Retour de voyage : 2 jours d'escale en Arabie Saoudite – Djeddah et Médine

Forum Où et quand partir ?

Bonjour ! :saudi_arabia:

Voici un retour sur nos deux jours d’escale que j’ai effectué à Djeddah et Médine, en Arabie Saoudite.

Pour donner un peu de contexte, nous avons fait un voyage au Kenya : 6 jours de safari, puis visite de Mombasa et de Nairobi. :kenya: Le voyage a eu lieu du 12 au 26 août 2025. Je détaille ce voyage dans un autre poste : Retour de voyage : Safari de 6 jours + Mombasa et Nairobi

A l’aller, nous avons ainsi passé deux jours d’escale en Arabie Saoudite, les 13 et 14 août. La compagnie aérienne Saudia permet d’effectuer des escales jusqu’à 96 heures grâce à un visa de transit facile à obtenir en ligne. Je détaille tout cela juste en dessous.


► FORMALITÉS ◄

ENTRÉE EN ARABIE SAOUDITE

Il existe plusieurs types de visa touristiques pour venir en Arabie Saoudite :

  • VISA DE TRANSIT : Aussi nommé visa d’escale ou stopover visa selon les sites, c’est un e-visa qui permet de rester jusqu’à 96 heures en Arabie Saoudite. Il n’est pas prolongeable et une seule entrée est permise. Il y a une liste de pays éligibles, dont la France, la Suisse et le Canada. Pour l’obtenir, il faut impérativement voyager avec les compagnies aériennes Saudia ou Flynas, la procédure de demande de visa se faisant sur leur site internet. La demande ne peut se faire qu’à partir des 90 jours précédant le voyage. Donc deux possibilités :
    → Soit on achète les billets d’avion avec escale bien avant ces 90 jours (c’était mon cas), puis on attend de pouvoir faire la demande sur le site de la compagnie aérienne, dans l’onglet “Seats and options”.
    → Soit on achète les billets d’avion avec escale dans les 90 jours précédant le départ, dans ce cas la demande de visa peut se faire en même temps que l’achat.
    Lors de la demande, il faut payer des frais de service et d’assurance pour cette demande de visa, à hauteur de 52,5 SAR/pers soit 11,9 $/pers. Le visa est délivré dans la journée par mail sous forme de pdf. C’est avec ce visa que je suis venue en Arabie Saoudite.

  • VISA DE COURT SÉJOUR : C’est un e-visa à entrées multiples, valable 1 an, qui permet de rester jusqu’à 90 jours par entrée en Arabie Saoudite. Il y a une liste de pays éligibles plus élargie que le visa de transit, dont la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada. La demande se fait en ligne sur le site officiel https://visa.visitsaudi.com. Le prix est de 395 SAR/pers, soit 89,60 €/pers (à voir si c’est le même prix pour tous les pays).

  • VISAS POUR MOTIF RELIGIEUX : Pour réaliser la Oumra (petit pèlerinage), il est possible de passer par un visa de transit ou un visa de court séjour. Il me semble que c’est une case à cocher pour motif religieux. Il faut aussi s’inscrire sur la plateforme officielle https://umrah.nusuk.sa pour accéder à La Mecque et à la Rawdah de la mosquée du Prophète à Médine (le reste de la mosquée du Prophète et de Médine est en accès libre). Pour réaliser le Hajj (grand pèlerinage, à une certaine période de l’année), il faut passer par un visa spécifique qui se demande sur la plateforme officielle https://hajj.nusuk.sa. Il me semble que cela nécessite de passer par une des agences de voyage agréées par le ministère du Hajj et de la Oumra.

Dans tous les cas, il faut avoir un passeport dont la durée de validité dépasse d’au moins six mois la fin du séjour.

Plus d’informations sur France-Diplomatie : Arabie Saoudite - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

et Visit Saudi : https://www.visitsaudi.com/fr/plan-your-trip/visa-regulations

ACCÈS AUX NON MUSULMANS

La seule ville en Arabie Saoudite où il y a des restrictions d’accès est La Mecque. En tant que première ville sainte de l’islam, elle n’est accessible qu’aux personnes de confession musulmane.

Toutes les autres villes saoudiennes sont accessibles aux visiteurs musulmans et non musulmans, Médine compris. Médine, la deuxième ville sainte de l’islam, est en effet accessible aux non musulmans depuis quelques temps. Il n’y a pas de contrôle d’accès. Seul l’accès à la Rawdah de la mosquée du Prophète est conditionné par une inscription sur la plateforme Nusuk. Il convient toutefois de respecter les règles sociales et religieuses, notamment pour entrer dans les mosquées.

TENUE VESTIMENTAIRE

→ Pour les femmes : Le port du hijab et de l’abaya n’est pas obligatoire (sauf dans les mosquées). Il est cependant recommandé aux femmes d’éviter les vêtements moulants, les hauts sans manches ou à manches courtes, les décolletés ainsi que les shorts/jupes/robes s’arrêtant au-dessus des genoux. Dans les mosquées, il faut mettre un voile qui couvre les cheveux et le cou, ainsi que porter une robe ou une veste ample cachant les bras, les épaules, le décolleté et les jambes (bas des jambes compris).

→ Pour les hommes : Il faut porter des pantalons et éviter les shorts, les bermudas, les hauts sans manches.

Au vu des températures qu’il peut faire en Arabie Saoudite, privilégiez des matières naturelles légères (coton, soie, lin, viscose…) à des matières synthétiques qui ne respirent pas (polyester, nylon…). Si les matières sont agréables, porter des vêtements amples n’est pas difficile même par haute température (mon voyage a eu lieu en août). Par ailleurs, ils protègent bien du soleil. Complétez votre tenue vestimentaire par un couvre-chef, des lunettes de soleil et de sandales de marche.

Si l’on s’intéresse aux tenues vestimentaires des saoudien(ne)s, on constate qu’une majorité de femmes porte le hijab avec une robe ample ou une veste appelée abaya qui recouvre les vêtements. Cette robe est souvent noire mais on en retrouve aussi de différentes couleurs, avec des broderies. La façon d’ajuster le voile diffère selon les personnes. On trouve une part non négligeable de femmes portant le niqab, mais aussi des femmes saoudiennes sans aucun voile. Beaucoup de femmes se maquillent, et portent des accessoires et bijoux plus ou moins luxueux et voyants. Les hommes portent le thowb, un qamis (robe longue pour homme) blanc à col, parfois accompagné du shemagh, une coiffe bédouine en tissu à motifs blancs et rouges maintenue par un agal. On peut aussi voir des hommes porter des t-shirts et des pantalons. Les tenues sont plus ou moins couvrantes dans les régions et quartiers plus ou moins conservateurs. Une modernisation de la société s’observe depuis quelques années, ça vaut pour les vêtements mais aussi pour les relations entre citoyen(ne)s, la culture, le travail, la vie de tous les jours…
A La Mecque et Médine, c’est un peu différent car les voyageurs viennent du monde entier donc les tenues vestimentaires sont très diversifiées.

Personnellement, pour visiter Djeddah j’ai porté une robe ample de couleur qui s’arrêtait aux avant-bras, sans voile. Pour Médine, puisque j’ai souhaité entrer dans les mosquées, j’ai opté pour une robe à fermeture type abaya de couleur également et un hijab. Il faut savoir que le voile n’est pas obligatoire pour se balader à Médine, mais il l’est pour visiter les mosquées, donc je l’ai gardé à la journée puisque c’était notre activité principale. Mon mari a porté une chemise et un pantalon.

MÉTÉO

Voici un site plutôt complet donnant des données météorologiques sur les pays, régions et villes du monde : Arabie Saoudite : Climat, Quand partir, Température, Météo… | Où et Quand

Je ne vous apprends rien, le mois d’août n’est pas du tout la bonne période pour aller en Arabie Saoudite. Mais bon, notre voyage au Kenya avait lieu à cette période ! :sweat_smile: La température est écrasante, il faut absolument se protéger du soleil, et de préférence avec des vêtements. Il faut penser à beaucoup boire. Dans la vieille ville de Djeddah, on peut en acheter un peu partout. C’est pareil dans le centre de Médine, et en plus de cela, des robinets d’eau (eau de Zamzam) sont accessibles gratuitement autour de nombreuses mosquées.

