Bonjour ! ![]()
Voici un retour sur nos deux jours d’escale que j’ai effectué à Djeddah et Médine, en Arabie Saoudite.
Pour donner un peu de contexte, nous avons fait un voyage au Kenya : 6 jours de safari, puis visite de Mombasa et de Nairobi.
Le voyage a eu lieu du 12 au 26 août 2025. Je détaille ce voyage dans un autre poste : Retour de voyage : Safari de 6 jours + Mombasa et Nairobi
A l’aller, nous avons ainsi passé deux jours d’escale en Arabie Saoudite, les 13 et 14 août. La compagnie aérienne Saudia permet d’effectuer des escales jusqu’à 96 heures grâce à un visa de transit facile à obtenir en ligne. Je détaille tout cela juste en dessous.
► FORMALITÉS ◄
ENTRÉE EN ARABIE SAOUDITE
Il existe plusieurs types de visa touristiques pour venir en Arabie Saoudite :
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VISA DE TRANSIT : Aussi nommé visa d’escale ou stopover visa selon les sites, c’est un e-visa qui permet de rester jusqu’à 96 heures en Arabie Saoudite. Il n’est pas prolongeable et une seule entrée est permise. Il y a une liste de pays éligibles, dont la France, la Suisse et le Canada. Pour l’obtenir, il faut impérativement voyager avec les compagnies aériennes Saudia ou Flynas, la procédure de demande de visa se faisant sur leur site internet. La demande ne peut se faire qu’à partir des 90 jours précédant le voyage. Donc deux possibilités :
→ Soit on achète les billets d’avion avec escale bien avant ces 90 jours (c’était mon cas), puis on attend de pouvoir faire la demande sur le site de la compagnie aérienne, dans l’onglet “Seats and options”.
→ Soit on achète les billets d’avion avec escale dans les 90 jours précédant le départ, dans ce cas la demande de visa peut se faire en même temps que l’achat.
Lors de la demande, il faut payer des frais de service et d’assurance pour cette demande de visa, à hauteur de 52,5 SAR/pers soit 11,9 $/pers. Le visa est délivré dans la journée par mail sous forme de pdf. C’est avec ce visa que je suis venue en Arabie Saoudite. -
VISA DE COURT SÉJOUR : C’est un e-visa à entrées multiples, valable 1 an, qui permet de rester jusqu’à 90 jours par entrée en Arabie Saoudite. Il y a une liste de pays éligibles plus élargie que le visa de transit, dont la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada. La demande se fait en ligne sur le site officiel https://visa.visitsaudi.com. Le prix est de 395 SAR/pers, soit 89,60 €/pers (à voir si c’est le même prix pour tous les pays).
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VISAS POUR MOTIF RELIGIEUX : Pour réaliser la Oumra (petit pèlerinage), il est possible de passer par un visa de transit ou un visa de court séjour. Il me semble que c’est une case à cocher pour motif religieux. Il faut aussi s’inscrire sur la plateforme officielle https://umrah.nusuk.sa pour accéder à La Mecque et à la Rawdah de la mosquée du Prophète à Médine (le reste de la mosquée du Prophète et de Médine est en accès libre). Pour réaliser le Hajj (grand pèlerinage, à une certaine période de l’année), il faut passer par un visa spécifique qui se demande sur la plateforme officielle https://hajj.nusuk.sa. Il me semble que cela nécessite de passer par une des agences de voyage agréées par le ministère du Hajj et de la Oumra.
Dans tous les cas, il faut avoir un passeport dont la durée de validité dépasse d’au moins six mois la fin du séjour.
Plus d’informations sur France-Diplomatie : Arabie Saoudite - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
et Visit Saudi : https://www.visitsaudi.com/fr/plan-your-trip/visa-regulations
ACCÈS AUX NON MUSULMANS
La seule ville en Arabie Saoudite où il y a des restrictions d’accès est La Mecque. En tant que première ville sainte de l’islam, elle n’est accessible qu’aux personnes de confession musulmane.
Toutes les autres villes saoudiennes sont accessibles aux visiteurs musulmans et non musulmans, Médine compris. Médine, la deuxième ville sainte de l’islam, est en effet accessible aux non musulmans depuis quelques temps. Il n’y a pas de contrôle d’accès. Seul l’accès à la Rawdah de la mosquée du Prophète est conditionné par une inscription sur la plateforme Nusuk. Il convient toutefois de respecter les règles sociales et religieuses, notamment pour entrer dans les mosquées.
