Dans les Highlands du Nord Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées

Forum Écosse

Nous avons plus de chance que l’Invincible Armada, la traversée se fait sur une mer très calme . Nous voyons des marsouins sauter prés du navire, et de mutiples oiseaux de mer nous donnent des inquiétudes quand nous ne les voyons pas s’écarter du ferry. S’éloignent-ils au dernier moment ? Sont-il happés par les hélices ?
Nous approchons enfin de la côte, je reconnais alors le Sgurr na Cicche, le “Cervin du Knoydart” dans la brume, le Ladhar Bheinn, et j’aperçois Inverie lorsque nous voyons s’ouvrir le loch Nevis, à l’approche de Mallaig . Inverie est un lieu auquel je pense toujours avec nostalgie .

A l’approche de Mallaig . Vue sur l’entrée du loch Nevis . On devine Inverie

Mallaig . A gauche, le Ladhar Bheinn .

Photo Cyrus

Photos Cyrus

A suivre

Nous arrivons à Mallaig sous le soleil . Nous trouvons cette fois-ci facilement une place au Bed and Breakfast Anchorage (très bien , et avec encore une fois un excellent breakfast ,avec même des champignons). Nous apercevons deux phoques sur le port, en attente de poissons (attente apparemment déçue) . Après avoir traîné sur le port où nous sommes toujours très intéressés par les bateaux, nous partons pour une petite promenade dans les hauteurs, d’où nous assisterons au départ du dernier ferry pour Skye, et d’une petite embarcation qui semble prendre la direction d’Inverie . S’agit-il de clients pour le pub d’Inverie “The old Forge”? Nous mangeons ensuite, fort bien , dans un petit restaurant dont la salle à manger se situe à l’étage .

Eigg et Rum

Dernier ferrry pour Mallaig . A l’arrière-plan , l’île de Skye .

Photos Cyrus

Bateau dissident pour Inverie ?

Retour au port

Photos Cyrus

Je suis étonnée par le luxe des Beds an Breakfasts écossais que nous avons fréquentés . Tout est très très soigné. Cyrus admire à Mallaig la qualité des travaux dans la salle de bains .Des barbares chargés de gros sacs, munis de piques , à la guêtre et à la semelle douteuse, sont aussi déplacés dans de tels lieux que des éléphants dans un magasin de porcelaine . Je m’étonne d’un tel contraste entre une nature sauvage vraiment proche et des lieux aussi civilisés . Mais je me pose la question de savoir si l’on peut connaître les Highlands si on les voit surtout à travers les vitres de sa voiture et ces B&B si bien aménagés .

A suivre

Retour à Edimbourg

Le lendemain matin, après avoir fait honneur à un énorme breakfast de plus, nous nous rendons à la gare pour prendre pour la quatrième fois le chemin de fer jacobite.Le temps, sans être beau, est cette fois-ci plus favorable et nous permet de faire quelques photos . Nous empruntons pour la seconde fois de ce voyage la section Fort William Mallaig de la West Highlands Line , mais cette fois-ci en sens inverse .

Tombeau de Dumbledore ou plus simplement îlot du loch Eilt couvert de pins calédoniens

A la gare de Glenfinnan . Photo Cyrus

Loch Shiel vu de Glenfinnan

Ben Nevis . Photos Cyrus

A suivre

La plupart des touristes se contentent d’un aller-retour entre Fort William et Mallaig, alors que la ligne est très intéressante jusqu’au loch Long compris . Nous aurons en particulier une très belle vue sur le loch Treig, et je vais enfin réussir après Corrour Station, gare construite au milieu d’immenses tourbières, à apercevoir au loin le loch Ossian.
Je me demande au sujet du loch Ossian si ce nom a un rapport avec le pseudo-barde Ossian, fils de Fingal, dont James Macpherson aurait prétendu avoir traduit les oeuvres au cours de la seconde moitié du 18 ème siècle . Il est amusant de constater que le préromantisme et le romantisme aiment bien les faussaires. Walter Scott en particulier n’est pas avare de fausses citations . On apprécie aussi dans le domaine architectural les imitations ou ce que l’on croit en être : pseudo-gothique, pseudo-Renaissance.
Ce secteur me fait rêver aussi parce que je pense que l’on peut à partir de là rejoindre à pied la ligne Edimbourg -Glasgow au niveau de Dalwinnie en passant au pied du Ben Alder . J’ai vu l’existence d’un pointillé sur la carte . Il reste à savoir en quoi consiste ce “path” .Dans les Aventures de David Balfour, de Stevenson ,un épisode se déroule dans la grotte d’un autre Mac Pherson, Cluny Mac Pherson ,un chef jacobite réfugié sur les pentes du Ben Alder, qui aurait accueilli en ce lieu Bonnie prince Charlie . J’ai repéré sur une carte Ordnance une indication "Charlie’s cave " ( une de plus…) sur les pentes du Ben Alder .

