Raasay et Skye . Midges, brouillard, déluge et tempête sur les îles

Forum Écosse

Hello calamity
Je vais me coucher tard car je me suis laissé happer par ton récit. Comme d’hab !
Je viens de lire vos aventures. C’est toujours passionnant, des disgressions amusantes, et dans vos petites galères, chaque fois je me dis: “ah oui moi aussi j’ai vécu ça” … la recherche du coin pour camper alors que la nuit tombe, la fringale parce que le pub/resto prévu est fermé, le pied quand tout mouillé, sales, on décide finalement que bon pour cette fois, on laisse tomber la tente pour l’hôtel confortable chauffé alors que dehors le vent hurle … etc…
Réflexions:
-pourquoi tu n’ouvre pas un compte auprès de la RBS ?
-les petits matelas (jaunes) de Décathlon gonflable à la bouche en 30 s, légers (400/500g) , peu de volume , isolants et question confort …c’est autre chose que les auto-gonflables.
Bonne nuit.

Bonjour Glen Coe,
Je renouvelle un grand merci pour les conseils concernant la gourde Katadyn . Le matelas gonflable dont je me sers est bien celui de Decathlon à 500g , gonflable à la bouche . Théodorine n’aurait pas souffert plus tard d’une inondation nocturne lors d’une nuit de déluge à Uig .Mais j’ignore ce qu’est la RBS . Je suis une fidèle lectrice de vos interventions sur le forum qui me font souvent rire . Depuis l’année dernière, j’ai lu tous les Peter May consacrés à Lewis et Harris, même *Le loch noir" où sur la couverture on s’est permis de mettre une photo de l’île de Rum !
L’intérêt de ce type de voyages, ce sont les contrastes . Rien n’est plus ennuyeux que le confort à long terme . Pour les galères, même si le fait de les avoir surmontées donne un excellent moral , et si elles constituent les meilleurs souvenirs , je suis bien consciente qu’il s’agit d’une vie de SDF de luxe .

Bonjour Calamity
.Les filtres Katadyn sont parfaits. En Afrique on a bu de l’eau pompée dans des endroits improbables, sans le moindre problème.
.Aaaah Peter May. J’ai tout écumé je crois. La trilogie écossaise est un gros pavé qu’on dévore, et on se sent vraiment en Ecosse. Mais j’aime moins les Peter May hors Ecosse (Auvergne, Asie).
.La RBS est la Royal Bank of Scotland. Anecdote, pour ouvrir un compte à la RBS , je devais être parrainé par un client de la RSB, une prof de ma high school. (J’étais French Assistant). Elle m’a présenté au banquier: “let me introduce you this gentleman”. Gentleman, c’était une première!

Je te rejoins à 100%. Dans l’attente de vos prochaines aventures en Ecosse.

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L’auberge de jeunesse de Glenbrittle semble être un bâtiment assez récent . Elle est bien aménagée, les sanitaires sont modernes . Elle possède une vaste cuisine et un salon . Apparemment, nous y sommes peu nombreux. Nous y avons été bien accueillies . Il y a un téléphone à pièces dans l’entrée, accessible à tous . En effet, il n’y a pas de réseau ici . Impossible de se servir des portables . Comme je comprends mal le mode d’emploi de l’appareil, la responsable de l’auberge imprime à notre intention un texte en français . Un autre pensionnaire de l’auberge va également m’aider . Je peux ainsi appeler Cyrus .
Dans le dortoir que nous occupons (il est à moitié vide) , une jolie et souriante jeune femme, se présente à nous . C’est une Française, qui voyage seule , en voiture . Elle est en Ecosse depuis plus d’une semaine et doit repartir à la fin de la semaine qui commence, le samedi matin . Aux dernières nouvelles dont on dispose, la tempête arriverait le samedi soir, et son avion ne devrait pas être concerné . Plus tard, la date de la tempête sera avancée d’un jour . Je me demande comment elle a pu rentrer en France où son travail l’attendait , et je me pose la même question pour notre grenadier polonais qui devait se rendre dans les Hébrides extérieures, où la circulation des ferries est facilement problématique même en l’absence de tempêtes .
Notre compatriote a fait un circuit classique . Elle n’a guère apprécié l’affluence touristique à Eilean Donan Castle , ni aux Fairy Pools . Elle ne fait que de petites randonnées , parce qu’elle est seule , ce qu’elle déplore . Ses amies , qui sont toutes casées, ne voyagent pas sans leur homme . Les vieilles comme nous seraient-elles les seules à le faire ? Je lui suggère de s’inscrire dans un club de randonnée, ou au Club Alpin Français, ou de faire des randonnées avec des agences spécialisées dans les voyages lointains . Elle pourrait y faire des connaissances . Jolie et sympathique comme elle est, forte d"une longue expérience dans la bande d’outlaws de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, groupe fortement endogame *, je suis convaincue que cela marcherait à coup sûr . En tout cas, je crois avoir constaté à l’auberge qu’elle ne laissait pas la gent masculine indifférente .
Nous apprenons que comme nous, elle doit passer deux nuits à l’auberge de Glenbrittle et qu’elle a l’intention de quitter Skye et de rejoindre Edimbourg en passant par le loch Ness . Je lui conseille d’aller voir Torridon et le loch Maree , que je trouve incomparablement plus beau . Mais comme elle va nécessairement rejoindre la route de Portree au pont de Skye, je lui demande si elle ne pourrait pas nous transporter jusqu’à Broadford , puisque c’est sur son chemin . Elle accepte bien volontiers . Comme le temps ne s’annonce pas extraordinaire pour les jours qui viennent , je pense qu’il vaut mieux renoncer au projet de nous rendre à Carbost à pied, puis de trouver de là un moyen de revenir à Sligachan où nous pourrions prendre un bus .

  • Robin Hood n’avait pas son pareil pour recruter de jeunes demoiselles capables d’attirer leurs homologues masculins, choisis quant à eux pour leur zèle à participer aux corvées, leur ingéniosité technique, ou leur aptitude à déboucher les cheminées pleines de neige . Mais la règle était que chacun , quel que fût son sexe , portât ses affaires, et reçût une part égale du matériel commun et de la nourriture collective , cuisinée dans une énorme gamelle remplie des objets les plus hétéroclites ( fil à vache, pince universelle, paravents en aluminium plié en accordéon et stabilisateurs de réchaud inventés par Cyrus et grattoirs à vaisselle habités par des bactéries d’une biodiversité remarquable ). C’était moi qui portais la gamelle .

A suivre

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Il y a peu à dire sur le reste de la soirée à l’auberge . Outre notre jeune Française, il y avait un jeune couple muet et parfaitement silencieux . Dans les parties communes, je n’ai eu qu’un échange - limité - avec un autre occupant, un Britannique d’un certain âge, bien plus jeune que moi , je pense , suscité par ma polaire, une grosse Patagonia comme la sienne . Il jugeait que c’était du bon matériel . Il fut plus bavard avec notre jeune voisine le lendemain . Théodorine remarqua, quant à elle , qu’il ne se gênait pas pour mettre les pieds sur la table basse du salon . L’évènement le plus remarquable de la soirée est que Théodorine et moi, nous avons toutes les deux eu le courage d’aller prendre une douche , la première depuis Inverness , acte qui aurait exigé de nous un courage héroïque à Sligachan . Il est bien plus facile de traverser un couloir chauffé que de sortir de la tente à quatre pattes et marcher dans la nuit pour sacrifier à des normes d’hygiène que la vie sauvage vous fait rapidement abandonner . Je ferai remarquer que dans notre vie errante , nous retrouvons des usages qui furent en vigueur à la cour . Louis XIV ne se lavait guère . Et comme lui , nous refusons l’usage de la fourchette . Pour lui , c’était un signe de décadence , pour nous ce n’est qu’un objet superflu qui n’est bon qu’à percer les sacs en plastique où nous rangeons notre vaisselle .
J’ai fort bien dormi la nuit . Théodorine aussi , je pense , comme deux mules fatiguées . Le lendemain matin, le jour n’était guère lumineux . Il pleuvait . Nous avons dû nous lever assez tard , et traîner à l’auberge dans la matinée . Il y avait à l’auberge une salle de séchage . Nous y avons suspendu nos vêtements mouillés .les miens ne l’étaient qu’extérieurement. Il y avait dans cette salle un nombre impressionnant de fils à linge , accueillant les vêtements les plus divers et même une corde d’alpinisme absolument trempée . L’atmosphère y était tellement humide , que malgré la présence de nombreux radiateurs électriques , je n’ai pas réussi à y faire sécher une toute petite lessive .
Le projet initial était de profiter de ce séjour à Glenbrittle pour monter à Coire Lagan . Nous y avons renoncé , peu désireuses de partir dans le brouillard pour nous tremper et grimper en fin de parcours sur du rocher mouillé . Nous n’avons absolument rien vu des Cuillins ce jour-là , alors que nous étions à leur pied .
Nous nous sommes contentées d’aller jusqu’à la mer , sous la pluie, au début du loch Brittle . Nous sommes passées devant la Glen Brittle Hut , un refuge de montagne, et nous sommes arrivées au bord de la mer , gardé par une clôture qu’il était possible de franchir .

Nous avons marché sur la plage du loch Brittle, tout près du camping . Il y avait là des camping cars . Je me demande s’ils étaient toujours là au moment de la tempête …
Sur le chemin du retour, nous avons vu un éleveur qui réparait sa clôture . Nous sommes revenues à l’auberge, avons convenu avec notre jeune compatriote d’une heure de départ . Ce fut une journée de repos , un peu frustrante malgré tout sur le plan esthétique .
Théodorine , plus courageuse que moi ,est allée voir la cascade située près de l’auberge . L’eau bouillonnait, m’a-t-elle dit . Elle n’est pas allée très loin , redoutant de glisser parce qu’elle n’avait pas pris ses bâtons . Elle a fait une photo . Malheureusement, elle pense qu’elle a malencontreusement effacé toutes les photos qu’elle a faites avant de me les envoyer .