TENUE VESTIMENTAIRE
→ Pour les femmes : Le port du hijab et de l’abaya n’est pas obligatoire (sauf dans les mosquées). Il est cependant recommandé aux femmes d’éviter les vêtements moulants, les hauts sans manches ou à manches courtes, les décolletés ainsi que les shorts/jupes/robes s’arrêtant au-dessus des genoux. Dans les mosquées, il faut mettre un voile qui couvre les cheveux et le cou, ainsi que porter une robe ou une veste ample cachant les bras, les épaules, le décolleté et les jambes (bas des jambes compris).
→ Pour les hommes : Il faut porter des pantalons et éviter les shorts, les bermudas, les hauts sans manches.
Au vu des températures qu’il peut faire en Arabie Saoudite, privilégiez des matières naturelles légères (coton, soie, lin, viscose…) à des matières synthétiques qui ne respirent pas (polyester, nylon…). Si les matières sont agréables, porter des vêtements amples n’est pas difficile même par haute température (mon voyage a eu lieu en août). Par ailleurs, ils protègent bien du soleil. Complétez votre tenue vestimentaire par un couvre-chef, des lunettes de soleil et de sandales de marche.
Si l’on s’intéresse aux tenues vestimentaires des saoudien(ne)s, on constate qu’une majorité de femmes porte le hijab avec une robe ample ou une veste appelée abaya qui recouvre les vêtements. Cette robe est souvent noire mais on en retrouve aussi de différentes couleurs, avec des broderies. La façon d’ajuster le voile diffère selon les personnes. On trouve une part non négligeable de femmes portant le niqab, mais aussi des femmes saoudiennes sans aucun voile. Beaucoup de femmes se maquillent, et portent des accessoires et bijoux plus ou moins luxueux et voyants. Les hommes portent le thowb, un qamis (robe longue pour homme) blanc à col, parfois accompagné du shemagh, une coiffe bédouine en tissu à motifs blancs et rouges maintenue par un agal. On peut aussi voir des hommes porter des t-shirts et des pantalons. Les tenues sont plus ou moins couvrantes dans les régions et quartiers plus ou moins conservateurs. Une modernisation de la société s’observe depuis quelques années, ça vaut pour les vêtements mais aussi pour les relations entre citoyen(ne)s, la culture, le travail, la vie de tous les jours…
A La Mecque et Médine, c’est un peu différent car les voyageurs viennent du monde entier donc les tenues vestimentaires sont très diversifiées.
Personnellement, pour visiter Djeddah j’ai porté une robe ample de couleur qui s’arrêtait aux avant-bras, sans voile. Pour Médine, puisque j’ai souhaité entrer dans les mosquées, j’ai opté pour une robe à fermeture type abaya de couleur également et un hijab. Il faut savoir que le voile n’est pas obligatoire pour se balader à Médine, mais il l’est pour visiter les mosquées, donc je l’ai gardé à la journée puisque c’était notre activité principale. Mon mari a porté une chemise et un pantalon.
MÉTÉO
Voici un site plutôt complet donnant des données météorologiques sur les pays, régions et villes du monde : Arabie Saoudite : Climat, Quand partir, Température, Météo… | Où et Quand
Je ne vous apprends rien, le mois d’août n’est pas du tout la bonne période pour aller en Arabie Saoudite. Mais bon, notre voyage au Kenya avait lieu à cette période !
La température est écrasante, il faut absolument se protéger du soleil, et de préférence avec des vêtements. Il faut penser à beaucoup boire. Dans la vieille ville de Djeddah, on peut en acheter un peu partout. C’est pareil dans le centre de Médine, et en plus de cela, des robinets d’eau (eau de Zamzam) sont accessibles gratuitement autour de nombreuses mosquées.
Du fait de la chaleur estivale, la vie des Saoudiens est complètement décalée : beaucoup de commerces et de musées ouvrent à 17h (même si on trouve tout de même quelques commerces ouverts toute la journée). Alors qu’on ne croise que peu de monde en journée, les villes se métamorphosent en fin d’après-midi et la nuit. D’ailleurs, on croise encore plein d’enfants en famille même tard le soir.
