Dans les Highlands du Nord Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées

Forum Écosse

La journée qui commence nous a fait passer d’Ullapool à Scourie .C’est une journée mémorable pour tous ceux qui l’ont vécue, qui n’ajoute rien à ma gloire, mais instructive .

D’Ullapool à Inchnadamph

La nuit a été claire . Il ne pleut pas lorsque nous sortons de nos tentes . Il nous faut à peu près 35 minutes (franchissement de la clôture avec gros sac bien chargé compris )pour parcourir la distance qui sépare notre lieu de bivouac de l’arrêt de bus près du port d’Ullapool, et ce trajet matinal (nous partons vers 8h de notre lieu de camp) est agréable . Très peu de monde encore une fois dans le bus . Le temps devient bien gris . Je peux reconnaître le Ben More Coigach , puis dans le lointain le Stac Pollaidh . Pour les autres sommets, je ne ferai que des hypothèses . Je serai dépitée de ne pas avoir identifié à coup sûr le Suilven et vers 9h45, le bus nous dépose à Inchnadamph .

Je ne cherche pas dans la présentation des photos qui suivent à fournir de belles images , mais seulement à donner des indications géographiques et à montrer ce que fut l’atmosphère, encore clémente, du début de cette journée . Pour la seconde moitié de l’étape, il n’y aura plus de trace que dans notre mémoire .

Peu après Ullapool . Au loin, les Summer Isles

Presqu’île de Coigach

La forme très bizarre visible à droite de la montagne est sans doute liée au bus pour les esprits rationnels . Je préfère y voir l’apparition fantastique du génie malfaisant de l’ Assynt
.

Ben More Coigach

J’avais un temps envisagé un itinéraire côtier par le Postie’s path , mais j’avais lu que le sentier, fort dégradé, pouvait être dangereux .


Ben More Coigach et l’une des Summer Isles

Stac Pollaidh

Stac Pollaidh

Cul Mor et Cul Beag ? Cul Mor et Suilven ?

Stac Pollaidh à l’ horizon ?

Au loin , le loch Assynt, Inchnadmph, et les sommets enneigés de l’Assynt vers lesquels nous nous dirigeons .

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Canisp ?

Loch Awe ?

Enfin nous arrivons à Inchnadamph .

Inchnadamph et le loch Assynt

A suivre

Inchnadamph ne peut pas vraiment être qualifié de village : quelques rares maisons, un hébergement, Inchnadamph Lodge, malheureusement complet . Je le sais depuis longtemps, ayant vainement essayé d’y faire une réservation , par souci d’avoir de temps en temps un hébergement confortable . On voit au loin le loch Assynt dominé par le Quinag . Le temps est bien gris, mais nous décidons à l’unanimité de passer par la montagne, par le bealach na h-Uidhe, qui à 630 mètres est le point culminant de l’itinéraire prévu, alors qu’un itinéraire beaucoup plus court et facile nous permettrait de rejoindre le loch na Gainmhich en passant par la route puis en empruntant un sentier au niveau d’Ardvreck Castle. J’ai commis la faute de ne pas m’opposer à ce choix, la tentation était trop forte, après tout ce à quoi nous avions dû renoncer précedemment, mais l’heure de départ était beaucoup trop tardive , au vu de ce qui va suivre .

Loch Assynt et Quinag . Photo Cyrus

A suivre

D’ Inchnadamph au bealach na h -Uidhe

Nous quittons Inchnadamph par un large chemin qui se dirige vers l’Est . On voit au loin les sommets arrondis de l’Assynt (Conival ? Ben More Assyn t? Vraisemblablement le Conival. Je crois identifier l’échancrure du bealach Traligill empruntée par ceux qui sur le Cap Wrath Trail viennent du glen Oykel et décident de rejoindre Inchnadamph . Nous arrivons bientôt à la bifurcation où notre sentier se sépare de l’itinéraire du bealach Traligill .

Bifurcation entre itinéraire du bealach na h-Uidhe à gauche et du bealach Traligill qui emprunte la passerelle sur l’ Allt Poll an Droighinn. Au fond le sommet du Conival . A son pied l’échancrure du bealach Traligill

Photos Cyrus

L’étape qui va du glen Oykel à Inchnadamph que nous avons évitée est une étape difficile et la descente conduit à traverser des terrains fort spongieux . En témoigne cette vidéo de Iain Harper . Pour les amateurs de bog …

A imaginer par temps de brouillard ou (et ) de chute de neige …

La bifurcation passée, nous commençons à monter . Il s’agit d’un sentier de montagne bien classique et facile (nous ne redoutons pas les montées, qui sont d’ailleurs beaucoup plus sévères dans nos montagnes) et nous découvrons à côté du sentier un tout petit abri non fermé où deux personnes, en se serrant bien , doivent pouvoir s’abriter de la pluie . Mais le temps, quoique bien gris, reste acceptable et nous atteignons sans problème quelques petits lochs sans nom, puis, au terme d’une petite descente, le loch Fleodach Coire , juste au pied du Beinn Uidhe .

Photo Cyrus

Au fond, l’échancrure du bealach na h-Uidhe , vers laquelle nous nous dirigeons .

Descente sur le loch Fleodach Coire . Photo Cyrus

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Lorsque nous franchissons l’Allt a’ Chalda Mor, déversoir du loch Fleodach Coire, je reconnais le pont de bois effondré que j’ai vu en photo sur internet (il est encore plus effondré d’ailleurs, et inutilisable, mais nous passons assez facilement à gué un peu plus loin . Il y a cependant par là une zone marécageuse assez intéressante que je prends en photo , parce qu’elle est tout à fait typique des obstacles que l’on doit contourner .

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Nous franchissons également quelques petits gués supplémentaires . Alors que nous avions jusque là progressé à une vitesse tout à fait honorable, nous allons passer beaucoup de temps (l’heure indiquée par mon appareil photo l’atteste )à franchir cette zone ( vraiment très peu de centimètres sur la carte) .

Le sentier se perd ensuite, lorsque nous quittons ces marécages pour monter au bealach na h-Uidhe en longeant les parois du Beinn Uidhe. Nous avons maintenant du brouillard, mais nous pouvons malgré tout bien identifier le lochan bealach na h- Uidhe . La fin de cette montée, assez fastidieuse, me paraît interminable (nous avons peu de visibilité et je crois à plusieurs reprises que nous atteignons le col, alors que ce n’est qu’une apparence), et il est treize heures passées lorsque nous arrivons au col .

Loch bealach na h-Uidhe

Près du col . C’est la dernière photo de la journée . On comprendra pourquoi dans la suite de ce récit .

A suivre

Du bealach na h-Uidhe au loch na Gainmhich . Où ce récit commence à mériter son titre .

Au col, à 620 mètres d’altitude, c’est de la caillasse . Nous mangeons assez rapidement, assis sur des rochers, nous découpons avec peine notre énorme saucisson . Il fait froid et nous avons droit à une averse de grésil qui ne nous incite pas à nous attarder, d’autant plus que nous ne sommes qu’à mi-chemin, mais je suis relativement optimiste, parce que nous avons surtout de la descente en perspective . J’ai le souvenir d’avoir lu sur le Guide du Routard une évaluation du temps nécessaire pour l’excursion des chutes d’Eas a’ Chual Aluinn qui me fait espérer rejoindre la route vers 16 heures . Cyrus, plus attentif au nombre de kilomètres sur la carte et qui commence à comprendre ce qu’est un kilomètre écossais, semble plus soucieux que moi, dont le principal et sérieux motif d’inquiétude concerne le gué sur le cours d’eau des chutes d’Eas a’ Chual Aluinn.