Près de Spean bridge ?

Loch Treig

Loch Treig

Bog, près de Corrour Station

Corrour Station . Gare de Poudlard . Photo Cyrus

La gare de Corrour Station n’est pas accessible en voiture

Photo Cyrus

On devine le loch Ossian à l’arrière-plan

Bog . Photos Cyrus

Ce que nous avons vu du paysage par la suite . Photo Cyrus .
Il ne faut jamais hésiter en Ecosse à faire un parcours de chemin de fer dans les deux sens . On augmente ses chances de voir quelque chose . Après avoir emprunté huit fois la ligne , je commence à la connaître à peu près correctement d’un bout à l’autre . La patience est nécessaire pour découvrir l’Ecosse .

A suivre

Il y a peu de choses à dire sur la suite du trajet en chemin de fer jusqu’à Glasgow . La pluie devient de plus en plus forte, et nous ne voyons guère le paysage. Nous apercevons malgré tout entre le loch Lomond et Crianlarich un randonneur courageux et solitaire sur le West Highlands Way .
A Glasgow, la correspondance pour Edimbourg ne se fait pas attendre. Entre Glasgow et Edimbourg, nous voyons une Ecosse bien différente de celle qui nous est familière, beaucoup plus urbanisée, pas marécageuse ,avec des champs cultivés, et beaucoup de terrains campables, … aux yeux de Cyrus.
Comme nous finissons par avoir un peu faim , nous sortons ce qui reste de l’énorme saucisson à l’ail d’Ullapool . Il ne nous manque que des bérets (pour ces messieurs) et un litre de rouge pour être de vraies caricatures de Français moyens.
De l’autre côté du couloir central , un homme lit un roman de Walter Scott que je connais, le “Coeur du Mid-Lothian” (ce coeur est l’ancienne prison d’Edimbourg, aujourd’hui détruite). Il nous salue en français lorsque nous descendons du train à Edimbourg .
A Edimbourg, nous laissons tous les quatre nos sacs à la consigne. L’an dernier ,ces messieurs avaient tenu à les conserver pendant toute la soirée, alors que Théodorine et moi, nous folâtrions, enfin légères ,devant les vitrines de New Town . Après un bref pélerinage devant la statue de Walter Scott, nous partons pour New Town, parce que je veux absolument prendre en photo la statue de Georges IV .

A suivre

En 2010 à la recherche d’un recueil de chants jacobites (trouvé finalement non loin de Saint Cuthbert, , j’avais longuement erré dans New Town en compagnie du patient Cyrus, et j’avais repéré à cette occasion la statue de celui que Walter Scott accueillit solennellement à Edimbourg en 1822, lors d’une grande cérémonie qui marquait le retour en grâce de la culture écossaise *: Walter Scott, portant les couleurs du clan Campbell (des ennemis des Stuart) et Georges IV portèrent tous deux le kilt, on présenta au roi les clans . C’est une date assez importante pour que la statue de Georges IV, souverain par ailleurs fort critiqué, trône très logiquement dans New Town au carrefour de Georges Street et Hannover Street . Il faut savoir en effet que le système des clans n’était plus reconnu, et que le kilt, le gaélique, et la cornemuse avaient été interdits à la suite de la bataille de Culloden .
La statue ne représente pas le roi tel qu’il était lors de sa visite. le roi en 1822 était obèse . On peut assez aisément comprendre que la statue ne soit pas l’image grotesque d’un gros homme usé par les abus de toutes sortes , portant élégamment un kilt aux couleurs du clan Stuart et des collants roses .

Mon caprice satisfait, je vais par la suite suivre mes compagnons tout à fait docilement , et nous allons faire les badauds comme à notre accoutumée, dans New Town d’abord .

