Baléares : escale à Palma de Majorque

Baléares : escale à Palma de Majorque
Palma de Majorque © Igor - stock.adobe.com

Installée au bord de sa large baie, la capitale des Baléares offre une possibilité d’escapade dépaysante et ensoleillée, à moins de 2 h d’avion de la France. Le temps d’un long week-end, on se perd dans les ruelles de la vieille ville, découvrant une architecture aux styles mêlés, des monuments de pierre à la chaleureuse couleur ocre où se décèle parfois l’influence arabe, mais aussi des façades modernistes et les superbes patios des demeures des grandes familles majorquines.

En dehors de ses attraits architecturaux et historiques, Palma de Majorque est aussi une cité commerçante où il fait bon vivre, avec ses nombreuses terrasses, ses restaurants, ses marchés, mais aussi ses galeries d’art. Avec, en prime, la possibilité de se détendre à la plage et de profiter de la vie nocturne de la capitale. De quoi se concocter un séjour éclectique et bien rempli !

Attention ! En raison de l'épidémie de Covid-19, certains sites et établissements peuvent être fermés et des activités peuvent être modifiées, voire suspendues.

La cathédrale et les vestiges maures de Palma

La cathédrale et les vestiges maures de Palma
Cathédrale de Majorque © dero2084 - stock.adobe.com

Monument emblématique de Palma de Majorque, la cathédrale gothique Sa Seu (en catalan : « le siège ») se dresse fièrement face à la mer, dominant le Parc de la Mar et son lac d’eau salée. La couleur ocre de sa pierre de marés (calcaire) varie joliment au fil de la journée. Avec ses trois nefs, dont la centrale s’élève à 44 m de hauteur, 16 chapelles latérales, 87 vitraux et 5 rosaces, elle porte bien son surnom de cathédrale de l’espace et de la lumière.

Plusieurs styles y cohabitent. Antoni Gaudí a apporté une touche Art nouveau au chœur (aussi appelé chapelle royale), dont le baldaquin reste inachevé, et l’art moderne a même sa place dans la chapelle Sant Pere, décorée par l’artiste Miquel Barceló (2007).

La cathédrale fut édifiée à partir du 13e s, juste après la conquête espagnole, qui mit un terme à la domination des Maures (902-1229), dont il reste peu de traces, si l’on excepte le clocher, qui était autrefois l’ancien minaret de la médina (Madina Mayurqa).

Almudaina © Olivia Le Sidaner

Juste à côté, on découvre une autre trace de la présence des Arabes : le Palais royal de l’Almudaina, construit en 903. Il abritait jadis la résidence du gouverneur maure, avant de devenir celle des rois de Majorque, après la reconquête par Jaime Ier.

Un peu plus loin, les Banys Àrabs (bains arabes) demeurent le plus important vestige de l’époque maure conservé en l’état. Dans un petit jardin, on peut y visiter le hammam, avec ses colonnes et sa coupole percée de lucarnes.

Au fil des patios, dans la vieille ville de Palma

Au fil des patios, dans la vieille ville de Palma
Patio typique © Olivia Le Sidaner

Se perdre dans les rues tortueuses de Palma est la meilleure manière de s’imprégner de l’ambiance qui y règne. Ce faisant, on ne manque pas d’être émerveillé en découvrant les patios des palais édifiés par les riches familles aristocratiques et bourgeoises majorquines (principalement entre le 16e et le 18e s).

Certains ont été transformés en restaurants ou bars, comme le Cappuccino Palau March et le Cappuccino San Miguel, ou encore en hôtels, comme le Palacio Can Marqués, dans la carrer dels Apuntadors, animée la nuit. Un peu plus haut, dans la carrer de San Feliu, certains patios accueillent aujourd’hui des galeries d’art (comme la Gerhardt Braun Gallery).

Hôtel de ville de Palma de Majorque © vulcanus - stock.adobe.com

Après un coup d’œil au patio de la Casal Solleric (passeig del Born), on rejoint la place de la mairie, où un olivier vieux de 700 à 800 ans a été planté en 1989. L’hôtel de ville et le siège du Conseil insulaire de Majorque sont de parfaits exemples du néogothique de l’île.