Pour une description de l’itinéraire entre la route et les chutes ,voir

https://www.walkhighlands.co.uk/ullapool/eas-a-chual-aluinn.shtml

(Les temps indiqués sont valables par conditions sèches et pour des randonneurs peu chargés )

Nous ne sommes pas allés jusqu’aux chutes , nous les avons vues de plus haut . Le gué que nous avions à franchir se situait à peu près à 500 mètres des chutes mais nous n’avions pas le temps d’aller tout à fait à proximité .

Comme je l’ai écrit précédemment, c’est peu avant le col, dans la montée, que j’ai fait ma dernière photo de cette journée. L’averse de grésil au col, puis la descente raide,et surtout les intempéries m’ont dissuadée de me servir de mon appareil ,qui pourtant, insuffisamment protégé, a été temporairement victime de l’humidité . Je le regrette, car après une descente d’une centaine de mètres raide, mais facile, sur un sentier honnête, nous nous sommes dirigés vers le Nord-Est sur un plateau marécageux (bien marécageux, je précise ) d’où nous pouvions voir le haut des chutes Eas a’ Chual Aluinn, la vallée de l’Abhainn an loch Bhig, le loch Beag lui-même, qui est l’extrémité du loch Glencoul ,et presque juste en face des chutes Eas a’ Chual Aluinn, leurs soeurs jumelles, presque aussi hautes, les chutes Easan t-Strutha Ghil. Il y a malgré tout de la brume, le terrain est complexe, tantôt rocheux, tantôt spongieux, nous devons suivre de près notre Whymper qui trouve malgré tout sans hésiter l’itinéraire, sans consulter la carte, mais il tombe un mélange de plus en plus désagréable de pluie et de neige fondue. J’ai malgré tout la satisfaction de bien identifier la bifurcation qui nous permettrait de nous diriger vers le fond de la vallée de l’Abhainn an loch Bhig, puis vers Glencoul Bothy (j’avais obtenu des renseignements précis à ce sujet d’un ranger de l’Assynt ), mais, en raison des conditions météorologiques, nous n’envisageons pas d’adopter cette solution et nous nous dirigeons vers le gué qui permet de franchir le cours d’eau des chutes Eas a’ Chual Aluinn, à quelques centaines de mètres en amont des chutes . A vrai dire, depuis un certain temps, je n’ai guère d’inquiétude au sujet de ce gué : j’ai vu d’en haut que cette rivière n’était pas très abondante, et comme prévu, nous la franchissons sans problème. Nous avons avancé moins vite que je ne le prévoyais mais je pense, bien à tort, que le reste ne sera plus qu’une formalité. un peu plus de 100 mètres de montée pour arriver au-dessus du loch na Bhuirich, puis une descente vers le loch na Gainmhich près duquel j’espère que nous trouverons à camper .

A suivre

Après la traversée du fameux gué, nous sommes d’après la carte à moins de deux kilomètres du loch Bealach a’ Bhuirich, mais ce sera interminable . D’abord une zone relativement plate, mais agrémentée de quelques aimables “Peat hags”. (Que ceux qui ne connaissent pas fassent cette intéressante découverte*…) puis une montée rocheuse, sans difficulté mais sinueuse, raide, qui nous paraît interminable, d’autant plus que la pluie mêlée de grésil ou de neige, a fait place à une neige bien humide et de plus en plus abondante. Seuls deux “reds deers” qui semblent se défier sur un rocher semblent à l’aise (Théodorine, dotée d’un appareil étanche, a le courage de les photographier), et bien que notre Whymper avance oujours sans hésitation, nous commençons à douter d’atteindre le petit col qui nous sépare du loch . Nous l’atteignons dans le brouillard, amorçons une raide descente qui suscite quelque inquiétude, le temps de vérifier (très mauvais pour ma carte au 25000ème toute neuve, non protégée) qu’il ne s’agit pas d’ une erreur . En fait, ce n’est pas difficile, mais il faut malgré tout avancer assez prudemment car ce n’est pas le moment de se faire une entorse sur ce sentier rocheux, et nous pateaugeons souvent dans l’eau . Nous finissons par arriver à ce premier loch que nous devinons plus que nous ne le voyons . On ne peut pas vraiment dire que nous profitions du paysage, et depuis quelque temps, nous ne pensons qu’à nous sortir de là .

A suivre

L’objectif suivant, c’est le loch na Gainmhich, situé juste à côté de la route A894, la principale route du pays, qui va d’Inchnadamph à Kylesku et Scourie . Les deux lochs ne sont éloignés l’un de de l’autre que d’un kilomètre et demi, et nous ne traînons pas , mais il neige de plus en plus et le loch na Gainmhich n’apparaît jamais . Peu avant d’arriver à ce loch, il y a une bifurcation que nous allons manquer . En fait, il yavait une grande mare qui la masquait, dans laquelle nous avons été contraints de patauger . Nous prenons le sentier de la rive Est du loch, celui qui conduit droit au parking situé tout près du loch na Gainmhich . Je sais qu’il vaut mieux ne pas adopter cette solution si le cours d’eau qui sert de déversoir au loch et que l’on traverse sur des "stepping stones "est en crue . Cela peut être très dangereux, d’autant plus que juste après , il y a une grande cascade . Je m’aperçois avec un peu de retard que nous avons commis une erreur et réclame une consultation de carte (ma malheureuse carte commence à fondre sous l’effet de l’humidité (je l’ai bien rafistolée depuis) et nous décidons de rejoindre en tout terrain l’tinéraire plus sûr mais nettement plus long qui contourne le loch par le Sud puis par l’Ouest avant de rejoindre la route . C’est facile et sans danger, mais très marécageux et presque aussi glissant qu’une planche recouverte d’eau savonneuse . Théodorine chute par deux fois dans cette grande éponge saturée d’eau , sans dommage : une éponge, c’est mou . Nous allons tous l’ imiter ensuite au moins une fois Nous traversons des petits gués faciles . Nous marchons le plus vite possible en direction de la route sur un sentier transformé en cours d’eau . Mes chaussures sont pleines d’eau, mais j’y suis totalement résignée . Nous atteignons enfin la route, où nous voyons dans la brume passer une voiture. Il est plus de 19 heures, nous sommes loin de Kylesku (à peu près sept kilomètres ) nous sommes trempés des pieds à la tête, il neige toujours et nulle part, nous n’avons trouvé un endroit où nous pourrions camper, le sol étant partout recouvert de neige fondante .

A suivre

La Berezina

Nous avançons d’abord normalement et nous sommes désormais à peu près à 6 kilomètres de Kylesku, sur la route . Aucun risque de se perdre, mais il est tard, et c’est maintenant que nous allons sentir que nous sommes trempés ,que nous avons froid , que nous avons faim (j’ai toujours faim en pareil cas) que nous sommes fatigués .Jusqu’à la route, je pense que nous n’avons pas ressenti tout cela, tellement il était évident qu’il fallait à tout prix se sortir de là au plus vite (enfin, à la vitesse toute relative que permettent les rochers et le bog écossais …), mais la route représentait un espoir de salut, et le salut est encore bien loin. J’entends Cyrus dire que, ce soir, il accepterait même de dormir dans un Bed and Breakfast . De la part de ce fanatique du bivouac (sec, plat et douillet, je précise), c’est quelque chose d’inouï . Nous sommes mouillés jusqu’aux os, il tombe toujours un mélange abondant de pluie et de neige, nous essayons malgré tout de marcher le plus vite possible (j’aimerais bien manger un peu , mais il faudrait pour cela s’arrêter, poser les sacs et se mouiller un peu plus) et j’ai l’impression de puiser dans mes dernières ressources . Cyrus file devant parce qu’il a trop froid, nous sommes échelonnés sur la route, et je vois alors , en me retournant, notre Whymper s’arrêter. Signe inquiétant, cet arrêt dure, il repart, lentement . L’année dernière, il avait souffert de tendinite, mais ça paraît plus grave. Nous voyons apparaître un très grand virage (c’est à ce niveau, d’après la carte que se situe le carrefour de la route de Drumbeg, familière actuellement à ceux qui empruntent la "North Coast 500, et de l’A 894 qui franchit un peu plus loin le pont de Kylesku . Mais je ne vois aucun espoir à l’horizon et il fait de plus en plus sombre. Je décide d’attendre notre Whymper et j’apprends alors qu’il a senti un craquement dans son tendon d’Achille . La situation devient vraiment grave et je maudis tous les ducs et duchesses de Sutherland responsables des clearances . C’est à eux que nous devons la désolation de ce pays, l’absence de toute habitation, de tout refuge. Nous n’avons souffert qu’un soir, mais cela a dû être infiniment plus terrible pour ceux que l’on a jetés dehors dans le froid ,le vent , la pluie et la neige en brûlant leurs maisons.
Je me sens vraiment coupable maintenant d’avoir engagé mes compagnons dans une telle aventure, je crains que tout cela ne finisse mal .