A suivre

Premier épisode de déluge
Pendant toute la nuit , il n’a cessé de pleuvoir ,et fort ,sans discontinuer, ce qui , contrairement à mes habitudes ,m’a empéchée de bien dormir . Je pense que les cours d’eau auront beaucoup grossi . J’espère qu’ils n’auront pas inondé les routes que nous allons devoir emprunter .
Notre conductrice a décidé de partir au milieu de la matinée ,ce qui nous convient parfaitement . Sa voiture accueille sans problème nos gros sacs . Nous quittons à regret cette auberge de jeunesse accueillante et confortable . Sur la route entre Glenbrittle et les Fairy Pools que nous avions empruntée à pied, la vue sur les Black Cuillins s’est dégagée juste assez pour que je voie de multiples et abondantes cascades dévaler de la montagne . C’est impressionnant . En regardant la carte Ordnance Survey, je vois bien la présence de multiples cours d’eau en pente raide qui descendent des Black Cuillins, c’est d’ailleurs le cas partout dans les Highlands, d’après mon expérience, mais je n’avais encore rien vu de tel . Cela me rappelle un peu cependant un jour d’orage dans les Encantats, avec notre Robin Hood et sa bande , où de très grosses quantités d’eau dévalaient de la montagne . En descendant d’un petit rocher pour abréger notre parcours, nous avions été copieusement arrosés dans le dos par une toute nouvelle cascade , le sentier officiel, quant à lui, s’était transformé en torrent .
Je ne peux m’empêcher, malgré mon regret d’avoir interrompu notre ascension du Dun Caan sur l’île de Raasay , de penser que la décision de nous rendre avec une journée d’avance à Glenbrittle était bonne . La veille , nous aurions eu du mal à rejoindre Glenbrittle sous une pluie souvent intense . La visibilité était très réduite et la descente sur les Faity Pools aurait été vraiment très boueuse . Aujourd’hui, avec les pluies de la veille , les multiples petits cours d’eau que nous avions parfois traversés au prix de détours pour ne pas nous embourber, auraient pu être infranchissables . Le péril aquatique est à prendre au sérieux dans les HIghlands . La montée des eaux peut rendre des parcours impossibles . J’ai lu qu’un randonneur sur l’étape Kinloch Hourn Shiel Bridge du Cap Wrath Trail avait dû s’arrêter , pas bien loin du but , dans l’impossibilité de franchir l’un des deux cours d’eau qui se réunissent pour former l’Allt Undalain . Donc, après avoir fait l’ascension d’un col en tout terrain, puis effectué une traversée sur un "sentier " fait de grosses pierres suffisamment inégales et distantes pour qu’une chute puisse avoir de fâcheuses conséquences, un passage en crête assez aisé, une descente en tout terrain sur une herbe boueuse bien glissante (j’ai testé) puis traversé une tourbière, alors que le chemin carrossable qui conduit à Shiel Bridge, n’était séparé de lui que par un cours d’eau à traverser, il était là bloqué, ses provisions épuisées, son portable presque complètement déchargé . Par chance, il y avait là du réseau et il a pu contacter les secours mais cela n’aurait pas été le cas un peu plus haut dans la montagne . J’avais lu cela avant que nous fissions cette étape en 2012 . Les cours d’eau , ce jour-là , n’avaient pas un très gros débit , il avait plu, mais pas trop, et nous n’avions pas eu de problème . En revanche , il n’en a pas été de même pour un autre randonneur deux ou trois semaines plus tard . Un jour de déluge où il est tombé 8 centimètres d’eau, pour éviter de se trouver bloqué au bas de la descente à trois kilomètres de Shiel Bridge, là où passe la route très importante qui va de Fort William à Skye,il a choisi de descendre du Meallan Odhar par le sentier qui rejoint le glen Shiel (j’ai photographié plus haut dans mon récit le Meallan Odhar , le sentier , et la carte ) . Mais il aurait pu se noyer , assez haut dans la montagne, en franchissant un petit cours d’eau subitement grossi , d’après ce que j’ai compris de son récit .
La plupart des très nombreux touristes qui passent en voiture à Shiel Bridge avant de s’arrêter à Eilean Donan Castle, puis au parking des Fairy Pools, du Quiraing et du Storr ,n’ont ,je pense , pas une véritable idée de ce qu’est la montagne écossaise et de ses risques (i lfaut y ajouter celui de l’hypothermie ) s’ils se contentent d’une promenade d’une heure sur un sentier bien aménagé .

A suivre

Retour à Portree . Second déluge .
J’ai demandé à notre conductrice de nous déposer à Broadford . Je ne lui ai pas demandé de nous laisser à Sligachan, plus proche, parce qu’il pleut, que le pub n’ouvre que plus tard vers midi d’après ce que j’ai cru comprendre et que l’attente dans un abribus est peu plaisante . A Broadford, nous devrions bien trouver un lieu accueillant, peut-être même un gîte . Notre seul impératif est d’être le surlendemain à Portree où nous avons réservé pour la seconde fois la même chambre à l’Independent Hostel, si bien situé. L’intérêt de Broadford, c’est d’autre part que l’on peut y prendre les bus pour Torrin où j’ai repéré des itinéraires intéressants, pour voir les Red Hills et l’autre versant du Bla Bheinn que nous connaissons vu du glen Sligachan, ou pour Elgol , où nous pourrions prendre le bateau pour nous rendre au loch Coruisk, ou encore entre Elgol et Torrin, pour un arrêt d’où nous pourrions rejoindre Camasunary après avoir passé un tout petit col puis revenir à Sligachan . J’ai étudié toutes ces possibilités avant notre départ pour improviser en fonction de nos désirs, mais surtout des circonstances .
Nous discutons beaucoup en route avec notre conductrice . Je remarque cependant que les cours d’eau sont énormes, bien que la route ne soit pas menacée . Elle nous dépose à Broadford , dans le centre, ne veut aucune participation aux frais de notre part . J’espère qu’elle est rentrée chez elle en France sans encombre .
Lorsque nous la quittons, la pluie fait plus que redoubler . Nous recevons des seaux d’eau sur la tête . Fort heureusement, il y a à proximité un grand abri couvert où nous nous précipitons, sur lequel s’ouvrent plusieurs commerces , abritant des tables et des chaises pour le compte d’une sorte de pâtisserie qui vend également des boissons . De quoi voir l’avenir immédiat sous des couleurs plaisantes en attendant le prochain bus Citylink . Nous prenons un rituel grand café au lait , une boisson chaude est toujours la bienvenue lorsqu’il pleut en Ecosse, ainsi qu’une pâtisserie consistante . J’essaie tant bien que mal de comprendre les renseignements que l’on me donne au sujet de la position de l’arrêt de bus . Nous restons dans ce lieu accueillant le plus longtemps possible en espérant que la pluie va faiblir . Il n’en est rien , bien au contraire . Nous marchons héroïquement sous une pluie diluvienne jusqu’à l’arrêt de bus qui n’est pas à proximité immédiate . Nous commettons d’abord l’erreur d’oublier que les bus circulent à gauche , nous comprenons finalement à temps qu’il nous faut traverser la route et attendre avec nos gros sacs dans l’abribus situé en face, exigu et bondé. Le bus arrive enfin. Nous y sommes au chaud et au sec jusqu’à Portree .

A suivre

Arrivée à Portree . Nouvelles de la tempête

A Glenbrittle, nous n’avions pas de réseau . Depuis notre retour sur la côte Est de l’île ,je peux consulter la météo sur mon téléphone Nous sommes un mercredi . La date de la tempête est avancée du samedi au vendredi . Nous avons réservé à Portree en payant à l’avance pour le vendredi soir , donc si les prévisions sont justes, nous devrions être à l’abri . Nous aurions sans doute pris la décision de nous replier sur le Mainland et sur Edimbourg si tel n’avait pas été le cas . Rien ne nous garantit à la réflexion que les prévisions ne seront pas modifiées, et nous ignorons quelle sera la durée de la tempête . Je réussis très rapidement à réserver à Edimbourg pour le dimanche qui suit . Depuis longtemps, le problème du lundi soir à Edimbourg est réglé . Nous devons prendre impérativement Eurostar le mardi en début d’après midi pour revenir à Paris

La tempête qui s’annonce est très sérieuse . On nous annonce un phénomène qualifié de bombe météorologique . Quand on a déjà une petite expérience du vent en Ecosse, on ne peut pas prendre cette affaire à la légère . Il va falloir déterminer ce que nous pourrons faire d’intéressant avant la tempête et trouver un hébergement pour le samedi soir où il paraitrait risqué de dormir sous la tente, si la tempête se prolonge . Nous allons faire quelques courses, nous renouvelons notre provision de cheddar, et d’ersatz de pain. Nous achetons un paquet de gâteaux pleins de colorants chimiques du plus bel effet et nous décidons de trouver un lieu où nous restaurer , le gâteau de Broadford n’étant au bout de deux heures qu’un pâle souvenir .C’est la Raison, chère à Emmanuel de Kaliningrad, qui nous guide ici . On ne peut attendre en effet beaucoup de bon sens d’un esprit importuné par un corps qui crie famine .

