Brésil : la folie Carnaval

Brésil : la folie Carnaval
Rudy Huhold

Si le Brésil pouvait se résumer à une image, ce serait assurément celle du carnaval. Découvrir le Brésil à travers cette fête unique au monde, c’est plonger dans l’âme même du pays. Toute la joie de vivre et l’énergie des Brésiliens jaillissent au rythme des danses métissées, entre samba, frevo et lambada. Rio, Salvador ou Recife : chaque carnaval a sa particularité. À vous de choisir votre préféré, avant de vous laisser emporter, début mars, dans la folie carnaval.

Viva Carnaval !

Futebol e carnaval… Deux institutions au Brésil, ou plutôt deux passions nationales, tant elles soulèvent de ferveur. Né en Europe, le carnaval est indissociable du Brésil. C’est l’une des fêtes les plus délirantes du monde, rassemblant plusieurs millions de personnes dans les rues pendant près d’une semaine. Une sorte de bacchanale sans fin, qui suit pourtant un rituel bien réglé aux origines chrétiennes.

Les jours précédant le Carême, on s’adonne à la démesure et aux excès en tout genre. Une vague de plumes et de paillettes, de chars et de rythmes endiablés secoue le Brésil qui respire, mange et vit carnaval pendant 4 jours. Aussi sacré que le Carême, le Mardi gras est un événement primordial où l’on remet les décisions importantes à plus tard.

Ce sont les Portugais qui ont amené le carnaval au Brésil au XIXe siècle. C'était un moment destiné à se lâcher, boire, danser, pendant lequel l'ordre social était inversé et tourné en dérision. Aux caractéristiques européennes du carnaval sont venues s'ajouter les influences de la musique et de la danse africaines, ce qui en fait une fête unique au monde. Cette manifestation a encore aujourd’hui une fonction importante d’apaisement des tensions et d'exutoire : le pays entier met tous ses problèmes entre parenthèses lors de cette fête hédoniste et joyeuse.

Au Brésil, le carnaval est d’une grande diversité et d’une grande richesse grâce aux particularités régionales. Dans les 27 États du Brésil ce sont autant de fêtes différentes, hautes en couleur, où les seuls mots d’ordre sont : danser, s'amuser, se défouler. Dans les rues, sur les plages, la foule est enivrée et ne fait que pular (sauter, danser). Mais, attention, pas n’importe comment…

Rio de Janeiro, samba

Le grand spectacle-vitrine du carnaval de Rio  est incontournable. Des célébrités venues du monde entier y participent et plusieurs autres villes du pays, dont São Paulo, essaient de l’égaler. Pendant quatre jours de folie, Rio tente d'oublier la pauvreté et les problèmes de violence. Le carnaval donne l'impression d'un vaste défoulement collectif, où les Cariocas (habitants de Rio) de tous milieux sociaux se retrouvent pour faire la fête. Du moins, en apparence… Car au cœur de ce qui paraît anarchique se trouve une organisation sans laquelle la fête ne pourrait être aussi belle et réussie.

Le carnaval carioca est né de la rencontre de deux cultures au XIXe siècle : les danses africaines et l'Entrudo, l'équivalent portugais du Mardi gras. Si, au départ, les colons portugais faisaient la fête entre eux dans les beaux salons, ils ont vite rejoint les descendants d'esclaves noirs dans la rue. Et c'est ainsi qu'est né le carnaval de Rio. Quant au samba (et oui ! c'est un mot masculin quand on parle de la musique...), fruit des amours métisses des musiques portugaises et africaines, il voit le jour en 1917, suivi par la création d'écoles de samba en 1920 et du fameux concours entre les écoles, qui constitue le point d’orgue du carnaval.