A suivre

Théodorine, qui n’était pas très loin devant moi, s’est arrêtée, je l’informe de la situation de notre Whymper, qui, malgré tout, avance, lentement , mais ce n’est pas suffisant pour combattre le risque d’hypothermie . Et peu après, nous retrouvons Cyrus qui s’est arrêté lui aussi pour nous attendre . Nous sommes à peu près à un kilomètre de la route qui vient d’Inchandamph et de celle de Drumbeg . Nous voyons au loin les premières maisons d’Unapool . J’ai repéré plus près de nous un bâtiment éclairé dont je sais actuellement qu’il s’agit de Newton Lodge . Théodorine avait quant à elle a repéré une bergerie pas très loin,elle a vu le berger sortir après avoir pris soin de ses moutons . J’ai su après qu’elle avait songé que nous pourrions dormir ou tout au moins nous abriter au milieu des moutons , réchauffés par leur laine . Peut-être le matin n’aurions-nous pas été très présentables, mais nous n’aurions pas risqué d’être dévorés par Polyphème comme les compagnons d’Ulysse . Avec Théodorine, nous décidons de faire du stop . Les véhicules qui passent sont rares .Cyrus pense que personne ne s’arrêtera pour prendre quatre randonneurs lourdement chargés et trempés mais nous passons outre à son scepticisme . De fait, les premiers essais sont infructueux, mais je suis décidée désormais à tout faire pour arrêter une voiture, pour que nous puissions au moins mettre notre Whymper en sécurité et que nous puissions trouver une solution . Nous ne sommes pas en mesure d’appeler un taxi , n’ayant pas en ce temps-là internet sur nos téléphones , nous ne voulons tout de même pas déranger un service de secours et par ailleurs nous ne savons pas s’il y a du réseau . Finalement une sorte minicamping-car s’arrête et Théodorine et moi, nous commençons à nous exprimer dans un anglais laborieux .Théodrine n’a pas beaucoup étudié l’anglais , nous sommes tous les quatre des germanistes, et pour ma part, je ne connais l’anglais qu’à travers quelques lectures dans ma discipline qui n’a aucun rapport avec la vie pratique, les oratorios de Haendel, les opéras de Purcell, quelques topoguides et depuis très peu de temps walkhighlands. Je vois l’anglais comme une langue morte plutôt facile à traduire, et lorsque je m’avise de parler, parfois il est vrai avec audace, et avec force propositions subordonnées, j’ai un accent épouvantable . Nos interlocuteurs nous répondent en anglais, mais nous avons la surprise de les entendre parler entre eux en français. Ce sont de jeunes compatriotes qui logent à l’auberge de jeunesse de Durness. Ils nous proposent immédiatement de monter et disent qu’ils ne nous lâcheront pas tant que nous n’aurons pas de gîte . Nous sommes maintenant entassés à 7 dans ce petit camping-car, ils craignent que nous n’ayons froid ou faim . En fait, nous avons tout ce qu’il faut en matière de provisions, duvets, vêtements de rechange, et pour l’heure, nous ne sommes pas sous la pluie et nous bénéficions de la chaleur animale de nos voisins .
Aucun de nous, je crois, ne fera attention au trajet jusqu’à notre arrivée à Scourie, au premier Bed and Breakfast rencontré . J’ ai seulement eu une vague conscience du passage du pont de Kylesku . Quelle heure est-il à notre arrivée à Scourie ? Peut-être pas loin de neuf heures du soir. Le B&B en question est Scourie Lodge . Le tarif (je crois qu’il s’agissait de 40 livres par personne ), nous convient, nous sommes trop heureux que la journée se termine ainsi, et c’est ainsi que nous nous retrouvons, après que j’ai maudit ducs et duchesses de Sutherland, dans un manoir ayant appartenu à une duchesse de Sutherland .

A suivre

Nous remercions nos jeunes compatriotes si serviables qui nous ont transportés à Scourie et nous entrons à Scourie Lodge. où nous sommes accueillis par les propriétaires, surpris, je pense ,de voir des individus aussi trempés débarquer à une heure pareille. C’est somptueux. Des tapis partout, dans les pièces, les escaliers, et même dans l’entrée. Peu avant notre sauvetage sur la route, j’avais aperçu un bâtiment au loin, Newton Lodge mais j’ignorais ce dont il s’agissait ( le salut était en fait assez proche), Théodorine, comme je l’ai dit précédemment, avait vu un abri à moutons. Elle était prête à squatter l’abri à moutons, rêvant de la chaleur de leur laine ,et nous l’aurions à coup sûr suivie, car lorsque c’est nécessaire , nous sommes tous capables d’être fort peu délicats. Cela ne m’aurait pas déplu d’ailleurs. Le héros de Stevenson , Saint-Ives, après s’être évadé du château d’Edimbourg en descendant par la falaise, trouve refuge dans le poulailler de sa belle dans les Pentland Hills (il apprendra un peu plus tard qu’il est l’héritier d’un somptueux château) , et j’aurais assurément été sensible au romanesque d’une nuit passée entre les moutons . Mais pour l’heure nous sommes au sec et nous ne risquons plus l’hypothermie . Nous comprenons qu’il nous faut déposer dans l’entrée nos affaires mouillées : chaussures transformées en bassines ,Gore-tex dégoulinants et qui ne sont plus depuis longtemps que des passoires, guêtres boueuses et bâtons . Le maître des lieux , qui emporte au fur et à mesure nos affaires dans le séchoir, ne cesse de dire “wet”, “wet”, “wet”. Seule la décence nous empêchera de donner toutes nos affaires humides, comme nous en sommes priés, car nous sommes intégralement trempés. Malgré tout, il n’est pas question de laisser des flaques d’eau partout sur notre passage. Scourie Lodge n’est pas l’auberge de Jenny Mac Alpine, où Franck Osbaldistone retrouve Rob Roy, sans connaître encore son identité, dans le roman de Walter Scott. Un “burn” se déverse dans l’auberge de Jenny . A Scourie Lodge, nous sommes chez la Duchesse de Sutherland .

