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Le Carnaval de Nice : indétrônable


Comme chaque année depuis belle lurette, la Promenade des Anglais va accueillir en fanfare, dès le 16 février, le roi Carnaval.
Pendant de deux semaines, défilés de « grosses têtes », batailles de fleurs et confettis vont égayer la belle cité assoupie dans l’hiver azuréen.
Pour la plus grande joie des petits comme des grands, qui seront plus d’un million à battre le pavé niçois…



À Nice, la tradition, ça a du bon


Corso et confetti


Fleurs, grosses têtes et petites pépées


Pour en savoir plus

:: À Nice, la tradition, ça a du bon

C’est l’un des grands classiques de la Côte d’Azur, bon enfant et suranné, kitsch et tape-à-l’œil comme les palaces de la Promenade des Anglais où les princesses russes en exil ont depuis longtemps cédé la place aux rois du pétrole et de la finance. Avec plusieurs siècles au compteur, Sa Majesté le Carnaval règne encore et toujours sur les festivités niçoises. Nice et le Mardi Gras, c’est en effet une longue histoire. La première mention des réjouissances carnavalesques dans la Baie des Anges remonte à 1294. Charles d’Anjou, Comte de Provence, évoque alors dans un texte « les jours joyeux du Carnaval de Nice ». Des jours qui n’étaient pas près de s’éteindre...

Jusqu’au XVIIIe siècle, les bals masqués et les farandoles où tout est permis se déroulent dans ce qui est devenu aujourd’hui le Vieux Nice. Inquiété par les débordements intempestifs, le clergé décide d’encadrer ces bacchanales débridées, alors que la bonne société niçoise, influencée par les fêtes vénitiennes, organise des carnavals de salon et des bals masqués privés (les « Veglioni »). La Révolution met un terme provisoire à ces réjouissances pour happy few. Ce n’est qu’en 1830, après le passage du Comté de Nice dans le giron du royaume de Piémont-Sardaigne, que le carnaval renaît. Un grand cortège de chars est organisé sur le cours Saleya en l’honneur de Sa Majesté Victor-Emmanuel Ier. La tradition carnavalesque repart de plus belle : chaque année, dans les rues, les fêtards s’affrontent à nouveau à coup de jets de confettis, de plâtre, de farine ou d’œufs.

Mais, en 1873, c’en est trop pour la commune de Nice. Soucieuse de ne pas choquer sa riche clientèle en villégiature, la mairie crée un comité des fêtes afin de canaliser les réjouissances. Le carnaval prend alors sa forme actuelle, avec défilés de chars, cavalcades, mascarades et les fameuses batailles de fleurs, grande spécialité niçoise.


:: Corso et confetti

Le Carnaval de Nice doit tout à son roi et à son corso. En ouverture de la manifestation, l’effigie de Sa Majesté le Roi du Carnaval – un mannequin de carton-pâte d’une dizaine de mètres de hauteur – défile sur un char. Son règne commence : c’est le coup d’envoi de la fête. Le roi est suivi par le corso, qui se compose d’une vingtaine de chars et d’environ 300 « grosses têtes », des effigies caricaturales et farfelues conçues par des dessinateurs de presse. Au défilé se mêlent des fanfares et des troupes d’artistes de rue. À l’issue de la parade le long de la Baie des Anges, le roi est placé sous un dais place Masséna, où s’achèvent tous les défilés des soirées suivantes. Il y reste jusqu’au soir du Mardi Gras, où Sa Majesté Carnaval défile seul, avant d’être brûlé sur un bûcher installé en mer ou sur le quai des États-Unis. À l’endroit même, paraît-il, où les Grecs débarquèrent pour fonder Nikaia...