COMMUNICATION
La communication orale en Arabie Saoudite se fera en arabe (arabe standard moderne ou dialectes arabes saoudiennes) ou en anglais. De plus en plus de saoudiens citadins parlent anglais, notamment chez les jeunes. Les travailleurs étrangers (pakistanais, indiens, népalais, philippins, somaliens, afghans…) que l’on croise régulièrement dans la rue, les commerces, les sanitaires ou les restaurants ne parlent pas toujours arabe, donc il vaut mieux s’adresser à eux en anglais (qu’ils ne parlent pas toujours).
Je parle anglais, tandis que mon mari dont l’Algérie est le pays de naissance, parle anglais, arabe standard moderne. Donc nous n’avons eu aucun problème de communication.
Dans les grandes villes, on trouve des panneaux bilingues arabe/anglais. Je ne sais pas si c’est le cas partout.
Pour le téléphone, étant hors Europe, il faut acheter une carte sim, une carte e-sim ou disposer d’un forfait avec des options internationales. C’est facile de se procurer une carte sim dans un magasin de téléphonie mobile ou dans un commerce de détail. Il y a des magasins de téléphonie dans le hall des aéroports. Nous avons payé 57 SAR soit 13 € pour une carte sim avec 5 Go à l’aéroport de Djeddah.
MONNAIE
Beaucoup de choses se paient en espèces, en riyals saoudiens (SAR) : commerces, restaurants, entrées dans des monuments, taxis, etc. La carte bancaire est aussi largement présente dans les grandes villes. Les VTC comme Uber ou Careem (son équivalent) peuvent se payer directement sur l’application.
Pour se procurer des riyals saoudiens, le mieux est de prendre des billets en euros pour les échanger en Arabie Saoudite dans des bureaux de change. Il y en a un dans l’aéroport de Djeddah et plusieurs en ville.
LOGEMENTS
Comme pour d’autres destinations, on peut réserver des hôtels en ligne, par exemple sur Booking.
Pour les paiements, on trouve aussi bien des logements acceptant le paiement à l’avance en ligne que des logements demandant à être payés sur place.
SE DÉPLACER
○ En ville : Dans les grandes villes, vous pourrez vous déplacer en taxi. Deux possibilités : héler un taxi et négocier la course avec lui ou passer par une application de VTC comme Uber, Careem, Bolt ou Jeeny. C’est très pratique et rapide. Le paiement peut se faire automatiquement via l’application ou en espèces à l’arrivée. Les prix sont très abordables : environ 1,5-2,5 SAR soit 0,3-0,6 € par km à Djeddah et Médine.
A Riyad, Médine, La Mecque, Djeddah, Taëf, etc vous pouvez aussi vous déplacer en bus de ville. Les réseaux ne sont pas tous très développés mais de nombreux projets de développement sont en cours, notamment à Djeddah où l’objectif est de passer des 6 lignes actuelles à 25 lignes dans un premier temps puis 67 dans un second temps ! A Médine, le projet devrait permettre de passer de 15 lignes à 27.
Lors de notre voyage, nous avons privilégié les VTC pour arriver directement aux destinations de notre choix avec un faible temps d’attente au soleil. Les distances sont très grandes aussi bien à Djeddah et Médine donc il n’est pas possible de tout faire à pied, surtout en été.
○ Entre deux villes : L’avion permet de relier les grandes villes avec aéroport du pays (Riyad, Médine, Djeddah, Dammam, Taëf, Al-'Ula, Haïl, Yanbu, Abha, Najran, Buraydah, etc). Les compagnies aériennes saoudiennes sont Saudia, Flynas et Flyadeal.
Le train est aussi un moyen de transport efficace. Le TGV Haramain relie La Mecque à Médine en passant par Djeddah, l’aéroport de Djeddah, et la ville économique du roi Abdallah (KAEC). Il y a de nombreux départs par jour et il est facilement réservable sur le site officiel https://sar.hhr.sa ou via l’application officielle équivalente HHR Train. La Mecque ↔ Djeddah se fait en 30 min, et Djeddah ↔ Médine se fait en 1h50. Il y en ensuite deux lignes de trains plus classiques : North line de Riyad à Damman et East line de Riyad à Al Qurayyat. Ils sont également facilement réservables en ligne sur le site officiel https://www.sar.com.sa ou via l’application officielle équivalente SAR North East. D’autres lignes sont en cours de développement, notamment le Gulf Railway qui longerait la mer Rouge en passant par l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar.