A suivre

Scourie Lodge est un ancien manoir construit en 1835 pour une nouvelle duchesse de Sutherland. Elle aurait dédaigné d’y habiter, préférant Dunrobin Castle, et l’aurait plus ou moins abandonné à l’un de ses hommes de confiance, Evander MacIver, peu apprécié pour le zèle avec lequel il aurait contraint les paysans à payer les redevances et poursuivi les clearances . Je ne crois pas cependant que ce MacIver et ses maîtres aient acquis une réputation aussi noire que le duc , la duchesse de la génération précédente, et l’infâme Patrick Sellar, accusé d’avoir brûlé vive une vieille femme refusant de quitter sa maison à Strathnaver . J’ai découvert les clearances, dont l’objectif a été d’abord politique, après le désastre de Culloden, puis économique,en lisant Les Aventures de David Balfour de Stevenson, et la question écossaise en général à travers la lecture des romans inspirés àWalter Scott par le jacobitisme : Rob Roy, Waverley, et Redgauntlet . Je m’étonne en 2013 qu’ on parle bien dans l’enseignement français de la question irlandaise mais pas de la question écossaise . Pourquoi ?Je ne peux d’autre part m’empêcher de regretter que l’on semble aller en Ecosse plus pour Nessie et Harry Potter que pour son histoire, sa culture, et l’importance qu’a pu avoir Walter Scott à l’époque romantique.
Pour l’heure, nous sommes beaucoup moins difficiles que la duchesse de Sutherland, et nous nous réjouissons de trouver dans les chambres bouilloire et sachets d’infusion. Tout est si soigné que nous n’osons nous asseoir nulle part, tant que nous ne nous sommes pas intégralement changés . Bien que je me sente accablée (beaucoup trop selon Théodorine ) par la façon dont s’est terminée notre aventure (j’ai cru à tort que nous pourrions camper au loch na Gainmhich, nous ne nous en sommes pas sortis par nous-mêmes, et notre Whymper marche difficilement) , je passe une excellente nuit dans un lit délicieusement chaud . Cyrus m’a préparé force thé et infusions, avec dévouement, mais aussi discernement, car il ne connaît que trop bien mon aptitude à produire des inondations…

A suivre

Mes lecteurs, s’il en est qui auraient eu la patience de me lire jusqu’ici, pourraient souhaiter savoir à quoi peuvent ressembler ces paysages que le guide du Cap Wrath Trail que nous possédions qualifiait de magiques . Comme nous avions eu du brouillard le matin et qu’après les conditions météo nous avaient fait renoncer à prendre des photos, je fournis ce lien d’un site qui s’est proposé de fournir des photos de tous les lieux qui portent un nom sur les cartes du Royaume Uni . Une vraie mine de renseignements pour ceux qui préparent leur itinéraire . Quoi de plus parlant qu’une image ?

Bealach na h-Uidhe © Jim Barton :: Geograph Britain and Ireland .
Le commentaire de l’image est particulièrement intéressant …

J’ai trouvé également un récit édifiant de l’étape Kylesku Inchnadamph par le bealach na h-Uidhe (autrement dit l’étape que nous avons faite à l’exception du trajet entre Unapool et Kylesku ), mais en sens inverse . Je dois dire que ce récit m’a après coup rendue un peu moins sévère envers moi-même .

Enfin, je donne ici le descriptif de la variante actuellement la plus empruntée sur le Cap Wrath Trail, , c’est -à-dire la descente au pied des chutes Eas Chual an Aluinn puis la poursuite de l’étape jusqu’à Glencoul bothy . J’avais bien repéré la bifurcation, mais les conditions météo nous avaient fait renoncer au choix de cet itinéraire . Décision sans doute plus sage , car les conséquences de la tendinite dans un tel environnement auraient pu être pires .

https://www.walkhighlands.co.uk/ullapool/inchnadamph-kylestrome.shtml

Dernière remarque . Les problèmes physiques se révèlent souvent quand les principaux dangers semblent écartés . La tendinite de notre Whymper s’est révélée sur la route (effet du bitume ou relâchement de la tension psychique ?) Lui-même a vu à la fin d’une difficile journée d’alpinisme une participante se fracturer la jambe en chutant sur la route au moment de monter dans une voiture . On ne peut exclure que le choix de descendre sur Glencoul bothy, itinéraire plus difficile mais plus court en distance, avec des mouvements plus variés, nous eût évité nos déboires, si les difficultés ont un effet protecteur .

A suivre

De Scourie à Durness

Nous nous levons par un matin ensoleillé , frais et dispos . Notre Whymper, qui ne peut pas vraiment marcher, songe à rentrer rapidement, mais pour l’heure, il doit passer au minimum la journée qui commence en notre compagnie : pas de bus vers le Sud avant le lendemain . Nous pouvons seulement prendre vers midi un bus pour Durness . Mon appareil photo lui aussi a souffert et ne fonctionne que par intermittences : il était mal protégé dans la poche d’une veste assez légère dont j’ai cru à tort qu’elle était vraiment imperméable (j’aurais dû prendre mon ciré des deux randonnées précédentes, vraiment efficace) .J’essaie de le remettre en service en le séchant au sèche-cheveux, mais c’est encore insuffisant, du moins je le crois , et je ne vais faire que deux photos jusqu’au lendemain où il fera un séjour sur un radiateur .
Nous prenons à Scourie Lodge notre premier breakfast dans un B &B . Il est à la hauteur de nos espérances : d’ailleurs nous avons faim (nousn’avons pas mangé depuis le bealach na h-Uidhe, mais nous n’y pensions guère) . Le breakfast est varié, copieux, et servi dans un luxe qui ne nous est pas habituel . Nous nous sommes efforcés dans un tel cadre, d’être aussi présentables que nous le pouvions.
Au moment de partir ,après avoir récupéré notre attirail de randonneurs, nous avons le plaisir de visiter les jardins de Scourie Lodge, sous la direction très aimable du maître des lieux. Ce sont de beaux jardins, très bien entretenus, comme le manoir, où l’on peut voir un palmier (un peu rabougri malgré tout ) planté au milieu du 19 ème siècle, qui serait le palmier vivant le plus au Nord du monde.

Scourie Lodge . Photos Cyrus

Devant Scourie Lodge

Jardins de Scourie Lodge , avec le palmier le plus septentrional d’ Europe .

En quittant Scourie Lodge

Photos Cyrus

Nous sommes très reconnaissants à nos hôtes de Scourie Lodge d’avoir accepté d’accueillir à une heure indue quatre individus aussi peu présentables et mouillés que nous .
Je crois que finalement nous avons apprécié d’être reçus dans le manoir d’une duchesse de Sutherland .

La côte, à Scourie

A suivre

De Scourie à Durness, je regrette de ne pas avoir su bien identifier les lieux que nous traversions .

Loch Laxford ?

On voit des paysages très semblables sur la côte Sud de Harris , sur la "Golden Road ". Similitude des roches (gneiss lewisien ?)

Loch Inchard ?

A Durness, nous nous sommes dirigés tout de suite vers le Lazy Crofter Bunkhouse, très près de l’arrivée du bus . Le camping était également tout près, mais nous souhaitions, après les épreuves de la veille, un abri en dur . Il pleuvait, et il y avait beaucoup de vent . Nous avons trouvé de la place, au Bunkhouse, de justesse . Une carte dans la salle à manger nous a montrés que nous étions plus proches du Groenland que de Paris .Nous avons ainsi mieux compris pourquoi nous étions frigorifiés la veille .

Poste-épicerie de Durness

Camping de Durness

A suivre

Nous avons été très heureux de traîner à l’abri dans le bunkhouse . Mon appareil photo sinistré a apprécié la chaleur du radiateur . Théodorine a observé avec intérêt le linge agité par le vent , bien arrimé semble-t-il , ainsi que trois ou quatre enfants jouant au foot . La conclusion de ces observations a été que le séchage du linge devait être rapide et les querelles entre enfants de Durness de courte durée, faute de quoi ils se trouveraient rapidement sans partenaires de jeu au vu de la population du pays (moins de 350 habitants en ce temps-là), ce qui en fait tout de même une localité importante pour les Highlands .
Lors d’une éclaircie, nous nous sommes décidés à sortir et nous avons fait une courte, mais très jolie promenade en direction de la plage où la mer était plutôt agitée . Mon grand regret est de ne pas avoir pu y faire de photos. Le séjour au bunkhouse a été agréable et confortable ,avec quelques échanges aimables avec les autres occupants.

