L'histoire de France en 20 sites touristiques

Michel Doussot
par Michel Doussot

18 décembre 2017

Château de Chambord
Château de Chambord © stevanzz - Fotolia

Voyager dans le temps en France, c’est possible !

Notre pays abonde en sites historiques, certains d’entre eux étant des lieux où des événements importants se sont déroulés.

Partons à la découverte de ceux qui restent les plus marquants, là où l’on peut sentir le souffle de l’histoire, même si parfois le décor a parfois quelque peu changé.

Nous indiquons dans les pages qui suivent 20 sites incontournables, auxquels nous avons ajouté d’autres qui leur sont étroitement associés.

L’histoire de France en 20 sites : Préhistoire

De Carnac à Tautavel, des sites où nos lointains ancêtres ont laissé des traces indélébiles…

La vallée de la Vézère (Dordogne) : l’homme de Cro-Magnon

Tursac Village troglodityque de La Madeleine
Village troglodytique de la Madeleine © PackShot - Fotolia

C’est dans le cadre enchanteur de la vallée de la Vézère (Dordogne), près de Sarlat, qu’ont vécu voilà très très longtemps l’homme de Cro-Magnon et ses camarades, qui sont nos plus anciens ancêtres. D’importants sites à visiter se trouvent entre Montignac et Les Eyzies-de-Tayac, deux communes proches l’une de l’autre - cela dit, d’autres lieux encore sont à voir dans les environs.

À tout seigneur tout honneur, il ne faut pas manquer de se rendre à l’Abri de Cro-Magnon, petite cavité où on a découvert les restes de l’homme à qui l’on a donné le nom de ce lieu-dit des Eyzies-de-Tayac, bourg où l’on peut visiter la grotte ornée de peintures et gravures de Font-de-Gaume.

À Tursac, on traverse le petit village troglodytique de la Madeleine qui s’est constitué sur le flanc d’une falaise. Une cavité de belles dimensions donne une idée du cadre de vie des hommes préhistoriques. Ceux-ci jouissaient ici d’une vue imprenable sur la rivière Vézère et leur terrain de chasse situé sur la rive opposée.

Montignac est le territoire des artistes qui ont peint un chef-d’œuvre : les fresques de la grotte de Lascaux. S’étendant dans les sous-sols d’un bois, elle est fermée au public depuis 1963 car victime de son importante fréquentation passée. Si voir son entrée, très protégée, est émouvant, cela est frustrant.

Heureusement, deux reproductions sont à admirer sur place. Lascaux 2 (1983) expose les œuvres de la grande salle, tandis que Lascaux 4 (2016) est une réplique encore plus précise et complète (Lascaux 3 est une expo itinérante).

Vallée de la Vézère : www.lascaux-dordogne.com

Tautavel (Pyrénées-Orientales) : chez l’homme de Neandertal

Tautavel Musée de la préhistoire
Musée de la préhistoire de Tautavel © Georges Blond - Fotolia

Sapiens et Neandertal sont les deux espèces d’hominidés qui se sont côtoyées pendant des milliers d’années en France. La première, c’est la nôtre, tandis que la seconde a disparu dans des circonstances encore inconnues.

Le Caune de l’Arago, près de Tautavel (Pyrénées-Orientales), fut un abri occupé par des Néandertaliens, ces malchanceux de l’évolution. Des visites accompagnées sont organisées d'avril à août sur ce chantier de fouille. Un musée est à découvrir à Tautavel même.

Tautavel : www.tautavel.com

Carnac (Morbihan) : le temps des menhirs

Bretagne Carnac
© Stéphane Bidouze - Fotolia

Menhirs, dolmens, cromlechs… Les mégalithes sont présents sur tout le territoire français et particulièrement en Bretagne. D’origine préhistorique, ces pierres dressées ou assemblées remontent à plusieurs milliers d’années (néolithique, âge du bronze). Elles sont l’œuvre d’hommes dont les desseins nous sont encore inconnus. L’interprétation la plus courante est qu’il s’agissait de lieux de culte.

