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Visiter l’Upper East Side demande un peu de réflexion.
Ce n’est pas un secteur évident de Manhattan pour les touristes.
S’affichant ostensiblement comme bourgeois, voire riche, une partie n’a d’intérêt que si l’on est à la recherche d’immeubles cossus, d’hôtels particuliers, avec l’environnement policé qui va avec.
C’est la partie qui se situe entre Central Park et Lexington.
Au-delà, quand on se rapproche de l’East River, à l’exception de quelques enclaves historiques, c’est beaucoup plus populaire, familial, vivant …
Ayant déjà parcouru par fragments ciblés le côté “froid” et un peu ostentatoire de ce secteur, j’ai, cette année, opté pour une thématique qui m’a conduite de petits parcs privés ouverts au public, en placettes avec des sculptures ou aménagements de petits plans d’eau, jets d’eau voire mur végétalisé avec une cascade.
De bien charmants endroits qui nécessitent de longues heures de marche parce qu’il faut passer de rues en rues et d’avenues en avenues dans un circuit serpenté.
Vous avez leurs localisations sur ce site.
On en trouve partout dans Manhattan et de rares dans les autres “boroughs”.
L’heure du déjeuner approchant, il était temps que je mette un terme provisoire à cette déambulation pour aller me restaurer au Loeb Boathouse de Central ParK;
L’attente d’une table au bord du lac étant à mon goût trop importante, je me suis repositionnée sur le stand de restauration rapide pour une salade composée assez rafraîchissante et peu chère.
Ces quelques forces reprise, le tour du lac s’imposait pour une promenade digestive.
Quel bonheur que de marcher seul et quelle belle occasion de constater à quel point le silence que l’on s’impose de fait devrait être davantage partagé.
Je m’explique.
Seul, à moins d’avoir des manies (ou un téléphone greffé), on ne s’exprime pas à haute voix.
A deux ou plus on est tenté de discuter.
Rien de plus normal.
Mais qu’entendent alors les personnes qui croisent ces bavards ordinaires en cette période de congés pour nous, les français ? : des français qui parlent, assez fort pour être entendus.
Mais pas un couple de français égaré, mais des dizaines et des dizaines de compatriotes qui m’ont donné l’impression de n’être plus à Central park, outre le contexte environnemental, mais de me promener au bois de Boulogne ou celui de Vincennes.
Une partie de la magie du lieu s’envole avec ces bavardages.
Il est évident que je ne peux reprocher à qui que ce soit de visiter NY puisque que je fais partie de cette catégorie, mais il est un moment où le sentiment de trop de français pointe son nez.
C’est en cela que je me réjouis d’être seule.
Je ne pollue pas l’environnement avec mes jacasseries. En bonne souris : je me tais!
Je sais à quel point mon commentaire est délicat, mais je ne crois pas être la seule à me laisser titiller par cette agacement furtif.
Il me semble l’avoir lu dans d’autres commentaires de retour de voyage.
Autre avantage à visiter seul (e), la totale disponibilité pour observer l’environnement.
Personne de proche pour vous en distraire.
Il est difficile de discuter et d’observer en même temps si on est attentif aux propos de l’échange.
De même, et dans un autre rapport de fait, la marche à pied reste le seul et le plus efficace des moyens pour s’approprier par le regard et le contact la ville.
A vélo, on ne fait que “filer”, en trottinette on ne fait que “passer”.
L’expérience de la trottinette vécue l’an passé m’a permis cette comparaison.
Ce système de roulage a un avantage sur les grandes distances désertiques comme certaines que j’avais faites dans Queens, Brooklyn ou le Bronx.
Cette année, bien que me rendant prochainement dans ces mêmes circonscriptions, j’ai minoré les parcours en ne me fiant qu’à mes seuls pas.
Cette parenthèse étant fermée, je suis sortie du parc au moment où les enfants quittaient leurs écoles.
Cette fois-ci ce sont les uniformes qui permettaient de les regrouper.
Cette image de costumes scolaires, qui gomme toutes les différences mais permet aussi de se reconnaître entre soi selon l’établissement fréquenté, est plaisante à voir.
Elle fait intégralement partie du décor devenu une évidence dans cet UES.
La fin des cours étant sonnée, les rues se sont animées joyeusement par cette belle journée ensoleillée.
Une fois ce regard posé dans cette ambiance assez vivifiante, je me suis remise en quête des mes espaces privés.
Afin de rendre vif ce parcours, je l’avais entièrement balisé sur une carte en ne mettant que des points de repères sans aucun commentaires.
Comme ces circuits que je m’organise sont fait sur des mois, par petites touches, au fil de mes recherches, j’oublie, une fois la carte finalisée ce que je vais voir.
Je me concocte donc des passages efficaces mais garantis en termes de surprenantes découvertes.
Autrement dit, même si je sais où je vais, je ne sais plus nécessairement ce que je vais y voir.
Partie de la East 59th à Lexington, pour faire des transversales qui me faisant aller de York Avenue à Madison Avenue, j’ai terminé à hauteur de la 96th par une sculpture de Boaz Vaadia.
/citation]
Dans l’ordre du récit, il me semble, voici ce que l’UES et Central Park, autour du lac, m’ont offert.
Pour ceux ou celles qui n’auraient pas eu le temps de regarder les autres dossiers photos qui réfèrent à ces deux secteurs, cette organisation pourrait apparaître comme tronquée, ce qu’elle n’est pas.
Elle vient en complément des autres découvertes réalisées les années précédentes.
Ceci étant, considérant que je marche d’un bon pas, les clichés réalisés recouvrent une journée.
Cela rend compte de l’énormité des distances.
