Aux quatre coins du Tarn

Aux quatre coins du Tarn
Cordes-sur-Ciel © D. Viet - CRT Occitanie

Villages de charme, musées inspirants, nature généreuse, cuisine gourmande… Le Tarn se prête bien à des escapades revigorantes en toute saison, le temps d’un week-end ou d’un plus long séjour. Voici quelques suggestions pour se faire du bien, du côté de Cordes-sur-Ciel, de la « Toscane française » ou de la vallée du Tarn…

Le Tarn, si généreux…

Le Tarn, si généreux…
Andillac © D. Viet - CRT Occitanie

Des rivières pour se baigner, de bons petits plats à goûter, des villages médiévaux à arpenter… Dans le Tarn, il y a vraiment de quoi s’émerveiller. Ou, plutôt, de quoi « s’espanter », comme on aime à dire par ici, en occitan. Un coin où l’on prend le temps de vivre et d’apprécier les choses simples. Simples… comme un bain de pieds dans les eaux émeraude du Tarn !

En voiture pour découvrir ce pays de cocagne ! Ici, de petites routes serpentent au cœur d’une campagne dorée et verdoyante. L’été, des raz-de-marée de tournesols viennent inonder les paysages d’un jaune éblouissant. Une nature bucolique, qui a inspiré à Dom Robert d’incroyables tapisseries, visibles à la fameuse abbaye-école de Sorèze.

Soudain, un petit village médiéval apparaît. Comme un mirage. Cordes-sur-Ciel, Lautrec… Deux bijoux qui figurent parmi les « plus beaux villages de France ». Un peu plus loin, on se croirait en Italie : dans les environs de Gaillac, où les vallons flirtent avec les vignobles, le Tarn prend des airs de Toscane. Et puis encore une heure de route plus tard, on se trouve plongé au cœur d’un incroyable pays : celui du Sidobre, aux impressionnants rochers de granit.

Mais le Tarn ne serait pas le Tarn sans les Tarnais... Leur accent chantant, leur générosité sans limites, leur franc-parler (pour ne pas dire leur gouaille !), leur amour pour le rugby... ces gens-là sont entiers et terriblement attachants. Cliché ? Non, vérité. Avec passion, ils nous toupinent – pardon, cuisinent ! – de bons petits plats, comme la soupe à l’ail rose de Lautrec...

Une chose est sûre : on repart du Tarn le cœur léger et la tête pleine de souvenirs. Et même plein les valises, si on veut, car les bons produits ne manquent pas ! Il y a de quoi (se) faire plaisir : charcuteries de Lacaune, savons à l’huile de pastel, vêtements teints au pastel, vins de Gaillac, manouilles d’ail rose… Sans oublier les poteries d’Albi, toutes uniques et toujours tournées à la main, depuis des siècles.

De Cordes-sur-Ciel à Lautrec

De Cordes-sur-Ciel à Lautrec
Place de la Halle à Cordes-sur-Ciel © Aurélie Michel

Tôt le matin, quand Cordes-sur-Ciel s’éveille, le village perché sur une colline semble flotter dans les nuages. Comme un certain château dans le ciel… Construite en 1222 à l’époque de la répression contre les cathares, cette cité médiévale entourée de remparts est la plus visitée des « bastides » du Tarn, qui en compte quarante-huit.

Face à l’impressionnante porte des Ormeaux – la première à avoir été construite – on s’apprête à faire un grand pas dans le passé. De rues pavées en rues pavées, on se retrouve à la place de la Halle. C’est ici qu’au Moyen Âge, les Cordais vendaient des toiles, du cuir, de la corde, du grain… Tout autour, on admire de magnifiques demeures bourgeoises de style gothique (13e s.). Installé sur les anciennes terrasses ensoleillées du village, le Jardin des Paradis, classé « Jardin Remarquable », vaut aussi une visite. Avec tant d’atouts, Cordes-sur-Ciel compte parmi les « plus beaux villages de France » et fut même le préféré des Français en 2014. L’écrivain Albert Camus y résida… On comprend pourquoi.

À une soixantaine de kilomètres au sud, voici l’autre bijou du Tarn : le village de Lautrec, dans le bien nommé pays de Cocagne, connu pour son pastel. Cet or bleu, qui fit la fortune et la renommée de la région, n’est autre qu’un végétal transformé en « boule de cocagne ».

