pédagogique, au bord duquel Théodorine et notre Whymper verront des Trolls déguisés en touffes d’herbes “sèches”.
C’est une journée finalement satisfaisante . Seule déception : ce soir - là, le Whistle Stop café est fermé !

Début de la descente
Photo Cyrus

En face, le débouché du glen Biasnadail, où passe un sentier qui permet de rejoindre le lochan Fada .

Un" bog" typiquement écossais .

A suivre

Comme je l’ai exposé précedemment, nous avons abandonné l’itinéraire du Cap Wrath Trail en faisant demi-tour au lochan Fada et la décision a été prise de rejoindre Ullapool en passant par Poolewe . A Ullapool, nous devrions prendre le bus pour Inchnadamph et marcher ensuite jusqu’au Cap Wrath . Les horaires de bus affichés au Bunkhouse nous ont appris que nous pouvions prendre tôt le matin un car de ramassage scolaire en direction de Poolewe . En attendant, (c’est plutôt moi qui les interroge, en curieuse impénitente) je parle brièvement avec deux jeunes Français plutôt réservés qui ont passé la nuit au Bunkhouse et se déplacent en voiture . Je crois comprendre plus tard, d’après ce qu’ils se disent entre eux, qu’ils ont l’intention de s’arrêter en route pour se lancer sur le Beinn Eighe Mountain trail et qu’ils comptent faire en cela en une heure avant de reprendre la route . S’il en est vraiment ainsi , ils ont certainement dû reconnaître leur erreur : le Beinn Eighe Montain Trail occupe bien une demi -journée . Il ne faut jamais sous-estimer la durée nécessaire pour effectuer un parcours en Ecosse . Malgré les expériences passées, je commettrai moi-même cette erreur deux jours plus tard .
Le temps est revenu au beau lorsque nous quittons Kinlochewe et le conducteur du bus accepte aimablement de nous déposer à Slattadale, où nous avons l’intention d’emprunter le Tollie path pour rejoindre Poolewe . Les écoliers écossais du bus sont calmes et polis (nettement plus que beaucoup de mes compatriotes), et la vue sur le loch Maree et le Slioch est magnifique .

Adieu au bunkhouse

Loch Maree vu du bus entre Kinlochewe et Slattadale .

Arrivée à Slattadale

A suivre

Le Tollie path qui commence à Slattadale est un sentier facile, qui longe un certain temps le loch Maree avant de franchir un tout petit col . Malgré des travaux de déforestation fort peu esthétiques, c’est une promenade très agréable, qui nous permet de découvrir les îles du loch Maree et l’extrémité de sa rive Ouest . L’année précédente nous avions suivi une partie de sa rive Est pour rejoindre Poolewe en passant par le très luxueux bothy de Carnmore dont j’ai parlé un peu plus haut dans ce récit et que nous avions visité en 2012 .

A l’horizon, sur l’autre rive ,le Slioch .

A l’horizon, montagnes de Torridon

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![Ecosse 2013 153loch maree1|690x355](upload://8mwR45VaGhCVgSWpixhwryfig4h.jpeg

Slioch

Le Tollie path s’éloigne ensuite du loch et emprunte une petite gorge avant de déboucher sur la route de Gairloch à Poolewe .

Photos Cyrus

![IMG_2060 - Copie|690x399](upload://7Xd3WWTMa6846P6ucxDtd3GSnWZ.jpeg

A gauche, vue sur les montagnes de la Fisherfield Forest

A comparer avec la photo suivante, prise le dernier jour de la randonnée 2012 en revenant de Carnmore . Voir le carnet de voyage *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest *

![IMG_0698regard en arrière|690x429](upload://wi1J2fmUyIs3wDP00I9WdjI90Mh.jpeg

Nous rejoignons ensuite la rivière Ewe et nous descendons son cours jusqu’à Poolewe .

Eglise épiscopale de Poolewe

Rivière Ewe , déversoir du loch Maree

Embouchure de la rivière Ewe .
Au fond, les jardins d’ Inverewe

Nous arrivons assez tôt à Poolewe, où la rivière Ewe est impressionnante, mais après une bière au pub, les courses nécessaires à l’épicerie et le montage des tentes sur le camping officiel , équipé d’abris permettant aux randonneurs campeurs de prendre leur repas au sec, il sera trop tard pour que nous ayons le courage de visiter les jardins d’Inverewe . Craignant de possibles restrictions à venir , nous complèterons notre pélerinage à Poolewe par un repas au pub de l’hôtel où je vais commander mon premier Haggis de l’Ecosse 2013 .

Au camping de Poolewe
Photos Cyrus

A droite, les jardins d’Inverewe .

