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Culture Brésil

Cinéma

Il fut d'abord essentiellement composé de films de carnaval, populaires, entrecoupés de scènes comiques. Il faut attendre les années 1950 pour qu'apparaisse le cinema novo, néo-réalisme brésilien marchant dans les pas du cinéaste précurseur, Humberto Mauro. Les représentants les plus connus du cinema novo sont Glauber Rocha (Antonio das Mortes) et Nelson Pereira dos Santos (Rio, Zona Sul, Vidas Secas). Avec la dictature et la domination culturelle américaine, dans les années 1960 et 1970, la production et la création connurent un nouveau coup dur. Quant aux années 1980 et 1990, elles furent celles de la télévision et de l'explosion des telenovelas. Seul un cinéaste comme Hector Babenco est parvenu jusqu'à nous, avec des films comme Pixote et Le Baiser de la femme-araignée.
En 1998, pourtant, l'Ours d'or de Berlin est attribué à Central do Brasil de Walter Salles, qui connaît un grand succès international depuis, notamment avec Carnets de voyage, film sur le voayge de Che Guevara à travers l'Amérique du Sud.

Musées, sites et monuments

Les musées et les églises sont en général fermés pendant le carnaval, et parfois également entre Noël et le Jour de l'an. Hormis pour les grands musées, les périodes d'ouverture sont souvent variables, en fonction du temps ou de l'humeur du gardien... Des réductions (voire la gratuité) sont fréquemment accordées avec la carte internationale d'étudiant. Petit rappel : pour visiter la plupart des édifices religieux, une tenue correcte (jambes et épaules couvertes) est exigée !

Musique

Consulter notre dossier sur les musiques brésiliennes.

C'est le samba d'abord, bien sûr. Ici, on dit LE samba, « Sa Majesté ». Le genre se décline en de multiples formes : samba enredo, samba de breque, samba canção, pagode ... Mélangée à d'autres genres, la samba devient samba-soul, samba-rock, samba-reggae.
Et puis il y a les musiques du Nordeste, le forró à l'énergie chaleureuse, avec ses rythmes caraïbes, d'accordéon et de percussions, le frevo de Recife, ou la langueur sertaneja. Sans oublier la bossa-nova, née à Rio des amours de la guitare sèche et du jazz, d’une certaine mélancolie nommée saudade et de la douceur de vivre, sous les bons auspices de João Gilberto et Tom Jobim.
Deux autres grands noms à retenir : Gilberto Gil et Caetano Veloso, les pères du tropicalisme, un mouvement qui révolutionna la musique dans les années 60 en fusionnant le style pop-rock avec la bossa-nova et les rythmes africains. Dans le Minas Gerais, la voix de Milton Nascimento habite la montagne tropicale, et, dans un autre genre, le hard rock du groupe Sepultura, adulé par un autre public en Europe et aux États-Unis.
Enfin, sachez qu'il existe du rap brésilien ainsi qu'un genre beaucoup plus trash, le baile funk, apprécié par les jeunes des favelas de Rio de Janeiro. Les musiques et les paroles sont très crues et sexuellement explicites.

Au Brésil, il y a des concerts partout, souvent, et pas chers... et c'est rare qu'on s'y ennuie. Et puis, ici, on n'a pas honte, et souvent le soir, la musique vient toute seule, entre amis. En cours de route, jetez dans votre sac à dos les CD des anciens, ceux que vous ne pourrez plus écouter ao vivo (live) : Luis Gonzaga, le grand Cartola, Elis Regina... et puis le reste, tout le reste bien sûr.

Population

Le Brésil est une société multiraciale. Pourtant presque tous les leviers de commandes politiques et économiques sont entre les mains des Blancs. La publicité, les médias ne présentent en général que l'image du Blanc. Un dicton précise : « Au Brésil on se marie avec plus blanc que soi, mais on fait l'amour avec plus noir que soi.” Plus d'un siècle après l'abolition de l'esclavage, le racisme est encore une donnée présente dans la vie de tous les jours.

Les Noirs

Après l'abolition de l'esclavage, les Noirs se retrouvèrent libres, mais libres d'être pauvres, sans avenir ni perspectives. Ils furent destinés aux plus basses besognes et à l'entassement dans les bidonvilles des grandes villes.
Les Noirs d'ascendance purement africaine ne forment plus que 6 % de la population, la grande majorité étant métisse, et une autre minorité, de 12 %, à l'autre bout, est uniquement blanche. Il n'en reste pas moins que dans ce métissage, la culture africaine a pénétré tous les pores de la société brésilienne. C'est à Bahia que vous rencontrerez avec le plus de force cette présence de la culture africaine.