Oserai-je dire que nous sommes toujours particulièrement attirés par les pubs , même si nous ne nous y rendons que rarement ?

Lord Melville , qui joua un rôle politique important au moment des guerres de la Révolution et de l’Empire .

St Mary’s Cathedral, cathédrale anglicane d’ Edimbourg

Nos esprits juvéniles attardés se sont ensuite intéressés, non pas à l’architecture de l’hôtel The Caledonian, mais à ces vaches pleines d’initiatives .

  • J’ai parlé assez longuement de cette visite de Georges IV à Edimbourg et du rôle qu’a joué Walter Scott dans le premier carnet de voyages de cette série consacrée à notre marche vers le Nord intitulé "Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse "

A suivre

Concernant le Lairig Ghru il faut être bien préparer. Le terrain n’est pas évident voir dure selon son niveau et le plus important c’est de prendre en compte la météo. Même s’il fait beau au départ il faut être bien équipé. On peut vite se retrouver dans des conditions météos défavorables de hautes montagnes. Le vent peut-être du force terrible. Ajouter la pluie et le froid (dans les Cairngorms j’ai vue de la neige au mois de mai) ça devient périlleux. Un point météo le jour du départ s’impose. Il y a pour 10h00 de marche environ. S’il fait beau c’est vraiment une superbe rando. L’arrivée au Linn Of Dee est vraiment tranquille. On longe la rivière qui s’écoule paisiblement dans des plaines bordées de montagnes. Si vous avez prévu de loger à Braemar il y aura encore je ne sais combien de km pour rejoindre ce charmant petit village. A l’entrée de Braemar quand on arrive par le sud c’est à dire par les Glen Shee et Clunie les derniers coteaux sont en cours de reboisement. En automne c’est magnifique. J’ai connu le Glen Clunie sans un arbre et jamais je n’aurai imaginer qu’ils aillent y installer une forêt même en ayant vu les premiers arbres être plantés au bord de la rivière.

Merci beaucoup pour ces indications, Iff . Une autre année, si j’en suis encore capable, je verrai si nous faisons un bout du trajet car je commence à m’intéresser aux Cairngorms . Actuellement, c’est le glen Affric Kintail Way à partir de Cannich suivi d’un complément d’exploration de Harris qui est à l’ordre du jour . En deux semaines, nous ne pouvons pas tout faire !

Tandis que nous déambulons dans New Town, le hasard va nous conduire à nouveau devant le magasin de partition proche de Saint Cuthbert, où nous nous sommes déjà rendus en 2010 et où Cyrus et moi allons trouver des partitions soldées à un prix défiant toute concurrence : un ensemble de sonates pour violon et piano de Mozart, un volume de Lieder de Schubert, une messe de Haydn,dans de bonnes éditions, de quoi nous occuper assez longuement ,nous-mêmes et des proches . Ce sont les seuls souvenirs d’Ecosse que nous rapportons cette fois-ci . Suivant notre humeur et au hasard des passages autorisés par les travaux, nous nous retrouvons finalement à Haymarket . Je vais alors m’opposer à Cyrus qui voudrait continuer dans cette direction, arguant du fait que la visite des banlieues peut être intéressante, et nous repartons vers Prince’s Street Gardens puis Old Town . Nous devons prendre le soir le train pour Londres, et il nous faut avant notre départ nous rendre dans un pub .

Ecossais disciplinés attendant un bus . Impensable à Paris .
Photo Cyrus

Le château, star incontesté des jardins d Princes Street

A suivre

Comme lors de nos précédents passage, nous sommes frappés en passant près des jardins de Prince’s Street par le nombre de goélands qui élisent domicile sur la tête des grands hommes, et les traitent avec vraiment fort peu de respect, à en juger par des traînées supectes.

Livingstone

Photos Cyrus

A la réflexion, ces oiseaux ne se veulent pas irrespectueux , ils désirent seulement être une source d’inspiration pour les chapeaux portés par les dames de la famille royale britannique .