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Nous étions tout près du Cap Wrath, dont nous avions pu espérer revenir par un chemin carrossable et une traversée en bateau du loch Eriboll . Il doit toujours être possible, en l’absence de manoeuvres, de faire une excursion en aller-retour au Cap Wrath à partir de Durness . Nos malheurs dans l’Assynt nous ont empêchés d’ arriver à Sandwood Bay, alors que le Cap était inaccessible . Nous étions enfin arrivés tout au Nord, mais cela n’avait pas du tout la même valeur . Je me sentais en partie responsable de notre échec et je pressentais qu’il n’y aurait plus pour nous de Cap Wrath Trail . J’ai trouvé belle la côte à Durness, mais pas au point de tout faire pour revenir sur la côte Nord . Peut-être un jour malgré tout , je reprendrai le train jusqu’au Nord, si nous choisissons de consacrer un voyage aux Orcades, mais actuellement , nous avons beaucoup à faire avec les Hébrides et nous n’avons pas du tout exploré les Cairngorms .

A suivre

La journée qui nous a conduits de Scourie à Durness a été une journée de repos . D’ailleurs, à en juger par une photo prise par Cyrus dans les jardins de la Duchesse, aucun de nous n’a été durablement éprouvé par l’étape Inchnadamph-Unapool . Nous avons tous un air bien réjoui, malgré la déception, même notre Whymper invalide . Le problème est maintenant pour moi de le décider à rester et de trouver de quoi nous occuper tous de façon intéressante pendant le temps qui nous reste . Il nous faut marcher le moins possible, nous qui sommes des randonneurs dans l’âme . Et n’ayant ni la possibilité de consulter Traveline Scotland, ni guide papier, je dois tout de même improviser.
Les trajets en bateau me paraissent une bonne solution. L’ Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches *(remplacée par notre Whymper) qui en 2010 avait marché avec nous de Bridge of Orchy à Fort William, puis de Glenfinnan à Inverie, avant d’aller faire un tour sur Skye au loch Coruisk m’a dit grand bien de Mull et d’Iona peu avant notre départ, et je sais que Théodorine rêve des orgues basaltiques de Staffa . Nous décidons de nous diriger d’abord vers Inverness, et quand nous aurons des horaires précis, nous aviserons .

A suivre

  • Voir le carnet de voyages intitulé *Dans les montagnes de l’ Ouest de l’Ecosse *

Nous commençons par un trajet en bus Durness-Lairg qui nous fait passer à nouveau par Scourie et Kinlochbervie et je repère en route quelques lieux où nous aurions dû passer si nous avions réalisé notre projet initial : Rhiconich, le loch Stack . Mais je suis dépitée de ne pas savoir identifier le Foinaven . Mon appareil photo s’est rétabli, et, le bus étant presque vide, je peux passer d’un côté à l’autre pour voir le paysage et prendre des photos . Malheureusement, il pleut de plus en plus . Avant d’arriver à Lairg, nous longeons le loch Shin qui me paraît interminable . Toute cette région du Sutherland me paraît complètement marécageuse et désolée . ALairg, nous prenons le train pour Inverness, nous avons des pass ferroviaires . Le train se remplit peu avant Inverness de jeunes un peu excités que nous soupçonnons de vouloir profiter de ce samedi pour aller traîner dans les pubs de la grande ville . J’écarte en arrivant à Dingwall la tentation de changer de train pour Kyle of Lochalsh . Nous connaissons déjà bien cette ligne sous la pluie… Nous pourrions assurément gagner facilement Portree dans l’île de Skye, mais que faire ensuite tout un dimanche à Portree que trois d’entre nous connaissent déjà ? D’autre part, notre Whymper ne peut plus marcher . Donc pas de possibilité d’explorer le Quiraing, pour lequel de surcroît il n’y a pas de bus le dimanche . Nous alllons donc descendre à Inverness, et prendre le bus pour Fort William .

Loch Eriboll ?

Loch Laxford, incroyablement boueux à marée basse ?

Arkle enneigé ?

Loch Stack et Arkle ?

A suivre

la gare routière d’ Inverness est très proche de la gare routière . Nous avons tout juste le temps de prendre des fiches horaires Citylink et d’acheter les billets, et nous voilà partis pour Fort William, sans savoir encore ce que nous allons faire ensuite . Bien entendu, la route passe par le sillon calédonien, dont tous les géographes savent qu’il est occupé par des lochs tout en longueur ,dont le premier, le plus célèbre ,mais pas le plus beau, est le loch Ness.
Le bus est plein alors que nous sommes habitués à des bus vides . Les rives de la Ness, vues du bus, ne sont pas laides, mais bientôt nous quittons la ville et nous atteignons le loch Ness . C’est notre troisième voyage en Ecosse, et c’est la première fois que nous le voyons . Il n’est pas laid, mais il n’a vraiment rien d’extraordinaire . Il pleut beaucoup, de plus en plus et il y a beaucoup de circulation sur la route . Beaucoup de voyageurs descendent au niveau d’Urquhart Castle . Nous apercevons un centre conasacré à Nessie, des magasins de souvenirs . Nous ne regrettons nullement de ne pas nous arrêter . Ce trajet vers Fort William me paraît assez fastidieux . Beaucoup de touristes apparemment, une Ecosse bien moins marécageuse que celle que nous connaissons . Ce n’est pas l’Ecosse que nous cherchons . C’est trop civilisé, presque trop léché. je pense un peu à la Suisse Centrale, en dehors des montagnes . Je vais davantage apprécier ce que je vois du loch Lochy . Les montagnes que l’on voit sont plus hautes . Nous arrivons enfin sous le déluge à Fort William .

Inverness et la Ness

Après Inverness

Urquhart Castle

A suivre

Nous arrivons à Fort William sous le déluge, ce qui nous dissuade d’y séjourner. J’ai vu dans le bus que nous ne pourrions pas rejoindre aisément Oban par le bus : nous arriverions trop tard . Je le regrette, car j’aurais bien aimé passer par Ballacullish et par la côte, à cause des Aventures de David Balfour , roman de Stevenson que j’aime beaucoup . C’est là qu’a lieu le meurtre d’Appin qui contraint David Balfour à fuir devant les Tuniques rouges . Les horaires de train pour Oban ne nous conviennent pas non plus . Nous arriverions encore une fois trop tard à Oban . Nous renonçons donc à Mull et ses satellites . En revanche, nous avons bientôt un train pour Mallaig . Nous prenons donc pour la troisième fois depuis le début de nos aventures écossaises le chemin de fer jacobite, pour Mallaig , toujours sous la pluie . Nous devons en effet arriver à Mallaig, vers 17 heures, ce qui nous paraît convenir pour trouver un hébergement .

Peu de choses à dire sur le parcours Fort Willliam-Mallaig, sous la pluie . Nous connaissons bien le trajet . A Glenfinnan, après un rapide coup d’oeil sur le loch Shiel, je regarde vers le Nord, vers le chemin du loch Arkaig, point de départ de la traversée du Knoydart, un de mes souvenirs les plus marquants en Ecosse, que j’ai racontée de façon très détaillées dans les deux carnets de voyage précédents . Je ne réussis pas à faire de belles photos, car la lumière n’est pas bonne. C’est dommage. J’essaie en vain de faire une photo convenable d’un îlot couvert de pins sur le loch Eilt . Cet îlot me plaît beaucoup . Je crois que, pour les lecteurs des Harry Potter, il s’agit du tombeau de Dumbledore . J’aurai plus de chance au retour .

Entre Fort William et Mallaig

A suivre

Tribulations à Mallaig . De la difficulté d’y vivre en SDF, même de luxe .