L’autocar est aussi un moyen de transport interurbain économique qui relie de nombreuses villes à travers le pays. Les compagnies d’autocar SAT https://www.satrans.com.sa, Northwest Bus https://nwbus.sa/en et Darb Alwatan https://darbalwatan.com/en se partagent le réseau. Ils permettent de relier des villes plus petites qui ne disposeraient pas de gare ferroviaire, je pense notamment à Diriyah, Rijal Almaa, Umluj, Najran ou à la province d’Al Qassim.
○ En voiture ? Pas testé mais cela peut être pratique pour se rendre dans des petites villes ou découvrir les paysages naturels d’Arabie Saoudite (Al-'Ula et Hégra, le désert du Rub al-Khali et le désert d’Arabie plus largement, le Bord du Monde, le Wadi Al-Disah, Bir Hima, etc). Attention toutefois à la conduite dans le désert. Si rester sur les routes ne devrait pas présenter de problème, le hors-piste dans les dunes nécessite une bonne connaissance de ce type de conduite et de la zone, ainsi qu’un véhicule adapté.
RESTAURATION
Dans les grandes villes, il est possible de manger dans des restaurants de cuisine traditionnelle, des restaurants plus haut de gamme et aussi des fast-foods proposant des falafels, shawarmas, grillades, etc. Dans les restaurants traditionnels, plutôt de moyenne gamme, les repas restent abordables avec des grands plats à partager pour 40-50 SAR/pers soit 9-11 €/pers. Il vaut mieux demander si le plat proposé est pour une ou plusieurs personnes, car il est souvent prévu pour être mangé à 2 ou plus (d’ailleurs, cela peut se voir avec les prix). Les pourboires sont appréciés. Les calories sont indiquées pour tous les plats, c’est obligatoire.
Les menus ne sont pas toujours traduits, et les prix sont écrits en chiffres arabes orientaux (ou chiffres indiens). Je conseille de se munir d’une application de traduction type Google Translate qui permet de prendre en photo les zones à traduire. Beaucoup de menus sont proposés sous forme de QR code.
La séparation des hommes et des femmes est encore assez présente dans les restaurants. Il y a généralement une zone pour les hommes et une zone pour les femmes ou les familles, dont les entrées peuvent aussi être séparées. Les zones familles sont agencées sous la forme de petits salons privatifs parfois avec un simple rideau, parfois avec des murs et une porte. Il faut retirer ses chaussures en entrant dans le salon et on mange par terre sur un tapis épais avec des coussins. On partage le même plateau sur lequel est déposé un ou plusieurs plats à partager.
Mis à part les restaurants, on trouve également des cafés, des bars à chicha, des bars à cocktails (sans alcool) et des restaurants à petits-déjeuners. Il est interdit de fumer en intérieur, hormis dans les bars à chicha. Autre chose, il n’y a pas de rabatteur dans les rues.
Manger en Arabie Saoudite, c’est l’occasion de découvrir différents plats typiques de l’Arabie Saoudite ou de la péninsule arabique (Yémen notamment) : kebsa (plat national), mandi, jalamah, zurbian, madbi, madghout, mufattah, matazeez, jareesh, mloukhiya (version Moyen-Orient), foul, buram, bukhari, mutabbaq, saleeq, etc. Il y a aussi des desserts : areeka, masoob, kunafa, marsa, kleja, hanini, maqshush, dattes, etc. Les boissons consommées sont : le café arabe à la couleur dorée et aux notes de cardamome, le café turc, le thé vert, rouge ou noir mélangé à de la cardamome, de la menthe ou de la cannelle, le leben, le sobia, etc.
Salon privatif et kebsa.
AUTRES INFORMATIONS PRATIQUES
Les prises électriques ne sont pas les mêmes en Arabie Saoudite qu’en France, Belgique, Suisse, Maroc, Algérie, Tunisie […]. Il s’agit de prises A/B, comme aux États-Unis ou au Canada. Comme nous allions au Kenya après, et que chez eux c’est encore un autre type de prises (G comme au Royaume-Uni), nous avons opté pour un adaptateur universel avec embouts mâles et femelles, comme celui-ci.
France-Diplomatie donne d’autres informations utiles que vous pouvez consulter ici : Arabie Saoudite - Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
► LE VOYAGE ◄
► JOUR 1 :
→ Vol Barcelone > Djeddah le 12 août 2025, départ de Barcelone à 16h25, arrivée à Djeddah à 21h45.