A suivre

Nous passons ensuite dans Old Town , en choisissant un passage couvert raide, puis gagnons le Royal Mile. J’espère y faire une seconde rencontre après celle de Georges IV, celle d’un homme dont j’avais remarqué le nom, sans lui prêter suffisamment attention lors d’un passage précédent, et je le trouve près de la cathédrale Saint Gilles . Tout près de lui , un jeune joueur de cornemuse, vraisemblablement désargenté (son kilt semble loin, d’après Cyrus, d’avoir tous les plis réglementaires), attire l’attention de nombreux badauds qui se font photographier à côté de lui . Mais je ne l’ai même pas vu, à la grande hilarité de mes compagnons, tout occupée que je suis à examiner et photographier celui que je cherche, David Hume. Je ne lui pardonnerai jamais d’avoir éloigné Kant de Leibniz, l’un des rares penseurs effectivement réjouissants, d’avoir osé le réveiller pour le tirer de son sommeil dogmatique, mais tout de même, il est plaisant de rencontrer Hume en plein centre d’Edimbourg comme de trouver de longues citations de Leibniz sur un monument de Hanovre . Hume , dont malgré mes efforts je n’ai jamais réussi à lire, en rechignant, plus de deux pages, m’apparaît ici comme un bellâtre avachi . Théodorine, notre naturaliste, remarque d’emblée ses pieds, qu’il exhibe sans pudeur, et plus particulièrement ses orteils, qui semblent révéler par leur couleur qu’ils sont pieusement touchés par la foule à mes yeux vulgaire des zélateurs de l’empirisme . Jamais Kant, avec ses bas bien tirés, ne serait prêté à une telle mascarade .

Visite très rapide à Walter Scott

En route pour Old Town

Cathédrale Saint Giles

A suivre

Où nous refusons de voir la vie en rose au White Hart Inn .

Le White Hart Inn est un beau pub ancien de Grassmarket,* au plafond propre à assurer notre édification morale, où nous avons déjà mangé, plutôt bien , l’année précédente . Encore un pélerinage . Nous avons la satisfaction de voir qu’une soirée musicale est prévue, et nous sommes désireux d’entendre de la musique écossaise traditionnelle . Nous attendons jusqu’à l’heure prévue . Un musicien arrive, mais, hélas, un groupe de touristes français, visiblement en voyage organisé, envahit le pub . Nous cessons aussitôt, sans nous concerter, de parler entre nous, plus exactement , nous parlons de manière vraiment très discrète, pour ne pas être identifiés comme Français . Une brave dame interroge pour savoir si à la place de l’ale proposée, elle ne pourrait avoir “un panaché”. D’autres parlent très fort, de façon insupportable, pendant que le musicien joue et chante . Nous ne pouvons pas écouter vraiment, et Cyrus éprouve des scrupules à occuper le pub trop longtemps . Nous nous décidons enfin à fuir quand une dame demande que le musicien joue quelquechose de français, “la vie en rose” d’Edith Piaf . Peut-être ont-ils été châtiés dès le lendemain en étant tous dévorés par le monstre du loch Ness .

White Hart Inn . Photo 2025

Photos Cyrus

Je suis déçue que notre passage au White Hart Inn se termine ainsi . J’ aurais sans doute volontiers pris une seconde demi-pinte d’ale, malgré la réprobation de Cyrus . La sobriété l’a emporté, à mon grand regret . Après avoir encore un peu déambulé dans les rues, nous rejoignons le Caledonian Sleeper .

  • Grassmarket est la place où avait lieu autrefois les exécutions capitales qui pouvaient parfois dégénérer en émeutes . Voir à ce sujet le roman de Walter Scott intitulé "Le coeur du Mid Lothian " .

A suivre

Nous arrivons à London Euston, et nous devons rejoindre notre bus Eurolines à la gare routière de London Victoria .Nous avons trois heures devant nous . Pas question cette fois-ci de faire la queue pour acheter des tickets de métro, pas question de prendre le métro à une heure de pointe comme l’année dernière . Il fait beau et notre Whymper a prouvé qu’il peut marcher sur un trottoi r. Il se fatigue beaucoup plus lorsqu’il doit traverser de motte en motte les marécages . (Pour d’autres ,c’est le contraire) . Nous décidons donc à l’unanimité de rejoindre la gare de Victoria à pied, en passant par Regent’s Park, Hyde Park, Green Park, et Saint James Park . Nous ne voyons pas grand’chose de Hyde park, à part le Speaker’s Corner ,mais ce n’est pas l’heure des orateurs . Nous remarquons cependant le très grand nombre de cycliste . La traversée jusqu’à Saint James Park se fait plus rapidement que prévu, bien que , dans un début de jeûne salutaire, nous nous soyons contentés, en guise de breakfast,du shortbread du Caledonian Sleeper . En sortant de Saint James Park, nous avons la surprise de voir le départ des soldats qui partent pour la relève de la garde .