Autour de l’église gothique Santa Eulàlia, qui est la seule à posséder trois nefs, comme la cathédrale, les petites ruelles dissimulent toute une collection de beaux patios, notamment celui de la Can Oleza (carrer d’en Morei) ou celui de la Can Vivot (carrer de Can Savellà).

Promenade sur le front de mer

Promenade sur le front de mer
Sa Llotja © Olivia Le Sidaner

En se baladant sur le passeig de Sagrera, qui longe le front de mer, on découvre de majestueux monuments, comme Sa Llotja (15e s), l’ancienne bourse de commerce, qui accueille désormais des expositions temporaires. À l’intérieur de l’édifice gothique s’élancent six élégantes colonnes en forme de palmier. Sur la place de la Llotja, les terrasses invitent à faire une pause à l’ombre.

On passe ensuite devant le Consulat de la Mer (Consolat de Mar), siège de la présidence du gouvernement des îles Baléares. Juste à côté, sur la place de la Drassana, on retrouve d’autres terrasses de cafés, animées en soirée.

En longeant les murailles, on arrive ensuite au Musée d’art moderne et contemporain Es Baluard, établi dans l’ancien bastion de Sant Pere (16e s). Y sont exposées des œuvres d’artistes catalans et internationaux (Miquel Barceló, Georges Braque, Fernand Léger, Picasso, Miró…). Depuis la terrasse, on a une vue panoramique sur la ville et le port.

Après quoi, ayant traversé le canal qui marque la frontière entre le vieux Palma et la ville moderne, on rejoint Santa Catalina, un quartier jeune qui bouge bien le soir, avec de nombreux bars et restos, dont beaucoup proposent de la cuisine du monde.

Artères commerçantes et architecture moderniste

Artères commerçantes et architecture moderniste
Can Forteza Rey © skovalsky - stock.adobe.com

En remontant le canal, on arrive en haut de l’avenue de Jaime III, dont les arcades abritent des boutiques. Elle débouche sur la plaça Rei Joan Carles I, surnommée par les habitants la « place des quatre tortues » (visibles sur l’obélisque qui se dresse en son centre). C’est là que débute le passeig del Born, rambla chic bordée de magasins de luxe.

En continuant plutôt sur la carrer de la Unió, on peut s’arrêter au Centre culturel Can Balaguer (entrée gratuite). Cette maison aristocratique du début du 20e s appartenait au musicien Josep Balaguer, dont l’orgue doté de percussions est une pièce extrêmement rare.

À côté, sur la plaça del Mercat, la Can Casasayas et la Pension Menorquina arborent de superbes façades modernistes (l’Art nouveau catalan), dont on admire l’un des fleurons sur la place Weyler (voisine) : le Gran Hotel (1903), œuvre de l’architecte Lluís Domènec et aujourd’hui lieu d’exposition de la fondation d’art de La Caixa.

Tout près, sur la plaça del Marquès del Palmer, deux façades valent le détour : celles de la Can Forteza Rey, recouverte d’éclats de céramique, et celle de L’Aguila.

Mercat de l'Olivar © Olivia Le Sidaner

On arrive ensuite à la plaça Major, entourée d’arcades et occupée par les terrasses de cafés, la foule des touristes et les vendeurs de souvenirs. Ici s’élevaient jadis le monastère des Dominicains et la prison de l’Inquisition, de sinistre mémoire.

Plus au nord, on rejoint enfin le Mercat de l’Olivar, marché couvert débordant de bons produits où, du côté des stands de poisson, on peut grignoter des tapas au comptoir, avec un verre de vin.

Castell de Bellver et Fondation Joan Miró

Castell de Bellver et Fondation Joan Miró
Castell de Bellver © Olivia Le Sidaner

En dehors du centre, dans l’ouest de la ville, deux lieux méritent le détour. Tout d’abord le Castell de Bellver, château gothique perché au sommet d’une colline offrant une superbe vue panoramique sur la ville.

Construit en pierre de marés au 14e s, il est doté d’une place d’armes circulaire unique en Europe. Après avoir servi de résidence au roi Jaume II, il hébergea les principales autorités de la cité et fut aussi utilisé comme prison. Il abrite aujourd’hui le musée d’histoire de la ville.