Les caboclos

À côté de la voix noire résonne la voix indienne du peuple caboclo du Nordeste et du Nord. Leur histoire est jalonnée d'illuminations prophétiques et de révoltes à connotations mystiques, de légendes entretenues par la littérature populaire et par les chansons.
À côté de ces grandes influences, l'envoûtante Belém vous fera sentir l'importante présence des Indiens d'Amazonie, ainsi que Manaus, tandis qu'au sud l'héritage indien, longtemps valorisé par les jésuites, se mêle aux cultures apportées par les émigrants du Vieux Monde : Italiens, Russes, juifs, Polonais, Allemands... Le Brésil, c'est Babel.

Les Indiens du Brésil

Combien d'Indiens au Brésil ? Les chiffres varient d'une source à l'autre. Le dernier recensement estime qu'environ 350 000 Indiens vivent dans leurs territoires ancestraux, soit 0,2% de la population totale brésilienne.
Les ethnologues ont essayé de classer les 225 nations indiennes en cinq familles : les Arawaks, les Karibs, les Tupis-Guaranis, les Panos et les Gès. La FUNAI (association qui dépend du ministère de l'Intérieur) doit porter assistance aux Indiens dans le but de les intégrer petit à petit à la civilisation, tout en essayant de conserver leur mode de vie et leurs traditions et de les prémunir contre les méfaits de cette même civilisation. Une partie des Indiens brésiliens recensés est regroupée dans près de 230 réserves ou parcs nationaux à l'accès interdit. C'est en Amazonie dans le Mato Grosso et dans le Mato Grosso do Sul que se trouve la plus grande concentration d'Indiens.

Médias

Presse

Après vingt années de dictature militaire, le Brésil a effectué son retour à la démocratie au milieu des années 1980. À la censure a succédé la liberté de parole et de la presse. Aujourd'hui, cette dernière est florissante et diverse. Si peu de médias parviennent à couvrir l'ensemble du territoire (plus de 8 500 000 km² !), il existe en revanche une multitude de stations de radio et de journaux au plan régional ou local. C'est d'ailleurs la presse locale qui est encore parfois l'objet de pressions et d'agressions.

Télévision

C'est incontestablement le média le plus populaire. Sur les onze chaînes, dont cinq régionales, deux se taillent la part du lion : TV Globo, longtemps présidée par le magnat de la presse Roberto Marinho, et SBT (Sistema Brasileiro de Televisão), entre les mains du roi des jeux et des loteries, Silvio Santos. Le puissant groupe Rede Globo contrôle à lui seul plusieurs chaînes de TV, huit stations de radio, un quotidien national, des éditions de disques et de livres, des régies publicitaires et des studios de cinéma. TV Globo caracole en tête des sondages d'audience, avec tous les soirs presque 50 % de l'audimat pour ses fameuses telenovelas.
Avec le Mexique et le Venezuela, le Brésil est l'un des trois plus gros producteurs de telenovelas du continent. Ces feuilletons à l'eau de rose mettent en scène des héros qui doivent surmonter d'innombrables obstacles pour survivre aux coups du destin, le tout se terminant par un (inévitable) happy end. Les plus célèbres tiennent en haleine tout le pays. Programmées à partir de 18 h, les telenovelas sont regardées quotidiennement par 80 millions de téléspectateurs.
Dans un autre registre, les Églises évangélistes contrôlent notamment les chaînes Record et Rede TV, avec des diffusions de la messes.

Liberté de la presse

Héritée de la dictature militaire mais contredite dans ses principes par la Constitution démocratique de 1988, la loi du 9 février 1967, qui punissait d'emprisonnement les délits de presse, servait encore, localement, à faire taire des journalistes un peu trop curieux. Cette entrave à la liberté d'expression a enfin disparu de la législation grâce à une décision historique du Tribunal suprême fédéral, le 30 avril 2009.
Malgré ces avancées juridiques, le Brésil demeure un pays à risque pour les journalistes locaux ou free-lance. Traiter de thèmes tels que la corruption, la déforestation à grande échelle ou le trafic de drogue, peut encore coûter cher. 



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