Mais la vedette numéro un, à Lautrec, c’est l’ail rose. Il existe d’ailleurs une IGP (indication géographique protégée) doublée d’un Label Rouge : l’ail rose de Lautrec (celle qui n’est pas labellisée s’appelle ail rose du Tarn). Au gré de nos balades, on aperçoit les champs (au printemps) et de grands séchoirs remplis d’aux suspendus (en juillet, après la récolte) dans les cours des fermes.

À Lautrec, on croise aussi, dans la rue, de petites mains, afférées à les éplucher : il faut enlever plusieurs couches avant d’apercevoir le rose ! On en fait ensuite des grappes (les « manouilles ») et non pas des tresses, leurs hampes florales étant rigides.

Trois randos sympas sont à faire aux alentours de ce village d’où vient la famille Toulouse-Lautrec : le Tumulus (3 h, 13 km), le Sentier des crêtes (1 h 30, 5,6 km) et le Sentier de l’ail (2 h, 8 km).

Entre Cordes-sur-Ciel et Lautrec, il faut compter une heure de voiture environ. Selon la route choisie, on pourra soit faire halte à Albi soit à Gaillac (aux jolies maisons qui se reflètent dans l’Agout) et à Castelnau-de-Montmiral (autre village médiéval élu plus beau village de France).

L’abbaye-école de Sorèze – musée Dom Robert

L’abbaye-école de Sorèze – musée Dom Robert
Musée Dom Robert et de la tapisserie du 20e siècle © Aurélie Michel

C’est l’histoire d’une magnifique abbaye, hier École royale militaire, aujourd’hui lieu culturel aux deux musées bien singuliers. Et tous les deux fort intéressants.

Tout commence en 754, année de la construction à Sorèze d’une abbaye, bénédictine au Moyen Âge, puis École Royale militaire au 18e s. et collège privé sous la direction du Père Lacordaire. Réputée à l’international, l’institution prodiguait des méthodes d’apprentissage inédites pour l’époque, jusqu’à sa fermeture en 1991.

Aujourd’hui, elle abrite deux musées d’un grand intérêt. Le premier nous plonge dans le quotidien des pensionnaires en uniforme, jusque dans leur dortoir aux toutes petites chambres. Hugues Aufray, Julien Lepers et les Frères Bogdanoff comptent parmi les personnalités à avoir fréquenté ses bancs.

L’abbaye de Sorèze abrite, à l’étage, un musée d’un tout autre genre : celui de Dom Robert et de la tapisserie du 20e siècle. Dessinateur depuis son plus jeune âge, ce moine bénédictin (1907-1997) devenu prêtre était un grand amoureux de la nature, divine à ses yeux. Il passait des heures à immortaliser les paysages tarnais sur ses dessins, aquarelles et cartons, dans les environs de l’Abbaye d’En-Calcat, où il résidait.

Une rencontre avec le grand Jean Lurçat lui donnera l’idée de s’essayer à la tapisserie. En 1941, il fait tisser la toute première, intitulée l’Été, dans un atelier à Aubusson. Sans surprise, la nature est omniprésente et notamment les animaux de la basse-cour (paons, coqs…) qu’il affectionne particulièrement. On les retrouve sans cesse dans ses œuvres bucoliques et très colorées, aux côtés des fleurs – beaucoup de fleurs en ombelles – et des papillons. Merveilleux et inspirant.

Après la visite, le village de Sorèze, coquet, mérite une balade.

Le Tarn, une ode à la nature

Le Tarn, une ode à la nature
Peyro Clabado © Tarn Tourisme

Montagnes, plateaux, rivières, coteaux, plaine… Une belle palette de paysages tarnais à découvrir au fil de quelque 7 000 km de chemins de randonnée balisés.

Commençons par changer de planète – ou, plutôt, redécouvrons la nôtre des millions d’années plus tôt – en nous baladant dans le pays du Sidobre. On se trouve ici sur le plus grand plateau granitique d’Europe, au cœur du parc naturel régional du Haut-Languedoc. Une exception géologique unique en Europe. Terre de légendes, le Sidobre est parsemé de gros blocs de granit qui semblent avoir atterri là comme des météorites tombées du ciel. Et pourtant, ils sont bien ancrés dans le sol !

Le « Peyro Clabado » est sans nul doute le plus emblématique de tous : sur un petit socle d’un mètre carré, un gros bloc de 800 tonnes semble tenir en équilibre. Impressionnant ! C’est un peu la tour Eiffel du coin et on ne croit pas si bien dire : les trottoirs des Champs-Élysées ont été réalisés avec du granit d’ici ! Pour tout savoir sur l’exploitation du granit, on passe à la Maison du Sidobre, à Le Bez.