Du fait de la chaleur estivale, la vie des Saoudiens est complètement décalée : beaucoup de commerces et de musées ouvrent à 17h (même si on trouve tout de même quelques commerces ouverts toute la journée). Alors qu’on ne croise que peu de monde en journée, les villes se métamorphosent en fin d’après-midi et la nuit. D’ailleurs, on croise encore plein d’enfants en famille même tard le soir.

COMMUNICATION

La communication orale en Arabie Saoudite se fera en arabe (arabe standard moderne ou dialectes arabes saoudiennes) ou en anglais. De plus en plus de saoudiens citadins parlent anglais, notamment chez les jeunes. Les travailleurs étrangers (pakistanais, indiens, népalais, philippins, somaliens, afghans…) que l’on croise régulièrement dans la rue, les commerces, les sanitaires ou les restaurants ne parlent pas toujours arabe, donc il vaut mieux s’adresser à eux en anglais (qu’ils ne parlent pas toujours).

Je parle anglais, tandis que mon mari dont l’Algérie est le pays de naissance, parle anglais, arabe standard moderne. Donc nous n’avons eu aucun problème de communication.
Dans les grandes villes, on trouve des panneaux bilingues arabe/anglais. Je ne sais pas si c’est le cas partout.

Pour le téléphone, étant hors Europe, il faut acheter une carte sim, une carte e-sim ou disposer d’un forfait avec des options internationales. C’est facile de se procurer une carte sim dans un magasin de téléphonie mobile ou dans un commerce de détail. Il y a des magasins de téléphonie dans le hall des aéroports. Nous avons payé 57 SAR soit 13 € pour une carte sim avec 5 Go à l’aéroport de Djeddah.

MONNAIE

Beaucoup de choses se paient en espèces, en riyals saoudiens (SAR) : commerces, restaurants, entrées dans des monuments, taxis, etc. La carte bancaire est aussi largement présente dans les grandes villes. Les VTC comme Uber ou Careem (son équivalent) peuvent se payer directement sur l’application.

Pour se procurer des riyals saoudiens, le mieux est de prendre des billets en euros pour les échanger en Arabie Saoudite dans des bureaux de change. Il y en a un dans l’aéroport de Djeddah et plusieurs en ville.

LOGEMENTS

Comme pour d’autres destinations, on peut réserver des hôtels en ligne, par exemple sur Booking.

Pour les paiements, on trouve aussi bien des logements acceptant le paiement à l’avance en ligne que des logements demandant à être payés sur place.

SE DÉPLACER

○ En ville : Dans les grandes villes, vous pourrez vous déplacer en taxi. Deux possibilités : héler un taxi et négocier la course avec lui ou passer par une application de VTC comme Uber, Careem, Bolt ou Jeeny. C’est très pratique et rapide. Le paiement peut se faire automatiquement via l’application ou en espèces à l’arrivée. Les prix sont très abordables : environ 1,5-2,5 SAR soit 0,3-0,6 € par km à Djeddah et Médine.
A Riyad, Médine, La Mecque, Djeddah, Taëf, etc vous pouvez aussi vous déplacer en bus de ville. Les réseaux ne sont pas tous très développés mais de nombreux projets de développement sont en cours, notamment à Djeddah où l’objectif est de passer des 6 lignes actuelles à 25 lignes dans un premier temps puis 67 dans un second temps ! A Médine, le projet devrait permettre de passer de 15 lignes à 27.

Lors de notre voyage, nous avons privilégié les VTC pour arriver directement aux destinations de notre choix avec un faible temps d’attente au soleil. Les distances sont très grandes aussi bien à Djeddah et Médine donc il n’est pas possible de tout faire à pied, surtout en été.

○ Entre deux villes : L’avion permet de relier les grandes villes avec aéroport du pays (Riyad, Médine, Djeddah, Dammam, Taëf, Al-'Ula, Haïl, Yanbu, Abha, Najran, Buraydah, etc). Les compagnies aériennes saoudiennes sont Saudia, Flynas et Flyadeal.

Le train est aussi un moyen de transport efficace. Le TGV Haramain relie La Mecque à Médine en passant par Djeddah, l’aéroport de Djeddah, et la ville économique du roi Abdallah (KAEC). Il y a de nombreux départs par jour et il est facilement réservable sur le site officiel https://sar.hhr.sa ou via l’application officielle équivalente HHR Train. La Mecque ↔ Djeddah se fait en 30 min, et Djeddah ↔ Médine se fait en 1h50. Il y en ensuite deux lignes de trains plus classiques : North line de Riyad à Damman et East line de Riyad à Al Qurayyat. Ils sont également facilement réservables en ligne sur le site officiel https://www.sar.com.sa ou via l’application officielle équivalente SAR North East. D’autres lignes sont en cours de développement, notamment le Gulf Railway qui longerait la mer Rouge en passant par l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.

L’autocar est aussi un moyen de transport interurbain économique qui relie de nombreuses villes à travers le pays. Les compagnies d’autocar SAT https://www.satrans.com.sa, Northwest Bus https://nwbus.sa/en et Darb Alwatan https://darbalwatan.com/en se partagent le réseau. Ils permettent de relier des villes plus petites qui ne disposeraient pas de gare ferroviaire, je pense notamment à Diriyah, Rijal Almaa, Umluj, Najran ou à la province d’Al Qassim.

○ En voiture ? Pas testé mais cela peut être pratique pour se rendre dans des petites villes ou découvrir les paysages naturels d’Arabie Saoudite (Al-'Ula et Hégra, le désert du Rub al-Khali et le désert d’Arabie plus largement, le Bord du Monde, le Wadi Al-Disah, Bir Hima, etc). Attention toutefois à la conduite dans le désert. Si rester sur les routes ne devrait pas présenter de problème, le hors-piste dans les dunes nécessite une bonne connaissance de ce type de conduite et de la zone, ainsi qu’un véhicule adapté.

RESTAURATION

Dans les grandes villes, il est possible de manger dans des restaurants de cuisine traditionnelle, des restaurants plus haut de gamme et aussi des fast-foods proposant des falafels, shawarmas, grillades, etc. Dans les restaurants traditionnels, plutôt de moyenne gamme, les repas restent abordables avec des grands plats à partager pour 40-50 SAR/pers soit 9-11 €/pers. Il vaut mieux demander si le plat proposé est pour une ou plusieurs personnes, car il est souvent prévu pour être mangé à 2 ou plus (d’ailleurs, cela peut se voir avec les prix). Les pourboires sont appréciés. Les calories sont indiquées pour tous les plats, c’est obligatoire.
Les menus ne sont pas toujours traduits, et les prix sont écrits en chiffres arabes orientaux (ou chiffres indiens). Je conseille de se munir d’une application de traduction type Google Translate qui permet de prendre en photo les zones à traduire. Beaucoup de menus sont proposés sous forme de QR code.

La séparation des hommes et des femmes est encore assez présente dans les restaurants. Il y a généralement une zone pour les hommes et une zone pour les femmes ou les familles, dont les entrées peuvent aussi être séparées. Les zones familles sont agencées sous la forme de petits salons privatifs parfois avec un simple rideau, parfois avec des murs et une porte. Il faut retirer ses chaussures en entrant dans le salon et on mange par terre sur un tapis épais avec des coussins. On partage le même plateau sur lequel est déposé un ou plusieurs plats à partager.

Mis à part les restaurants, on trouve également des cafés, des bars à chicha, des bars à cocktails (sans alcool) et des restaurants à petits-déjeuners. Il est interdit de fumer en intérieur, hormis dans les bars à chicha. Autre chose, il n’y a pas de rabatteur dans les rues.

