Argent, banques, change
Monnaie
La monnaie marocaine est le dirham (Dh). Mi-2009, 1 €
valait environ 11 Dh, ce taux étant assez stable depuis plusieurs années. Cette monnaie n'est pas convertible et vous êtes
censé quitter le Maroc sans dirham en poche.
Attention, au souk,
parfois, les petites sommes sont données en riels (1 dirham = 20 riels,
autrement dit 1 riel = 5 centimes marocains). Heureusement, lorsqu'ils
s'adressent aux étrangers, les vendeurs ont tendance à convertir les
riels en dirhams.
Il est souvent possible de régler en euros. Gare aux taux de change.
Change
Dans les grandes villes, il y a des bureaux de change un peu partout, rattachés ou non à une banque. Sinon, les banques elles-mêmes font le change, mais leurs horaires sont plus limités (voir les horaires dans la rubrique « Vie pratique »). Depuis la loi sur la libéralisation du taux de change (2007), chaque organisme peut appliquer son propre taux. Mais dans la réalité, il varie assez peu d'un endroit à l'autre (banques et bureaux de change confondus). De plus, aucune commission.
Il n'y a jamais de difficultés pour effectuer du change, sauf dans des endroits reculés. Il peut encore arriver qu'on vous demande de présenter votre passeport. Toujours exiger un reçu et bien vérifier la somme.
- Les billets de banque doivent être en bon état pour le change, faute de quoi ils peuvent être refusés.
- Les chèques de voyage, eux, sont rarement acceptés par les bureaux de change, mais certaines banques les prennent. Se munir de l'original de la preuve d'achat et de son passeport.
Cartes de paiement
Elles sont acceptées par la plupart des hôtels d'un certain niveau ainsi que dans certains restaurants et magasins, mais rarement dans les stations-service.
Aujourd'hui, les terminaux électroniques de paiement se sont généralisés et l'arnaque au « fer à repasser » est de plus en plus rare (face à ce genre d'appareil, accompagnez toujours le commerçant avec la carte).
La carte la plus largement acceptée est la carte Visa (nombreux distributeurs).
Distributeurs automatiques
Ils sont désormais nombreux dans le pays et permettent de retirer des dirhams avec les cartes Visa ou Mastercard.
- Mieux vaut retirer de l'argent à un distributeur attenant à une agence bancaire, pendant les heures d'ouverture de celle-ci, d'autant que, en cas de problème, les distributeurs automatiques marocains gardent la carte...
- Pour chaque retrait, une commission variable de l'ordre de 2 %, complétée d'une partie fixe de 3,50 à 5 €, sera débitée de votre compte bancaire. Mieux vaut donc éviter de retirer des petites sommes.
Budget
La vie au Maroc est moins onéreuse qu'en France, quoiqu'elle ait sérieusement augmenté dans les endroits touristiques. On peut, si l'on voyage sans faire d'excès à Marrakech et Essaouira, prévoir un budget de 500-600 Dh (environ 50 €), par jour pour 2 personnes, se décomposant ainsi : 150 à 200 Dh (13,60 à 18,20 €) pour la chambre et le petit déj, 4 repas à 60 Dh (5,50 €), soit 240 Dh (21,80 €), le reste étant consacré aux boissons, aux transports et à la visite des monuments. Mais cela implique des hébergements parfois tout simples, des repas dans des gargotes et l'utilisation des transports en commun.
En prévoyant le double, on pourra descendre dans des hôtels plus confortables et s'asseoir à de bonnes tables.
Hébergement
Les prix s'entendent pour une chambre double.
- Très bon marché : moins de 120 Dh (10,90 €).
- Bon marché : de 120 à 250 Dh (10,90 à 22,70 €).
- Prix moyens : de 250 à 400 Dh (22,70 à 36,40 €).
- Un peu plus chic : de 400 à 800 Dh (36,40 à 72,70 €).
- Chic : de 800 Dh à 1 200 Dh (72,70 à 109,10 €).
- Très chic : plus de 1 200 Dh (109,10 €).
Restauration
Les prix s'entendent pour un repas complet pour une personne sans la boisson.
- Très bon marché : moins de 50 Dh (4,50 €).
- Bon marché : de 50 à 80 (4,50 à 7,30 €).
- Prix moyens : de 80 à 150 Dh (7,30 à 13,60 €).
- Chic : de 150 à 250 Dh (13,60 à 22,70 €).
- Très chic : plus de 250 Dh (22,70 €).