Nous arrivons sous la pluie à Mallaig, bien entendu, nous n’avons rien réservé, et c’est un samedi . Nous commençons par chercher Sheenas Backpackers Lodge *, une sorte d’auberge de jeunesse . En vain d’abord . Lorsque nous l’avons enfin trouvée, elle paraît fermée . Nous allons nous renseigner dans un restaurant . On nous conseille finalement d’emprunter un passage étroit (pas très facile avec nos gros sacs) le long d’une impressionnante rangée de poubelles qui vraisemblablement réunit toutes les poubelles du quartier , et nous apprenons alors que c’est complet . Nous nous adressons à un hôtel . On nous répond que c’est fermé . Les Beds and Breakfasts les plus proches sont complets , sauf un qui n’a de la place que pour deux personnes (il nous accueillera tous les quatre trois jours plus tard) . Il n’y a pas de camping accesssible pour des piétons . Nous allons voir au West Highlands Hôtel . Je pars en mission avec notre Whymper, le seul angliciste correct du groupe . Personne à la réception , mais un cercle de clients assis en tailleur sur la moquette dans le salon, écoutant attentivement une lecture . Sommes nous arrivés en plein congrès d’une secte ? Nous battons en retraite . Et de toute manière, nous pensons que jamais on ne nous admettra dans un endroit aussi luxueux .
Nous rencontrons dans les rues de Mallaig , un autre malheureux, beaucoup plus jeune que nous, sac au dos , qui cherche lui aussi .
Nous allons alors explorer une série de solutions peu viables.
Cyrus pense que si nous allons à l’église, et si nous trouvons le presbytère, le responsable du culte pourra peut-être nous donner des conseils. L’église est fermée . Il songe alors que nous pourrions aller demander conseil à la police . Nous ne trouvons pas le poste de police, alors que nous nous serions assez volontiers accommodés d’une cellule . Nous revenons au restaurant où l’on nous avait renseignés en demandant s’il n’y aurait pas un hangar où nous pourrions nous abriter . Vaine requête . Nous envisageons donc de dormir sous le petit abri du quai de la gare . Nouvelle questions, au guichet de la gare , où l’on nous conseille de nous adresser au West Highlands Hôtel . Laissant près de la gare ces messieurs qui nous paraissent par trop dubitatifs, nous partons toutes les deux, Théodorine et moi, et cette fois-ci , il y a quelqu’un à la réception, un jeune homme très aimable, qui n’est pas horrifié par notre allure (nous avons bien entendu nos gros sacs et nos bâtons de marche) . Nous découvrons qu’il a vécu à Lyon , comme nous . Nous parlons de Lyon, du Parc de la Tête d’Or, du travail qu’y faisait son père . Nous sommes tous les trois ravis de discuter et il y a de la place pour quatre. Cela nous coûtera 180 livres en tout . Une fois de plus , nous sommes sauvés !
Nous retrouvons sur le port ces messieurs, en proie, je suppose, à une résignation douloureuse, et Théodorine leur annonce triomphalement : "Cette nuit, messieurs, vous dormirez dans de la soie ! " (En fait , ce sont de simples draps, alors que toutes les nuits où nous campons, je dors dans un drap de soie qui protège et réchauffe mon duvet) . Nous nous dirigeons donc triomphalement vers le West Highlands Hôtel, non sans une pensée pour le malheureux dont nous craignons qu’il ne continue à errer sans domicile .

*J’y ai logé ultérieurement au retour d’un voyage dans les Small Isles avec Théodorine, deux ans plus tard . Nous avions pris la précaution de réserver et tout s’est bien passé .

A suivre

Le West Highlands Hôtel est un bel hôtel , luxueux à nos yeux de SDF volontaires, avec une immense salle à manger . Nous assumons jusqu’au bout la vie dans le luxe ,et décidons de prendre le repas du soir à l’hôtel. Un seul plat nous suffit (les parts sont généralement généreuses en Ecosse) accompagné d’ale comme toujours excellente .
Je vais une fois de plus commander pour mon compte un haggis . Je n’en mange après tout que pour la troisième fois de la semaine . Nous détonnons quelque peu au milieu d’une clientèle nettement plus élégante que nous , avec des dames à paillettes et des gentlemens distingués.
Le réceptionniste de l’hôtel nous a fourni les horaires des bateaux .
Il y a dès le dimanche matin un bateau pour Rum . Nous décidons donc de partir pour l’île de Rum, d’y passer une nuit , avant de nous rendre à Eigg . L’objectif est de naviguer le plus possible, puisque notre Whymper ne peut guère marcher .
La nuit sera confortable , trop même . Nous avons l’habitude de dormir dans le froid, et nous n’avons pas cette fois-ci à nous réchauffer après une journée d’intempéries où nous commençions à souffrir d’un début d’hypothermie . Nous ne dormirons finalement pas trop bien, mais cela ne nous empêchera pas le lendemain matin d’attaquer avec un grand appétit un remarquable breakfast.
Il y a d’abord toutes sortes de choses en libre service, suffisantes pour nous nourrir une journée : céréales , toasts ,beurre, miel , confiture, jambon, boissons diverses ,jus de fruits (nous avons marché avec moins que cela d’Inchnadamph à la route près d’Unapool) . Mais ensuite, on nous présente une carte où nous choisissons bien entendu le “Full scottish breakfast”, avec oeufs (j’ai droit à une énorme part d’oeufs brouillés), bacon, saucisses, boudin noir et …haggis . Cyrus qui commence à aimer le haggis, réussit tout de même à me donner malgré mes protestations la moitié de sa part . Nous nous sommes une fois de plus fort vaillamment comportés devant ce breakfast en finissant tous les quatre notre assiette, mais je dois dire que j’ai dû m’astreindre à mon retour à un jeûne (très relatif) pour remédier à des désordres assez compréhensibles . Après un breakfast écossais, il ne me semble guère posssible d’avoir faim (ou alors une toute petite faim …) avant cinq heures de l’après-midi . Finalement, 45 livres par personne, pour une nuit (trop) confortable et un pareil breakfast, ce n’est pas excessif. Nous n’avons pas souhaité manger grand-chose au cours des 48 heures qui ont suivi.

A suivre

J’ai aperçu pour la première fois l’île de Rum, une apparition fantomatique émergeant de la brume, du haut du Mam Meadall, lors de la dernière étape de notre traversée Glenfinnan-Inverie et les Cuillins de Rum, vues d’Inverie sur le chemin du Bunkhouse, m’ont toujours fait rêver . Nous prenons donc à Mallaig un billet pour Rum, l’une des petites voisines de Skye .
Nous avons droit par chance à un temps assez ensoleillé au cours de la traversée . La mer est très bleue, mais agitée . Il faut prendre quelques précautions quand on se déplace sur le pont du “Loch Nevis”, notre ferry . Nous voyons très nettement les rochers de la pointe de Sleat .

On voit ici sur la jetée l’adulte montrant à l’enfant le chemin de l’Amérique , faisant espérer un avenir meilleur aux victimes des clearances .

Photos Cyrus .

Regard en arrière sur le Knoydart

Mallaig vue du ferry

Photos Cyrus

Pointe de Sleat . Île de Skye

Photos Cyrus . Pointe de Sleat

A suivre

Bonjour Calamity, au niveau des photos intitulées “Vue à l 'Ouest sur les collines du Perthshire” il y a celles d’une rivière en partie protégée par des barrières. Savez-vous qu’elle est cette rivière et/ou sauriez-vous me dire où c’était ?