Manger en Arabie Saoudite, c’est l’occasion de découvrir différents plats typiques de l’Arabie Saoudite ou de la péninsule arabique (Yémen notamment) : kebsa (plat national), mandi, jalamah, zurbian, madbi, madghout, mufattah, matazeez, jareesh, mloukhiya (version Moyen-Orient), foul, buram, bukhari, mutabbaq, saleeq, etc. Il y a aussi des desserts : areeka, masoob, kunafa, marsa, kleja, hanini, maqshush, dattes, etc. Les boissons consommées sont : le café arabe à la couleur dorée et aux notes de cardamome, le café turc, le thé vert, rouge ou noir mélangé à de la cardamome, de la menthe ou de la cannelle, le leben, le sobia, etc.


Salon privatif et kebsa.

AUTRES INFORMATIONS PRATIQUES

Les prises électriques ne sont pas les mêmes en Arabie Saoudite qu’en France, Belgique, Suisse, Maroc, Algérie, Tunisie […]. Il s’agit de prises A/B, comme aux États-Unis ou au Canada. Comme nous allions au Kenya après, et que chez eux c’est encore un autre type de prises (G comme au Royaume-Uni), nous avons opté pour un adaptateur universel avec embouts mâles et femelles, comme celui-ci.

France-Diplomatie donne d’autres informations utiles que vous pouvez consulter ici : Arabie Saoudite - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères


► LE VOYAGE ◄

► JOUR 1 :

Vol Barcelone > Djeddah le 12 août 2025, départ de Barcelone à 16h25, arrivée à Djeddah à 21h45.
Prix : 811,17 €/pers (vol A/R vers Nairobi avec escale à Djeddah) avec Saudia, réservé 7 mois à l’avance.

• Arrivés à l’aéroport de Djeddah, nous passons les contrôles en utilisant nos visas de transit que nous avons imprimés. Nous montrons également notre réservation de vol à la policière pour lui prouver que nous restons bien pour une escale. Puis nous récupérons nos bagages en soute, échangeons de l’argent au bureau de change et achetons une carte sim pour 2 (suffisant pour 2 jours, nous faisons des partages de connexion). Nous commandons ensuite un VTC via Uber pour nous rendre à notre hôtel, 33 SAR soit 7,5 € pour 18 km.

DJEDDAH :saudi_arabia:

Djeddah ou Jeddah est la deuxième ville d’Arabie Saoudite avec ses 3,7 millions d’habitants. Originellement un village de pêcheurs, elle est devenue la porte des lieux saints La Mecque et Médine à partir de 647 de par sa position stratégique sur la côte de la région du Hedjaz. Son nom est dérivé de l’arabe “jaddah” qui signifie grand-mère et proviendrait du fait qu’Ève, considérée comme la grand-mère de l’Humanité, serait enterrée ici. De nos jours, la vieille ville de Djeddah, Al-Balad, qui a été fondée au VIIe siècle, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le logement choisi : City Hotel View réservé et payé en ligne sur Booking et payé en ligne (85,98 € pour 2 pendant 2 nuits, soit 21,5 €/nuit/pers). C’est un hôtel proche de la gare ferroviaire de Djeddah.

► JOUR 2 :


Vue sur Djeddah depuis l’hôtel.

• Début de la visite de Djeddah. Nous commençons par nous rendre en VTC à notre point le plus éloigné : la Mosquée Al-Rahmah, aussi nommée Mosquée Fatima Al-Zahra. Érigée en 1985, c’est la première mosquée “flottante sur l’eau”. Quand nous sommes venus, elle était fermée, mais l’intérieur est très joli (photo ici). Elle est bordée par la corniche de Djeddah où l’on retrouve des jeux pour enfants, des stands pour se restaurer et des cafés. Mais lors de notre visite, il est 9h et il fait déjà très chaud et humide (il a fait 39 °C et 55 %RH, avec un ressenti 43 °C ce jour-là), donc il n’y a personne, si ce n’est quelques travailleurs étrangers qui font le ménage. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les gens sortiront. La première sortie de voiture avec cette chaleur est assez abrupte, la buée se forte sur les lunettes et l’objectif de l’appareil photo. En même temps, nous somme sur le front de mer.


Mosquée Al-Rahmah.


Mer Rouge depuis la corniche de Djeddah.


Aigrette des récifs.

• Nous reprenons un VTC en direction de la Mosquée Hassan Enany. Il s’agit d’une autre mosquée à l’architecture moderne, construite aussi en 1985. Sa forme est inspirée de l’étoile à 8 branches islamique Rub El Hizb ۞. Elle comporte un unique dôme sans aucune colonne à l’intérieur. Quand nous sommes venus, elle était fermée.


Mosquée Hassan Enany.

• A nouveau, nous commandons un VTC pour aller jusqu’à la Mosquée du roi Saoud ou Grande mosquée de Djeddah. Érigée en 1987, c’est la plus grande mosquée de Djeddah, et elle remplace une ancienne mosquée située au même endroit, dont les fondations étaient trop fragiles. Elle a un style plus ancien que les deux précédentes, s’inspirant de la Mosquée-Madrasa du Sultan Hassan au Caire (que j’ai visitée il y a deux ans) pour le minaret et les attiques, ainsi que de la Grande mosquée d’Ispahan pour son plan à 4 iwans. La mosquée était également fermée.


Mosquée du roi Saoud.

• Enfin, direction Bab Makkah en VTC. Il s’agit d’une des 8 anciennes portes de la vieille ville fortifiée, qui menait vers La Mecque. Les fortifications ont été construites pendant le sultanat mamelouk (1254-1517 dans le Hedjaz), quand dans les années 1500 il s’allie avec l’empire ottoman pour protéger la ville des attaques portugaises qui tentent de prendre le contrôle de la route des épices.


Bab Makkah.

• En passant par Bab Makkah, nous entrons dans la vieille ville de Djeddah : le quartier d’Al-Balad. Ce quartier a été fondé au VIe siècle et est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est composé de rues piétonnes et de superbes maisons-tours traditionnelles hijazi en calcaire coralien blanc, caractérisées par leurs rawasheen - au singulier roshan - ou moucharabieh (balcons et fenêtres) en bois marron, vert, turquoise. Ces maisons sont juste magnifiques. Le quartier est en cours de rénovation, j’espère que les habitants de Djeddah pourront revivre dans ces très belles maisons par la suite.

Pas besoin de guide pour se balader dans les rues, mais si jamais vous souhaitez retrouver certains points d’intérêt, rendez-vous sur le site officiel Jeddah Historic District ou téléchargez l’application équivalente “Historic Jeddah”. Des plans de la ville sont aussi disponibles gratuitement dans la maison musée Nassif. Ce même plan est disponible ici ; on peut cliquer sur les différents lieux (maisons, musées, mosquées, parcs, restaurants traditionnels, cafés, etc), ce qui renvoie vers sa position sur Google Maps.

Plusieurs maisons (bayt) historiques ont un nom :

Bayt Xenel : L’un des premiers bâtiments en béton du quartier historique. Jusqu’en 1950, la maison servait d’extension aux bureaux du consulat néerlandais à Djeddah. Aujourd’hui, il s’agit d’une salle d’exposition qui comprend une collection de documents rares, de photographies et de films capturant la vie quotidienne de la communauté hijazi.

Bayt Al-Sharbatly : Achevée en 1936, cette maison était initialement le siège de l’ambassade d’Égypte. Elle fut ensuite acquise par la famille Al-Sharbatly, qui l’ouvrit à des événements culturels.


Bayt Al-Sharbatly.

Ribat Al-Khunji As-Sagheer : Construit en 1813 par le cheikh Al-Khunji, ce bâtiment était destiné à accueillir des femmes âgées seules et de passage. Actuellement, il s’agit d’un centre d’art qui accueille des ateliers et des expositions.


Ribat Al-Khunji As-Sagheer.

Bayt Zaker.


Bayt Zaker.

Harat Al-Sham.


Harat Al-Sham.

Bayt Redwan.