Prix : 811,17 €/pers (vol A/R vers Nairobi avec escale à Djeddah) avec Saudia, réservé 7 mois à l’avance.
• Arrivés à l’aéroport de Djeddah, nous passons les contrôles en utilisant nos visas de transit que nous avons imprimés. Nous montrons également notre réservation de vol à la policière pour lui prouver que nous restons bien pour une escale. Puis nous récupérons nos bagages en soute, échangeons de l’argent au bureau de change et achetons une carte sim pour 2 (suffisant pour 2 jours, nous faisons des partages de connexion). Nous commandons ensuite un VTC via Uber pour nous rendre à notre hôtel, 33 SAR soit 7,5 € pour 18 km.
DJEDDAH 
Djeddah ou Jeddah est la deuxième ville d’Arabie Saoudite avec ses 3,7 millions d’habitants. Originellement un village de pêcheurs, elle est devenue la porte des lieux saints La Mecque et Médine à partir de 647 de par sa position stratégique sur la côte de la région du Hedjaz. Son nom est dérivé de l’arabe “jaddah” qui signifie grand-mère et proviendrait du fait qu’Ève, considérée comme la grand-mère de l’Humanité, serait enterrée ici. De nos jours, la vieille ville de Djeddah, Al-Balad, qui a été fondée au VIIe siècle, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
→ Le logement choisi : City Hotel View réservé et payé en ligne sur Booking et payé en ligne (85,98 € pour 2 pendant 2 nuits, soit 21,5 €/nuit/pers). C’est un hôtel proche de la gare ferroviaire de Djeddah.
► JOUR 2 :
Vue sur Djeddah depuis l’hôtel.
• Début de la visite de Djeddah. Nous commençons par nous rendre en VTC à notre point le plus éloigné : la Mosquée Al-Rahmah, aussi nommée Mosquée Fatima Al-Zahra. Érigée en 1985, c’est la première mosquée “flottante sur l’eau”. Quand nous sommes venus, elle était fermée, mais l’intérieur est très joli (photo ici). Elle est bordée par la corniche de Djeddah où l’on retrouve des jeux pour enfants, des stands pour se restaurer et des cafés. Mais lors de notre visite, il est 9h et il fait déjà très chaud et humide (il a fait 39 °C et 55 %RH, avec un ressenti 43 °C ce jour-là), donc il n’y a personne, si ce n’est quelques travailleurs étrangers qui font le ménage. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les gens sortiront. La première sortie de voiture avec cette chaleur est assez abrupte, la buée se forte sur les lunettes et l’objectif de l’appareil photo. En même temps, nous somme sur le front de mer.
Mosquée Al-Rahmah.
Mer Rouge depuis la corniche de Djeddah.
Aigrette des récifs.
• Nous reprenons un VTC en direction de la Mosquée Hassan Enany. Il s’agit d’une autre mosquée à l’architecture moderne, construite aussi en 1985. Sa forme est inspirée de l’étoile à 8 branches islamique Rub El Hizb ۞. Elle comporte un unique dôme sans aucune colonne à l’intérieur. Quand nous sommes venus, elle était fermée.
Mosquée Hassan Enany.
• A nouveau, nous commandons un VTC pour aller jusqu’à la Mosquée du roi Saoud ou Grande mosquée de Djeddah. Érigée en 1987, c’est la plus grande mosquée de Djeddah, et elle remplace une ancienne mosquée située au même endroit, dont les fondations étaient trop fragiles. Elle a un style plus ancien que les deux précédentes, s’inspirant de la Mosquée-Madrasa du Sultan Hassan au Caire (que j’ai visitée il y a deux ans) pour le minaret et les attiques, ainsi que de la Grande mosquée d’Ispahan pour son plan à 4 iwans. La mosquée était également fermée.
Mosquée du roi Saoud.
• Enfin, direction Bab Makkah en VTC. Il s’agit d’une des 8 anciennes portes de la vieille ville fortifiée, qui menait vers La Mecque. Les fortifications ont été construites pendant le sultanat mamelouk (1254-1517 dans le Hedjaz), quand dans les années 1500 il s’allie avec l’empire ottoman pour protéger la ville des attaques portugaises qui tentent de prendre le contrôle de la route des épices.
Bab Makkah.