A Poolewe

A suivre

L’année précedente ,au terme de notre randonnée d’Inverie à Poolewe, nous avions pris à Poolewe le bus pour Inverness. Cette fois-ci, nous devons nous arrêter à Braemore Junction, tout près des chutes de Measach, pour changer de bus et rejoindre ainsi Ullapool.
Ce bus Stagecoach, que nous avons déjà pris l’année précédente, permet de rejoindre Inverness . Malheureusement ,actuellement , il n’est pas quotidien . Il faut donc bien planifier son voyage si, comme nous, on se passe de véhicule .
La route le long du loch Ewe, de la baie de Gruinard, et du Little loch Broom est fort intéressante mais je regrette pour la seconde fois que nous n’ayons eu pas le loisir de nous rendre à Scoraig .

En quittant Poolewe

Regard en arrière

Loch Awe et île de Ewe

A suivre

Île de Gruinard où fut testée en 1942 une bombe bactériologique destinée à propager la maladie du charbon et décontaminée depuis .

Baie de Gruinard

Baie de Gruinard

Baie de Gruinard

A suivre

Scoraig est un tout petit village situé à l’extrémité d’une presqu’île séparant le Little loch Broom du loch Broom qui n’est accessible que par un chemin pédestre longeant le Little loch Broom ou par une traversée à partir de Badluarach . Je rêvais de m’y rendre mais les horaires du bateau entre Badrualach et Scoraig ne nous convenaient pas et nous ne pouvions donc pas marcher de Scoraig à Dundonnell comme je l’avais un temps projeté . Au départ, j’avais même envisagé une traversée du loch Broom entre Allt na h - Airbhe sur la presqu’île de Scoraig, et Ullapool , qui fut possible autrefois mais avait récemment disparu en 2013 . Je continuerai donc à rêver de la presqu’île de Scoraig et de son curieux sommet, le Beinn Ghoblach .

Scoraig et le Bheinn Ghoblach

Little loch Broom. Camusnagaul

Le bus que nous avons pris à Poolewe se remplit de plus en plus et je crains que nous ne trouvions plus de place dans celui qui doit nous conduire à Ullapool. Crainte totalement vaine : le bus Inverness-Ullapool qui nous attend à Braemore Junction est totalement vide, et nous apprécierons beaucoup l’amabilité des conducteurs qui vont transférer spontanément nos lourds sacs d’un bus à l’autre. Au milieu de la matinée , après avoir longé le loch Broom, nous arrivons à Ullapool.

Loch Broom

Arrivée à Ullapol

A suivre

Le passage par Ullapool est pour nous très important . D’abord, je dois acheter une carte au 25000ème couvrant l’étape que nous devons entamer à partir d’Inchnadamph . Nous envisageons,en effet si le temps le permet de gagner Glencoul bothy en passant au pied des chutes Eas Chual Aluinn, les plus hautes de Grande [Bretagne et la descente est délicate. Nous tombons rapidement, juste au commencement d’une belle averse, sur une librairie-cartothèque bien achalandée où je trouve sans problème la fameuse carte, bien meilleure que ce que j’attendais, très semblable aux nôtres, avec seulement des courbes de niveau un peu pâles. C’est donc l’euphorie, d’autant plus que la pluie cesse . Nous nous mettons en quête des horaires de bus pour Inchnadamph : je ne suis pas très au clair sur la question, c’est le premier Mai, jour du changement d’horaires, et je n’ai pas su interpréter avec certitude les renseignements de Traveline Scotland .Nous n’envisageons pas d’aller à pied d’Ullapool à Inchnadamph : beaucoup de landes marécageuses, nous avons perdu du temps les jours précédents, et nous sommes intéressés surtout par les étapes les plus montagneuses . Nous sommes accueillis très aimablement à l’Office du Tourisme, où j’ai la déception d’apprendre, qu’il n’y aura pas de bus le jour-même l’après-midi pour Inchnadamph comme je le croyais , et où l’on nous donne pour le lendemain un horaire qui se révèlera l’horaire d’hiver (je vais heureusement m’en apercevoir à temps) alors que c’est précisément le jour du passage à l’horaire d’été. Les prévisions météo ne sont pas bonnes , mais nous avons maintenons du soleil à Ullapool et l’euphorie persiste. Il s’agit maintenant de trouver hébergement et ravitaillement.