A suivre

N’ayant pas été très convaincues par notre première expérience à Portree, nous nous mettons en quête d’un autre lieu où nous restaurer . Nous faisons donc une seconde expérience sur la place principale . Le choix est bien plus grand que la première fois où nous avions dû nous contenter de sandwichs . Nous optons toutes les deux pour un haggis . Mais nous sommes déçues de voir arriver un seul plat pour deux,
alors que chacune de nous aurait volontiers mangé le tout , et même un peu plus sans la moindre difficulté . Nous allons donc discrètement compléter ce repas trop frugal par notre paquet de gâteaux chimiques . Au moment de payer , nous allons comprendre ce qui s’est passé . Nous nous sommes mal expliquées , on a dû nous prendre pour de vieilles dames avec de tout petits moyens, ou très peu d’appétit (hypothèse qui me paraît peu plausible, vu le poids de nos sacs ) et l’on n’a pas compris que nous souhaitions un haggis chacune .
Le repas terminé, nous nous mettons en quête d’un hébergement . Où passer la nuit qui vient , ainsi que celle du lendemain ? Et que faire pour le samedi , lendemain de la tempête annoncée, tempête dont nous ignorons la durée ? L’Independent hostel n’a pas de place pour ces trois jours, l’auberge de jeunesse, située juste à côté, n’a qu’une place . Nous nous rendons donc à l’office de tourisme . On nous propose un Bed and Breakfast, pas mal situé, près du centre de Portree, mais que je trouve un peu cher .Il y aussi des hébergements hors de prix . Je pose la question de savoir s’il y aurait quelque chose à Kyleakin , parce que nous pourrions revenir à pied par le pont sur le Mainland pour prendre le train à Kyle of Lochash si le vent n’était pas trop fort . On nous propose une chambre pour deux personnes au Saucy Mary’s Hostel . C’est presque deux fois plus cher que l’Independent Hostel de Portree mais nous n’avons pas le choix . C’est alors que nous nous heurtons à un problème : je ne réussis pas à payer à partir de mon téléphone, ma banque appliquant une procédure de sécurité qui m’impose de recourir à deux appareils différents (du moins , je ne sais pas m’en sortir d’une autre manière ) Les dames de l’office de tourisme sont très aimables mais elles ne comprennent pas un mot de français et nous parlons fort mal l’anglais . Je réussis finalement à m’expliquer . Il me faut à la fois un ordinateur et mon téléphone . Pour accéder à un ordinateur , il nous faut nous rendre à la médiathèque de Portree .
Ce n’est pas tout à fait à côté, mais ces dames acceptent que nous déposions nos sacs à l’office de tourisme . Nous partons donc légères à la médiathèque , un grand bâtiment moderne , où nous sommes aimablement reçues et où l’on met gratuitement à notre disposition un ordinateur . Nous revenons à l’office de tourisme . Le camping de Sligachan est désormais fermé . Celui de Portree serait complet . Il reste celui de Uig, qui serait ouvert toute l’année et qui aurait toujours de la place . Nous le connaissons pour y avoir dormi l’année précédente à notre reour de l’île de Harris . Nous allons donc prendre le bus Citylink pour Uig , avec l’intention d’y passer deux nuits , ce qui nous permettra pour une fois de marcher toute une journée sans lourde charge . Ces dames nous disent cependant que ce camping est bien venté …

A suivre

Nous partons donc pour la station de bus , située sur la place principale de Portree . J’avais espéré d’abord que nous pourrions nous rendre à Uig par un bus Stagecoach qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish mais je n’avais pas regardé les horaires assez attentivement , or ceux-ci varient selon les jours de la semaine . Donc le bus souhaité ne circule pas aujourd’hui . Nous allons attendre assez longtemps le bus Citylink .

La station de bus est grande, couverte, abritée du vent , mais ce ne serait vraiment qu’un abri bien précaire en cas de tempête. Elle possède quelques sièges, mais pas suffisamment par rapport aux besoins. Il y a là des adolescentes en short aux cuisses tatouées, des personnes vêtues de vestes imperméables, avec des chaussures du même type que les nôtres, dont cela paraît la tenue quotidienne et dont nous ne nous distinguons vraiment que par nos gros sacs. Nous remarquons une dame qui transporte des fleurs , des personnes qui visiblement sont venues à Portree faire des courses, des touristes qui attendent le car qui les a déposés et va les reprendre,et des personnes qui discutent entre elles et n’ont pas l’air de vouloir prendre le bus . Cette station de bus nous paraît jouer un rôle important dans la sociabilité locale . Nous sommes étonnées par le nombre de bus de voyages organisés . Ils sont de dimensions diverses . Cela va du minibus à des véhicules imposants . D’abord debout, nous avons fini par trouver un siège . Le bus arrive enfin . Le jour est bien avancé lorsque nous arrivons à Uig .
Nous connaissons bien l’emplacement du camping . Ce n’est pas bien loin de l’arrêt de bus . Le responsable du camping est là .Il nous accueille aimablement et nous conseille pour nous abriter du vent de remonter le terrain , relativement pentu quand on s’éloigne de la zone de l’accueil ,des sanitaires et des camping cars . Nous devons ensuite franchir le petit ruisseau sur le pont et continuer jusqu’à ce que nous trouvions un endroit abrité par des buissons . Le camping est grand, nous avons une certaine distance à parcourir . Nous finissons par trouver le ruisseau .

On voit sur cette photo l’abri où nous avons installé la tente, visible dans un recoin encadré par des buissons .

Quand nous franchissons le pont nous avons la surprise de voir détaler à notre arrivée une tribu de lapins de garenne . Ils s’habitueront peu à peu à notre présence . En ce qui nous concerne , nous devrons prendre garde à ne pas mettre le pied dans un trou à lapins .

Quand nous serons installées, il fera nuit . Nous n’aurons pas le courage de prendre une douche, ni même celui de faire la cuisine .Nous nous contenterons d’un repas froid (amandes et cheddar ). L’objectif du lendemain est fixé . Nous prendrons à pied , la route du Quiraing, et nous irons jusqu’au col . Au moins, nous ne pataugerons pas dans le bog .

A suivre

Nous avons passé au camping de Uig une première nuit paisible .Les buissons ont été très efficaces pour arrêter le vent . Les lapins de garenne n’ont pas profité de la nuit pour venir grignoter la tente . Sans doute ont-ils entendu les regrets exprimés par Théodorine qui se sentait coupable de s’installer chez eux . Lorsque nous nous levons, le temps n’est pas beau, mais il est acceptable. Depuis longtemps nous souhaitons voir le Quiraing . Nous n’avions pas eu le temps de nous y rendre lors de notre premier voyage en 2010 . L’an dernier, lorsque je préparais notre voyage dans l’île de Lewis et Harris, j’avais envisagé de profiter d’un passage dans l’île de Skye pour nous rendre au Quiraing, mais nous n’en avions pas eu le temps . Cette année, le projet était d’y faire une randonnée en partant de Flodigarry , après avoir campé à Staffin ou dormi à Portree . Les conditions météorologiques en ont décidé autrement . Pour rejoindre la route du col du Quiraing, il faut d’abord emprunter la route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish . Elle fait une grande épingle à cheveux très marquée au dessus du camping, mais assez près de celui-ci . J’ai été incapable de trouver un raccourci . Nous nous sommes d’abord dirigées vers le port , où nous avons découvert la supérette ,qui vend des gâteaux et du café au lait . Théodorine a eu ainsi son café (nous avons bien sûr oublié d’acheter du café soluble lors de nos deux passages à Portree) et les gâteaux étaient sufisamment bourratifs pour nous satisfaire . Théodorine cite volontiers un proverbe dauphinois selon lequel "l’avoine du soir fait le cheval du lendemain " . Les deux mules n’ont pas reçu beaucoup d’avoine la veille . Tout serait parfait aujourd’hui s’il y avait un lieu à l’abri pour s’asseoir mais il est fermé, le gros de la saison touristique étant passé . Nous buvons donc notre café et mangeons nos gâteaux à l’extérieur, debout à côté des poubelles, satisfaites malgré tout de ne pas être sous une averse , après quoi , nous empruntons la route de Portree au port de Uig qui longe la baie avec l’espoir de la quitter rapidement pour rejoindre la route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish . En chemin, nous croisons deux personnes qui nous demandent où nous allons. Elles nous disent alors “it is a long walk”, sans doute assez sceptiques quant à nos capacités d’atteindre cet objectif .
Comme on le voit sur la photo qui suit, le temps n’est pas très engageant . Il y a bien peu de lumière alors que la matinée est déjà avancée .

Nous allons suivre cette route sur une bonne distance avant de faire demi-tour . Je pense à tort que nous nous sommes trompées, convaincue que nous devrions trouver un raccourci et nous revenons au port avant de reprendre notre itinéraire initial. Mais cette fois-ci je découvre un chemin , ou plutôt un sentier qui monte le long d’un pré . Nous l’empruntons , et alors que la route que nous cherchons est toute proche, nous arrivons derrière une maison , et l’accès à la route est barré par une barrière métallique . Comme nous n’avons pas envie de redescendre , nous décidons de franchir la barrière , bien que nous courions un vrai risque d’être vues . Théodorine le fait facilement . Pour moi, ce sera beaucoup plus laborieux . J’y parviens finalement , grâce à ses conseils . Au final, nous avons bien perdu une heure par ma faute .

A suivre

 ..

Le col du Quiraing est à peu près à 260 mètres d’altitude . Au fur et à mesure que nous montons la vue se dégage .

Nous distinguons la jetée du port et un ferry , vraisemblablement un ferry qui fait la liaison entre Uig et Tarbert sur l’île de Harris, mais il y aussi une liaison Uig Lochmaddy sur l’île de Nord Uist .

Il y a beaucoup de circulation sur la route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish . C’est avec soulagement que nous la quittons pour la route du Quiraing, une single track étroite ,avec de temps en temps des nids de poule intéressants . C’est nettement plus calme, bien que nous rencontrions de nombreux camping cars que nous repérons de loin , arrêtés dans les passing places pour croiser d’autres véhicules, et aussi beaucoup de petits bus d’excursion . Nous assistons à un moment donné à une scène amusante , deux camping cars , qui n’ont voulu céder le passage ni l’un ni l’ autre se retrouvent nez à nez et sont tous les deux contraints de faire marche arrière . Le temps est gris, il pleut . Le paysage n’est pas laid, nous avons des vues assez lointaines . Les moutons que nous rencontrons au bord de la route semblent très à l’aise sous la pluie grâce à leurs épais manteaux imperméables et nous regardent avec intérêt . La montée est très douce mais longue .

Théodorine s’intéresse aux talus de la route , qui lui permettent d’observer la tourbière en coupe .

Elle prête une attention toute particulière aux coussinets de mousse .

Ces trois photos ont été faites par elle .

En ce qui me concerne , j’observe avec intérêt les fossés, pleins d’eau , avec parfois de vrais petits gouffres . Je pense qu’un véhicule qui tomberait dans le fossé pourrait se trouver en vraiment fâcheuse posture . J’ai vu après mon retour des vidéos montrant des dizaines de baigneurs dans les Fairy Pools de quoi me dissuader à tout jamais de m’y rendre (nous n’avons vu le site que d’en haut ) .Ces petits gouffres le long de la route devraient pouvoir permettre à des touristes que la pluie n’a pas suffisamment mouillés de prendre leur bain .