Bayt Waqf Al-Shafe’i : Maison avec des rawasheen turquoises.


Bayt Redwan (à gauche) et bayt Waqf Al-Shafe’i (à droite).

Bayt Noorwali : Cette maison bâtie au XIXe siècle, porte le nom d’un marchand indien qui la rachetée : Noor Wali. Elle est très reconnaissable avec ses imposants rawasheen verts. Avec ses 4 étages, elle est avec Bayt Nassif, les deux plus hauts bâtiments de la vieille ville. Son intérieur est visitable.


Bayt Noorwali.

Bayt Nassif : Cette ancienne maison restaurée de 1872 permet d’héberger des expositions et des conférences. Quand nous sommes venus, seule la salle à l’entrée était ouverte, avec quelques objets archéologiques exposés, accompagnés de descriptions en arabe et en anglais. Ces objets proviennent de différents sites de la ville, notamment de l’entrepôt Al-Shona situé à 400 m de là. Normalement, il y a davantage de salles à visiter avec d’autres objets exposés. L’entrée est gratuite. Les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs : 10h-13h puis 17h-21h.


Bayt Nassif.

Bayt Jokhdar : Cette maison du début du XXe siècle, devenue centre d’accueil pour pèlerins puis hôtel, se distingue par ses imposants rawasheen verts et par sa porte à arc sculptée.

Bayt Baeshen : Cette ancienne demeure de 1856 était un centre pour les notables de Djeddah, avec un espace pour les hommes et un espaces pour les femmes. De nos jours, il s’agit d’un petit musée exposant des objets d’artisanat, des documents de photographies et des manuscrits, qui comporte aussi un café. Nous ne l’avons pas visitée.


Bayt Baeshen.

Bayt Al-Matbouli : Cette élégante maison a été construite en 1613. Son intérieur est visitable et elle contient beaucoup de meubles et d’objets. Cela manque d’entretien, un peu de ménage serait bénéfique. Peut-être également ajouter des panneaux d’explications. Les murs intérieurs gravés sont très beaux. L’entrée coûte 10 SAR/pers. Ici aussi les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs : 17h-22h.


Bayt Al-Matbouli.


Bayt Al-Matbouli, face arrière.


L’intérieur de Bayt Al-Matbouli.


Vue depuis Bayt Al-Matbouli.

Bayt Batterjee : Cette maison construite en 1860 a hébergé le consulat des États-Unis de 1940-1952.


Bayt Batterjee.

Bayt Masaoud.

Bayt Ashmawy.


Bayt Ashmawy (marron), bayt Masaoud (vert) et une belle anonyme bleue sur la barhat (place) Badeeb.

En pleine journée d’août, il n’y a pas grand monde dans les rues. Mais nous réussissons tout de même à nous balader grâce aux quelques points d’ombre et à des arrêts dans des commerces (café, boutique de souvenirs, restaurant). L’idéal pour visiter ce quartier est de s’y rendre en fin d’après-midi, car les gens sortent et les commerces ouvrent quand la température diminue. C’est à ce moment que l’on peut profiter de la vie de la ville. Au passage, Al-Balad est entièrement piéton, il n’y a aucune voiture, ce qui contraste avec le reste de la ville. Certaines personnes, notamment des travailleurs, se déplacent avec des voiturettes.

Autre fait notable, en ce moment d’importants de travaux de restauration s’opèrent sur de nombreuses maisons de la vieille ville. Ces travaux sont réalisés dans un projet de renaissance de la vieille ville pour l’horizon 2030, l’objectif étant de repeupler et redynamiser ce quartier, tout en attirant des touristes. J’espère que les habitants de Djeddah pourront effectivement bénéficier de ces rénovations sans subir une gentrification potentielle par le tourisme.


Baharat Nassif.


Mosquée Al Ma’amar (construite au XVIIe siècle) et rue du souk Al Alawi.


Rues de Al-Balad.


Mosquée Al-Maghrabi (construite en 1847).


Mosquée Abu Bakr Al-Siddiq (construite en 1827).

• Nous passons également devant le site d’Al-Shona. C’est une ancienne forteresse militaire construite à la fin de l’ère mamelouke, sous le règne du sultan Al-Ghouri (XVe-XVIe siècle), pour défendre la ville contre face aux navires portugais. Elle a ensuite subi des transformations pour devenir un entrepôt de marchandises aux XIX et XXe siècles. Plusieurs artefacts trouvés dans l’entrepôt sont exposés au musée Bayt Nassif, par exemple de la porcelaine chinoise importée.

• Nous sortons au nord d’Al-Balad, par Bab Jidat Al-Qadimla ou vieille porte de Djeddah. Comme Bab Makkah, il s’agit d’une des anciennes portes de la villes, construite lors du sultanat mamelouk vers 1500.


Bab Jidat Al-Qadimla.

• Nous nous rendons à pied au restaurant où nous souhaitons manger. Il nous a été recommandé par un habitant avec qui nous avons discuté. Plusieurs personnes nous aident à trouver le chemin. Avec la chaleur, nous préférons demander plutôt que de faire des détours, et pour le coup, les gens sont très prévenants. Après déjeuner, nous continuons de visiter le nord d’Al-Balad. Nous passons notamment par la Mosquée Al-Jaffali. C’est une grande mosquée construite en 1987, dotée de 20 dômes. C’est vrai que nous ne nous attardons pas avec la température, mais si on avait fait le tour du Lac Arbaeen, nous aurions pu l’observer avec une bien meilleure vue (comme sur cette photo).


Mosquée Al-Jaffali.

• Nous avons aussi fait un détour jusqu’au Tombeau d’Ève, enfin plutôt les murs qu’il reste, malheureusement. La tradition populaire musulmane attribue cette sépulture présumée à Ève depuis le XIIe siècle, bien que selon la tradition juive, la tombe d’Ève soit plutôt située à Hébron, en Palestine. La tombe a été détruite par les autorités saoudiennes en février 1928, au motif qu’elle encourageait la superstition. Elle fait partie des nombreux sites hijazi, liés à l’Islam précoce, détruits au XXe siècle par le régime wahhabite. Le site a été scellé par une chape de béton en 1975 et héberge de nos jours un cimetière. Malgré la répression et la destruction, il attire toujours des pèlerins.

• Nous retournons ensuite vers Al-Balad. Nous passons notamment par le monument de la place Midan Al-Bay‘a. C’est une sculpture moderne, datant de 2021, et représentant des minarets. Ils me rappellent les minarets mamelouks que j’ai pu voir en visitant Le Caire (les deux minarets ajoutés à Bab Zuweila, un des minarets de la mosquée Al-Azhar, ceux de la mosquée du sultan Hassan ou de la mosquée Al-Rifa’i, etc). La place est encore en travaux, donc c’est possible qu’elle soit bien mieux aménagée et que le monument ait un nom à l’avenir.


Monument de la place Midan Al-Bay‘a.

• Nous nous baladons dans le quartier, et c’est là que nous visitons le musée Bayt Nassif et la maison Al-Matbouli dont les photos sont plus haut dans la liste des maisons historiques. En effet, les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs, et pour visiter l’après-midi, nous revenons après 17h.

• Puis nous nous rendons à la fin de la zone piétonne, rue Al Zahab, pour prendre un VTC en direction le Musée Al-Taybat, pour 30 SAR pour 12 km. Prenez en compte la forte circulation en fin d’après-midi, les temps de trajets sont plus longs. Le musée est situé juste à côté de la jolie Mosquée Al Mabarrah. Cette mosquée récente s’est inspirée du style des maisons hijazi. L’intérieur semble également très beau et coloré (voir ici), mais nous n’avons pas eu le temps de visiter.


Mosquée Al Mabarrah.