Le site de Carnac (Morbihan) est le plus spectaculaire. Près du littoral, 4 000 pierres levées sont alignées sur plus de 4 km, ce qui est proprement fascinant. Non loin, se trouvent des centaines d’autres lieux du même type, notamment dans le golfe du Morbihan.

Alignements de Carnac : www.menhirs-carnac.fr

L’histoire de France en 20 sites : Antiquité

Gaulois et Romains… Un tour d’horizon des sites marquants de l’Antiquité en France, du Nord au Sud.

Alésia (Côte d’Or) : nos ancêtres les Gaulois

Bourgogne Vercingetorix
Statue de Vercingetorix © LianeM - Fotolia

Au 1er siècle avant J.-C., le Romain Jules César, est venu, a vu et vaincu les Gaulois, ensemble de peuples encore méconnus. Trois grands sites sont les témoins de la conquête de la Gaule, laquelle a pris un tour décisif en 52 avant J.-C.

Le premier est le plateau de Gergovie, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), où l’Arverne Vercingétorix a infligé une défaite cuisante aux envahisseurs. Un monument haut de 26 m et datant de 1900 célèbre cette victoire.

Le chef de guerre est parvenu ensuite à coaliser les forces d’autres peuples gaulois sur le mont Beuvray, dans la cité fortifiée de Bibracte (près de Saint-Léger-sous-Beuvray en Saône-et-Loire). Ses vestiges et un musée s’y visitent.

Dans la foulée, l’armée de Vercingétorix a affronté de nouveau les Romains aux environs d’Alésia, place forte dans laquelle il a regroupé ses troupes après cette bataille qui a été perdue. César entreprit alors un siège redoutablement efficace. Les renforts attendus par les Gaulois tardant à venir, Vercingétorix finit par se rendre, ce qui précipita la fin de la guerre.

On a beaucoup discuté de l’emplacement d’Alésia. Rares sont maintenant ceux qui contestent le fait qu’il s’agit bien de l’actuelle commune d’Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or). En plus d’une statue de Vercingétorix, commandée par Napoléon III (6,6 m sur un socle de 7 m), ce lieu comprend un centre d’interprétation, le formidable MuseoParc d'Alesia et les vestiges d’une villa gallo-romaine.

Alésia : www.alesia.com

Pont du Gard (Gard) : nos ancêtres les Romains

Pont du Gard
© Fyle - Fotolia

L’implantation des Romains en « France » a commencé avant la Guerre des Gaules, dans le sud du pays, comme en atteste par exemple la Via Domitia qui reliait l’Italie à l’Espagne dès le 2e siècle avant J.-C. Mais les monuments qu’on leur doit, ainsi qu’aux Gaulois romanisés, datent pour les plus importants et les mieux conservés de la fin du 1er siècle avant J.-C. et du 1er siècle.

La vallée du Rhône en est particulièrement pourvue. Le Pont du Gard (Gard), magnifique aqueduc, est emblématique, de même que les arènes, la Maison Carrée et la Tour Magne de Nîmes (Gard), les arènes, le théâtre et les thermes d’Arles (Bouches-du-Rhône) ou le théâtre d’Orange (Vaucluse).

Plus au nord, Vienne (Isère) est riche d’un théâtre et d’un temple, tandis que Lyon (Rhône) possède aussi des théâtres sur la colline de Fourvière.

Non loin, on va visiter plusieurs sites (théâtre, portes, remparts…) à Autun (Saône-et-Loire). Autre monument remarquable : le Trophée d’Auguste à La Turbie (Alpes-Maritimes).

Enfin, plusieurs vestiges de villas gallo-romaines sont mis en valeur partout en France. Parmi eux figurent notamment le site-musée Vesunna à Périgueux (Dordogne).

Arles : www.arlestourisme.com

Lyon : www.museegalloromain.grandlyon.com

Nîmes : www.arenes-nimes.com

Orange : www.theatre-antique.com

Pont du Gard : www.pontdugard.fr

L’histoire de France en 20 sites : Moyen Âge

Reims et Saint-Denis, le Pays cathare, Rouen, le Palais des Papes… Quelques hauts lieux du Moyen Âge en France.