• En passant par Bab Makkah, nous entrons dans la vieille ville de Djeddah : le quartier d’Al-Balad. Ce quartier a été fondé au VIe siècle et est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est composé de rues piétonnes et de superbes maisons-tours traditionnelles hijazi en calcaire coralien blanc, caractérisées par leurs rawasheen - au singulier roshan - ou moucharabieh (balcons et fenêtres) en bois marron, vert, turquoise. Ces maisons sont juste magnifiques. Le quartier est en cours de rénovation, j’espère que les habitants de Djeddah pourront revivre dans ces très belles maisons par la suite.
Pas besoin de guide pour se balader dans les rues, mais si jamais vous souhaitez retrouver certains points d’intérêt, rendez-vous sur le site officiel Jeddah Historic District ou téléchargez l’application équivalente “Historic Jeddah”. Des plans de la ville sont aussi disponibles gratuitement dans la maison musée Nassif. Ce même plan est disponible ici ; on peut cliquer sur les différents lieux (maisons, musées, mosquées, parcs, restaurants traditionnels, cafés, etc), ce qui renvoie vers sa position sur Google Maps.
Plusieurs maisons (bayt) historiques ont un nom :
→ Bayt Xenel : L’un des premiers bâtiments en béton du quartier historique. Jusqu’en 1950, la maison servait d’extension aux bureaux du consulat néerlandais à Djeddah. Aujourd’hui, il s’agit d’une salle d’exposition qui comprend une collection de documents rares, de photographies et de films capturant la vie quotidienne de la communauté hijazi.
→ Bayt Al-Sharbatly : Achevée en 1936, cette maison était initialement le siège de l’ambassade d’Égypte. Elle fut ensuite acquise par la famille Al-Sharbatly, qui l’ouvrit à des événements culturels.
Bayt Al-Sharbatly.
→ Ribat Al-Khunji As-Sagheer : Construit en 1813 par le cheikh Al-Khunji, ce bâtiment était destiné à accueillir des femmes âgées seules et de passage. Actuellement, il s’agit d’un centre d’art qui accueille des ateliers et des expositions.
Ribat Al-Khunji As-Sagheer.
→ Bayt Zaker.
Bayt Zaker.
→ Harat Al-Sham.
Harat Al-Sham.
→ Bayt Redwan.
→ Bayt Waqf Al-Shafe’i : Maison avec des rawasheen turquoises.
Bayt Redwan (à gauche) et bayt Waqf Al-Shafe’i (à droite).
→ Bayt Noorwali : Cette maison bâtie au XIXe siècle, porte le nom d’un marchand indien qui la rachetée : Noor Wali. Elle est très reconnaissable avec ses imposants rawasheen verts. Avec ses 4 étages, elle est avec Bayt Nassif, les deux plus hauts bâtiments de la vieille ville. Son intérieur est visitable.
Bayt Noorwali.
→ Bayt Nassif : Cette ancienne maison restaurée de 1872 permet d’héberger des expositions et des conférences. Quand nous sommes venus, seule la salle à l’entrée était ouverte, avec quelques objets archéologiques exposés, accompagnés de descriptions en arabe et en anglais. Ces objets proviennent de différents sites de la ville, notamment de l’entrepôt Al-Shona situé à 400 m de là. Normalement, il y a davantage de salles à visiter avec d’autres objets exposés. L’entrée est gratuite. Les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs : 10h-13h puis 17h-21h.
Bayt Nassif.
→ Bayt Jokhdar : Cette maison du début du XXe siècle, devenue centre d’accueil pour pèlerins puis hôtel, se distingue par ses imposants rawasheen verts et par sa porte à arc sculptée.
→ Bayt Baeshen : Cette ancienne demeure de 1856 était un centre pour les notables de Djeddah, avec un espace pour les hommes et un espaces pour les femmes. De nos jours, il s’agit d’un petit musée exposant des objets d’artisanat, des documents de photographies et des manuscrits, qui comporte aussi un café. Nous ne l’avons pas visitée.
Bayt Baeshen.
→ Bayt Al-Matbouli : Cette élégante maison a été construite en 1613. Son intérieur est visitable et elle contient beaucoup de meubles et d’objets. Cela manque d’entretien, un peu de ménage serait bénéfique. Peut-être également ajouter des panneaux d’explications. Les murs intérieurs gravés sont très beaux. L’entrée coûte 10 SAR/pers. Ici aussi les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs : 17h-22h.