Autre endroit à ne pas manquer : la Fondation Joan Miró (Fundació Pilar i Joan Miró), où est exposée une belle collection d’œuvres du peintre, et où l’on peut voir l’atelier où il travaillait et qui semble encore imprégné de la présence du maître, qui vécut et finit ses jours à Majorque.

Après ces visites culturelles, rien ne vous empêche d’aller farnienter, voire piquer une tête, à la Cala Major, la plage toute proche.

Fiche pratique

Retrouvez toutes les infos pratiques, les bons plans et les adresses dans le Routard Baléares en librairie. 

Pour préparer votre séjour, consultez nos guides en ligne Majorque et Baléares

Office du tourisme de Palma de Majorque

Office du tourisme des Baléares

Office du tourisme d’Espagne

Comment y aller et se déplacer ?

- En avion : nombreux vols directs depuis Paris et d’autres aéroports français avec Air France, Vueling, EasyJet, Volotea… Trouvez votre billet d’avion.

- Pour rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport, vous pouvez prendre le bus N°1 (5 €) ou un taxi (comptez une vingtaine d’euros, en fonction de l’endroit où vous vous rendez à Palma et de la circulation).

- Le centre de Palma se laisse aisément découvrir à pied. Et si on veut aller plus loin (par exemple jusqu’aux plages situées en dehors de la ville, comme Cala Major), il suffit de prendre le bus. Le trajet coûte 1,50 €.

Escapades près de Palma

Si vous avez plus de temps, vous pouvez louer une voiture pour vous offrir une petite escapade dans les environs de Palma. La sierra de Tramuntana, chaîne de montagnes inscrite au Patrimoine de l’Unesco, n’est pas loin. Vous y découvrirez les jolis villages de Valldemosa (à 30 min de route), Déia et Fornalutx (à 45 min). En fin de journée, n’hésitez pas à pousser jusqu’au phare de Cap Gros (à 45 min de Palma) pour admirer le coucher de soleil sur Port de Soller et les falaises.

Voir notre dossier Le meilleur de Majorque

Bonnes adresses

- Hôtel HM Jaime III : passeig de Mallorca, 14, B. Ambiance arty et design pour cet agréable 4-étoiles, bien situé, près du canal et du quartier de Santa Catalina (à une dizaine de minutes à pied de la cathédrale). Double à partir de 88 € la nuit (petit déj : 4,90 €/pers).

- Bar Bosch : plaça rei Joan Carles I, 6. Un beau bar fondé en 1936 sur la « place des quatre tortues », comme la surnomment les Majorquins. On peut y boire un verre en terrasse ou à l’intérieur, et manger des tapas (champignons, calamars à la romaine, anchois, croquettes de poulet…). L’assortiment de tapas (variados) est à 8,25 € (portion médium). Une institution à Palma.

- Ca’n Joan de s’Aigo : calle can Sanc 10. Fondé en 1700, cet établissement fut le premier glacier de l’île. Aujourd’hui, il est devenu une référence incontournable pour les gourmands, qui viennent s’y régaler de la traditionnelle ensaimada (2 €), la brioche majorquine, qui se décline ici en plusieurs parfums (nature, crème, abricot, chocolat…).

- Koa : calle Sant Joan, 3. Pour une soirée à deux, le cadre de ce resto chic et branché est parfait. Il sert une cuisine fusion raffinée. Plats : 15 €-32 €.

- The Duke : calle Soler 36. Il y a foule, dans ce resto du quartier animé de Santa Catalina, spécialisé dans les ceviches (12 €-16 €).

- Ombu : passeig del Born 5-7. D’excellentes tapas fusion dans un cadre épuré (tapas : 2,50 €-18,50 €).

- Restaurant Monolisto : paza Navegacion, 18. Un petit resto du quartier de Santa Catalina, qui sert des tapas (3-19 €), des salades (11 €), de la viande (à partir de 13 €) et du poisson (16 €), mais aussi des plats thaïs, si jamais vous avez envie de varier les plaisirs (curry panaeng, pad thaï : 13 €).

Enfin, pour goûter à la cuisine traditionnelle de Majorque, on trouve de nombreux restaurants dans la vieille ville, notamment du côté de la carrer dels Apuntadors, au cœur de la vie nocturne de Palma. Par exemple : La Cueva ou Bar Dia.

 

Texte : Olivia Le Sidaner

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