Pourquoi “en ce moment” ?
Il y a une année, le CHF a été brutalement “réévalué”, de facto, de 20 % (actuellement, sa valeur est un peu retombée). Cela n’a pas été sans conséquence sur les exportations et, par voie de conséquence, sur l’emploi.
Ajoutez à cela que le secteur financier est dans un processus d’automatisation à outrance et que ce secteur licencie par vague pour certain établissement ou à petites doses continues pour d’autres, et que, du point de vue purement empoi, ce secteur est en crise (sur le plan de la rentabilité, aucun problème).
Mais, c’est un avis personnel, je pense qu’il s’agit d’une période transitoire, l’économie suisse va s’adapter. Elle a bien su s’adapter à une réévalution de fait de plus de 60 % depuis la création de l’euro.
De toute façon, les conditions cadres sont favorables : bon niveau de formation, infrastructures moderne, un bémol peut-être, l’éventuelle rupture des relations bilatérales avec l’UE, mais les récentes discussions entre la GN et l’UE peuvent amener à penser que la Suisse trouvera un accord avec l’UE.
Cela dit, il n’en reste pas moins que le gouvernement doit respecter les résultats d’une votation populaire et réduire la part de main-d’oeuvre étrangère dans le pays. Comment, là est tout la question, et il ne reste qu’une dizaine de mois pour trouver une solution.
Mais au total, je pense que la Suisse passe par un moment un peu moins facile mais qu’elle va s’en sortir, les financiers ne s’y trompent pas, le CHF est toujours surévalué.
Venons-en au salaire qui vous est proposé, difficile de se prononcer sans connaitre le poste.
Je vais vous donner un exemple personnel. Je suis à la retraite donc pas vraiment représentatif, mais, à titre indicatif, mon épouse et moi-même avons des rentes pour environ 110.000 CHF (retraite d’une organisation internationale pour moi, de l’université pour mon épouse) . Mon fils, ingénieur de développement, une vingtaine d’années d’expérience a un revenu brut d’environ 140.000 CHF dans la région de Lausanne. Ma fille, enseignante d’allemand à Genève, 12 ans d’ancienneté a un salaire de 130.000 CHF.
100.000 CHF annuels (env. 8.500 mensuel), semble un salaire correct et permet sans aucun doute de vivre à trois, mais sans penser à un train de vie fastueux.
Il faut enlever les impôts, l’essentiel des impôts en Suisse est cantonal, je ne peux donc que vous donner une estimation, compter environ CHF 1400.- par mois, certains cantons sont plus chers (Genève par exemple), d’autre moins.
Il faut aussi enlever l’assurance maladie, pour 3 personnes, compter CHF 900.- mensuels, mais, de nouveau, ce sont des tarifs cantonaux et, de plus, dépendant de la caisse maladie considérée.
Un autre gros poste, c’est le logement. À Genève, pour 100-120 m2, une place de parc, compter CHF 3000.- et vous vous considérerez comme très chanceux de trouver un appartement dans ces conditions.
Il vous reste, après ces déductions importantes, environ CHF 6.200 mensuels pour nourriture, déplacements, vie courante, etc. Sans être du luxe, c’est suffisant et bien des personnes aimeraient disposer d’une telle somme.
Autre point noir, les enfants. Marmaille habite en campagne, la situation est totalement différente en ville. Par exemple, à Genève, il faudrait s’inscrire à la crèche 1-2 ans avant et ce n’est pas une boutade. Pour les prix mensuels (5 j/s), cela va de CHF 1000.- (crèches subventionnées, mais il ne faut pas dépasser un plafond de revenu et, surtout, avoir une place libre) à plus de CHF 2.500.-. Mais, la crèche ne devient nécessaire que lorsque les deux parents travaillent et dans ce cas, il y a deux revenus.
Si vous avez d’autres questions, je vous réponds bien volontiers.