Reims (Marne) : les sacrés rois

Reims Cathédrale
Cathédrale Notre-Dame - Reims © Boris Stroujko - Fotolia

Durant tout le Moyen Age et même au-delà, un des grands défis posés aux rois de France a été d’unifier sous leur autorité les différentes parties d’un pays découpé en territoires tenus par des seigneurs rivaux.

Quelles que soient les dimensions de son royaume, le roi de France se devait d’être oint d’une huile contenue dans la Sainte Ampoule, laquelle avait selon la tradition servie au baptême de Clovis. Ce rite s’est déroulé à 30 reprises entre 816 et 1825 dans la cathédrale de Reims (Marne), l’ancienne (disparue) et l’actuelle (13e-14e siècles).

Une fois leur règne terminé, les rois étaient pour nombre d’entre eux mis au tombeau dans la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ce monument des 12e et 13e siècles recèle plus de 70 caveaux et gisants qui accueillirent 42 rois, 32 reines et 73 autres personnalités nobles. Ils n’y sont plus depuis la Révolution Française, mais les œuvres sculptées qui leur rendaient hommage sont encore à voir.

Montségur (Ariège) : la croisade contre les cathares

Ariège Château de Montségur
Château de Montségur © arenysam - Fotolia

La croisade des albigeois (13e siècle) a démarré comme une guerre contre le catharisme, religion opposée à l’Église catholique qui s’était répandue dans le sud de la France. Avec l’intervention du pouvoir royal, elle a abouti à la perte de l’indépendance des comtés locaux.

Ce terrible conflit a touché de nombreux sites que l’on peut visiter encore de nos jours. Parmi ceux-ci figurent la cité de Carcassonne (Aude), Foix et son château (Ariège), ainsi que le célèbre château de Montségur (Ariège). Les derniers cathares résistèrent en vain à leurs ennemis dans ce site posé sur un piton rocheux à 1 200 m d’altitude.

Montségur : www.montsegur.fr

Route des châteaux du Pays Cathare dans l’Aude : www.payscathare.org

Avignon (Vaucluse) : quand les papes étaient en France…

Avignon Palais des Papes
Avignon © Aurélien Antoine - Fotolia

De 1309 à 1418, neuf papes ont élu résidence à Avignon (Vaucluse). L’insécurité qui régnait à Rome à cause d’une guerre civile a amené le premier d’entre eux à se réfugier sur cette terre provençale. Ses successeurs y resteront sous la pression des rois de France.

Assez rapidement sera décidée la construction du vaste Palais des Papes, le plus grand édifice gothique existant. Conçu comme un lieu de vie et de travail, c’est aussi une forteresse. Les deux derniers papes avignonnais seront schismatiques, les cardinaux romains ayant repris leurs activités au Saint-Siège en 1378.

Palais des papes : www.palais-des-papes.com

Rouen (Seine-Maritime) : la Guerre de Cent Ans et Jeanne d’Arc

Normandie Les Andelys Château Gaillard
Château-Gaillard © shorty25 - Fotolia

Les querelles dynastiques ont fréquemment fracturé l’unité du pays. L’une des plus sévères fut la réclamation de la couronne par les rois d’Angleterre, ce qui provoqua la Guerre de Cent ans, de 1337 à 1453. Ceux-ci possédaient des terres en France (Aquitaine) et exerçaient une forte influence sur d’autres. Ainsi doit-on à Richard Cœur-de-Lion la forteresse de Château-Gaillard (12e siècle) aux Andelys (Eure).

Durant la guerre, les rois de France virent leur domaine amputé de terres au nord et à l’ouest. Nomadisant, ils se réfugiaient dans des châteaux comme celui de Chinon (Indre-et-Loire). C’est là que Jeanne d’Arc rencontra Charles VII, lequel lui confia une armée. On sait que capturée par des Bourguignons, elle fut livrée aux Anglais qui la firent brûler à Rouen (Seine-Maritime). L’emplacement du bûcher est indiqué sur la place du Vieux Marché.

Alliés aux Anglais, les ducs de Bourgogne furent de grands rivaux des rois de France. Leur puissance se manifeste à travers le Palais des ducs de Bourgogne à Dijon (Côte-d’Or), ensemble composé notamment de parties médiévales.