Bayt Al-Matbouli.
Bayt Al-Matbouli, face arrière.
L’intérieur de Bayt Al-Matbouli.
Vue depuis Bayt Al-Matbouli.
→ Bayt Batterjee : Cette maison construite en 1860 a hébergé le consulat des États-Unis de 1940-1952.
Bayt Batterjee.
→ Bayt Masaoud.
→ Bayt Ashmawy.
Bayt Ashmawy (marron), bayt Masaoud (vert) et une belle anonyme bleue sur la barhat (place) Badeeb.
En pleine journée d’août, il n’y a pas grand monde dans les rues. Mais nous réussissons tout de même à nous balader grâce aux quelques points d’ombre et à des arrêts dans des commerces (café, boutique de souvenirs, restaurant). L’idéal pour visiter ce quartier est de s’y rendre en fin d’après-midi, car les gens sortent et les commerces ouvrent quand la température diminue. C’est à ce moment que l’on peut profiter de la vie de la ville. Au passage, Al-Balad est entièrement piéton, il n’y a aucune voiture, ce qui contraste avec le reste de la ville. Certaines personnes, notamment des travailleurs, se déplacent avec des voiturettes.
Autre fait notable, en ce moment d’importants de travaux de restauration s’opèrent sur de nombreuses maisons de la vieille ville. Ces travaux sont réalisés dans un projet de renaissance de la vieille ville pour l’horizon 2030, l’objectif étant de repeupler et redynamiser ce quartier, tout en attirant des touristes. J’espère que les habitants de Djeddah pourront effectivement bénéficier de ces rénovations sans subir une gentrification potentielle par le tourisme.
Baharat Nassif.
Mosquée Al Ma’amar (construite au XVIIe siècle) et rue du souk Al Alawi.
Rues de Al-Balad.
Mosquée Al-Maghrabi (construite en 1847).
Mosquée Abu Bakr Al-Siddiq (construite en 1827).
• Nous passons également devant le site d’Al-Shona. C’est une ancienne forteresse militaire construite à la fin de l’ère mamelouke, sous le règne du sultan Al-Ghouri (XVe-XVIe siècle), pour défendre la ville contre face aux navires portugais. Elle a ensuite subi des transformations pour devenir un entrepôt de marchandises aux XIX et XXe siècles. Plusieurs artefacts trouvés dans l’entrepôt sont exposés au musée Bayt Nassif, par exemple de la porcelaine chinoise importée.
• Nous sortons au nord d’Al-Balad, par Bab Jidat Al-Qadimla ou vieille porte de Djeddah. Comme Bab Makkah, il s’agit d’une des anciennes portes de la villes, construite lors du sultanat mamelouk vers 1500.
Bab Jidat Al-Qadimla.
• Nous nous rendons à pied au restaurant où nous souhaitons manger. Il nous a été recommandé par un habitant avec qui nous avons discuté. Plusieurs personnes nous aident à trouver le chemin. Avec la chaleur, nous préférons demander plutôt que de faire des détours, et pour le coup, les gens sont très prévenants. Après déjeuner, nous continuons de visiter le nord d’Al-Balad. Nous passons notamment par la Mosquée Al-Jaffali. C’est une grande mosquée construite en 1987, dotée de 20 dômes. C’est vrai que nous ne nous attardons pas avec la température, mais si on avait fait le tour du Lac Arbaeen, nous aurions pu l’observer avec une bien meilleure vue (comme sur cette photo).
Mosquée Al-Jaffali.
• Nous avons aussi fait un détour jusqu’au Tombeau d’Ève, enfin plutôt les murs qu’il reste, malheureusement. La tradition populaire musulmane attribue cette sépulture présumée à Ève depuis le XIIe siècle, bien que selon la tradition juive, la tombe d’Ève soit plutôt située à Hébron, en Palestine. La tombe a été détruite par les autorités saoudiennes en février 1928, au motif qu’elle encourageait la superstition. Elle fait partie des nombreux sites hijazi, liés à l’Islam précoce, détruits au XXe siècle par le régime wahhabite. Le site a été scellé par une chape de béton en 1975 et héberge de nos jours un cimetière. Malgré la répression et la destruction, il attire toujours des pèlerins.