A suivre

A suivre

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La pluie s’intensifie et nous ne voyons toujours pas de col à l’horizon . Je commence à douter que nous puissions atteindre le col suffisamment tôt pour être de retour à Uig avant la nuit . Nous avons perdu trop de temps dans la matinée .Nous avançons sur une faux plat qui paraît interminable et je me demande si ce que nous voyons au loin pourrait être enfin la crête . L’espoir et la détermination reviennent lorsque nous apercevons des véhicules (les lumières que nous voyons émerger du brouillard l’attestent ) se déplacer sur la crête puis disparaître . Nous n’allons pas renoncer si près du but , d’austant plus qu’émerge derrière le col une apparition onirique ,des reliefs aux formes fantastiques (Needle et Prison vraisemblablement au vu de l’orientation de la route . Toute espèce de doute se dissipe . Nous arrivons dans un parking avec l’invitation “Pay here” que nous ignorons superbement . Il y a là pas mal de véhicules . Nous avons atteint notre but et nous allons donc faire comme tout le monde : prendre des photos du Quiraing .

Nous allons faire seulement quelques pas pour améliorer la vue. Nous distinguons nettement le sentier par lequel nous serions arrivées sii nous avions pu explorer le Quiraing à partir de Flodigarry comm je l’avais projeté .

Mais nous ne pouvons pas nous attarder si nous ne voulons pas marcher dans la nuit . Nous prenons juste le temps de boire et de manger un peu de cheddar et des amandes avant de repartir .

A suivre

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Tout au long de cette longue descente, il ne va pas cesser de pleuvoir, et même beaucoup .
Des camping cars et des bus d’excursion nous dépassent .Le temps est vraiment bouché , comme le montre cette photo prise par Théodorine

Mais nous avançons, et notre moral est excellent . Mon gore-tex me tient au sec , Théodorine est trempée mais nous résistons à la tentation lorsqu’un homme arrête sa voiture et propose de nous prendre . Une aimable jeune dame nous fera la même proposition en arrêtant son camping car . Je ne suis pas trempée pour mon compte , mais cela m’est arrivé suffisamment souvent pour que nous puissions toutes les deux adhérer à ces lignes de Samivel dans *l’Amateur d’abïmes *

" Il pleut, il pleut (…) La pluie frappe de plein fouet le visage ruisselant, colle aux genoux le pantalon de gros drap, tandis que les feutres trempés dégorgent agréablement les gouttières sur les épaules et dans le cou. Ce sont les situations intermédiaires qui sont les plus détestables, mais à partir d’un certain stade d’humidification et quand le bain total s’est révélé définitivement obligatoire, on recouvre une admirable sérénité d’esprit et l’on patauge au hasard des lieux avec le superbe mépris de Gulliver franchissant les océans de Lilliput "

Alors que nous allons rejoindre la route qui fait le tour de la presqu’île de Trotternish et que le but est envue (mais l’atteindre est fastidieux et nous devrons faire le détour complet par la route pour ne pas avoir à franchir à nouveau la barrière métallique), nous déclinons une troisième proposition faite par une dame charitable . Nous irons jusqu’au bout , à pied, sous la pluie . Au final, compte-tenu des erreurs du départ , nous aurons fait 23 kilomètres sur la route . Il fait pratiquement nuit quand nous rejoignons la tente . Nous ne prenons pas de douche , pas plus que la veille , nous avons suffisamment reçu d’eau dans la journée . Pas de repas chaud non plus , il faudrait sortir de la tente . Donc purée en flocons à l’eau froide ,amandes et cheddar .

A suivre

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Nuit de déluge à Uig
La nuit ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices . Les vêtements de Théodorine sont complètement trempés , elle aussi , l’extérieur de ma veste et de mon pantalon de pluie sont également mouillés . Difficile dans ces conditions, alors que l’espace sous la tente est bien restreint de ne pas mouiller ce qui était encore sec . Nos duvets eux-mêmes ne vont pas être épargnés . La situation s’avère encore plus critique lorsque Théodorine constate que de l’eau coule à l’intérieur de la tente , de son côté, le long de la toile . Le terrain ne peut visiblement plus absorber toute l’eau qu’il a reçue . Nous espérons que le matelas mousse de Théodorine la protègera du désastre . Pour ma part, je suis mieux lotie grâce à mon matelas gonflable qui en cas de grosse inondation me servirait de radeau . Notre moral reste bon cependant . Le lendemain , nous devons dormir au sec .
Il va pleuvoir toute la nuit à verse , sans discontinuer , une pluie infernale , à tel point que je ne vais guère réussir à trouver le sommeil , alors que normalement je dors comme un loir . Au matin, tout est plus ou moins mouillé sous la tente , mon duvet lui -même l’est à son extrémité, là où il touche les vêtements accumulés . Théodorine quant à elle est plus lourdement sinistrée, elle qui a dormi au dessus d’un cours d’eau . Nos voisins les lapins de garenne ont peut-être eu eux aussi quelques problèmes dans leurs terriers .
Nous ne nous attardons guère le matin . Nous ne sortons pas le réchaud . Je me contente de nouilles chinoises froides accompagnées de ce qui nous reste de Stilton .

Dès que nous le pouvons , nous levons le camp .

On voit bien ici que nous jouissions d’une situation abritée .
Nous retraversons le ruisseau sur son petit pont .

Le camping est quasiment désert lorsque nous le quittons . L’annonce de la tempête à dû faire fuir ses occupants .

Nous nous dirigeons vers l’arrêt de bus . Dès son arrivée , nous nous installons . Nous sommes enfin au chaud et au sec .

A suivre

Retour à Portree .

Nous quittons Uig par un temps relativement clair , ce qui nous permet de jeter un dernier regard sur la baie de Uig

Malheureusement la visibilité va beaucoup se réduire. Je crois cependant après coup pouvoir identifier le loch Snizort .

Arrivées à Portree, nous ne pouvons pas déposer nos sacs à l’Independent Hostel avant l’après midi .
Nous allons aussitôt profiter de l’attente pour aller prendre un breakfast dans une sorte de salon de thé . Théodorine a encore des vêtements en partie mouillés, nous n’avons pris aucun breakfast depuis le début de notre séjour, et comme toujours nous avons faim , les vieux moteurs ne permettant guère les économies d’énergie .Prendre un breakfast à l’abri de la pluie et du vent, au chaud ,dans un lieu confortable , au lieu de muesli froid ou de nouilles chinoises pas cuites à l’intérieur d’une tente mouillée, c’est le luxe suprême , auquel nous n’avons pas eu droit l’année dernière .Théodorine a méthodiquement immortalisé cet évènement .

Un café au lait artistiquement décoré d’un coeur de crème

Vue globale du breakfast

Elle en a ensuite méthodiquement détaillé les éléments .

Ces haricots à la tomate au goût sucré ne nous ont pas vraiment convaincues .

Oeuf poché et champignons : unanimement appréciés .

Boudin noir, caché par du bacon (?) : malgré de nombreux essais, je ne suis pas vraiment enthousiaste .

Nous sommes restées perplexes, toutes deux incapables de déterminer de quoi il s’agissait . Disons qu’il s’agissait de quelque chose d’ultratransformé , ni bon ni mauvais, la pire des hypothèses étant qu’il s’agisse de protéines de synthèse obtenues à partir du pétrole de la mer du Nord . Je précise cependant que nous n’avons rien laissé .
Et enfin , une rare merveille, dont nous avions oublié depuis notre départ qu’elle pouvait exister , une tomate vraisemblablement récemment mûrie sous le soleil écossais .

Les lecteurs, s’il en existe, pourront s’étonner que la nourriture prenne autant de place dans mon récit . Mais quand on mène une vie errante , souvent sous la pluie , avec un sac à dos lourd, et que les provisions se limitent à du lait en poudre, du muesli, du générique de purée mousline, des soupes minute, du cheddar et des amandes , manger n’importe quoi de différent , au chaud et au sec , devient quelque chose d’extraordinaire .

A suivre

Après avoir terminé notre breakfast, nous allons traîner dans les rues du centre de Portree et faire du lèche vitrines . Nous ne pouvons pas avoir de grandes ambitions puisque nous attendons l’ouverture de notre gîte et la tempête . Les écoles sont désormais fermées, par précaution . Des bus circulent encore, mais nous avons préféré arriver le plus tôt possible , pour ne pas vivre la tempête au camping de Uig. Nous allons donc profiter de notre temps libre pour faire des achats pour nos proches et amis . La vitrine d’un magasin qui propose des objets amusants attire notre attention .

Nous ne pouvons qu’envier les occupants de ces tentes . Ils campent visiblement sous des cieux plus cléments . Le soleil leur permet de faire sécher leur linge .
Théodorine fait divers achats, je vais tomber sur cette sorte de pendentif

Ces deux moutons du premier rang (je n’avais pas remarqué le troisième ) me font irrésistiblement penser à l’Archiduchesse aux chaussettes toujours sèches et à notre Whymper, deux autres membres de la bande de Robin Hood de Fontainebleau Sherwood , héros de mes trois premiers carnets de voyage en Ecosse . Ce sera un cadeau pour eux deux .
Nous allons ensuite compléter nos provisions . J’achète pour des proches plusieurs tablettes de chocolat écossais, très chères mais au goût étrange , petit cadeau symbolique qui a l’ immense avantage de ne pas trop tenir de place dans le sac . Nous renouvelons notre provision de cheddar , en choisissant cette fois-ci par curiosité du cheddar des Orcades . Il n’était pas mauvais mais nous ne l’avons pas terminé au cours de ce voyage . Théodorine m’en a généreusement attribué le reste . J’ai trouvé il y a quelques jours quand nous l’avons terminé , Cyrus et moi, qu’il ne soutenait pas la comparaison avec le Salers primé au Salon de l’Agriculture que je venais de rapporter de mes Highlands cantaliennes, et qui , lui, n’a pas fait long feu .
Nous avons encore un peu de temps à attendre . Nous allons renouveler notre provision de d’argent liquide ,et nous nous installons dans le grand abribus de Portree , où nous allons passer un peu de temps , assises, à observer le passage d’innombrables cars de touristes de toutes dimensions .

Je n’ai malheureusement pas été suffisamment rapide pour photographier le passage d’un autre bus devant le premier .
Je me demande si autant passages de bus touristiques sont quelque chose de quotidien ou si les organisateurs avaient décidé de faire rapidement quitter l’île à toute leur clientèle dans la prévision de la tempête . S’il s’agit là de la densité normale du trafic début Octobre, je m’interroge sur ce que cela doit être en pleine saison touristique .
L’heure où nous pouvons entrer dans l’Independent Hostel étant venue , nous quittons notre refuge . Théodorine observe que tout ce qui était à l’extérieur est rentré par les commerçants .Pas une goutte de pluie , pas un souffle de vent . C’est le calme avant la tempête .