Autre ingrédient essentiel du carnaval : les confettis. Il en faut au moins 15 tonnes pour que la fête soit réussie ! Leurs ancêtres s’appelaient les coriandoli, des sortes de grains de sucre, qui ont été utilisés comme projectiles dès 1830. Les sucreries ont été par la suite remplacées par des œufs remplis de suie ou de farine, puis par des haricots, des pois chiches et des confettis en plâtre. Ce n’est qu’en 1955 que les petits ronds de papier multicolores ont fait leur apparition à Nice. Depuis quelques années, les « bombes à spaghettis » connaissent un certain succès : elles lancent des fils multicolores, qui recouvrent le corso comme une gigantesque toile d’araignée psychédélique.


:: Fleurs, grosses têtes et petites pépées

Le carnaval niçois se distingue par les traditionnelles et odorantes batailles de fleurs. Une vingtaine de chars recouverts de marguerites, d’iris, de roses et de mimosas frais défilent plusieurs fois dans la semaine. Quatre à cinq mille tiges sont utilisées pour couvrir ces chars de 7 m de long sur 2 de large et 6 de haut. Ils sont le fruit d’un travail d’orfèvre, puisqu’ils sont faits de fleurs piquées composant une mosaïque de couleurs et de parfums étourdissants.

Lors du défilé, de jolies jeunes filles, mais aussi des jeunes hommes, (peu) vêtu(e)s de costumes extravagants, lancent en souriant des milliers de fleurs aux spectateurs installés dans les tribunes (payantes). Une tradition bien charmante, qui met en valeur le travail des horticulteurs locaux.

Pour sa 123e édition, le Carnaval de Nice, qui se déroule du 16 février au 4 mars, a pour thème « le Roi de la très grande mêlée », une allusion à la Coupe du monde de rugby, mais aussi à l’élection présidentielle. On annonce que Jacques Chirac sera le roi du Carnaval. Attendons-nous aussi à voir des « grosses têtes » caricaturant Ségolène, Sarko, Bayrou, Arlette, Bové et les autres…

Jean-Philippe Damiani
Photo : © Office du Tourisme
et des Congrès de Nice
Mise en ligne le 9 février 2007

Pour en savoir plus

Infos pratiques
En 2007, les festivités se déroulent du 16 février au 4 mars.

Sur le Carnaval de Nice (site officiel)
www.nicecarnaval.com/programme.htm
Cette année, le Carnaval sera plus accessible du fait de la gratuité des promenoirs le long du jardin Albert Ier. Il y aura moins de tribunes payantes, donc, et plus de promenoirs gratuits.

Y aller
- En train : Nice est desservie par le TGV en 5 h 35 depuis Paris (216 € A/R en tarif normal), 7 h 30 depuis Lille (276 € A/R en tarif normal), 4 h 23 depuis Lyon (122,60 € en tarif normal) et 2 h 27 depuis Marseille (59,80 € A/R en tarif normal).
- En avion : nombreux vols Air France depuis Paris-Orly (La Navette), Lille, Rennes, Brest, Nantes, Bordeaux, Biarritz, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lyon, Strasbourg, Metz-Nancy et la Corse. Tarifs à partir de 106 € TTC A/R (81 € pour la Corse). EasyJet dessert également Nice au départ de Paris-Orly et de Bâle-Mulhouse.

Où dormir ?
Pensez à réserver votre hôtel à l'avance !
Hôtel Solara : 7, rue de France. Tél. : 04-93-88-09-96. Internet : www.hotel-solara.net. Doubles avec douche, w.c. et TV satellite de 55 à 80 €. Agréablement situé, en pleine zone piétonne et à 100 m de la plage. Chambres mignonnes et accueil sympa. Préférer celles avec balcon.

Où manger ?
La Merenda : 4, rue Raoul Bosio. Pas de téléphone. Fermé samedi, dimanche et jours fériés. Minuscule salle toujours pleine à craquer. Cuisine de marché superbement exécutée par Dominique Le Stanc, l'un des grands messieurs de la cuisine niçoise. Compter 30 €, bien mérités. Chèques et cartes de paiement refusés.





 


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