• Revenons au Musée Al-Taybat ! Il est super grand et pour le visiter entièrement, cela prendrait des heures. Et du fait de ses horaires (9h-13h puis 17h-21h) et de notre peu de temps sur place, nous n’avons pas pu tout voir. L’entrée coûte 50 SAR/pers.
La qualité du musée est malheureusement inégale.
Commençons par le positif : Les salles aux étages. On retrouve une multitude d’objets, de vêtements et de décors regroupés et classés par thématiques (histoire et civilisation de l’Arabie Saoudite, ses cultures régionales, notamment architecture et folklore du Hedjaz et de Jeddah + diverses civilisations islamiques (iranienne, maghrébine, ottomane), histoire pré-islamique saoudienne, etc) par Abdul Raouf Hassan Khalil. C’est vraiment intéressant, on dirait un musée ethnographique sur l’Arabie Saoudite et on peut vraiment y passer beaucoup de temps. Par contre, c’est dommage car il n’y a pas assez de descriptions et d’explications, même s’il y en a quelques-unes en arabe et en anglais. Cette collection a un potentiel énorme si une équipe de chercheurs et historiens pouvaient y apporter de l’ordre.
Le négatif : Le rez-de-chaussée semble plutôt être à destination d’enfants ou de groupes scolaires. Apparemment, c’est l’aile de la “culture générale”. On trouve différentes salles traitant de plein de sujets différents (astronomie, préhistoire, religion) mais en version très simplifiée et enfantine. Il y a aussi des salles un peu étranges avec des cadres avec citations de développement personnel. On dirait le profil Facebook de quelqu’un, d’ailleurs on retrouve même des screenshots. Cela ne fait pas très sérieux et c’est vraiment très dommage.
Sur les murs dans les couloirs, que ce soit au rez-de-chaussée ou à l’étage, il y a des immenses paragraphes collés en arabe sans photo ni mise en page. Même pour un locuteur arabe, c’est horrible à lire tellement c’est long et sans forme.
Sinon, le personnel est très gentil et nous étions tranquilles en soirée. Je conseille quand même de le visiter, mais allez directement aux étages !


Musée Al-Taybat.

• Nous sortons du musée pour dîner puis nous prenons un VTC pour nous rendre au Jet d’eau du roi Fahd. C’est le plus grand jet d’eau du monde avec ses 312 mètres (le jet d’eau de Genève mesure 140 mètres), et il a été mis en service en 1985. Il fonctionne en soirée. Nous sommes venus le voir depuis la corniche Al-Hamra, qui est un parc en bord de mer avec des stands de nourriture. Il est très la nuit, nous croisons des familles et des couples. Puis nous rentrons dormir en reprenant un VTC.


Jet d’eau du roi Fahd.

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► JOUR 3 :

• Le matin, nous prenons un VTC pour nous rendre à la gare ferroviaire de Djeddah afin de prendre notre train en direction de Médine. Pour cette journée, afin de pouvoir entrer dans les différentes mosquées, je porte un hijab avec une robe ample.

TGV Djeddah > Médine le 14 août 2025, départ de Djeddah à 07h32, arrivée à Médine à 09h24.
Prix : 286 SAR/pers soit 64,94 €/pers (train A/R avec retour à l’aéroport de Djeddah) avec Haramain High Speed Railway.
Ce n’est pas le premier train de la journée, il y en a des plus tôt, notamment depuis l’aéroport de Djeddah.

MÉDINE :saudi_arabia:

Médine, Medina ou Madinah est la deuxième ville sainte de l’islam après La Mecque, située elle aussi dans la région du Hedjaz. Elle existe depuis le IXe siècle av. J-C, notamment sous le nom de Yathrib et était peuplée de tribus juives et arabes. C’est ici qu’est venu s’installer en 622 (hégire) le prophète Mohamed lorsqu’il aurait reçu l’ordre d’Allah de quitter La Mecque, située à 430 km. Il y mourut et y fut enterré en 632. Son tombeau se trouve dans la mosquée du Prophète. La ville comporte une multitude de sites sacrés contemporains de Mohamed, dont une partie a été détruite par les wahhabites au XXe siècle : mosquées, tombeaux, cimetières, maisons.
De nos jours, Médine est la 4e ville la plus peuplée d’Arabie Saoudite avec plus de 1,4 millions d’habitants.

• Une fois arrivés à la gare ferroviaire de Médine, nous posons nos bagages à la consigne à bagages (je ne me souviens pas du prix, mais il y en a dans différentes gares ferroviaires saoudiennes). Puis, nous prenons un VTC pour nous rendre au centre pour 24 SAR soit 5,5 € les 13 km. La température est déjà écrasante, ce jour-là il fera 45 °C pour 10 %RH. Mais comme c’est beaucoup plus sec, et que nous ne marcherons pas beaucoup, nous n’avons pas trouvé cela plus difficile que la veille.

• Notre première destination : la Mosquée du Prophète, Al-Masjid Al-Nabawi. 2e mosquée la plus importante dans l’islam, elle a été construite par Mohamed lors de l’hégire en 622. Au fil des siècles, elle a été agrandie et améliorée par les différents califes qui se sont succédé. Sa dernière modification date du roi Fahd en 1985, mais une nouvelle extension est en cours de travaux ! L’enceinte de la mosquée est ainsi 100 fois plus grande que celle construite originellement par Mohamed et peut accueillir jusqu’à un million de pèlerins. Elle est composée de plusieurs zones : la salle de prière ottomane et ses multiples extensions, la chambre des tombes de Mohamed et de deux de ses associés, la Rawdah ash-Sharifah qui est une zone située entre la chambre funéraire et le minbar (chaire) original de Mohamed. Les extensions successives de la mosquée ont peu à peu englobé plusieurs sites contemporains de Mohamed : les maisons de sa fille Fatima, de ses compagnons de voyage Omar, Abu Bakr, Othman, Jafar, Abbas, Ammar bin Yasir et Naufal bin Harris, de Abu Ayyub Ansari qui l’a logé, de sa femme et fille d’Omar Hafsa, ainsi que le jardin d’Abu Talha. La mosquée est surmontée de 27 dômes dont le dôme vert qui se trouve au-dessus de la Rawdah et de la chambre funéraire, ainsi que 10 minarets construits à différentes époques, notamment l’emblématique minaret Bab al-Baqi qui est le plus proche du dôme vert. Le bâtiment est encerclé d’une cour qui dispose de nombreux parasols mécanisés permettant de protéger les visiteurs du soleil. Des sanitaires et des robinets d’eau zamzam pour boire sont disponibles gratuitement.
L’accès à la mosquée est libre et gratuit, seule l’accès à la Rawdah est contrôlé et conditionné par une inscription sur la plateforme Nusuk. Évidemment, quand je dis “libre”, c’est à condition de porter une tenue vestimentaire adéquate. Les visiteurs des mosquées de Médine proviennent du monde entier, donc on voit passer des gens avec des tenues très différentes les unes des autres. A partir du moment où l’on respecte les codes vestimentaires, on passe inaperçu au milieu de tout ce monde, et on entre sans avoir besoin de montrer le moindre document.
Nous entrons donc sans problème dans la mosquée du Prophète, chacun de notre côté. Les entrées sont différentes mais une fois à l’intérieur, de simples paravents nous séparent. Côté hommes comme femmes, c’est plutôt calme, les groupes s’assoient en cercle pour discuter. Certains se reposent ou lisent des livres, d’autres marchent. Cela n’empêche pas les gens de prendre des photos, ce qui nous rassure car nous ne voulions pas déranger. Il arrive même que quelques personnes un peu plus âgées passent des appels un peu bruyants pour montrer la beauté de l’intérieur de la mosquée à leurs proches. C’est amusant car assez universel, mais également touchant.

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète
Mosquée du Prophète.

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète
Intérieur de la Mosquée du Prophète.

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète

Mosquée du Prophète
Cour de la Mosquée du Prophète.

• L’ensemble est entouré de grands hôtels pour accueillir les voyageurs. C’est un peu comme pour la mosquée sacrée de La Mecque. La construction de ces grands immeubles, combiné à l’extension de la mosquée du Prophète, a provoqué la destruction de sites anciens datant de l’islam précoce, contemporain de Mohamed. C’est moins marqué ici à Médine, mais des sites millénaires ont ainsi été remplacés par des tours toujours plus gigantesques à l’américaine. D’ailleurs, autour de la mosquée, on retrouve plusieurs points de restauration, notamment un KFC, ce qui nous a également marqué. Le site de la mosquée du Prophète est magnifique et il y règne une atmosphère particulière, qui contraste avec tout ce business.