Bonjour Iff,
Je suis bien embarrassée pour vous répondre, cette photo datant de fin Avril 2013 . Je pourrai peut-être préciser cela dans deux mois, si je me rends en Ecosse comme je le projette, en prenant le train pour Inverness . Tout ce que je peux dire , c’est que la photo a été prise du train, environ à 15 minutes du passage à Aviemore, d’après les heures de prises de vue . En tout cas, ce serait juste avant le passage au pied de ces collines rabotées si caractéristiques que j’ai remarquées à l’ Ouest de la voie ferrée à chacun de mes passages . Je tâcherai de regarder ,si prochain voyage il y a . L’heure de prise de vue semble indiquer que ce serait après le Pass of Drumochter, je pense donc en raisonnant à partir de cet horaire et des photos du glen Truim et de Dalwhinnie que je viens de chercher sur Google, à l’un des affluents de la Spey , la Truim River, qui longe la voie ferrée mais la carte Michelin que je possède n’en précise pas les noms et je ne possède pas les cartes Ordnance Survey du secteur . Hypothèse à vérifier …
J’ignore dans ces conditions si l’on peut dire que les montagnes enneigées sont celles du Perthshire, que je ne connais pas et dont j’ignore les limites exactes , car je ne connais vraiment que les montagnes de l’Ouest que j’ai parcourues à pied .

Ces montagnes enneigées ne pourraient -elles être celles qui dominent le loch Ericht ?

J’espère que nous verrons bien les Black Cuillins, et le loch Scavaig, à défaut de voir le loch Coruisk lui-même , au cours de la traversée. Malheureusement, si j’arrive bien à identifier une grosse montagne en forme de cône caractéristique de cette zone , le Sgurr na Stri; les arêtes diaboliques des Black Cuilllins sont masquées par les nuages . Nous voyons bien sûr Eigg, qui paraît semble presque enveloppée par un panache de fumée, et nous finissons par atteindre Rum, dont les sommets sont malheureusement en partie pris dans le brouillard .

Eigg

Rum

Arrivée dans l’ île de Rum

Photos Cyrus

A suivre

Nous sommes vraiment très peu nombreux à débarquer, et nous nous dirigeons, vers le campsite, en voyant au passage l’école, avec ses dessins d’enfants affichés sur les parois de la serre pédagogique, puis un petit bâtiment qui fournit toutes sortes d’informations sur la géologie, la flore et la faune du lieu . C’est très intéressant pour Théodorine, notre naturaliste .
Le campsite est accueillant : il y a des toilettes, un robinet d’eau potable . Il est situé juste au bord de la mer, mais il n’est pas très grand et les meilleures places sont déjà prises . Il nous faut veiller à ne pas nous installer dans un endroit trop humide . Un abri ouvert est prévu pour les campeurs, mais il paraît annexé par des campeurs qui nous semblent assez durablement installés . Il y a par ailleurs , non loin de là, des constructions en bois fermées, des "cocons"que l’on peut louer, mais nous ne nous sommes pas renseignés *. Le paiement des emplacements dans le campsite donne droit à des douches, mais nous serons trop paresseux pour en faire usage .

Nous avons logé , Théodorine , deux ans plus tard , dans l’une de ces cabanes , lors de notre voyage tout entier consacré aux Small Isles .

A suivre

Une fois installés, nous décidons sans plus tarder de partir à la découverte de l’île car nous ne disposons que de moins de 24 heures . Nous longeons le loch Scresort et nous dirigeons vers la “capitale” de l’île ( une vingtaine d’habitants), Kinloch .

Photos Cyrus

Kinloch possède une poste-épicerie, une salle communautaire et un château, Kinloch Castle, dont j’ai longuement parlé dans mon carnet de voyage de 2015 intitulé Un voyage dans les Small Isles . Il est à vendre depuis plusieurs années et l’est encore aux dernières nouvelles .

Avis aux amateurs …

Photo Cyrus

Devant le château de Kinloch, on capte fort bien le réseau téléphonique . C’est l’un des rares endroits de l’île de Rum où il en est ainsi .
Rum est une réserve naturelle, comme l’indique ce panneau .

Photo Cyrus

Notre Whymper nous quitte peu après le château pour revenir au campsite . Jouant de malchance, il s’est fait une entorse à la cheville en descendant du pont du ferry , en voulant épargner son tendon d’Achille . Finalement, cela ne sera pas grave, mais pour l’heure, il est fortement handicapé .

A suivre

Nous ne sommes plus que trois et décidons donc de prendre d’abord le sentier de l’aigle, un sentier de découverte qui pénètre un peu à l’intérieur de l’île . Nous trouvons là un paysage de landes qui nous est familier . Nous voyons avec une surprise amusée au bord du chemin des oeufs d’oie à vendre en libre service (nous avons vu pas mal d’oies en bord de mer et dans ce secteur), mais le breakfast de Mallaig nous a transformés en boas qui digèrent leur proie pendant un mois et nous ne sommes donc pas tentés d’en acheter Après le sentier de l’aigle (nous n’avons pas vu d’aigle), nous revenons au port et prenons le sentier de la loutre qui longe la mer. Nous allons d’abord découvrir dans un bois les vestiges d’un village abandonné, puis une étrange construction, l’observatoire des loutres, mais pas de loutres visibles sur notre passage. Retour au campsite où nous retrouvons notre Whymper, soirée moins tranquille que nous ne l’aurions espéré , nos voisins étant assez bruyants jusqu’à une heure très tardive .

Vue sur les Cuillins de Rum

Pour les amteurs de bog

Oies

Sur le chemin du retour au terrain de camping

Photos Cyrus

A suivre

Port na Caranean, village de blackhouses abandonnées que l’on traverse si l’on emprunte le sentier de la loutre .

A comparer avec le village de blackhouses restauré de Gearannan (île de Lewis)

L’île de Rum a elle aussi été victime des clearances, ses habitants ayant été chassés pour introduire l’élevage du mouton qui a échoué, le sol étant trop humide . Rum détient avec le secteur du loch Quoich le record de pluviosité de l’Ecosse (3 mètres de précipitations annuelles ).

A suivre

Le programme du jour suivant est de rejoindre Eigg, en naviguant au maximum , puisque notre Whymper ne marche qu’avec difficulté . Nous allons donc effectuer d’abord un aller-retour Rum-Canna-Eig, suivi d’un trajet direct Rum - Eigg. Nous commençons dans l’attente du ferrry par faire tous les quatre un aller-retour à l’observatoire des loutres . Nous n’y voyons pas de loutres mais nous nous y abritons de la pluie .

Photos Cyrus

L’observatoire des loutres

A suivre

Notre ferry arrive et nous quittons Rum .

Rum , pour ce premier contact, nous est apparue sous un jour très austère . C’est effectivement la moins accueillante des Small isles . Elle est par ailleurs infestée de tiques et de midges mais c’est la plus montagneuse , et elle offre des vues magnifiques sur ses voisines, tout particulièrement sur l"île de Skye . Je vais donc donner ici quelques photos prises dans l’île de Rum lors de mes voyages ultérieurs.

Cuillins de Rum

Skye vue de la baie de Kilmory

Harris

Eigg vue de l’île de Rum

Bloodstone Hill

A suivre

Comme je l’ai dit précédemment, avant de rejoindre Eigg, notre ferry va faire un crochet par l’île de Canna , la plus éloignée des Small Isles . Le temps très couvert nous empêche une fois de plus de bien voir les côtes de Skye , ce qui est vraiment dommage), mais je suis séduite par la découverte de la petite île de Canna dans la brume: une côte étrange , une chapelle pittoresque, des petites maisons dont certaines paraissent abandonnées. Nous regrettons de ne pas y débarquer pour la visiter .

Côte de l’île de Rum . On voit en zoomant sur la photo l’ épave d’un chalutier français , le Jack Abry II

Canna

Canna et Sanday

Sanday et son église, dans la brume

Canna à droite et Sansay à gauche, reliées par un pont .

Je suis revenue deux ans plus tard à Canna , avec Théodorine, et j’y ai fait une autre séjour en 2019 .

Rum vue de Canna Photo 2015

Canna , Sanday et Rum . Photo 2015

Sanday et Rum vues du bunkhouse de l’île de Canna .