Achats
Le Maroc possède un artisanat florissant et un savoir-faire ancestral. Impossible de ne pas y succomber ! Sachez toutefois qu'en pays musulman, l'acte d'achat n'est pas anodin. Avant de dépenser, n'hésitez pas à vous renseigner, à comparer, à discuter avec ceux qui connaissent le pays. Acheter n'importe quoi à n'importe quel prix favorise des dérives inflationnistes. Prenez-vous au jeu du marchandage. Au final, le prix annoncé sera bien sûr plus élevé que le prix « marocain », mais seulement le reflet de deux réalités économiques différentes.
Les coopératives d'État
Elles sont situées dans les centres artisanaux (Fès, Tétouan, Marrakech, Rabat, Agadir...). On paie parfois un peu plus cher que dans les souks, mais on est sûr de ne pas se faire rouler sur la qualité. Les prix sont généralement fixes.
Les produits
- Les épices, les produits exotiques et la toilette : le
fliou : (en arabe), herbe qui se roule et se fume quand on est enrhumé.
Le ghassoul, pour la vie des cheveux (sorte d'argile qui les fortifie).
Le souak, écorce de noyer qui sert à se nettoyer les dents (remplace
la brosse et le dentifrice). Le khôl, lave l'œil de toutes les
impuretés. Le sanouge (en arabe), graines de la nigelle, calme
le rhume et la sinusite. Des petits pots en terre cuite recouverts
d'une substance à base de coquelicot qui sert de rouge à lèvres. L'ambre
gris parfume le thé et calme aussi certaines douleurs. Le musc,
sécrétion des glandes de la civette, utilisée comme parfum. La cantharide,
coléoptère, utilisée autrefois comme aphrodisiaque et abortif. Ras el
hannout : composé d'un mélange de 13 épices que l'on utilise en cuisine.
Le henné, pour teindre les cheveux et la peau.
- Les tapis : il existe deux sortes de tapis au Maroc
: les citadins et les montagnards. Leur fabrication est surveillée par un organisme
d'État, et des prix officiels sont établis au mètre carré. L'étiquette orange
garantit un tapis de qualité « extra supérieure » (360 000 points au m²), la
bleue désigne un tapis de qualité supérieure, la verte indique une qualité courante,
alors que la jaune est réservée à la qualité moyenne.
- Les plateaux et la dinanderie : il existe des plateaux de cuivre
martelé, de cuivre gravé et de cuivre ciselé.
- Le cuir : tout le cuir est du mouton ou de la chèvre ! Il est
très bon marché mais la qualité n'est pas géniale.
- Les étains, les poinçons : signe distinctif de qualité à exiger
: ils doivent être frappés d'une mouche au fond.
- Les minéraux et les fossiles : le Maroc est un paradis pour
la géologie. Les pierres constituent de jolis souvenirs à rapporter. Attention,
le plus gros pourcentage des minéraux et fossiles vendus est faux.
- Les bijoux et l'orfèvrerie : 90 % des bijoux vendus au Maroc
proviennent d'Inde, d'Indonésie ou du Niger. Les bijoux dits touaregs sont en
argent (théoriquement...). Les pièces anciennes sont rares.
- Les poteries : on trouve un peu partout un grand choix de faïences
et de céramiques décorées d'émaux vitrifiés. Les pièces les plus réputées sont
les faïences de Fès.
- Les couvertures en laine : les couvertures parfaites sont quasiment
opaques. Le second grand critère de qualité est la matière première.
- Le bois travaillé : c'est à Essaouira que l'ébénisterie et la
marqueterie sont les plus remarquables.
- La vannerie : couffin, sacs, corbeilles, dessous de plats et
chapeaux. Très originales sont aussi les panières berbères. À Inezgane, à la
sortie d'Agadir, on trouve de nombreux objets en roseau : fauteuils, suspensions,
etc., pour un prix dérisoire.
Bakchich
À l'origine du mot, le bakchich était le cadeau de bienvenue, en signe d'hospitalité et d'amitié.
Aujourd'hui, le bakchich est employé à tort et à travers, héritage des périodes précoloniale et coloniale. C'est un pourboire, une rétribution en échange d'un service rendu, en aucun cas une aumône.
A contrario, le zakât (l'aumône légale) est l'un des piliers de l'islam, et n'a rien à voir avec cette pratique.
Une commission perçue n'est en aucun cas un bakchich (pris ici dans le sens d'un dessous-de-table), car cette pratique remonte très loin dans l'histoire, à la période où les Berbères qui assuraient le commerce transsaharien devaient s'affranchir de quelques grammes d'or auprès des tribus rebelles pour garantir l'arrivée à bon port de la marchandise confiée aux caravaniers.