A suivre

Pour l’hébergement, le Guide du Routard nous indique trois possibilités qui peuvent nous intéresser : un camping à côté du port, un bunkhouse, et une auberge de jeunesse .
La camping est superbement situé, mais personne à l’accueil et les prix nous paraissent bien élevés pour de simples tentes (nous avons peut-être mal compris , mais personne pour nous renseigner) . D’autre part, il est bien venté et nous avons eu au bord du lochan Fada une expérience suffisamment intéressante du grand vent pour ne pas souhaiter la renouveler trop rapidement si ce n’est pas indispensable . Le Bunkhouse est nettement plus cher que celui de Kinlochewe. Nous nous rendons donc à l’auberge de jeunesse, et là personne à l’accueil jusqu’au milieu de l’après-midi . Nous entreprenons de faire les courses . Nous ne trouvons pas le supermarché (nous le verrons du bus le lendemain) et nous nous rabattons sur un magasin de produits régionaux et bio, de bonne qualité, mais chers . Nous achetons en particulier,sur mon insistance, un énorme morceau de saucisson à l’ail pour 40 livres, un paquet de quinoa dont nous nous apercevrons qu’il réclame des opérations de cuisson fort compliquées . Notre Whymper qui se l’était vu attribuer à la fin de la randonner, n’a, je crois, jamais eu le courage de s’attaquer à cette opération de longue haleine . Nous nous procurons aussi des pains azymes pour remplacer nos wasa, et des choses fort molles et friables qui peuvent tenir lieu de pain. Enfin, nous faisons d’abondantes provisions, qui, dans notre esprit, doivent nous permettre d’être autonomes d’Inchnadamph à Kinlochbervie . Il y a un supermarché Tesco à Ullapool, nous n’avons pas su le trouver quand nous en avions besoin .
Comme la faim commence à se faire sentir, et que nous avons tous les bénéfices de la civilisation, nous nous mettons en quête d’un breakfast vers midi .

Terminal des ferrries pour Stornoway

Photos Cyrus

A suivre.

Nous trouvons notre bonheur au Gallery Cafe, situé au premier étage d’un magasin de sport très bien achalandé. Nous sommes intéressés en particulier par un choix extraordinaire de piquets de tente, voyant pour la première fois de notre vie des piquets prévus pour être fixés dans des rochers . Le bivouac en Ecosse est décidément très spécial, je conçois que certains puissent préférer une couche rocheuse moelleuse à un waterbed sur une tourbière . L’étage est un lieu très agréable, orné de très belles photos . Nous admirons en particulier, Théodorine et moi, des photos de Sandwood Bay, qui doit être le terme de notre randonnée , nous venons en effet d’apprendre à l’Office du Tourisme qu’il doit y avoir des manoeuvres au Cap Wrath.
J’ai expérimenté par deux fois en compagnie de Cyrus des manoeuvres avec tirs de mortier dans les Pyrénées Orientales près de Montlouis . La première fois , nous étions arrivés par un itinéraire improbable (ascension le long de conduites forcées , puis chemins enneigés utilisés en hiver comme pistes de ski de fond) dans un champ de tir que nous croyions inactif et où nous commençions à nous installer . Robin Hood de Fontainebleau Sherwood , notre maître, affectionnait tout particulièrement les terrains militaires lorsque ce n’était pas une période de manoeuvres, le bivouac n’y étant pas exposé à l’ire de propriétaires hostiles aux randonneurs vagabonds . Les signaux placés au bord des pistes de ski de fond annonçant normalement aux skieurs les tirs en cours n’annonçaient pas ce jour-là de tirs prévus . Ce n’était plus la saison de ski , ce n’était pas encore la saison d’été, et seuls des fous comme nous devaient arriver par un tel itinéraire . Ayant été repérés à temps (contrairement à nos habitudes de discrétion, je m’étais montrée lorque j’avais entendu le bruit d’un convoi militaire), nous avions été évacués, je dois dire avec amabilité , et même un certain respect, inspiré tout particulièrement par le poids de mon sac à dos, vers une zone plus sûre, avec une vue splendide sur le massif du Carlit , par une délicate attention de ceux qui nous expulsaient . Nous nous sommes rendus une seconde fois quelques années plus tard dans ce secteur, mais en prenant bien soin de nous installer hors du champ de tir et en faisant bien attention aux courbes de niveau et donc à la trajectoire possible des obus ayant raté leur cible . Cette fois encore, nous avons entendu des tirs de mortier(c’est impressionnant), auxquels répondaient les coups de tonnerre de l’orage qui se déchaînait juste en face au fond de la vallée de Prats Balaguer. Le champ de tir du Puig de la Tossa, où s’entraîne le Centre National de formation des commandos est petit mais toujours actif , et c’est du sérieux . Je viens de le vérifier . Qu’on se le dise…
Je n’ai vraiment pas envie que nous fassions l’expérience des manoeuvres du Cap Wrath . J’ai vu à ce sujet des vidéos très impressionnantes et donc, ni le cap, ni Kervaig bothy (bien dommage) ne sont désormais au programme.