Photo 2019

A suivre

Après ce passage par l’îlede Canna, notre bateau fait à nouveau escale dans l’île de Rum avant de repartir pour Eigg où nous débarquons sous une grosse averse, un vrai déluge, en fin d’après-midi, et une fois de plus nous ne savons pas comment nous allons passer la nuit . Mais il y a près du port une épicerie, un café, un centre de locations de vélos . Nous interrogeons d’abord des habitants qui nous répondent aimablement, mais nous ne comprenons pas grand-chose. Le jeune femme qui s’occupe du café va résoudre notre problème en nous proposant une yourte louée par ses parents, à l’intérieur de l’île . Son père va venir nous chercher en voiture .
Donc, une fois de plus, nous sommes tirés d’affaire . Le trajet va me paraître assez long (moins de quatre kilomètres en fait), le temps est épouvantable, il n’y a pratiquement aucune visibilité, mais on nous traite avec beaucoup d’amabilité et nous sommes accueillis dans la yourte .

A suivre

L’intérieur de la yourte est pour nous une surprise . C’est aménagé avec beaucoup de goût, les sièges et le couchage sont confortables. Il y a un poêle à charbon, de quoi faire un peu de cuisine, une carte au 25000ème de l’île , tout ce que nous pouvons souhaiter, et dehors, c’est le déluge. Nous tombons sur un article de journal qui nous réjouit dont le titre signifie à peu près “ Depuis des mois, je suis persécutée par le fantôme de ma belle-mère ”. Nous passons donc une soirée très agréable dans cette yourte hospitalière dans un confort douillet dont nous ne sommes pas coutumiers . Je crois que nous avons payé 50 livres à nous quatre, prix très modique, même en 2013 . Il y a dans le jardin fleuri une autre yourte plus petite, occupée par des cyclistes, et une cabane dans le jardin où sont installés les sanitaires pour les occupants de la yourte . Nous achetons des oeufs à la dame de la yourte , elle vend aussi des glaces maison , mais ne nous sommes guère tentés à cause de la température extérieure . Le lendemain matin, Théodorine lui a acheté des confitures pour les rapporter dans sa famille . Nous avons été heureux dans la yourte . A près une bonne nuit , nous avons payé notre hôtesse et nous sommes partis sous le soleil vers le port pour prendre le ferry . Notre Whymper est capable de marcher trois kilomètres sur une route, et notre découverte (limitée) de l’île d’Eigg commence, puisque nous n’avons rien vu la veille .

Théodorine

Moi, Calamity

Dans la yourte illuminée

Photos Cyrus

A suivre

Lorsque nous quittons notre gîte , nous ne savons pas que nous avons laissé passer l’occasion de nous rendre à la baie des Singing Sands, d’où l’on a une vue extraordinaire sur l’île de Rum . Nous étions au moins à mi-chemin . Nous nous y sommes rendues, Théodorine et moi, en 2015 .

En approchant de la baie des Singing Sands

Rum vue des Singing Sands de Cleadale

Photos 2015

Le retour au port est une promenade facile : ce n’est qu’une descente sur la petite route réservée aux habitants de l’île, où nous passons d’abord devant une baraque qui doit ou a dû servir de commerce “the old shop”, puis devant l’école, où nous admirons un “bateau” en rondins avec son mât sans doute destiné à éveiller chez les enfants une vocation de marins .

Nous trouvons un peu plus loin au bord de la route un menhir, puis une église et une boîte aux lettres à la porte rouillée dont nous nous demandons si elle est relevée tous les jours ou tous les ans, et enfin, un peu plus haut que la route, une série de panneaux solaires.

Bog de l’île d’ Eigg

Photos Cyrus

Photo Cyrus

A suivre

Bonjour Calamity, effectivement ça peut être la Spey. Je pose la question car sur une photo il semble y avoir une surface assez importante de barrières anti-cervidés ce qui pourrait être une zone de reforestation. Je passe par là en juin et j’aurai été curieux de voir ce qu’est devenu cette portion de rivière. PLUS QUE PARFAIT d’intégrer à votre récit une citation sur Brest et Berthaume ! Bon, je fais peut-être “un peu” preuve de chauvinisme mais étant moi-même brestois et breton pure beurre (demi-sel bien sûr) je ne pouvais m’empêcher de relever ce moment de litérature.

Bonjour Iff,
Sauf imprévu, je devrais passer par là dans un mois et si le temps n’est pas pourri , je devrais pouvoir identifier les lieux, bien que j’aie beaucoup de mal à repérer parfois le nom des gares . Donc, si vous passez de votre côté en Juin dans le secteur , le mystère devrait pouvoir être résolu .
Nous avions par ailleurs eu une discussion assez récemment lors d’un échange relatif aux Cairngorms à propos du Lairig Ghru . Je crois avoir trouvé le gué difficile à passer dont je parlais . Il s’agirait non pas de l’itinéraire du Lairig Ghru mais d’une étape du Sentier National Ecossais, qui comporterait une traversée de gué éventuellement impossible sur la rivière Geldie .
Je crains malheureusement de ne plus avoir les capacités requises pour me lancer dans de telles aventures et de devoir me contenter de choses moins ambitieuses .
https://www.walkhighlands.co.uk/perthshire/blair-atholl-bynack.shtml

Eigg , comme Rum, est une île volcanique (de loin , on croirait un simple plateau), dominée par le Sgurr ,la “montagne de verre” ,que nous allons observer pendant une bonne partie de la descente .

En regardant vers l’arrière

Le Sgurr

Nous n’ avons vu sur Eigg que quelques rares moutons (nous en avons vu beaucoup plus, deux ans plus tard, avec Théodorine , l’agnelage ayant eu lieu ) . Nous avons été étonnés de voir un taureau solitaire, en liberté, à côté du port . Un animal roux et sans cornes, assez placide apparemment . Pas de midges ,alors que nous en avons rencontré les premiers spécimens de la saison, sous la tente dans l’île de Rum . Mais il s’agissait de midges très peu nombreuses,vraisemblablement encore prépubères, et donc peu soucieuses encore de nuire à leurs frères humains .

A suivre

Au port ,nous disposons encore d’un peu de temps avant l’arrivée du ferry. Nous en profitons pour faire quelques achats, pour prendre un grand café au lait à l’extérieur du café. Nous avons une superbe vue sur la côte (pointe de la presqu’île d’Arnamuchan et montagnes de Moidart que je ne sais pas identifier) . Nous prenons en photo les roches noires du port, et Théodorine, séduite par les cailloux de l’île d’Eigg, rêve d’y revenir. Son rêve sera exaucé deux ans plus tard . Voir le carnet de voyages intitulé "Un voyage dans les Small Isles " .

Photos Cyrus

Eigg se veut une pionnière en matière d’énergies vertes .

Arrivée du ferry

A suivre

Le retour à Mallaig comporte un passage par l’île de Muck . Nous ne la verrons que du ferry . C’est un toute petite île, accessible par un chenal entre des écueils qui affleurent à peine. On comprend, à voir ces écueils (comme d’ailleurs ceux de la côte Nord que nous avions vus à Durness), comment Philippe II d’a pu perdre son Invincible Armada sur les côtes d’Ecosse .

En s’éloignant d’Eigg

Eigg . Photo Cyrus

Eigg et Rum . Photo Cyrus

A l’approche de Muck

Photos Cyrus

Photo Cyrus

Deux ans plus tard, nous sommes revenues, Théodorine et moi , dans l’île de Muck et nous l’avons visitée . C’est un de mes meilleurs souvenirs d’Ecosse . Par beau temps, on a de tous côtés une vue magnifique, et c’est particulièrement vrai si l’on fait l’ascension, facile, du sommet de l’île .

Rum, Skye, et Eigg vues du sommet de l’île de Muck

Le Mainland vu du sommet de l’île de Muck

A suivre

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