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Le « pasporta
servo », un laissez-passer vers le monde
Dès
lors que vous maîtrisez la langue, tous les avantages du réseau
international d'espérantistes s'offrent à vous !
Le « pasporta servo » est un système permettant
de se faire héberger gratuitement à condition de parler
la langue. Il se présente sous la forme d'un livret, dans lequel
sont répertoriés les espérantistes qui sont prêts
à vous accueillir. Aux quatre coins du monde, vous trouverez des
personnes qui vous feront partager leur culture et leurs traditions, moyennant
une pratique de l'espéranto. Évidemment, cela n'a rien à
voir avec un hôtel ou une auberge de jeunesse, il s'agit ici de
vivre un véritable échange culturel.
Loin de l'attitude consumériste du touriste qui traverse un pays
comme il visite un musée, l'espérantiste a la possibilité
de se plonger au cur d'une culture, et ce, même s'il n'en
connaît pas la langue. C'est en partie grâce à l'espéranto
que les huit ans de tour du monde de Bruno et Maryvonne Robineau ont pu
constituer un intense « tour des hommes ». Dans
le livre qui retrace leur périple, ils nous racontent comment l'espéranto
leur a permis de « pénétrer dans l'intimité
des familles ».
Quelques
lignes extraites de leur ouvrage illustrent clairement l'intérêt
de la langue internationale :
« Tout au long de ces années, un seul désir
nous a pétris profondément : celui de rencontrer les Hommes,
d'échanger, de communiquer, pour nous enrichir de leurs différences.
Pour cela nous avons appris plusieurs langues, dont l'anglais. Cependant,
qu'elle n'a pas été notre déception de constater
que bien rares sont les gens qui parlent la langue de Shakespeare. [
]
Si nous avons profondément souffert de ne communiquer que superficiellement
avec beaucoup, par contre nous avons toujours été enthousiasmés
et émerveillés de rencontrer partout des gens qui avaient
fait l'effort d'apprendre l'espéranto. »
Cyrille,
de l'association Espéranto-Jeunes, se remémore la première
fois où il a utilisé l'espéranto, dans le cadre de
son voyage au Mexique : « À l'époque,
je ne savais pas parler espagnol. Je m'ennuyais un peu dans mon hôtel,
alors j'ai utilisé le pasporta servo pour rencontrer des espérantophones.
C'est eux qui m'ont fait découvrir la ville, et ils m'ont fait
rencontrer d'autres personnes qui n'étaient pas forcément
des espérantistes. C'était une porte d'entrée, j'ai
pu rencontrer des gens autres que les gens de l'hôtel. Mon séjour
devait durer deux semaines, il a duré deux mois ».
Et plus tard, c'est encore l'espéranto qui donnera une nouvelle
dimension à un voyage en Europe de l'Est : « Les
pays de l'Est, je ne les connaissais pas du tout avant. La Hongrie je
connaissais de nom, sans plus. En 2002, je me suis retrouvé là-bas,
il y avait des Croates et des Serbes qui parlaient entre eux des événements.
Ils parlaient des bombardements au Kosovo, et ça m'a vraiment marqué.
C'était étrange comme expérience, le fait qu'ils
communiquent entre eux en espéranto. Ça a aiguisé
ma curiosité envers des pays que je ne pensais pas du tout découvrir.
Avant, pour moi, le bloc de l'Est, c'était un bloc uniforme, et
j'ai découvert les subtilités en voyageant et en rencontrant
des personnes, avec l'espéranto ».
Voyager
avec l'espéranto, c'est aussi partager la vie des familles et les
individus qui peuplent les pays, en étant pleinement intégré
à leur quotidien. Comme nous l'explique Juliette, « les
liens sont plus forts quand on voyage avec l'espéranto, parce que
vous êtes dans la famille et vous voyez comment la famille vit.
Il n'y a pas de tromperies, on est avec les gens, à l'intérieur.
Vous mangez comme eux, et alors vous êtes un peu surpris, vous dites
"ah chez moi c'est fromage avec un verre de vin", chez eux c'est
pas comme ça. C'est intéressant, c'est enrichissant. Ça
permet de vivre avec les gens, de se rendre compte de la différence ».
Avec ce système solidaire, on ne doute pas de la profondeur des
contacts qui se nouent au fil des voyages.
Juliette se souvient d'une récente rencontre internationale d'espérantistes,
où Africains, Chinois et Européens échangeaient et
comparaient spontanément leurs recettes de cuisine et conseils
de santé respectifs : « L'espéranto,
c'est aussi un idéal, un idéal de fraternité. D'habitude,
la langue est une barrière. L'espéranto nous permet de casser
cette chape de béton qui existe entre les hommes. C'est un bonheur
indescriptible de pouvoir échanger, communiquer en espéranto ».
Voyager avec l'espéranto, une belle porte d'entrée vers
les gens

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