Sortis vainqueurs de la guerre, les rois de France auront boutés les Anglois hors du pays, avant de mettre fin aux velléités d’indépendance des Bourguignons et de s’attaquer à un autre duché perturbateur, celui de Bretagne. À voir : le beau château des ducs de Bretagne à Nantes .(Loire-Atlantique). Au 16e siècle, l’étau aura été desserré à l’est et à l’ouest du royaume.

Château de Chinon : www.forteressechinon.fr

Château des ducs de Bretagne : www.chateaunantes.fr

Château Gaillard : www.lesandelys-tourisme.fr

L’histoire de France en 20 sites : Renaissance et temps modernes

De la Renaissance à l’épopée napoléonienne et du Val de Loire à la Corse, zoom sur quelques sites marquants du XVIe au XIXe siècle.

Chambord (Loir-et-Cher) : la Renaissance en Val de Loire

Château de Chambord
Château de Chambord © stevanzz - Fotolia

Le grand mouvement culturel de la Renaissance italienne a séduit les rois de France au 16e siècle. Ils en ont adapté les principes architecturaux dans le Val de Loire, région où ils résidaient fréquemment, loin des tumultes de Paris.

Précurseur, Louis XI a fait bâtir le château de Langeais (Indre-et-Loire) à la fin du 15e. Cependant, c’est celui de Chambord (Loir-et-Cher) qui est sans doute le plus emblématique. Voulu par François Ier ce joyau architectural a des allures de forteresse mais est en réalité un palais. Sa construction s’est achevée sous Louis XIV.

Le château d'Amboise (Indre-et-Loire) est de la même veine. À ses pieds se trouve le Clos Lucé, un manoir où François Ier logea Léonard de Vinci, lequel y finit ses jours. Autre noble résidence, le château de Chenonceau (Indre-et-Loire) est également une pure merveille… Et ce ne sont quelques exemples des trésors que l’on découvre de part et d’autre de la Loire !

Blois (Loir-et-Cher) : les guerres de religion

Château de Blois
Château de Blois © Gary - Fotolia

La fin du 16e siècle a été tourmentée par des guerres opposant catholiques et protestants. Le théâtre de certains événements existent toujours.

Parmi eux, citons le château de Blois (Loir-et-Cher) où Henri III fit assassiner en 1588 le duc de Guise, ultra catholique qui menaçait son pouvoir. Cela s’est passé dans la chambre du roi, pense-t-on, au cœur de ce magnifique ensemble d’édifices (13e-17e siècles).

Rue de la Ferronnerie à Paris, en 1610, c’est un autre ultra catholique, nommé Ravaillac, qui planta son couteau dans le corps de Henri IV, protestant converti au catholicisme pour devenir roi. Une plaque au sol indique le lieu du crime, au niveau du n°4.

Le port de La Rochelle (Charente-Maritime), puissante cité protestante, a été deux fois assiégé. Par le roi Charles IX en 1573, puis par le cardinal Richelieu en 1628.

Versailles (Yvelines) : le siècle de Louis XIV

Château de Versailles
© nui7711 - Fotolia

Le château de Versailles (Yvelines) vous en impose ? Normal ! Il a été fait pour cela. Marqué par la période de la Fronde qu’il vécut enfant, le roi Louis XIV a concentré toutes les forces potentiellement dangereuses de la noblesse de France dans ce palais gigantesque (17e-18e siècles) situé à bonne distance de Paris.

Le monarque qui y établit son pouvoir absolu avait été frappé par la beauté du château de Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne) construit pour son surintendant des finances, Nicolas Fouquet. Il en fit le modèle de son propre château et recrutera plusieurs de ses auteurs. Quant au commanditaire, il le fit envoyer en prison pour diverses raisons, la jalousie en étant peut-être une !

Paris : la Révolution Française

Paris Place de la Bastille
La Bastille © Giancarlo Liguori - Fotolia

Une balade sur le thème de la Révolution Française à Paris est riche de possibilités. Commençons par exemple par le Palais-Royal, haut lieu de rencontres et de débats à la fin du 18e siècle, où des orateurs comme Camille Desmoulins incitaient la population à se révolter.