A suivre

La chambre que nous occupons à l’Independent Hostel est la même que la première fois, juste sous le toit . J’avais remarqué que le Velux fermait mal . Je vais le signaler à l’accueil, craignant que cela n’ait de fâcheuses conséquences pendant la tempête . Il y sera remédié . Le Velux bien fermé, nous n’y toucherons plus . Notre première occupation est de sortir nos affaires mouillées de nos sacs et de les suspendre . J’ai découvert après coup qu’il devait y avoir une salle de séchage . Nous ne l’avons pas su à temps et nous avons donc dû tant bien que mal nous débrouiller dans cette espace exigu en nous servant des porte manteaux fixés à la porte de la chambre . Mon pantalon de pluie est encore tout mouillé à l’extérieur (il a pourtant constitué une protection efficace ) et je vais voir se former une petite flaque au dessous sur le sol . Cela me rappelle une sortie en montagne , il y a longtemps, dans le massif du Mont Blanc, où le groupe dont je faisais partie était descendu du refuge de l’Envers des Aiguilles sous une forte pluie . Une avalanche de pierres s’était produite devant nous sur la Mer de Glace . Comme nous nous remettions tous de nos aventures dans un bistrot de Chamonix, nous étions tous tellement trempés, y compris le guide , qu’une très grande flaque s’était formée sous la table . Les vêtements actuels, si on y met le prix, me paraissent plus étanches , mais j’ai tout de même produit une petite flaque . Comme nous ne sommes pas toujours très futées (le lecteur a déjà dû s’en apercevoir) , nous n’avons pas remarqué la présence d’un radiateur électrique . Un peu de chauffage aurait pourtant été le bienvenu, et pour nous et pour nos vêtements . La situation , le lendemain , ne sera pas encore parfaite.
Mon duvet a été un peu victime de l’humidité ambiante à Uig, ainsi que de la promiscuité dans laquelle il a vécu avec nos vêtements trempés . Je l’ai donc sorti, et j’y ai dormi ,pour qu’il se remette de cette maltraitance .
Nous sommes l’une et l’autre allées prendre une douche , la première depuis Glenbrittle . Il est parfois bon de se reciviliser .

A suivre

Occupations musicales .

L’arrivée de la tempête , annoncée d’abord pour l’après-midi, est ensuite décalée en soirée . Nous ne sommes pas ressorties dans Portree et nous nous sommes donc reposées de notre nuit humide . J’ai de quoi m’occuper, grâce au wi-fi de l’hostel, qui me permet de me connecter facilement à You Tube . Elève studieuse, surestimée par mon professeur, je suis pourtant partie pour deux semaines, coupable d’absentéisme, alors que j’ai un gros travail de déchiffrage de partitions à faire : l’air de Micaëla dans Carmen, "Martern aller Arten ", terrible air de Constance dans l’Enlèvement au Sérail , et des révisions sur des airs non moins terrifiants écrits pour Aloysia Weber . En cherchant un peu , on trouve assez facilement des enregistrements pour lesquels l’écoute est accompagnée de la partition qui défile . Je vais donc passer le temps qui nous sépare du repas, sans m’ennuyer, en compagnie d ’ Edda Moser, Edita Gruberova, et quelques autres . Edda Moser a été une extraordinaire Reine de la Nuit , à tel point que la Nasa a envoyé dans l’espace un enregistrement de son interprétation du très célèbre "Der Hölle rache kocht in meinem Herzen " à l’intention des éventuels extraterrestres , pour leur montrer ce dont les Terriens étaient capables .

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Elle a été aussi une très bonne Constance, un peu trop dure peut-être . Je vais faire écouter Edda Moser à Théodorine qui connaît bien depuis longtemps les airs de la Reine de la Nuit . Son fils en était fan et les chantait à son professeur de français quand il était en sixième .
Nous passons de là à une discussion sur les mises en scène d’opéra contemporaines , ici plus particulièrement de l’Enlèvement au sérail . et sur les incohérences d’une époque qui se voudrait féministe .En pleine époque Me Too, il serait de bon ton de considérer que Donna Anna était consentante lorsque Don Giovanni tente de la violer et que Constance préfèrerait secrètement le pacha Selim à Belmonte .
En tout cas, l’écoute de ces enregistrements est de circonstance . La furie d’Edda Moser annonce la tempête , qu’elle soit la Reine de la nuit ou Constance .

Et les moments où elle supplie Selim, ceux où elle exprime son désespoir , tout comme les lamentations de Mia speranza adorata

me paraissent traduire assez bien à notre état d’esprit du moment . (Je laisserai de côté cette pauvre Micaëla morte de peur mais que rien n’épouvante) .Nous sommes loin de nos proches, nous avons téléphoné à nos compagnons respectifs que nous sommes à l’abri , j’ai envoyé des mails et des messages à mes connaissances, et pour la première fois, avec quelque inquiètude quant au retour, nous avons , sans le dire, un peu de vague à l’âme .

A suivre

Repas du soir avant la tempête . Où il est à nouveau question du gaz du réchaud .

Le moment venu pour le repas du soir, nous nous avisons du fait que nous ne ferons plus chauffer de repas à l’extérieur jusqu’à la fin de notre séjour, où nous devons passer la nuit à Kyleakin puis Edimbourg .La cartouche du réchaud est à peine entamée et nous ne serons pas admises à l’emporter sur Eurostar .
Nous décidons donc de prendre notre réchaud avec nous dans la cuisine , et de nous en servir , mais on nous signale immédatement que c’est interdit .Nous riquerions vraisemblablement de provoquer une explosion dans l’hostel *avant même que son toit ne soit emporté par la tempête . Nous craignons donc de nous trouver dans une situation semblable à celle que nous avions connue à Glasgow en 2015, à la fin de notre voyage dans les Small Isles, où nous avions passé un très long moment à brûler le gaz restant sur la vaste place de Saint Mungo, heureusement déserte . Il n’est pas question de trouver un endroit discret dans Portree pour nous livrer à cette opération, avec la tempête qui s’annonce Je nous imagine déjà dans les jardins de Prince’s Street , à Edimbourg, en train de renouveler l’opération , ce sera particulièrement fastidieux s’il pleut . Faudra-t-il abriter le réchaud de la pluie sous un banc ? Patience lecteur , la solution définitive ne sera découverte, après bien des tribulations, qu’in fine , et d’une façon qui n’est pas entièrement honorable .
La cuisine salle à manger est pleine, et bruyante . Il y a là un groupe de vieux Français, plus jeunes que nous cependant . Leur cuisine est plus compliquée que la nôtre (soupes minute, purée en flocons , cheddar, comme toujours ). Ils préparent des légumes surgelés, de la viande . Un luxe inouï et insensé pour les pauvres hères que nous sommes . Je peste intérieurement parce que la préparation de leur repas de cérémonie me force à attendre un peu longuement la disponibilité d’une plaque de cuisson (elles sont pourtant nombreuses ) mais je dois reconnaître en faveur de leur groupe qu’ils n’étaient pas bruyants et que les hommes mettaient la main à la pâte . Le problème du gaz à éliminer a dû altérer humeur .

  • Robin Hood de Fontainebleau Sherwood, notre maître, se jugeant expert , non en cuisine , mais dans la maîtrise des réchauds (on ne compte plus ceux qu’il avait mis hors d’usage ) et dans l’allumage du bois dégoulinant d’eau dans les poêles en ruines des cabanes que nous fréquentions les jours de déluge avait une jour confondu alcool à brûler (déjà fort peu recommandable) et essence de térebenthine . L’héroïsme de la Bête du Gévaudan, par ailleurs chroniqueur des hauts faits de notre Robin Hood, évita le pire . A en croire la légende , des flammes seraient apparues de toute part , semblables au cercle de feu que fait naître Wotan autour de la Walkyrie, et le plancher de la cabane se serait soulevé . J’étais présente dans la cabane et je ne me suis aperçue de rien . Je mets donc cela sur le compte de l’imagination épique de notre barde héroïque, qui eut la main légèrement brûlée.

A suivre

Le repas terminé , nous avons regagné nos Pénates sous le toit . Nous avons vue sur la place . Tout est désert . Au bout d’un moment , nous entendons le vent mugir. La chambre est très étroite . Le lit touche d’un côté un mur de refend et de l’autre la toiture . Je suis appuyée contre le mur et je vais plusieurs fois sentir le mur trembler . Théodorine , curieuse de voir le spectacle de la tempête se rend à la salle d’eau dont le velux a vue sur la mer et soulève le velux . Le vent est si violent qu’il lui arrache ses lunettes et elle se hâte de refermer . Je me déplace à mon tour pour voir le spectacle, fenêtre fermée . J’ai seulement aperçu ce qui m’a paru être de grosses ondulations sur la mer . Je ne sais pas combien de temps la tempête a duré ,car je me suis rapidement endormie ,la nuit précédente sous la tente ayant ét assez éprouvante .
Nous ne voulions pas passer cette nuit à l’extérieur , ayant plusieurs fois fait l’expérience du vent en Ecosse . En 2012 ,nous avions manqué de peu être renversées par le vent sur la route entre Torridon et Kinlochewe un jour d’intempéries plus modérées, responsables malgré tout d’une coupure de la ligne de chemin de fer entre Inverness et Aviemore . Par deux fois, en 2012 et 2013 , nous avons été promptement chassées du sommet du Beinn Eighe Mountain Trail par un vent abominable, glacial de surcroît . J’ai plusieurs fois fait l’expérience de la Tramontane dans les Pyrénées . La dernière fois, nous avons tous à tour de rôle été renversés par le vent .A Portree, nous étions dans une baie abritée , les murs ont tremblé , mais rien de plus . Nous n’avons pas observé le lendemain de dégâts dans Portree . Les constructions écossaises doivent être solides dans les îles . Mais , si nous avons bien anticipé la tempête, il n’en est pas de même pour ses conséquences .

A suivre

Calamity, vous êtes ma bulle d’oxygène ! J’adore l’humour de vos récits et envie votre énergie.