• 3 mosquées très anciennes subsistent autour de la mosquée du Prophète. La Mosquée de Al-Ghamama a été érigée en 631. Il s’agit d’une mosquée en pierres de basalte noire dotée de 11 dômes.

Mosquée de Al-Ghamama

Mosquée de Al-Ghamama

Mosquée de Al-Ghamama

Mosquée de Al-Ghamama
Mosquée de Al-Ghamama.

• La Mosquée Abu Bakr As-Siddiq est une toute petite mosquée érigée en 705. Elle est également faite de pierres de basalte noire et dispose d’un unique dôme.

Mosquée Abu Bakr As-Siddiq

Mosquée Abu Bakr As-Siddiq
Mosquée Abu Bakr As-Siddiq.

Mosquée de Al-Ghamama et mosquée Abu Bakr As-Siddiq
Mosquée de Al-Ghamama (à gauche) et mosquée Abu Bakr As-Siddiq (à droite).

• Enfin, la Mosquée d’Ali bin Abi Talib ou simplement Mosquée d’Ali est une mosquée toute blanche construite en 705 également. Originellement plutôt simple, elle a évolué au fil des siècles, a été détruite et reconstruite, ce qui l’a modernisée. Elle doit son nom à Ali, cousin, gendre et compagnon de Mohamed, qui priait régulièrement à cet emplacement.

Mosquée d'Ali bin Abi Talib

Mosquée d'Ali bin Abi Talib
Mosquée d’Ali bin Abi Talib.

• Dans la même zone, vous pouvez visiter le jardin Sokaifat Bani Saedah. C’est un jardin historique où les compagnons de Mohamed ont prêté allégeance à Abou Bakr Al-Siddiq après sa mort en 632. De nos jours, c’est un jardin luxuriant mais il était fermé pour maintenance quand nous sommes venus (photos ici).

• Il y a aussi un vieux souk, normalement situé entre Sokaifat Bani Saedah et la mosquée Ali bin Abi Talib, à l’ouest du Alsalam Museum (pour se situer par rapport à la mosquée du Prophète, c’est à peu près aligné avec la porte n°6). Ce bazar est composé de chapiteaux amovibles où sont venus des vêtements, des tissus, des bijoux, des parfums et encens, des fruits et légumes, des objets religieux, des livres, des souvenirs de Médine et de La Mecque (photo ici). Nous n’avons pas vu ce souk, peut-être que cela dépend de l’heure ou de la période de l’année. Et comme il y a pas mal de travaux en ce moment, peut-être qu’il est temporairement absent.

• Nous n’y sommes pas allés, mais un autre point d’intérêt autour de la mosquée du Prophète est le Cimetière Al-Baqi. Il s’agit d’un cimetière fondé par Mohamed en 622, où auraient été enterrés un bon nombre de ses proches : un bon nombre de ses épouses dont Aïcha et Hafsa, plusieurs de ses enfants dont Fatima, Ruqayya, Ibrahim, Zaynab et Oumm Kalthoum, sa nourrice et mère adoptive Halimah, des oncles, tantes, et petits-enfants, ainsi que plusieurs de ses compagnons notamment As’ad, Othman, Abdullah ibn Masud, Abu Huraira, Sa’d ibn Mu’adh, Abu Saʿid al-Khudri. Des dirigeants et érudits sont également enterrés ici. Le cimetière a été démoli 2 fois par les wahhabites en 1806 puis définitivement en 1926, anéantissant des siècles d’histoire et provoquant l’indignation dans le monde musulman. Certaines communautés musulmanes commémorent depuis un jour de tristesse pour le jour de cette destruction, le 21 avril 1926. Voici une photo d’avant sa destruction : ici.

• Nous partons ensuite en VTC au nord-ouest vers la Mosquée Al-Qiblatain (7,5 km). Érigée en 623, elle fait partie des trois plus vieilles mosquées au monde avec la mosquée du Prophète et la mosquée de Quba que nous irons visiter par la suite. C’est une des rares mosquées qui disposait de deux mihrab, c’est-à-dire deux niches dans le mur d’une mosquée indiquant la qibla (direction vers laquelle les musulmans doivent se tourner lorsqu’ils prient). Dans le cas de cette mosquée, les mihrab pointent dans deux directions différentes : un vers la Kaaba de la mosquée sacrée à La Mecque, et un vers le mont du Temple à Jérusalem. En effet, c’est la mosquée où Mohamed a eu la révélation de changer la qibla, initialement de Jérusalem vers La Mecque. Cependant, la mosquée a été totalement démolie et reconstruite en 1987 sous le roi Fahd. Le mihrab pointant vers Jérusalem n’a pas été reconstruit. La mosquée est toute blanche, éblouissante, et comporte deux minarets ainsi que deux dômes. Le côté homme et le côté femme ne sont pas au même étage. Les femmes ne disposent que d’un petit espace à l’étage du dessous.

Mosquée Al-Qiblatain

Mosquée Al-Qiblatain

Mosquée Al-Qiblatain

Mosquée Al-Qiblatain
Mosquée Al-Qiblatain.

Quartier autour de la mosquée Al-Qiblatain
Quartier autour de la mosquée Al-Qiblatain.

• Puis direction le sud, toujours en VTC, vers la mosquée de Quba (12 km). Sur le chemin, nous nous arrêtons au Château de Quba. Il s’agit d’une forteresse bâtie dans le village de Quba, aujourd’hui englobé dans Médine, en 1916 par le gouverneur de Médine sous l’empire ottoman. L’objectif était de protéger l’empire ottoman de l’armée hachémite (Jordanie). Quand nous sommes venus, il était en travaux, mais cela semblait presque terminé. Peut-être sera-t-il visitable à l’avenir ?

Château de Quba
Château de Quba.

• Nous repartons avec le même VTC en direction de la Mosquée de Quba. Elle est considérée comme la première mosquée du monde, du vivant de Mohamed, et sa construction fait l’objet de différents récits. Dans l’un, Mohamed fonda la mosquée lui-même, bien qu’il existe différentes explications quant au choix du site. Dans l’autre Mohamed fit monter Ali sur un dromadaire puis construisit la mosquée là où le dromadaire est allé. La mosquée a été modifiée et agrandie de nombreuses fois. Elle aussi a été entièrement reconstruite par le roi Fahd, en 1986, en conservant le style d’architecture de Médine. Avant cette reconstruction, elle avait gardé son style omeyyade pendant des siècles, avec une salle de prière couverte et une cour intérieure entourée de galeries à arches. Depuis, elle dispose de nombreux ajouts comme 7 portes, 4 minarets et 56 dômes. La majorité de la structure est faite de marbre blanc. De nos jours, la mosquée fait 6000 m² et la cour 13500 m².

Mosquée de Quba

Mosquée de Quba

Mosquée de Quba

Mosquée de Quba
Mosquée de Quba.

• A quelques pas de la mosquée de Quba, se trouve le Puits et le Jardin Ethiq. C’est ici que Mohamed et ses compagnons auraient été accueillis par les habitants de Quba après sa fuite de La Mecque.

• Nous croisons ensuite un chauffeur de taxi qui nous propose de nous amener aux derniers sites que nous voulions visiter. Nous convenons de le payer 80 SAR pour aller aux sept mosquées puis à la mosquée Sayyid Al Shuhada Ouhoud avant de nous déposer au restaurant.
Nous arrivons donc au site des Sept mosquées et de la Mosquée Al-Khandaq (9,7 km). C’est un complexe comprenant 6 petites mosquées historiques (probablement 7 à l’origine) ainsi qu’une grande mosquée récente, la mosquée Al-Khandaq. Les petites mosquées sont liées à la bataille de la Tranchée qui a opposé Mohamed et ses compagnons musulmans à la tribu arabe Quraych, en 627.