A Saint James Park

Tout près de Buckingham Palace , nous rencontrons des voitures tirées par des chevaux, occupées par d’étranges personnages, et surtout un très cocasse véhicule amphibie .

La suite du retour ne présentera rien de marquant . Les contrôles de la frontière seront beaucoup plus rapides que ceux que nous avons subis à l’entrée en Angleterre . Le seul fait amusant sera de voir notre bus Eurolines rattraper un bus Idbus, son concurrent Sncf . Il ne me reste plus qu’à conclure .

A suivre

Ces trois carnets de voyage : “Dans les montagnes de l’Ouest de l’Ecosse”, " Randonnée dans les Highlands de l’ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest" , "Dans les Highlands du Nord -Ouest ou comment la montagne accoucha de quatre souris trempées " constituent en fait un seul et même récit , celui de notre marche vers le Nord, commencée en 2010, poursuivie en 2012 , qui s’est achevée en Mai 2013 piteusement près d’Unapool .
Ce n’était pas le projet initial. Au départ, je projetais de partir en Avril 2010 assister au festival de musique traditionnelle de l’île de Mull, de visiter les Trossachs, de voir le loch Katrine, à cause de Walter Scott ,de faire un petit bout de West Highland Way , et de visiter Abbotsford. Devant reporter d’un mois notre trajet, le projet a été modifié, d’autant plus que j’avais eu le coup de foudre pour le Knoydart, au sous - sol de la librairie du Vieux Campeur à Paris, en regardant les cartes Ordnance Survey du secteur . C’est ainsi que nous avons parcouru en 2010 notre premier tronçon du Cap Wrath Trail en marchant de Glenfinnan à Notre voyage le plus réussi a été celui de 2012 et j’ai vraiment beaucoup aimé non seulement le loch Hourn mais la région Torridon-Kinlochewe-Great Wilderness .
Le voyage de 2013 fut sur le moment une déception . Mon grand regret a été de ne pas avoir efffectué la traversée lochan Fada- Shenavall au bord du loch na Sealga, en passant au coeur de la Fisherfield Forest . Et je regrette beaucoup de n’avoir pu ni en 2012 ni en 2013 aller dans le secteur du loch Coire Mhic Fearchair au pied du Triple Butteress . J’ai beaucoup moins de regret pour la partie comprise entre Kylesku et Kinlochbervie : ce ne sont pas les paysages que j’ai préférés .
Sur le moment , je me suis sentie coupable de cet échec de 2013, j’ai décidé à l’époque de le raconter , jugeant cela plus honnête . J’ ai ressenti notre abandon comme une défaite d’autant plus que ni l’ Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches, ni Cyrus, ni notre Whymper n’ont voulu par la suite revenir en Ecosse pour y randonner . Seule Théodorine est toujours prête à tout , toujours disposée à me suivre , en m’accordant une confiance un peu excessive . Avec le recul du temps, mon jugement sur notre échec a un peu évolué .
Le Cap Wrath Trail est vraiment quelque chose de sérieux, dès que le temps se gâte . Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu des difficultés dans l’Assynt . J’avoue que cela m’a réconfortée . Il ne s’est rien produit de tragique . Nous ne nous sommes pas noyés, comme me l’avait recommandé Robin Hood avant notre départ , lui qui avait dû renoncer à atteindre l’intersection des frontières norvégienne, suédoise et finlandaise en raison du risque aquatique .
Notre Whymper s’est remis de sa tendinite . Nous nous sommes tous les quatre retrouvés à de nombreuses reprises en randonnée , Cyrus n’a plus voulu me suivre en Ecosse (ailleurs ,si ! ) mais il me fait confiance lorsque je m’en vais . Il demande seulement un rapport précis sur les lieux de bivouac . Je ne lui communique qu’après coup les problèmes que nous rencontrons avec les questions de réchaud ou de montage de tente . Dans ce domaine, il a toujours fait preuve d’une grande exigence et d’une grande expertise et doit espérer que je progresse, en vain, parce qu’avec Théodorine et moi, c’est, en toute bonne conscience et inconscience , le grand n’importe quoi . Finalement , la grande victime de cette affaire, c’est la quinoa achetée à prix d’or dans un magasin d’Unapool . Notre Whymper n’a pas réussi à la faire cuire en ce temps-là . Je crains qu’elle n’ait disparu définitivement et tragiquement dans une poubelle lors du déménagement récent de notre Whymper et de l’Archiduchesse . Il faudra que je leur pose la question .
Le point le plus positif de ce voyage de 2013 fut la découverte des Small Isles . Nous n’en avons pas vu grand-chose en 2013 . Mais Théodorine a voulu y revenir en 2015 . Ce fut un magnifique voyage que j’ai raconté sous le titre "Un voyage dans les Small Isles " . J’ai fait un nouveau voyage , dans les Small Isles et à Inverie ,dans le Knoydart en 2019 . Je l’ai raconté dans "Rum , Canna, Inverie . Retour dans les Small Isles " . Je serais prête à y revenir .
En 2020, je devais revenir dans la région de Torridon, dans la Fisherfield Forest et dans l’Assynt, pour des choses moins ambitieuses avec deux autres membres féminins de la bande de Robin Hood . Le confinement nous a empêchées de partir autrement qu’en imagination . Je me suis bien amusée en écrivant le "Voyage en Ecosse d’une confinée " en inventant à partir des photos de 2010, 2012 et 2013 .

