Ce voyage nous a-t-il donné satisfaction ?
Comme je l’ai exposé dès le début , ce n’était pas le voyage initialement prévu au printemps . Le bilan est positif en ce qui concerne la cheville de Théodorine , qui a bien tenu le coup . Apparemment ,elle n’a pas eu de problèmes après puisque Théodorine est prête à repartir au printemps prochain . En ce qui me concerne, il me semble deux mois plus tard que cela m’a plutôt mise en forme .
La tempête a sérieusement perturbé notre voyage, en nous bloquant à Portree , les intempéries qui l’ont précédée aussi . Théodorine trouve malgré tout qu’il est intéressant de vivre les conséquences d’une tempête dans une île . Skye reste une île , ce que le pont pourrait , à tort, faire oublier . Nous avons, grâce à la tempête , découvert un aspect non touristique de Portree, lorsque nous voulions réserver à Kyleakin, lorsque nous nous sommes rendues à la médiathèque. Portree n’est pas qu’une halte pour touristes, c’est un lieu où l’on vit et où l’on étudie .
Les deux premiers jours se sont déroulés avec un beau temps et une lumière exceptionnelle . J’ai beaucoup aimé le parcours glen Moriston ,glen Shiel jusqu’à l’entrée du loch Duich . Je suis très attirée par les secteurs sauvages qui se situent de part et d’autre derrière les lignes de crêtes qui dominent ces vallées .
Mes plus beaux souvenirs de l’île de Skye sont deux images de notre arrivée dans l’île : l’île de Skye avec ses montagnes émergeant de la mer lors de notre passage du pont (j’ai vraiment regretté de ne pas être à pied ) et dans un virage , une extraordinaire vision sous le soleil des ravinements de l’une des Red Hills . Le Quiraing ressemblait trop aux photos que l’on trouve par centaines . Il aurait fallu l’aborder à partir de Flodigarry. Les deux traversées entre Skye et Raasay ont été vraiment intéressantes . Glenbrittle , c’était une bonne idée . Malheureusement , nous n’avons eu une météo très défavorable qui nous a empêchées de profiter du voisinage des Black Cuillins.
Enfin ,la journée à Edimbourg a été une sorte de moment de grâce . Une belle journée d’automne dans une ville qui se visite si agréablement à pied , après plusieurs jours de grisaille ,d’enfermement et de pluie . Je rêve depuis d’aller passer une semaine à Edimbourg et dans ses environs . J’aimerais bien me rendre enfin à Abbotsford et Melrose, comme je voulais le faire pour notre premier voyage, et marcher dans les Pentland Hills , à cause du prisonnier d’Edimbourg de Stevenson .Je proposerais volontiers, à la place du rituel séjour en raquettes que j’organise sur le plan matériel dans le Cantal pendant l’hiver avec l’assistance technique de notre Whymper pour les itinéraires, un tel séjour à Edimbourg à mes amis de la bande d’outlaws de Fontainebleau Sherwood .
Le voyage aller a confirmé mon intérêt naissant pour les Cairngorms .
Enfin , j’ai pas mal de critiques à formuler contre la façon dont j’ai organisé ce voyage . Je n’ai pas su vraiment faire des choix, j’ai planifié à contretemps ,et fait des choix conformistes .
J’avais prévu trop peu de temps pour Raasay . Si cela n’avait pas été le cas , nous serions allées jusqu’au sommet du Dun Caan . Nous aurions dû bivouaquer plus au Nord sur la route de Callum . Raasay doit mériter au moins quatre ou cinq jours .
Si nous y étions restées plus longtemps ,nous n’aurions pas pu cependant nous rendre de Sligachan à Glenbrittle, alors que cette étape fut réellement intéressante .
Si la météo avait été autre, il aurait été plus intéressant de randonner dans le glen Sligachan , d’aller jusqu’à Camasunary, de rejoindre la route d’Elgol , et d’explorer le secteur de Torrin . J’aurais dû oser ignorer pour la seconde fois la presqu’île de Trotternish , où passent tous les visiteurs de Skye . Ce n’est pas d’avoir vu enfin le loch Ness sous le soleil , le Quiraing dans la brume , et Glencoe sous la pluie qui fait de ce voyage un voyage réussi .
Enfin , j’ai planifié à contretemps . Si nous n’avions pas réservé dès le jour de notre arrivée dans l’île une nuit à l’Independent Hostel pour la date où finalement a eu lieu la tempête (avec l’idée de visiter la presqu’île de Trottenrnish) , nous aurions pu nous replier plus tôt sur Edimbourg ou Glasgow où nous aurions trouvé toutes les deux sans mal des choses à faire . D’autre part , je n’avais pas anticipé la fermeture du camping de Sligachan, dont je pensais qu’il nous serait très utile pour la suite de notre voyage .
Cela dit, l’île de Skye est -elle vraiment faite pour nous ?
L’île de Skye , dans sa partie Est, est tout de même très urbanisée, avec Broadford et Portree en particulier . Quant à Uig ,c’est une véritable agglomération , c’est-à-dire pas exactement ce que je cherche quand je randonne . Pour la partie Ouest , j’avais étudié les possibilités de nous rendre à pied à la baie de Talisker et à Carbost . La météo a exclu cette possibilité . Je serais intéressée par les falaises de la presqu’île de Duirinish mais il faut du temps pour les atteindre, et ensuite pour les longer, et je crois que ce n’est pas facile . D’autre part , par conditions bien venteuses , cela doit être problématique .
Enfin , il y a eu les problèmes liés à la période de l’année . Les jours étaient beaucoup plus courts que fin Avril début Mai, notre période préférée . Pour la météo , bien que l’on ne soit jamais sûr de rien , l’automne est tout de même la saison des tempêtes . L’affluence touristique était tolérable , c’est la raison d’ailleurs pour laquelle nous avions choisi Skye pour destination, en pensant que c’était une période favorable pour échapper aux foules qui envahissent l’île .
Mais je pense, paradoxe de Parisiennes esthètes, que nous sommes surtout faites pour les Highlands de l’intérieur et les îles beaucoup moins peuplées , Small Isles et Hébrides extérieures ,ou pour le patrimoine et les ressources culturelles des vraies villes .
Fin