Et la vallée du Tarn, alors ? Un coin spectaculaire et un coup de cœur absolu pour la presqu’île d’Ambialet, où le Tarn forme une boucle de 3 km. Celle-ci est bien visible depuis le panorama qu’offre, tout là-haut, l’ancien monastère. On y accède en voiture ou par le sentier du patrimoine (3,5 km). On aperçoit les kayakistes (miniatures !) s’aventurer sur les eaux émeraude du Tarn. Là-haut on n’a qu’une envie : redescendre barboter – ou gansouiller – près du pont.

Direction maintenant la petite Toscane française, dans les environs de Gaillac. Tiens, tiens, ne serait-ce pas là le nom d’un vin de terroir cher aux Tarnais ? Assurément, et c’est à lui que l’on doit ces magnifiques paysages de vignes dévalant les coteaux. Pins parasols et rangées de cyprès viennent parfaire le tout. Un endroit hors du temps !

Pour prendre un peu d’altitude, rendez-vous dans les monts de Lacaune, en haut du pic de Montalet, l’un des plus hauts du Tarn (1 259 m). C’est aussi de là que viennent les salaisons et charcuteries tarnaises si réputées, ainsi que le Roquefort.

Fiche pratique

Retrouvez toutes les infos pratiques, les bons plans et les adresses dans le Routard Lot, Aveyron, Tarn en librairie.

Comment y aller ?

En train :

TGV Paris-Toulouse (à partir de 4 h 17) ou Intercités vers Toulouse et TER Toulouse-Albi (56 min).

En avion + voiture

Vols Paris-Castres/Mazamet avec HOP ! (puis 45 min de route jusqu’à Albi) ou vols vers Toulouse Blagnac (à 1 h de route d’Albi) depuis plusieurs aéroports français.

En voiture

Albi se trouve à 698 km de Paris (7 h de route), 312 km de Bordeaux (3 h de route), 77 km de Toulouse (1 h de route), 197 km de Montpellier (3 h de route).

Bonnes adresses

- L’Hôtellerie du Vieux Cordes : 21, rue Saint-Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel. Pour déguster des plats simples et savoureux dans une jolie cour intérieure.

- Chambre d’hôtes Les chambres de La Caussade : rue de la Caussade à Lautrec. Avec Brigitte, ça dépote en cuisine ! Si vous ne savez pas ce que « chambre d’hôtes » veut dire, vous allez vite le savoir. Ici, on est bel et bien chez Brigitte et, pour autant, on ne s’est jamais autant senti chez soi. Aux petits soins, elle nous mitonne de bons petits plats et notamment de cette fameuse soupe à l’ail… Au petit déjeuner, elle nous fait fondre avec ses confitures maison déclinées à l’infini : abricot, guigne, rhubarbe, fraise, groseille, pastèque… Dur, dur de repartir ! Compter 62 € pour deux, tables d’hôtes 23 €. Tél. : 05 63 75 33 21. E-mail : brigitteormiere@outlook.fr

- Le Logis des Pères à Sorèze : 18, rue Lacordaire à Sorèze. Dans l’abbaye-école, des chambres sobres avec un petit pupitre qui rappellent le passé des lieux. Vue soit sur la Cour des Rouges et le clocher, soit sur le parc. Une belle adresse, compter 65 € la double.

- Pub Saint-Martin : 8, rue Saint-Martin à Sorèze. Pour un déjeuner simple, rustique et pas cher… En attendant que l’abbaye, juste en face, rouvre ses portes en début d’après-midi. Pratique !

- Restaurant Louis : 27, avenue du Sidobre, à Burlats. Aux portes du Sidobre, de bons petits plats inventifs à base de produits frais et de saison. Terrasse très agréable. Menus 23-60€.

- Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère. L’ancienne propriété de Toulouse-Lautrec surplombe la petite Toscane française avec ses vignobles de Gaillac, ses pins parasols et ses cyprès. Piscine magnifique et chambres confortables. Également un espace spa et une table gastronomique (chef Ludovic Dziewulski). Un endroit magique. Doubles dès 145 €.

Acheter de l’ail rose de Lautrec IGP/Label Rouge à un producteur : Maison Mas (vente directe). Tél. : 05 63 55 56 37. E-mail : robert.mas0544@orange.fr

- Pain et Nature : Puycalvel (et à Lautrec) très bons pains bio et biscuits, vendus sur place et dans certains magasins (BIOCOOP essentiellement) et, au centre de Lautrec, à l’épicerie UTILE.

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Texte : Aurélie Michel

Mise en ligne :

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