Pour donner un peu de contexte historique, il s’agit de la tribu de naissance de Mohamed, qui était dominante à La Mecque. Originellement polythéistes, les Quraychites se sont opposés à Mohamed quand celui-ci a commencé à prêcher l’islam. C’est la raison de l’hégire de Mohamed en 622, qui l’amène à Médine, et aussi la cause des trois grandes batailles : Badr en 62, Ouhoud en 625 et Khandaq (ou Tranchée) en 627. La bataille de la Tranchée a été remportée par Mohamed et ses compagnons. Le conflit se termine en 630 avec la prise de La Mecque et la conversion à l’islam des Quraychites.
Les compagnons musulmans défendant Médine se trouvaient dans ces mosquées, et chaque mosquée porte le nom de la personne qui y était en poste :

  • Mosquée Al-Fath, la plus au nord de la mosquée Al-Khandaq ;
  • Mosquée Salman Al-Farsi, entre la mosquée Al-Fath et la mosquée Al-Khandaq ;
  • Mosquée Abou Bakr Al-Siddiq, à l’ouest de la mosquée Al-Khandaq mais elle a été rasée pour construire un parking (ancienne photo) ;
  • Mosquée Omar bin Khattab, au sud-ouest de la mosquée Al-Khandaq ;
  • Mosquée Ali bin Abu Talib, la plus au sud ;
  • Mosquée Fatima Az-Zahra aussi appelée Sa’ad Bin Ma’az, située à l’ouest de la mosquée Ali bin Abu Talib, datant du XIXe siècle ;

Ces mosquées sont utilitaires et ne présentent pas d’ornement. La mosquée Al-Khandaq (khandaq signifie tranchée) est bien plus moderne et adopte le même style architectural que les versions rénovées des mosquées Quba et Al-Qiblatain. Elle n’est pas présente sur les photos d’archives datant de la 1ère moitié du XXe siècle (exemples ici et ici). Donc j’imagine qu’elle date des années 1980, en tous cas sa version actuelle.

Mosquée Al-Khandaq et mosquée Salman Al-Farsi
Mosquée Al-Khandaq (à gauche) et mosquée Salman Al-Farsi (à droite).

Mosquée Al-Khandaq et mosquée Al-Fath
Mosquée Al-Khandaq (à gauche) et mosquée Al-Fath (à droite).

Intérieur de la mosquée Al-Khandaq
Intérieur de la mosquée Al-Khandaq.

• Puis nous repartons avec notre chauffeur de taxi en direction du nord : Mosquée Sayyid Al-Shuhada, située au pied du Mont Ouhoud (7 km). Ce lieu occupe une place sacrée chez les musulmans car il a été le théâtre de la bataille d’Ouhoud qui a opposé Mohamed et ses compagnons à la tribu arabe Quraych, en 625, comme expliqué juste au-dessus. :arrow_up: Cette bataille a été une défaite pour Mohamed et ses compagnons qui ont dû se replier dans la montagne Ouhoud. De nombreux compagnons sont morts ici et 70 ont été enterrés sur place, dans ce qui est devenu le cimetière des martyrs d’Ouhoud. L’oncle paternel de Mohamed : Hamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, Mousab ibn Oumayr et Abd-Allah ibn Jahsh sont notamment enterrés ici. Ce cimetière a été rasé par les wahhabites. De nos jours, il est entouré par des murs pour empêcher les pèlerins d’approcher. La tombe de Hamza est encore indiquée.
La mosquée Sayyid Al-Shuhada, ou mosquée du Maître des Martyrs, est une mosquée récente inaugurée en 1987 par le roi Fahd. Durant l’époque ottomane (1517-1744), une petite mosquée commémorative avait été érigée, mais celle-ci a été remplacée par la mosquée actuelle. D’une architecture saoudienne typique mais moderne, elle peut accueillir plus de 15 000 fidèles, ce qui fait d’elle la 2e plus grande mosquée de Médine. Elle est entourée de petits stands vendant des souvenirs.
Juste à côté, se situe la colline des Archers, aussi nommée Jabal al-Rumah et Jabal Ainain. Il s’agit d’une petite colline sur laquelle 50 archers sont allés à l’encontre de l’ordre de Mohamed, ce qui a fait perdre la bataille aux musulmans. Au lieu d’attendre les ordres, ils ont déserté leur poste pensant que la bataille était terminée.
De nos jours, il est possible de monter sur la colline, qui donne une vue panoramique sur la zone.

Enfin quelques mots sur le Mont Ouhoud ou Uhud. Il s’agit d’un massif volcanique isolé culminant à 1077 mètres et mesurant 7 km de long. Il est composé principalement de roches volcaniques rouges et basaltiques anciennes, d’où sa couleur et son aridité qui donnent des points de vue assez impressionnants.
Nous ne nous sommes pas approchés vu la température qu’il faisait, mais il y a aussi la grotte d’Ouhoud, où Mohamed a été emmené après avoir été blessé au combat. Celle-ci est scellée par du béton et entourée de grillages pour interdire l’accès, bien que certains aventurieux arrivent tout de même à s’y rendre. A priori, la grotte est vide.

Par contre, il est possible de monter jusqu’au sommet du mont par la route. Nous ne l’avons pas fait, mais la vue semble incroyable, notamment quand le soleil se couche (photo ici) !

Mosquée Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud

Mosquée Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud
Mosquée Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud.

Cimetière des martyrs d'Ouhoud
Cimetière des martyrs d’Ouhoud avec la tombe de Hamza visible, quartier Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud.

Quartier Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud
Quartier Sayyid Al-Shuhada et mont Ouhoud.

Intérieur de la mosquée Sayyid Al-Shuhad
Intérieur de la mosquée Sayyid Al-Shuhada.

• A la fin de notre visite, notre chauffeur de taxi nous dépose dans un restaurant qu’il nous a recommandé. Il est déjà 15h. Après manger, nous commandons un VTC pour retourner au centre, aux alentours de la mosquée du Prophète. Nous nous baladons dans les rues composées de grands immeubles comportant des hôtels, des commerces et des restaurants. Parmi les commerces, nous trouvons surtout des magasins de vêtements ou de souvenirs de Médine et de La Mecque, quelques supermarchés et pharmacies. Donc même si le vieux souk n’était pas présent, nous avons pu faire quelques achats de souvenirs. N’hésitez pas à négocier les prix qui sont généralement gonflés.

Alentours de la mosquée du Prophète

Alentours de la mosquée du Prophète

Alentours de la mosquée du Prophète

Alentours de la mosquée du Prophète

Alentours de la mosquée du Prophète

Alentours de la mosquée du Prophète
Alentours de la mosquée du Prophète, grands immeubles, mosquées et horloge Al-Naqah.

• Il est l’heure de prendre un VTC pour retourner à la gare ferroviaire, prendre notre train en direction de l’aéroport de Djeddah pour prendre notre avion pour le Kenya. C’est ainsi que s’achève notre petite escale en Arabie Saoudite.

TGV Médine > Aéroport de Djeddah le 14 août 2025, départ de Médine à 19h00, arrivée à l’aéroport de Djeddah à 20h48.
Vol Djeddah > Nairobi le 15 août 2025, départ de Djeddah à 01h30, arrivée à Nairobi à 05h30.