Merci pour votre indulgence , Hashtag. Je vais reprendre mon récit sous peu, à petite vitesse , étant une grande paresseuse .

Le lendemain matin, la tempête est terminée . Notre objectif du jour est de rejoindre Kyleakin pour être le lendemain soir à Edimbourg . Nous apprenons que les voies ferrées des Highlands sont coupées, non seulement la ligne Kyle of Lochalsh Inverness mais aussi les lignes Inverness Edimbourg et Mallaig Glasgow .Je lis sur mon téléphone un article parlant d’un chaos total dans les transports . Le projet initial de rejoindre Inverness puis Edimbourg par le train semble bien compromis , alors que nous avions pris à cet effet un jour supplémentaire de validité pour le pass ferroviaire . En attendant , il nous faut prendre le bus pour Kyleakin . J’apprends alors que le premier bus Citylink ne circule pas ,le pont de Skye ayant été fermé à la suite de la tempête . Je n 'avais pas réfléchi au fait que les bus Citylink venaient du Mainland . J’espère que nous aurons le bus suivant, en début d’après-midi . En attendant, nous allons faire un tour dans Portree .
Nous avons repéré lors de notre premier passage à Portree une jolie vitrine avec de beaux vêtements et de beaux sacs , Skye batik . Un petit sac à dos en patchwork très coloré m’a d’emblée séduite , mais je voulais être raisonnable .Je n’ai besoin de rien et je n’ai pas prévu de faire d’achats pour moi . Mais Théodorine entre , je la suis bien sûr et nous sommes très aimablement accueillies par un homme qui parle français et nous propose un café au lait . Il a un peu vécu en France , sa femme est Sri Lankaise, et ce qu’il vend est fabriqué au Sri Lanka . Ce sont vraiment de très jolies choses , et ,ce qui est important , c’est que ce tissu résisterait bien au lavage .Théodorine va craquer , moi aussi . Je m’offre comme consolation des tribulations passées et à venir ce sac à dos,et je reçois en cadeau de Théodorine pour mon travail d’organisation du voyage un joli sac rouge , décoré de l’inscription "passing place ". Si nous revenons à Portree, je crois bien que j’irai à nouveau faire un tour dans ce magasin .
Après cela , nous nous rendons à l’office de touriseme, pour essayer d’obtenir des renseignements sur la possibilité de rejoindre le Mainland . Il est fermé . Nous n’avons pas réfléchi au fait que nous sommes un samedi

A suivre

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Je lis également avec beaucoup d’intérêt vos aventures racontées avec beaucoup d’humour et j’attends la suite avec impatience .

Bonjour,
Elle va arriver, à petite vitesse .

@calamity.jane

Prenez tout votre temps !

Je pense reprendre ensuite mes trois premiers carnets de voyage en y insérant les photos.

De retour à l’Independent Hostel, nous sommes bien embarrassées, d’autant plus qu’une jeune Française nous apprend que le bus de 15 heures sur lequel nous comptions ne circulera pas . Nous demandons alors à l’accueil de l’Hostel si nous ne pourrions pas rester une nuit de plus .Tant pis pour notre réservation à Kyleakin . Malheureusement , c’est impossible, tout l’Independent Hostel est réservé pour un anniversaire . Je lis d’autre part que la situation dans les transports est toujours gravement perturbée, qu’aucun train ne circulera le dimanche entre Kyle of Lochalsh et Inverness . Qu’en sera-t-il demain des bus Citylink ? Nous n’en savons rien . Nous apprenons alors par la personne présente à l’accueil qu’un taxi pourrait nous transporter à Kyleakin pour une centaine de livres . Un moment , nous sommes quatre à être tentés par cette solution : cette jeune Française et un jeune Britannique , qui finalement choisiront de faire du stop ensemble ,Théodorine et moi . Ni Théodorine , ni moi, n’avons envie de tenter le stop avec nos gros sacs sur une route à circulation importante en temps normal . Nous ne le ferions qu’en désespoir de cause et ce sera peut-être nécessaire le lendemain, après avoir passé à pied le pont de Skye . Faisant taire notre sens de l’épargne , nous choisissons la solution du taxi .
Rendez-vous est donc pris avec un taxi . Pendant que nous attendons, nous allons discuter avec une autre jeune Française qui part , seule ,en randonnée sur le Skye Trail .Je m’enquiers plus précisément de son itinéraire , je lui dis que le sentier entre Camasunary et Elgol serait devenu dangereux ,à cause de l’érosion, d’après ce que j’ai lui . Entre Elgol et le loch Coruisk, il y a un passage qui a toujours été difficile , le Bad Step, à éviter vraiment par grand vent et temps humide , mais ce n’est plus sur l’itinéraire le plus classique du Skye Trail et elle n’a pas l’intention de l’emprunter . Son expérience de la randonnée bivouac me paraît tout de même un peu limitée et elle vient pour la première fois en Ecosse .Sans doute est-elle en très bonne forme physique ,mais je m’inquiète un peu . Elle me semble avoir une confiance totale en une application de randonnée . Elle prévoit de longues étapes , et de descendre dans les villages si elle ne trouve pas de lieu de bivouac à l’abri du vent . Elle a prévu de commencer par la crête de Trotternish . Je lui expose que la progression en terrain bien spongieux peut être très lente et que les vents très forts qui vous empêchent d’avancer sont chose courante sur les crêtes écossaises, et descendre de la crête de Trotternish par un brouillard épais ne me paraît pas chose évidente , surtout si la nuit qui tombe tôt approche , à moins de pouvoir emprunter la route du col du Quiraing . Je la mets en garde aussi sur le fait qu’il n’est pas forcément évident de contacter les secours en cas de besoin: il n’y a pas de réseau par exemple à Glenbrittle , je le sais maintenant pour l’avoir expérimenté, même si le Skye trail n’y passe pas . Je juge nécessaire de lui dire qu’un accident mineur peut vous empêcher d’avancer et qu’il y a à la clé le risque d’hypothermie . Nous avons pu entrevoir ce problème en 2013 dans l’Assynt, mais nous étions quatre, et nous venions à la tombée de la nuit de rejoindre une route , où nous avons arrêté un véhicule . J’ai pensé que je devais la mettre en garde et prendre le risque de paraître un vieille radoteuse .Je ne sais pas ce qu’elle a fait en fin de compte . A peu près à ce moment - là ,un Allemand parti pour faire l’ascension du Bla Bheinn situé entre Torrin sur la route d’Elgol et le Glen Sligachan a disparu . On l’a retrouvé mort , au bout de quelques semaines . Elle m’a dit qu’elle était capable de renoncer si la situation était trop difficile . C’est sage , mais il faut s’en rendre compte suffisamment tôt .

A suivre

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Le taxi arrive . Notre chauffeur n’est pas très bavard . Il ne pleut pas . La route jusqu’à Sligachan nous paraît désormais très familière Nous passons devant Raasay. Le trajet est long. Nous finissons par passer Broadford qui s’étire interminablement . C’est là que nous avons essuyé cette année une mémorable averse et que l’an dernier notre bus avait été stoppé dans un embouteillage . Enfin, nous finissons par arriver à Kyleakin.
Notre hébergement , le Saucy Mary Hostel est facile à trouver . Il suffit de longer la mer … Nous y avons réservé, ou plutôt c’est ce que l’on nous a proposé de réserver à l’office de tourisme de Portree, et que nous avons accepté, une chambre pour deux . Il y a là deux lits superposés, et au fond du couloir, nous avons accès à un cabinet de toilette privé .Nous avons payé un peu plus de 120 euros pour deux, alors que la plupart du temps , nous avons trouvé un hébergement deux fois moins cher . Deux places dans un dortoir auraient été plus économiques . Peut-être n’y avait-il plus de places dans les dortoirs , l’auberge semble pleine de lycéens ou d’étudiants pas encore très avancés dans leurs études … En fait ,je pense que les dames de l’office de tourisme de Portree ne nous ont guère imaginées à l’aise dans un dortoir, au vu .de notre âge. Sans doute nous ont-elles trouvées un peu bizarres avec nos gros sacs, mais elles n’ont pas dû nous juger capables de cohabiter avec des gamins . Elles ne savaient pas que lors de notre pire journée en Ecosse , où trempés jusqu’aux os par une pluie mêlée de neige tombant à l’horizontale , au terme d’une longue marche dans les montagnes de l’Assy, alors que nous étions menacés par l’hypothermie , Théodorine avait repéré une bergerie située à proximité de la route . Elle voulait nous proposer de nous y réfugier . Nous aurions été à l’abri de la pluie et nous aurions été tout enveloppés de laine . La délicatesse de nos odorats aurait peut-être été quelque peu offensée , mais nous nous serions sans nul doute rapidement adaptés . Théodorine avait de loin vu partir la voiture du berger . Sans doute avait-elle idée qu’en nous levant assez tôt , nous pourrions échapper au retour de Polyphème * . Un départ très matinal nous a toujours été très difficile mais que les lecteurs se rassurent ! Aucun de nous quatre ne fut mangé . La vie des randonneurs bivouaqueurs étant pleine de rebondissements imprévus , nous avions la nuit dans un manoir de la duchesse de Sutherland .
Comme il n’est pas très tard, nous décidons d’aller faire un tour dans Kyleakin .Nous avons une tâche d’importance à effectuer , celle de régler le problème de la cartouche de gaz . La suite de mon récit sera pour une bonne part consacrée à cette épopée .

  • J’ai raconté cet épisode de nos aventures dans mon carnet de voyages de 2013 intitulé "Comment la montagne accoucha de quatre souris trempées ". Il mit fin à nos aventures sur le Cap Wrath Trail .

A suivre

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Promenade vespérale à Kyleakin . Comment se débarrasser d’une cartouche de gaz . Premier épisode .
Une fois installées dans la chambre, ou plutôt nos vêtements encore humides suspendus pour qu’ils achèvent de sécher (j’ai de surcroît étalé mon précieux duvet pour qu’il se remette complètement de la nuit d’inondation à Uig), nous sortons, chacune avec une préoccupation distincte . Je veux me rendre à l’entrée du pont de Skye, et tester la force du vent sur le pont . Théodorine quant à elle , a pris le réchaud avec l’intention de vider la cartouche . Je ne sais pas encore quelle méthode elle va utiliser .