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A suivre

Je termine enfin par la question de la randonnée en Ecosse.
Un itinéraire tel que le West Highland Way, au moins pour ce qui concerne sa seconde partie, de Bridge of Orchy à Fort William, ne pose à la belle saison aucun problème particulier, si ce n’est les midges . Il n’en est pas de même du Cap Wrath Trail, dont je comprends maintenant pourquoi il était qualifié en 2013 d’itinéraire le plus diffcile du Royaume Uni . Le Scottish National Trail est peut-être encore pire . Nous ne nous sommes jamais mesurés aux Cairngorms .
Nous n’avons rencontré - je tiens à préciser que nous ne sommes pas descendus le long des chutes de Glomach , que nous ne sommes pas passés d’Inchnadamph à Glencoul bothy puis Glendhu Bothy , et que nous n’avons pas dépassé les environs d’Unapool - aucune difficulté technique réelle pour des habitués de la randonnée en montagne et du tout terrain . Seulement des crevasses traîtresses dans les tourbières du côté de Sourlies bothy dans le Knoydart, des marécages qui exigeaient de la perspicacité , des terrains détrempés incroyablement glissants ,et des gués qui auraient pu être très problématiques si les conditions avaient été plus mauvaises, mais l’attention que réclame le terrain, la nature des sentiers quand ils existent, ou celle du tout terrain , l’absence de refuges gardés, la rareté des cabanes, et même leur absence totale dans certains endroits, la difficulté ou même l’impossibilité quand on progresse vers le Nord de trouver des endroits où bivouaquer, la longueur des étapes, les intempéries rendent les choses au bout du compte parfois vraiment pénibles et même très dangereuses , si les gués deviennent infranchissables et si les conditions météo tournent à la tempête .
Il faut souligner d’autre part que l’absence de couverture réseau rend l’appel des secours impossible. Une personne seule peut facilement disparaître dans cet univers à la suite d’un accident mineur, tout simplement d’épuisement et de froid .
Nous étions quatre, nous n’étions pas des novices, et même si nous n’avions pas été recueillis sur la route près d’Unapool ,notre histoire ne se serait pas terminée en drame . Au pire, nous aurions dû nous adresser à Unapool pour trouver un taxi . Je me demande cependant ce qu’il serait ce jour-là advenu d’un individu isolé victime beaucoup plus haut dans la montagne d’une tendinite sévère sans moyen de joindre les secours ou sans que les conditions météo permettent à ceux-ci d’intervenir .
Les “hills” écossaises paraissent pour le randonneur alpin ou pyrénéen d’une altitude dérisoire. Les “bealachs” écossais ne sont pas du tout nos cols continentaux . La difficulté des Highlands, très réelle, est ailleurs. On la comprend sur place . L’Ecosse nécessite un apprentissage .
L’Ecosse, disait mon Guide du Routard de 2010 est le paradis de la randonnée . La réalité est qu’on a le choix entre les intempéries et les midges, sauf lors de courtes périodes privilégiées . Elle n’a pas fini de me surprendre . Théodorine et moi, nous avons découvert le bog des Hébrides extérieures, qui nous fascinent , et nous avons eu droit tout récemment à la tempête Amy dans l’île de Skye . A son annonce, nous nous sommes prudemment mises à l’abri . Plus que le Paradis du randonneur les Highlands en sont l’ Enfer . Il faut les aborder avec respect, prudence (un aller-retour , c’est plus facilement maîtrisable qu’une boucle ou une traversée ) et connaître ses limites .