A suivre

Le breakfast du Gallery Café est à la fois bon marché et très copieux,oeufs, bacon, haricots à la tomate, saucisses, et haggis. J’hérite même du haggis de Cyrus qui prétend bannir de son alimentation tout ce qui a un rapport avec les tripes, alors qu’il raffole de l’andouillette… Pour nous remettre de nos excès de breakfast et d’ale, nous décidons de faire une petite balade avant de revenir à l’auberge de jeunesse dont nous attendons l’ouverture , voyant sur la carte un chemin qui semble monter sur une butte. Ayant depuis découvert le site Walkhighlands, je sais que l’itinéraire que nous avons suivi est celui du Hill path d’Ullapool .

A Ullapool

Photos Cyrus

A suivre

Peu près avoir quitté Ullapool, et nous être engagés sur un large chemin carrossable, Cyrus, fanatique de bivouac sur des terrains herbeux, secs et plats, croyant trouver le lieu de camp de ses rêves, interrompt nos projets d’ascension. Nous (les trois autres) réprouvons fortement mais discrètement cette perte de temps, nous voyons à quelque distance un camion avec des ouvriers procédant à de mystérieux travaux et ce terrain semble normalement clos par une barrière métallique, mais nous nous laissons fléchir, le Prince aux petits pois ayant des exigences difficiles à faire taire sur la question des terrains de bivouac . De fait, le terrain est idéal : les moutons l’ont tondu parfaitement il y a peu (en témoignent une densité tout de même acceptable de crottes fraîches, un red deer se montre à proximité et nous avons en face de nous le loch Broom et la presqu’île de Scoraig . Apparemment, c’est un terrain dont on enlève les souches après des coupes de bois. Nous nous installons donc, un peu gênés malgré tout, à l’exception de Cyrus . Lorque nous quittons le terrain , nous avons la surprise de trouver le portail fermé et cadenassé. Nous devons trouver comment franchir la clôture pour en sortir. C’est une peu laborieux mais nous repartons enfin sur l’itinéraire prévu.

Notre lieu de camp .
Loch Broom et presqu’île de Scoraig , dominée par le Beinn Ghoblach . A l’horizon à gauche, l’An Teallach, célèbre Munro de la Fiesherfield Forest .

Extrémité de la presqu’île de Scoraig
Ullapool en contrebas

Le campement . Photos Cyrus

Scoraig et Ullapool vus de notre lieu de camp . A l’horizon à droite, les Summer Isles

Photo Cyrus

A suivre

Sur le Hill Path d’Ullapool

Pour une description du circuit possible, voir
https://www.walkhighlands.co.uk/ullapool/ullapoolhill.shtml
Nous avons fait , je crois, un circuit un peu plus court .

La barrière franchie, nous retrouvons sur un sentier très plaisant ,avec des bancs pour admirer le paysage . Ce chemin nous conduit sur une hauteur d’où nous avons une vue magnifique sur tout le loch Broom,et au Nord sur le loch Achail et toute une partie du glen Achail que parcourt une section du cap Wrath trail que nous n’avons pas prévu de parcourir. Nous voyons aussi par dessus une première ligne de crête, le sommet du Ben More Coigach ainsi que le Suilven .Une très jolie promenade, par beau temps.

Au loin, les Summer Isles

Allt na h-Airbhe sur la presqu’île de Scoraig, relié autrefois par bateau à Ullapool

Bateaux de pêche sur le loch Broom

Beinn Dearg et Fannich au Sud du loch Broom

Photo Cyrus

Ullapool vue du Hill path

Vers le sommet du Hill path

Photo Cyrus

Loch Achail . Photo Cyrus

Au sommet du Hill path . Ben More Coigach

Suilven

Loch Broom vu du sommet du Hill path . Beinn Dearg à gauche, Fannichs à droite .

A suivre

Nous redescendons à regret par un itinéraire un peu différent. Nous devons revenir à Ullapool et descendre jusqu’aux toilettes pour avoir de l’eau potable .L’approvisionnement en eau terminé, nous repartons dans les hauteurs, franchissons à nouveau la clôture et passons une délicieuse soirée sur le terrain cadenassé, au soleil . Après examen de la carte par ceux qui le veulent bien, à savoir notre Whymper et moi, et lecture du topo-guide du Cap Wrath Trail par les mêmes , il est décidé de faire le lendemain l’étape en passant par le bealach na h-Uidhe. Il serait possible de passer par le bas, pas très loin de la route Inchnadamph-Kylesku, mais la frustration serait trop forte . Nous aviserons ensuite pour voir si nous allons vers Glencoul Bothy ou si nous redescendons sur la route, près du loch na Gainmhich .
La nuit s’annonce sereine. Mais près de ma tente, une souche m’évoque irrésistiblement un troll ricanant . Sinistre présage dont je ne tiendrai pas compte. Mais le lendemain ,ce sera la Berezina

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Photo Cyrus

Sinistre présage de nos malheurs futurs

A suivre

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