Il suffit de sortir de l’hostel pour voir ce fameux pont . Il comporte deux parties, séparées par un îot . Quand on est au milieu, la force du vent doit être redoutable . J’espère que nous pourrons éviter cette épreuve . De l’hostel à la station de bus de Kyle of Lochalsh, il y a un peu moins de quatre kilomètres . C’est peu . La traversée du pont ,c’est malgré tout un kilomètre de marche où il n’y a absolument rien pour s’abriter du vent .
Nous suivons donc la route pour rejoindre le pont , nous passons entre de belles propriétés avant d’atteindre le carrefour avec la route de Portree à Kyle of Lochash, Kyleakin étant construite à l’écart, le long du détroit . Je m’attends à ce que Théodorine allume le réchaud dans un coin discret, pour brûler notre réserve de gaz, le réchaud n’ayant été utilisée que deux ou trois fois . Nous avions utilisé cette méthode à Glasgow sur la très grande place de Saint Mungo , à la fin de notre voyage de 2015 dans les Small isles.*C’était la fin de l’après-midi . Il n’y avait personne, l’opération avait été fort longue . A la fin, nous avions discrètement abandonné la cartouche vide dans une poubelle .
Aujourd’hui, la situation est beaucoup moins favorable . Nous sommes au bord d’une route, et il y a du vent . Comment à la fois réussir à allumer le réchaud malgré le vent , avec de vieiilles allumettes gorgées d’humidité , tout en faisant preuve de discrétion ? Il y a par bonheur le long de la route des haies de buissons propices .

Nous nous planquons dans un coin (en fait il s’agit de l’entrée d’une grande propriété , avec un portail , et à ma grande surprise, Théodorine l’écolo dévisse la cartouche , pour laisser le gaz se répandre dans l’atmosphère . Il faut reconnaître que cette méthode est nettement plus efficace que celle que j’avais envisagée . Je me lave les mains de ce crime contre la nature, je ne formule aucune objection , et je laisse lâchement Théodorine se débrouiller avec sa conscience . Je dois reconnaître malgré tout qu’elle fait preuve de prudence . L’ espace est vaste et bien ventilé, la route est large et chaque fois qu’une voiture annonce son passage , Théodorine revisse la cartouche avant de la dévisser à nouveau. Nous quittons notre abri dans les buissons et Théodorine poursuit son manège tandis que nous marchons . La nuit qui approche et les buissons qui ajoutent un peu d’ombre favorisent la discrétion de l’opération .
Nous finissons par arriver au pont . Nous l’empruntons sur quelques mètres . Il y a un trottoir et une balustrade pour la sécurité . Nous voyons passer quelques voitures , la circulation des bus n’a pas été rétablie parce qu’ils sont trop hauts, ils offrent trop de prise au vent . A l’entrée du pont , la situation est tenable . Qu’en est-il plus loin ? Nous l’ignorons . Ayant reconnu les lieux, nous faisons demi-tour et nous rentrons à notre gîte tandis que Théodorine poursuit la vidange de la cartouche . Nous voyons la nuit tomber sur Kyleakin et Kyle of Lochalsh .

De retour à l’hostel , la cartouche de gaz est en grande partie vidée, mais l’opération 'est pas terminée Nous demandons à l’accueil si les bus circulent le lendemain . Il n’y aura pas de trains avant lundi, la chose est sûre . Mais on ne peut pas nous donner de renseignements sur les
bus . J’ai malgré tout un peu d’espoir, ayant vu quelque chose qui ressemble à un autocar passer sur le pont . L’arrêt de bus est tout proche . Décision est prise de tenter notre chance le lendemain matin vers 9 heures, quand passera le premier bus Citylink selon l’horaire normalement en vigueur . S’il ne circule pas, ou s’il est complet , nous traverserons le pont à pied
Il ne nous reste plus qu’à nous occuper de notre dîner . La salle prévue à cet effet qui tient lieu de cuisine (l’aménagement de la cuisine est assez sommaire) est occupée par une foule de jeunes qui jouent assez calmement mais nous avons du mal à trouver un espace où nous installer . Après un repas sommaire , préparé à l’aide de la bouilloire (soupes minute, cheddar ,purée en flocons, amandes ), nous nous retirons dans nos appartements . Le Saucy Mary Hostel a été notre hébergement le plus coûteux au cours de ce voyage , le plus confortable également si l’on prend en considération la chambre et les sanitaires privés . Mais c’était , proximité de l’arrêt de bus , mise à part , le moins bien adapté à nos besoins .
Le repas terminé, nous regagnons nos appartements . Le programme de la journée de demain s’annonce chargé et sa réalisation incertaine . Nous devrions normalement effectuer le parcours Kyleakin Fort William en autobus puis profiter de notre pass ferroviaire pour rejoindre Edimbourg Glasgow. Après avoir informé nos compagnons de la situation ,nous nous endormons du sommeil des justes

  • Un voyage dans les Small Isles . Carnet de voyage 2015

A suivre

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Retour sur Edimbourg
De Kyleakin à Fort William . Comment se débarrasser d’une cartouche de gaz. Deuxième épisode .
Le matin venu, nous nous dirigeons comme prévu vers l’arrêt de bus . Il y a déjà quelques personnes dont la Française rencontrée à Portree qui a rejoint en stop Kyleakin . Théodorine discrètement va se mettre à l’écart pour continuer à vider la cartouche . Nous sommes en bord de mer , donc le risque n’est pas grand . Elle ne peut pas poursuivre l’opération jusqu’à
son terme parce que le bus arrive . Avant de faire disparaître le corps du délit dans
son sac, , elle me dit qu’il ne reste plus beaucoup de gaz dans la cartouche , mais il y en a encore un tout petit peu . Nous avons encore deux jours devant nous pour achever de résoudre le problème, donc nous ne nous inquiétons pas du tout , trop peu même puisque nous irons jusqu’à oublier trop longtemps de traiter la question .
Le bus n’est pas complet . C’est une chance. Nous ne serons pas coincées à Kyleakin jusqu’au passage du bus suivant, sans garantie d’une situation meilleure . Malheureusement , alors qu’il va jusqu’à Glasgow, il ne peut nous prendre que jusqu’à Fort William . Après, il est complet (la ligne ferroviaire Glasgow Mallaig par Fort William est toujurs coupée )et il nous faudra en trouver un autre . Mais Fort William, cela nous rapproche beaucoup, et surtout , plusieurs lignes Citylink y passent ,ce qui multiplie nos possibilités pour rejoindre Glasgow ou Edimbourg. Je retrouve mon optimisme habituel . Si nous ne réussissons pas à en partir , ce qui serait étonnant , du moins y trouverons-nous de quoi dormir, d’autant plus que Fort William possède un camping .

A suivre

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Le bus démarre et nous franchissons rapidement le pont de Skye .

Comme on le voit le temps est passablement brumeux . Je ne vois donc rien des montagnes de la région d’Applecross et de Torridon , où je rêve de revenir . Puis nous longeons la côte , mais je ne suis pas du bon côté du bus pour photographier la mer et les montagnes au delà , nous passons à côté d’Eilean Donan Castle, une fois de plus , et nous approchons de l’extrémité côté terre du loch Duich , où débouche le Glen Affric Kintail Way que nous avons dû renoncer à parcourir en raison de l’accident de Théodorine .La lumière , assez sinistre ,donne un aspect fantômatique à ce poteau électrique , à l approche de Morvich .

.

A Morvich , la chaussée sépare le reste du loch de ce qui paraît être l’une de ses extrémités .

. C’est là que se termine le Glen Affric Kintail Way . Le loch Duich dépassé , nous entrons aussitôt dans le glen Shiel . A l’aller , j’avais vue sur l’autre versant , côté presqu’île de Glenelg et Knoydart , cette fois-ci , j’ai vue sur le versant Nord Est, nous passons au pied des Five Sisters of Kintail .

Il faut imaginer que la bataille du Glen Shiel s’est déroulée sur ces hauteurs. Les Espagnols , alliés des Jacobites, avaient pris position sur la plus méridionale des Cinq Soeurs de Kintail .

https://www.britainexpress.com/scotland/Highlands/countryside/glen-shiel-
battlefield.ht

Nous remontons ensuite le glen Shiel jusqu’à Cluanie Inn .

![glen Shiel 6|690x362](upload://eJ4jBvzMvgUVVw9uxVcqY1ztyf0.j

Nous allons ensuite bifurquer sur Invergarry pour rejoindre le sillon Calédonien et Fort William . Je n’ai malheureusement pas pu prendre sur cette partie du parcours de photo utilisable , à part celle de ce charmant cottage au bord d’un loch .

A suivre

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Lorsque nous arrivons à Fort William, ma première préoccupation est d’essayer de réserver dans un bus qui nous conduirait à Glasgow ou Inverness pour nous rapprocher d’Edimbourg où nous avons un hébergement résevé pour la nuit suivante . Nous n’avons plus guère d’inquiétude pour l’Eurostar du surlendemain mais il s’agit pour nous de sauver notre journée à Edimbourg. Je ne réussis pas à réserver le bus avec mon téléphone , mais j’espère trouver un guichet . Dans ma mémoire, il y en avait un il y a cinq ans . Nous allons donc faire le tour de la gare routière , deux fois de suite , sans trouver le moindre accès à un guichet . Est-ce parce que nous sommes particulièrement peu observatrices ? En ce qui me concerne , la réponse peut être oui, mes relations avec le monde matériel étant souvent assez distendues, mais il n’en est pas de même de Théodorine , habituée à l’observation . Nous devrons donc attendre l’arrivée du premier bus pour Glasgow pour savoir si nous y trouverons une place .
Les environs de la gare routière ne sont pas particulièrement séduisants mais nous y sommes à l’abri et il y a des bancs pour s’asseoir . . Elle est située près de la gare ferroviaire, où aucun train ne circule et où nous voyons à l’arrêt une rame du Caledonian Sleeper.