On peut aller ensuite rue du Faubourg-Saint-Antoine, théâtre de troubles sociaux importants avant que se produise l’événement déclencheur le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille. Cette forteresse n’existe plus, mais le tracé de ses murs figure sur les pavés de la place actuelle, tandis que des vestiges de ses fondations se découvrent sur les quais de la ligne 5 du métro.

Sur le Champ de Mars se sont déroulés plusieurs faits importants : la fête de la Fédération qui donna l’impression que l’union nationale était acquise (1790), une manifestation réprimée dans le sang qui réclamait la destitution du roi après sa fuite (1791), ou encore la fête de l'Être suprême (1794).

À la Conciergerie du palais de Justice, on se souvient de prisonniers tels que Marie-Antoinette qui, comme l’ex-roi Louis XVI, fut exécutée sur la place de la Concorde, près des Champs-Élysées (1793).

À l’est de Paris, le site de la bataille de Valmy (Marne) permet de se remémorer la bataille décisive qu’ont remportée les armées de la jeune République contre les Prussiens en 1792.

Paris : www.parisinfo.com

Valmy : www.valmy1792.com

La route Napoléon : sur les traces de l’empereur

Provence Sisteron
Sisteron © Der Dilettant - Fotolia

Plusieurs lieux où Napoléon Bonaparte a vécu ou accompli des actes importants se visitent. Voici une petite sélection en forme de tour de France. Il commence à Ajaccio (Corse), où l’on visite sa maison familiale, puis à l’école militaire de Brienne (Aube) dans laquelle il a été formé.

Devenu Premier consul en 1799, Bonaparte a élu domicile au château de Malmaison à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), le temps de son mariage avec Joséphine de Beauharnais.

Sacré empereur à Notre-Dame de Paris en 1804, Napoléon Ier s’est aventuré sur de nombreux champs de bataille européens pendant des années, au terme desquelles il finit par abdiquer. Après ses légendaires adieux à la vieille garde au château de Fontainebleau (Seine-et-Marne) en 1814, il fut exilé sur l’île d’Elbe d’où il revint très vite pour régner 100 jours de plus.

La route Napoléon est un parcours touristique qui permet de suivre le chemin qu’il a alors pris en 1815 à travers la Provence et les Alpes pour rejoindre ensuite Paris. Trajet : Golfe Juan, Cannes, Grasse, Digne-les-Bains, Sisteron, Gap, La Mure, Grenoble.

L’histoire de France en 20 sites : l’époque contemporaine

De la Commune à mai 68, retour en quelques sites sur l’histoire contemporaine de la France.

Belfort (Territoire de Belfort) : la Guerre de 1870-1871

Belfort Lion
© NLPhotos - Fotolia

La guerre qui a opposé la France à la coalition allemande dirigée par la Prusse s’est conclue par une défaite cuisante pour la première. Une succession de batailles perdues durant l’été 1870 aboutit à la capitulation et l’abdication de Napoléon III. C’est au-dessus du château de Sedan (Ardennes) qu’il a fait hisser le drapeau demandant l’arrêt des combats. Ce monument est réputé être la plus grande forteresse médiévale d’Europe.

La guerre se poursuivit cependant, menée côté français par un gouvernement de la Défense nationale, sans plus de succès. Tandis que Paris était assiégée, l’unité de l’Allemagne était proclamée en janvier 1871 dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, le roi Guillaume de Prusse en devenant l’empereur, juste avant la fin de la guerre.

À Belfort, au sud de l’Alsace, les troupes du colonel Denfert-Rochereau ont résisté jusqu’au bout dans leurs forts, ce qui apporta une touche de gloire dans un tableau catastrophique. D’où la construction de l’imposante statue de lion qui domine la ville.

Hormis le Territoire de Belfort, toute l’Alsace, ainsi que le département de la Moselle sont devenus allemands. Parmi les traces qui subsistent de cette annexion, qui a duré jusqu’en 1918, on compte par exemple la gare de Metz (Moselle) et le quartier impérial qui l’environne, ainsi que le château médiéval du Haut-Koenigsbourg (Haut-Rhin) qui, en ruines, a été reconstruit à la demande de l'empereur Guillaume.