• Nous retournons ensuite vers Al-Balad. Nous passons notamment par le monument de la place Midan Al-Bay‘a. C’est une sculpture moderne, datant de 2021, et représentant des minarets. Ils me rappellent les minarets mamelouks que j’ai pu voir en visitant Le Caire (les deux minarets ajoutés à Bab Zuweila, un des minarets de la mosquée Al-Azhar, ceux de la mosquée du sultan Hassan ou de la mosquée Al-Rifa’i, etc). La place est encore en travaux, donc c’est possible qu’elle soit bien mieux aménagée et que le monument ait un nom à l’avenir.
Monument de la place Midan Al-Bay‘a.
• Nous nous baladons dans le quartier, et c’est là que nous visitons le musée Bayt Nassif et la maison Al-Matbouli dont les photos sont plus haut dans la liste des maisons historiques. En effet, les horaires s’adaptent aux fortes chaleurs, et pour visiter l’après-midi, nous revenons après 17h.
• Puis nous nous rendons à la fin de la zone piétonne, rue Al Zahab, pour prendre un VTC en direction le Musée Al-Taybat, pour 30 SAR pour 12 km. Prenez en compte la forte circulation en fin d’après-midi, les temps de trajets sont plus longs. Le musée est situé juste à côté de la jolie Mosquée Al Mabarrah. Cette mosquée récente s’est inspirée du style des maisons hijazi. L’intérieur semble également très beau et coloré (voir ici), mais nous n’avons pas eu le temps de visiter.
Mosquée Al Mabarrah.
• Revenons au Musée Al-Taybat ! Il est super grand et pour le visiter entièrement, cela prendrait des heures. Et du fait de ses horaires (9h-13h puis 17h-21h) et de notre peu de temps sur place, nous n’avons pas pu tout voir. L’entrée coûte 50 SAR/pers.
La qualité du musée est malheureusement inégale.
Commençons par le positif : Les salles aux étages. On retrouve une multitude d’objets, de vêtements et de décors regroupés et classés par thématiques (histoire et civilisation de l’Arabie Saoudite, ses cultures régionales, notamment architecture et folklore du Hedjaz et de Jeddah + diverses civilisations islamiques (iranienne, maghrébine, ottomane), histoire pré-islamique saoudienne, etc) par Abdul Raouf Hassan Khalil. C’est vraiment intéressant, on dirait un musée ethnographique sur l’Arabie Saoudite et on peut vraiment y passer beaucoup de temps. Par contre, c’est dommage car il n’y a pas assez de descriptions et d’explications, même s’il y en a quelques-unes en arabe et en anglais. Cette collection a un potentiel énorme si une équipe de chercheurs et historiens pouvaient y apporter de l’ordre.
Le négatif : Le rez-de-chaussée semble plutôt être à destination d’enfants ou de groupes scolaires. Apparemment, c’est l’aile de la “culture générale”. On trouve différentes salles traitant de plein de sujets différents (astronomie, préhistoire, religion) mais en version très simplifiée et enfantine. Il y a aussi des salles un peu étranges avec des cadres avec citations de développement personnel. On dirait le profil Facebook de quelqu’un, d’ailleurs on retrouve même des screenshots. Cela ne fait pas très sérieux et c’est vraiment très dommage.
Sur les murs dans les couloirs, que ce soit au rez-de-chaussée ou à l’étage, il y a des immenses paragraphes collés en arabe sans photo ni mise en page. Même pour un locuteur arabe, c’est horrible à lire tellement c’est long et sans forme.
Sinon, le personnel est très gentil et nous étions tranquilles en soirée. Je conseille quand même de le visiter, mais allez directement aux étages !
Musée Al-Taybat.
• Nous sortons du musée pour dîner puis nous prenons un VTC pour nous rendre au Jet d’eau du roi Fahd. C’est le plus grand jet d’eau du monde avec ses 312 mètres (le jet d’eau de Genève mesure 140 mètres), et il a été mis en service en 1985. Il fonctionne en soirée. Nous sommes venus le voir depuis la corniche Al-Hamra, qui est un parc en bord de mer avec des stands de nourriture. Il est très la nuit, nous croisons des familles et des couples. Puis nous rentrons dormir en reprenant un VTC.
Jet d’eau du roi Fahd.
















































































