Depuis, les écoles de samba défilent au sein du sambadrome, vêtues de costumes multicolores et délirants qu'elles ont confectionnés pendant l'année. Une école est élue reine du carnaval. Les règles du concours sont très strictes et il faut savoir qu'il existe une grande hiérarchie entre les écoles. Quant à l'accès au sambadrome, il demeure très cher pour le commun des brésiliens (environ 100 €). Il est courant que les Cariocas engloutissent plus d'un mois de salaire dans l'événement, qui vire à la gigantesque opération commerciale.

Mais en marge des festivités, des orchestres de quartier (les bandas) envahissent la ville qui vit alors au rythme des batucadas, du mambo et du forró. Et c'est là que vous trouverez la véritable âme carioca

Salvador de Bahia, carnaval de rue

À Bahia, le carnaval de Salvador s'impose  comme une formidable fête populaire, où des millions de personnes dansent des heures dans la rue au son de rythmes frénétiques des trios electricos. Si Rio est le carnaval des écoles de samba, celui de Salvador demeure celui du peuple, avec pas loin de deux millions de personnes dans la rue et sur la plage. C'est la fête absolue, qui vous fera danser jusqu'au bout de la nuit pendant cinq jours. Toutes les couleurs du Brésil battent le pavé : l'essentiel, ici, c'est de danser.

Nuit et jour, dans différents quartiers de la ville, des cortèges dansent la samba autour des trios electricos, de gros camions décorés sur lesquels des orchestres jouent la musique locale. Les blocos (groupes) sont séparés de la foule par une corde. Une foule qui danse et saute tellement qu'on l'a surnommée pipoca (pop-corn). Les meilleurs interprètes du Brésil se produisent live sur les trios electricos : Caetano Veloso, Gilberto Gil, Daniela Mercury, Carlinhos Brown, Timbalada et Ivete Sangalo, tous originaires de Bahia.

D'autres groupes plus traditionnels et folkloriques participent au carnaval de Salvador, comme les Filhos de Gandhi (les Fils de Gandhi) ou les afoxés, des groupes liés aux rites religieux afro-brésiliens du candomblé.

On vous aura prévenu : il faut être en forme, ne pas avoir peur de la foule et être prêt à plonger dans un bain de folie furieuse. Un dernier détail : pour faire partie des blocos, il faut réserver au moins six mois à l'avance ! Vous ne le regretterez pas : le carnaval de Salvador, dont le slogan dit « le cœur du monde bat ici », est tout simplement inoubliable.

D'autres carnavals

D’autres villes n’ont rien à envier à ces carnavals grandioses. Recife est la seule ville du Brésil où le carnaval est rythmé par le frevo et le maracatu.  Populaire et chaleureux, il est multiculturel, combinant influences européennes, africaines et indiennes. Le frevo est la musique typique de Recife, frénétique et joyeuse, où les cuivres sont en bonne place. Munis de petits parapluies colorés, les danseurs (les passistas) font preuve d’une grande virtuosité. C’est à Recife que se trouve le plus grand groupe carnavalesque du monde, le galo da madrugada.

D’où le mot « Frevo » qui trouve son origine dans le verbe « ferver » (frémir, bouillir). Le maracatu, autre danse caractéristique, est un rythme très expressif d'origine africaine. Le défilé du maracatu est une cérémonie où on couronne le roi et la reine, et à laquelle tout le monde peut participer.

À São Paulo, le carnaval a un succès grandissant, même si la ville n’a pas la réputation d’être festive. Dynamique et inventif, le défilé s’est imposé depuis quelques années comme le deuxième plus important (en nombre) du pays après celui de Rio.  On voit, là aussi, défiler les écoles de samba sur un sambodrome. Les règles sont les mêmes qu’à Rio et le spectacle se révèle somptueux sous une pluie de strass et paillettes. Mais São Paulo est encore loin de faire de l’ombre à Rio...

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Comment y aller ?

Le Brésil est desservi quotidiennement en vol direct par TAM Brazilian Airlines. Tarifs autour de 800 € l’aller-retour.

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Texte : Anissa Hammadi

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