► BILAN ◄

Plein de choses à dire après seulement 2 jours en Arabie Saoudite !
On ne va pas se mentir, le pays est encore très conservateur avec les hommes d’un côté, et les femmes et familles de l’autre. C’est sans commune mesure par rapport à d’autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient que j’ai pu visiter par le passé (Maroc (1) (2), Algérie (1) (2), Tunisie (1), Turquie (1), Égypte (1)). On observe quand même des améliorations, notamment chez les jeunes qui sont plus progressistes. Ainsi, on retrouve de nombreuses femmes à des postes de police aux frontières ou de réceptionniste, et on a aussi vu des jeunes hommes et femmes travailler ensemble comme serveurs dans un café. Un jeune chauffeur de VTC nous a également fait part de sa satisfaction face à ses changements, c’est plus facile de se parler entre hommes et femmes. Nous avons vu quelques couples (sûrement mariés, cela dit) se permettre des gestes d’affection en public. Espérons que la société continue de gagner en libertés. A nous, occidentaux, de comprendre également que les sociétés sont toutes complexes et évoluent (en bien ou en mal) de façon différente. Et que le peuple est différent de ses dirigeants.
J’aime également voir que les enfants ont une place centrale ici (et dans beaucoup de pays du Sud de manière générale) alors qu’ils sont bien plus mis en retraits voire presque indésirables dans les sociétés occidentales.
Les gens avec qui nous avons échangé se sont tous montrés accueillants, serviables et curieux. Ils ne parlent pas forcément bien en anglais donc ce sont plutôt des échanges en arabe (avec mon mari donc). Mais je retiens tout de même un échange où un vieil homme m’a demandé personnellement mon avis sur l’Arabie Saoudite et si j’avais changé ma vision sur les Saoudiens. “Les européens nous prennent pour des terroristes.” Cela fait réfléchir au fait que même en étant conscients de comment ils sont dépeints dans les médias occidentaux, ils se sont montrés ouverts.
Plusieurs employés d’un restaurant, saoudiens et travailleurs étrangers, étaient prêts à nous amener en voiture à la gare pour nous éviter de prendre un taxi en plein service.
Autre fait marquant, dont j’ai parlé plusieurs fois dans ce carnet, c’est toutes ces démolitions de sites liés à l’islam précoce. 98% du patrimoine historique et religieux d’Arabie Saoudite a été détruit, principalement à La Mecque et Médine. Certaines destructions ont été faites conformément à l’interprétation wahhabite (ou salafiste) de l’islam qui cherche à interdire le culte des saints, entre le XIXe et le XXIe siècles. C’est le cas des tombes de tous les compagnons et membres de la famille de Mohamed, ce qui a provoqué l’émoi des communautés musulmanes à travers le monde. Des démolitions sont encore en projet comme la pierre noire de la Kaaba à La Mecque ou le dôme vert de la mosquée du Prophète à Médine ainsi que les tombes qui s’y trouvent, dont celle de Mohamed. D’autres destructions ont été motivés par la volonté d’expansion continue de la mosquée Sacré de La Mecque et de la mosquée du Prophète, dans le but d’accueillir toujours plus de pèlerins. Cela inclue des extensions des mosquées, mais aussi la construction de parkings et d’hôtels toujours plus gigantesques et luxueux. Ainsi les tours Abraj Al Bait, hôtels de luxe de 600 mètres de haut remplacent la forteresse ottomane d’Ajyad datant de 1775. Très récemment, le projet « King Salman Gate », c’est-à-dire de nouveaux immeubles, hôtels et centre commerciaux, a provoqué la destruction de quartiers entiers. En fait, la plupart des destructions ont eu lieu au XXIe siècle et semblent être motivées par un désir de croissance économique. Certaines personnalités dénoncent une manhattanisation de La Mecque, en décalage avec son esprit de spiritualité.
En bref, des sites très anciens, qui ont traversé les siècles en faisant partie de la vie de la population, ont terminé aplatis par des bulldozers afin de se suivre l’interprétation des wahhabites et de répondre à une envie de croissance capitaliste débridée. Et finalement, cela n’empêche pas les pèlerins de quand même vouloir se rapprocher de ces lieux comme nous avons pu le voir aux abords des cimetières. Malgré la destruction de ses sites, la visite de Médine reste très intéressante d’un point de vue historique pour les non croyants, et bien sûr d’un point de vue religieux et spirituel pour les croyants. Le patrimoine est/était juste impressionnant !
L’Arabie Saoudite, ce n’est pas que des grandes villes comme La Mecque, Médine, Djeddah ou Riyad, d’autres plus petites villes seraient très intéressantes à visiter pour un prochain voyage : Diriyah et les villages de la province d’Al Qassim à l’architecture typique des bédouins du Nejd, Rijal Almaa un village fortifié existant depuis le Xe siècle et Najran faisant tous 2 penser à Chibam au Yemen, ou encore Umluj ville balnéaire.
C’est un vaste pays couvert majoritairement par le désert d’Arabie qui regorge de merveilles. Parmi elles, on peut citer le désert du Rub al-Khali, l’oasis d’Al-'Ula, le Bord du Monde, le Wadi Al-Disah, l’oasis d’Al-Ahsa la plus grande oasis du monde, ou encore 'Uruq Bani Ma’arid un des plus grands déserts du sable du monde abritant plusieurs animaux grandement menacés, dont l’Oryx d’Arabie.
On y trouve également plusieurs sites humains très anciens : la cité nabatéenne de Hégra des Ier siècle av. JC-Ier siècle ap. J-C, la zone archéologique d’ Al-Faw, les sites préhistoriques dotés de peintures rupestres Bir Hima et Haïl datant tous 3 du Paléolithique et du Néolithique. Plusieurs de ces sites cités sont au patrimoine mondial de l’UNESCO (Diriyah, Rijal Almaa, Hégra, Bir Hima, Haïl, Al-Faw, 'Uruq Bani Ma’arid, Al-Ahsa, etc).
Pour son histoire, sa culture, sa complexité, sa nature, et son actuelle évolution, l’Arabie Saoudite est une destination très intéressante à découvrir, avec peu de touristes (hors La Mecque et Médine évidemment) !

C’est bien beau, mais nous, ce qu’on veut, c’est le whatsapp d’un chauffeur qui sait conduire, connaît son pays, nous invite à dîner chez sa mère et nous met des étoiles plein les yeux !

Plus sérieusement, CR génial, fabuleux, comme d’habitude…

PS Démolir la Kaaba… au secours !

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Ahahah, désolée je suis trop dans la description, je ne fais pas dans l’hyperbole poétique (je suis gentille avec eux, là) ! :grin:

Merci en tous cas !

Merci pour ce superbe post.
Je dois partager un séjour d’environ une semaine entre Medine (où j’atterris) et Jeddah ou le Barça joue 4 jours plus tard et encore 4 jours après (s’ils gagnent). Est-ce que 4 jours par ville ça va ? Et est-ce qu’il est possible de les visiter en vélo ?
(Nb il s’agit de la super coupe d’Espagne du 7 au 11 janvier à Jeddah)
Merci.

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Merci pour votre retour !

J’imagine que vous trouverez de quoi faire en 4 jours dans chaque ville si en plus vous venez aussi à l’occasion d’un match de foot. Mon cas est un peu particulier, car il s’agit d’une visite accélérée dans le cadre d’une escale. Djeddah comme Médine méritent à mon sens plus d’une journée de visite, contrairement à ce que j’ai fait. Après, passer 4 jours dans chaque ville, tout dépend de votre rythme de visite.

Je sais qu’il y a des vélos louables et quelques pistes cyclables à Médine et à Djeddah, mais je ne sais pas à quel point c’est développé. Vu la température en août, je ne me suis pas posée la question et j’ai juste constaté leur existence, mais effectivement en janvier le temps sera très bon pour faire du vélo. Djeddah comme Médine sont de grandes villes qui ne peuvent pas se parcourir uniquement à pied. Le vélo me semble être une solution sympa pour éviter la voiture.
A Médine, il est possible de louer des vélos de ville via Careem Bike. Il y a plein de bornes.
Mais j’ai l’impression que ce n’est pas le cas à Djeddah où le service n’est pas proposé. Par contre, il y a des magasins de location de vélo plus classiques.

Voici un article de blog sur les Careem Bikes de Médine : Cycling Through the Holy City of Medina: A Guide to Using Careem Bike Rental - Kosupa Travel

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Très bien, je ferai donc 4 jours dans chaque ville.
Merci beaucoup pour votre réponse et très bonnes fêtes !

Bonnes fêtes à vous aussi !

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