Montmartre et l’Est parisien (Paris) : la Commune

Paris Montmartre Sacré Coeur
Montmartre © PUNTO STUDIO FOTO AG - Fotolia

À l’issue de la guerre de 1870-1871, une grande partie du peuple de Paris n’accepta pas que le nouveau gouvernement français établi à Versailles veuille le désarmer alors que les Prussiens étaient encore autour de la ville. En mars 1871, une insurrection éclata à Montmartre, suivie de l’élection d’un conseil de la Commune, qui fut proclamée sur la place de l’Hôtel de Ville. Républicain, il entreprit de profondes réformes inspirées par diverses tendances socialistes.

Dans chaque quartier, des comités de citoyens refirent le monde, par exemple dans la mairie du XIe arrondissement. Celle-ci fut l’un des derniers refuges des communards quand en mai, le pouvoir « versaillais » lança ses troupes à l’assaut de la capitale. Ce fut la Semaine sanglante. Des barricades s’élevèrent partout, mais la partie était perdue.

Les derniers combattants ont été fusillés sur un site appelé mur des Fédérés, à l’intérieur du cimetière du Père-Lachaise. Méthodique et impitoyable, la répression a coûté la vie à 10 000 ou 20 000 Parisiens. Par ailleurs, elle a entraîné la destruction de monuments comme le palais des Tuileries et l’Hôtel de Ville, lequel sera reconstruit ensuite.

En haut de la butte Montmartre, là où se trouvaient les canons des Parisiens, que ceux-ci refusèrent de remettre à l’armée de Versailles, a été construite la basilique du Sacré-Cœur pour « expier les crimes » des Communards.

Paris : www.parisinfo.com

Verdun (Meuse) : la Première Guerre mondiale

Ossuaire de Douaumont
Ossuaire de Douaumont © Thomas Jablonski - Fotolia

La terrible Grande Guerre s’est déroulée de 1914 à 1918. En France, la ligne de front s’est étendue de la Manche à la frontière allemande (Alsace et Moselle). Nombreux et impressionnants sont les sites mémoriels existants sur les anciens champs de bataille. Des secteurs de zones de combats où subsistent parfois des tranchées ou des trous d’obus, des vestiges de villages détruits, des forts, des cimetières, des monuments commémoratifs ou des musées, sont à visiter tout du long de cette ligne.

Les principales batailles furent celles de la Marne en Champagne (1914), de la Somme en Picardie (1916), de Verdun en Lorraine (1916), du chemin des Dames dans l’Aisne (1917).

Bataille de la Marne : www.lamarne14-18.com

Bataille de la Somme : www.somme14-18.com

Bataille de Verdun : www.verdun2016.centenaire.org

Chemin des Dames : www.chemindesdames.fr

Mission Centenaire 14-18 : www.centenaire.org

Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) : la 2e Guerre mondiale et l’Occupation

Oradour-sur-Glane
Oradour-sur-Glane © ivoderooij - Fotolia

En 1940, après la défaite, Philippe Pétain a été nommé chef du gouvernement et a installé ce dernier à Vichy (Allier), dans la zone non occupée par les Allemands. C’est dans la salle de l'Opéra local que l’Assemblée nationale lui a confié les pleins pouvoirs. Il a établi les services de son État français dans divers établissements, lui-même s’installant dans l’Hôtel du Parc.

En butte aux agissements antisémites de l’État français et de l’occupant, des milliers de personnes cherchèrent et trouvèrent refuge dans de nombreuses régions de France. Par exemple, des enfants ont été recueillis dans une maison située à Izieu (Ain). En 1944, 44 enfants et sept adultes juifs y ont été arrêtés sur ordre de Klaus Barbie, puis déportés ou fusillés. Seule une éducatrice revenue d’Auschwitz-Birkenau à survécu à cette rafle.

Dans une cité HBM en construction à Drancy (Seine-Saint-Denis) étaient regroupés les juifs arrêtés par la police française et les Allemands, avant d’être envoyés dans des camps d’extermination. 63 000 personnes y ont transité de 1941 à 1944. Un musée mémorial a été créé face à la cité, au cœur de laquelle a été installé un wagon.