Fin

J’ai conservé la première version de mes carnets de voyage de 2010 , 2012 , et 2013, “Retour d 'Ecosse par Eurolines” , “Randonnée d’Inverie à Poolewe”, et "Comment la montagne accoucha de quatre souris trempées " , en raison des interventions de Joyce, Iain -Phradaig, et Wren .

Pour aller au Loch Beinn si vous partez de Cannich il est peut être plus intéressant de passer par la route. Le chemin de randonnée doit ce faire en partie en forêt (je n’ai fait que la dernière heure du tracé exact mais je connais un peu les lieux). Passer par la route permet de descendre au bord de la rivière, voir le barrage, les ilôts, les petites chutes etc… que vous ne verrez pas forcément en marchant dans la forêt. 2 ou 3 endroits permettent de récupérer la forêt et le chemin de randonnée). A l’entrée du parking du Loch Beinn un discret petit sentier monte à travers bois. Au bout d’une facile petite grimpette de 5/10 minutes vous arrivez sur un point de vue. Je vous conseille de le faire. Il offre un bel aperçu du Loch Beinn avec en point de mire l’entrée des Glens que vous allez traverser. Dans la partie boisée du Glen Affric en soirée avec un peu de chance vous pouvez voir des loutres. 5 Castors on été relâchés il y a donc peu de probabilité d’en apercevoir mais il est possible qu’il y en est plus par recolonisation naturelle. Dans 10/20 ans ils seront partout dans le pays. Si vous avez un véhicule faite le Glen Cannich. J’ai eu de la chance de voir le Glen Affric sous le soleil (mais aussi sous la pluie et sous l’orage… pas pareil du tout) en juin, octobre et février (en février il avait fortement neigé la veille). J’espère donc qu’à votre tour vous aurez du beau temps. je retourne faire la partie Loch Beinn/côte ouest en juin.

Bonjour Iff,
Merci pour ces renseignements . Nous ne pourrons malheureusement pas nous rendre dans le glen Cannich car nous ne sommes pas motorisées . D’autre part, je n’ai pas encore pu me procurer la carte Ordnance Survey en rupture de stock qui correspond au tout début de notre chemin alors que je possède la carte Glen Affric Glen Carron pour la suite, ainsi qu’une carte Harvey plus précise . Elles m’ont permis de repérer les constructions ou les ruines à l’abri desquelles on peut éventuellement installer la tente en cas de tempête imprévue entre la fin de la route et l’auberge de jeunesse . Mais je pense me débrouiller avec les cartes de Walkhighlands pour le début , d’autant plus que suivre un glen aussi "civilisé "ne pose pas de gros problèmes d’orientation !
En ce qui concerne la rivière , je pense qu’il ne s’agit pas de la Spey puisque nous n’avions pas encore passé le Drumrochter pass, me semble-t-il .Nous n’en étions pas loin du tout mais nous n’y étions pas encore . Ce serait donc la rivière qui coule dans le glen Garry .

Merci Calamity, tout comme l’année dernière, votre récit me permet des pauses rafraichissantes bienvenues pendant ces DENIERES CORRECTIONS AVANT LA RETRAITE de copies de littérature anglaise…J’ai bien reconnu Ullapool où nous étions il y a deux ans et le Hill Path que j’ai gravi péniblement en claquettes en raison d’un orteil cassé! Quant à la suite difficile de votre périple, je compatis mais je sais aussi que ces galères font de merveilleux souvenirs.
Amicalement,
Pascale

Bonjour Hashtag ,
C’est la reprise avec photos de nos aventures de 2013 . Désormais, je suis obligée de faire des choses beaucoup plus modestes , comme le Glen Affric KIntail Way , et avec plus de difficulté . Je le déplore !
Pour une réunion d’un ennui mortel , je vous conseille plutôt le Voyage en Ecosse d’une confinée .

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