Nous aurions très largement le temps de nous occuper du petit reste de gaz .L’environnement est favorable . Peu de monde , de grands espaces vides . Nous n’y songeons pas parce que , comme d’habitude, nous avons faim , n’ayant guère fait d’excès de table depuis plusieurs jours . Il y a un MacDo à proximité . En temps normal , nous ne fréquentons pas ce genre d’établissements . J’ai dû m’y rendre cinq fois dans ma vie , par nécessité mais je n’aime absolument pas,et ma dernière expérience , un jour de famine, fut une abomination, un menu MacDo vegan que j’avais choisi en espérant quelque chose de plus équilibré . La faim conduit cependant aux pires extrémités et ,le MacDo étant juste devant nous, nous entrons sans hésiter .
C’est bondé et nous avons du mal à trouver des places pour nous asseoir , et à notre grande honte, je dois avouer que nous avons mangé avec un certain plaisir .

A part les frites, honorables, ce n’était pas vraiment bon, mais ce n’était pas mauvais : pas de sauce ketchup , pas de boeuf hâché à la menthe ou tout autre assaisonnement bizarre . Viande hâchée + cheddar, cela passe aisément et ça cale . C’était notre première exigence . Et ce n’était pas du tout ruineux .
Comme nous avions encore du temps devant nous , nous sommes parties pour le centre de Fort William, à la recherche d’un café et d’un gâteau . Nous n’avons pas beaucoup cherché et nous avons trouvé notre bonheur dans un café restaurant indien , le café Mango, où nous avons pu manger à l’abri et au chaud un scone, et Théodorine sa dose de caféine quotidienne . Sur notre trajet , elle a fait une découverte remarquable :

Malheureusement , nous n’étions pas en mesure de profiter vraiment d’une opportunité aussi remarquable . Mais j’espère que le lecteur verra dans l’expérience d’un MacDo mangeable et la découverte de lave-linges dimensionnés pour 20 kilos de linge sale à proximité immédiate de deux gares une raison suffisante de se rendre en Ecosse .

A suivre

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Notre bus ,qui part en début d’après-midi, rejoint directement Glasgow en passant par Glencoe . Nous n’avons jamais emprunté cette ligne . En ce qui me concerne, je connais tout de même son parcours jusqu’à Ballaculish pour avoir pris le bus entre Fort William et Glasgow en 2019 en revenant des Small Isles . La route longe d’abord le loch Linnhe ,au bord duquel est construit Fort William . L’intérêt de ce parcours est la vue qu’il offre sur le loch Linnhe et les montagnes de l’Argour, une région dont on ne parle jamais sur ce forum et que je rêve d’explorer . Je n’ai pas pris de photos cette année. Le temps n’est pas beau et je suis située du mauvais côté du bus . Je vais donc reprendre ici des photos de
2019


Peu avant d’arriver à Ballacullish, où nous allons quitter le loch Linnhe, nous apercevons Corran , où arrive un ferry qui relie les deux livres du loch Linnhe .

Je suis convaincue qu’il serait beaucoup plus intéressant d’explorer ces régions de l’Ecosse dont on ne parle pas, en prenant son temps, que de faire le tour de l’Ecosse en huit jours . Mais il faudrait assurément que les rôdent tripeurs, collectionneurs d’effets “waouh!!!” dans le brouillard . ne soient pas angoissés à l’idée d’avoir manqué quelque chose et acceptent l’idée de faire connaissance avec le bog* écossais . Je suis susceptible de m’attirer des ennemis en écrivant cela , mais les lecteurs de ce carnet qui ont eu la patience de me lire jusque là ,s’ils existent , ne sont pas des gens pressés .

  • J’ai fait un long exposé sur la question du "bog " dans mon carnet de voyage de 2024 intitulé “Lewis et Harris. Bog, famine et tweed”

A suivre

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Juste avant d’arriver à Ballacullish, la route longe la rive Nord du loch Leven , un loch maritime avant de le franchir sur un pont . Nous connaissons le loch Leven depuis notre premier voyage en Ecosse ,en 2010 ,où nous avions parcouru le West Highlands Way de Bridge of Orchy à Fort William en passant par Kingshouse, les abords de la station de ski de Glencoe, le Devil’s Staircase , et Kinlochleven, à l’extrémité du loch côté terre .


Loch Leven côté terre, vu du West Highlands Way . Photo 2010

Mais au lieu de reprendre la route de la côte dans la direction d’Oban, en passant par Kentallen, où eut lieu le meutre de Colin le Rouge , qui joue un rôle central dans Enlevé !, la première partie des Aventures de David Balfour, notre bus suit vers l’Est la rive Sud du loch Leven jusqu’au village de Glencoe .
Nous allons remonter pour la première fois la vallée de Glencoe, que nous ne connaissions que vue de loin et d’en haut ,à partir du West Highlands Way . C’est assurément beau , mais la route passe vraiment au fond de la vallée , et c’est une route où la circulation est assez intense, donc ce n’est pas vraiment idéal pour nous . Nous arrivons ensuite sur le plateau , que nous connaissons depuis notre premier voyage .


Photo 2010

J’aime beaucoup Rannoch Moor, mais le temps étant de pire en pire, la pluie et le brouillard nous empêchent de profiter du paysage . Nous ne profiterons guère non plus de notre passage le long du loch Lomond du fait des conditions météorologiques . Le seul évènement remarquable tout au long de ce parcours sera une pause permettant aux voyageurs de se dégourdir les jambes près d’un édifice dont l’architecture nous évoque une pagode et qui se révèle être un chalet de nécessité .
Le trajet commence à me paraître vraiment long . Il est nuit noire lorsque le bus nous dépose enfin à la gare routière de Glasgow .

A suivre

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Hello Calamity
Tu dois absolument écrire un guide de randonnées en Ecosse … Je suis tjrs vos aventures ecossaises…

Bonjour glen-coe,
Si la maison d’éditions glen-coe MacGilarkopoulos veut me publier , je suis d’accord ! :yum: :yum: :yum: :blush:
Quand j’aurai fini ce récit , je reprendrai , avec des compléments et les photos, mes récits de 2010 2012 et 2013 . De quoi m’occuper jusqu’au prochain voyage (souhaité)en Mai prochain pour lequel je viens de faire les réservations d’Eurostar .Reprise du programme annulé cette année , l’Ecosse d’Est en Ouest :Cannich Shiel Bridge à pied, puis Harris et, si je suis suffisamment rapide pour obtenir des places et si la météo le permet, Saint Kilda .

Quand nous sortons de la gare routière de Buchanan, notre objectif est de prendre le train pour Edimbourg où j’ai réservé pour la nuit, objectif que je juge aisé, la distance à parcourir n’étant pas très importante .Nous n’y parviendrons pas sans mal , contrairement à nos expériences passées … Bien que la nuit n’ait certainement pas arrangé les choses en nous faisant perdre nos repères, je suis responsable de nos tribulations . Je suis persuadée que les trains entre Glasgow et Edimbourg partent de Glasgow Central alors qu’ils partent de Glasgow Queen Street . D’autre part, je n’ai pas de plan de Glasgow , j’ai fait confiance à mon téléphone et à Google Maps . Peut-être est-ce un effet de la tempête ,mais le réseau est très défectueux ,je ne parviens pas à obtenir des indications fiables . Il ne nous reste plus qu’à demander des renseignements aux passants , plus ou moins enclins à écouter notre demande . Certains cependant sont très obligeants, mais ou bien ils savent et leurs explications sont un peu compliquées, ou bien ils ne savent pas ,consultent leur téléphone, et semblent bien eux aussi victimes de la défaillance du réseau . Se fier à son téléphone pour s’orienter est une erreur . En randonnée, nous avons toujours carte et boussole . Je suis consciente que rien ne remplace une vraie carte . J’aurais dû m’en souvenir pour la ville . J’aurais dû consulter le plan de la ville la veille ,quand je bénéficiais du Wi fi de notre gîte, vérifier la gare de départ des trains, et j’aurais dû me souvenir que j’avais une boussole dans ma poche car je me souvenais bien qu’il fallait aller vers le Sud. Nous sommes arrivées avec beaucoup de mal à Glasgow Central pour apprendre qu’il fallait nous rendre à la gare de Queen Street . Nouvelles errances avant de parvenir enfin à la bonne gare . Il aurait été plus simple assurément de faire le trajet Glasgow Edimbourg en bus, mais il nous aurait fallu payer le trajet alors que nous avions un pass ferroviaire à utiliser .
Les trains entre Glasgow et Edimbourg sont très fréquents . Nous n’avons donc pas dû subir une longue attente . Le trajet n’est pas très long non plus mais il était plus de 21 heures lorsque nous sommes arrivées à Edimbourg . La gare étant en travaux, nous avons eu du mal à trouver la sortie. Nous avons monté beaucoup d’escaliers . Il nous fallait rejoindre Edinburgh Backpackers, dans Old Town , Cockburn street . Persuadée que nous arriverions plus tôt à Edimbourg, et que je pourrais me fier à mon téléphone, je n’avais pas étudié le parcours . Nous savons bien de quel côté est Old town mais nous reconnaissons mal , parce que c’est la nuit et parce que tout est en travaux . Nous avons tout de même pris le bon pont , remonté la bonne avenue et nous sommes rapidement tombées sur Cockburn Street . A partir de là trouver notre hébergement n’a été qu’une formalité .

A suivre

Edinburgh backpackers est un hébergement économique situé dans un vieil immeuble d’Edimbourg . L’accueil est toujours ouvert, il y a une consigne à bagages ce qui est très intéressant . Nous obtenons rapidement les données nécessaires pour rejoindre le dortoir où nous avons nos places . Il y a là une jeune qui nous paraît d’origine africaine ,en train de dormir . Nous nous efforçons de nous installer discrètement pour ne pas le réveiller . Peut-être travaille-t-il de nuit . Une fois débarrassée de nos sacs, nous nous occupons de nous restaurer sommairement , après avoir effectué un bref passage par la cuisine , pas très grande , vu le nombre potentiel des personnes hébergées mais très bien aménagée .

Il y a également tout ce qu’il faut en matière de sanitaires . C’est une bonne adresse ,à mon avis .Nous y avons payé moins de 60 euros pour deux, en plein centre de la vieille ville .
Dans le grand escalier qui conduit à notre dortoir ,nous avons repéré une affiche annonçant un concert de musique baroque dans une église pour le lendemain . Cela nous tenterait bien, car nous n’avons guère eu jusqu’ici l’occasion de profiter de la vie culturelle écossaise . . Finalement , nous n’irons pas, en raison en particulier d’un départ très matinal pour le jour de notre retour en France .

A suivre

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