Des camps d’internements ont été ouverts dans tout le pays, certains avant l’Occupation. Par exemple le camp des Milles à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Installé dans une usine, il a été destiné aux ennemis de la France (1939-1940), puis aux « indésirables », selon le régime de Vichy (1940-1942) et enfin aux seuls juifs avant leur départ pour Drancy (1942).

Le camp de Struthof-Natzwiller  (Haut-Rhin) est le seul camp de concentration a avoir été créé en France, par les Allemands qui avaient annexé l’Alsace. Y ont été déportés de toute l’Europe, entre 1941 et 1944, des politiques, des homosexuels, des juifs ou des tziganes soumis au travail forcé ou à des expériences « médicales » pour laquelle était utilisée une chambre à gaz.

Terminons ce tour de France de l’horreur (non exhaustif…) par deux sites. Celui de la forteresse du Mont-Valérien à Suresnes (Hauts-de-Seine) où, de 1941 à 1944, furent fusillés par les Allemands des otages et des résistants de la région parisienne (dont ceux du groupe FTP-MOI de Missak Manouchian). Et celui d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), village totalement détruit le 10 juin 1944 par des SS, lesquels ont massacré 642 habitants. Conservé en l’état, le lieu a été doté d’un centre de la Mémoire.

Les plages du Débarquement (Normandie) : la Résistance et la Libération

Normandie Arromanches
Plage d'Arromanches © PackShot - Fotolia

Au début du second conflit mondial (1939-1945), la France pensait bien être bien protégée grâce à la Ligne Maginot, succession de systèmes de défense situés sur ses frontières nord et est. Elle était effectivement très efficace, du moins en partie car les forces allemandes sont entrées sur le territoire par la forêt des Ardennes, là où cette fameuse ligne était des plus fines… De nombreux ouvrages sont à visiter, notamment en Lorraine, en Alsace et dans les Alpes, où ils sont impressionnants.

Les combats de la Résistance ont parfois pris une dimension militaire, surtout dans le Vercors (Isère). Comme plusieurs autres lieux de ce massif, le mémorial de Vassieux-en-Vercors rend hommage aux milliers de maquisards qui, en juillet 1944, ont affronté ici les forces allemandes, supérieures en nombre. Cette bataille perdue a fait de beaucoup de morts, y compris du côté des habitants.

Ils venaient de proclamer le rétablissement de la République sur leur territoire, galvanisés par la réussite des Alliés qui avaient accosté en Normandie le 6 juin. Les plages du Débarquement (Calvados), ainsi que les lieux où s’est déroulée la bataille qui a suivi dans l’intérieur des terres, font partie des sites les plus visités dans la région.

Site national historique de la Résistance en Vercors : www.memorial-vercors.fr

Le Quartier latin (Paris) : mai 1968

Paris Quartier latin Sorbonne
© Augustin Lazaroiu - Fotolia

Charles de Gaulle était au pouvoir depuis 10 ans quand un mouvement de contestation a traversé tout le pays. Il a commencé le 3 mai dans la cour de la Sorbonne où se tenait un meeting d’organisations d’extrême gauche dénonçant la fermeture de l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine) décidée après divers incidents qui s’y étaient déroulés.

L’arrestation des personnes présentes a alors immédiatement suscité une vive réaction chez les étudiants présents dans le Quartier latin, dont les rues seront le théâtre d’émeutes durant une semaine. Le point culminant de ces événements fut la « nuit des barricades » du 10 au 11 mai (boulevards Saint-Michel et Saint-Germain, rue Gay-Lussac, rue d’Ulm, rue Saint-Jacques…). Il y en aura d’autres ensuite.

À cette révolte étudiante s’est rapidement ajoutée une grève générale, ainsi qu’une remise en cause de tous les fondements de la société.

Des accords entre le gouvernement et les syndicats annoncèrent le reflux du mouvement. Le 30 mai, De Gaulle décréta la dissolution de l'Assemblée nationale et ses soutiens manifestèrent sur les Champs-Élysées. Fin juin, il emporta une grande victoire dans les urnes, mais la France n'allait plus être la même après 68.

Université Paris Nanterre : www.u-paris10.fr

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