Albi, en rouge majesté

Albi, en rouge majesté
© Aurélie Michel

Albi, la rouge… L’une des plus belles villes de France, classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa Cité épiscopale. Un enchantement pour les yeux, avec sa cathédrale, son musée Toulouse-Lautrec, ses ponts sur le Tarn. Un bonheur pour les sens avec la sérénité de ses ruelles, la quiétude de sa campagne, les délices gourmands de son marché et la douceur de son climat. Albi, la rouge… Une superbe destination week-end en toute saison, à 1 h de route de Toulouse et au cœur de l’Occitanie.

Albi vue du Pont Vieux

Albi vue du Pont Vieux
Collégiale Saint-Salvi © Aurélie Michel

Qui n’a jamais vu Albi sera subjugué. Qui l’a déjà visitée le sera sans doute tout autant. Tout en briques rouges, Albi impressionne. Monochrome, peut-être, mais loin d’être monotone.

La ville entière est classée monument historique et, depuis 2010, une grande partie est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. C’est la dénommée « Cité épiscopale », qui rassemble notamment la cathédrale Sainte-Cécile et le Palais de la Berbie, la collégiale Saint-Salvi et son cloître, les berges du Tarn et le Pont Vieux (Port Vielh d'Albi).

Empruntons d’ailleurs ce pont depuis la rive droite pour mesurer toute la majesté d’Albi. Construit vers 1035, le Pont Vieux se situe pile entre le viaduc de Castelviel (où passe le train) et le Pont Neuf. C’est, sans surprise, le doyen des trois. En face, sur la rive gauche, la cathédrale trône, pointant son clocher haut de 78 mètres. En fin de journée, le spectacle est saisissant : ocre, rose, orange, rouge… Sainte-Cécile s’imprègne des rayons du soleil couchant.

Avec un peu d’imagination, on perçoit le Pont Vieux comme il était au Moyen Âge : en pierre et dépourvu de briques, avec une tour-porte et une chapelle au centre. Avec un peu plus d’imagination encore, on distingue aussi, sur chacune des piles, les maisons présentes du 14e au 18e s.. Elles ont cependant été détruites par une terrible crue, en 1766. Pourtant, le Tarn est plus créateur que destructeur : il a vu naître de nombreux métiers le long de ses rives : teinturiers et leur pastel , tisserands, chapeliers…

S’il n’assure plus son rôle de pont-péage, le Pont Vieux connaît, aujourd’hui encore, un important trafic. C’est d’ailleurs l’un des plus anciens ponts de France à être utilisé pour la circulation. Circulons, justement !

Merveilleuse Cité épiscopale

Merveilleuse Cité épiscopale
Cathédrale Sainte-Cécile © Aurélie Michel

La cathédrale Sainte-Cécile paraissait déjà très grande depuis le Pont Vieux… mais une fois devant, on se sent comme un enfant au pied d’un château de sable géant. Mais celui-là ne risque pas de s’effondrer ! C’est tout de même l’ensemble ecclésial le plus important de France après le Palais des Papes d’Avignon, mais aussi la plus grande cathédrale en brique du monde. Rien que pour construire le gros œuvre, il aura déjà fallu deux siècles (1282-1480) !

À l’origine de ce géant de brique rouge surnommé « forteresse de dieu », une volonté catholique : répondre à l’hérésie cathare. Un homme, aussi : Bernard III de Castanet, évêque d’Albi. À l’époque, de nombreux bâtiments touchaient la cathédrale : maisons, école, tribunal, prison…

L’intérieur contraste nettement avec l’extérieur. On y accède en gravissant les marches du grand escalier, dominé par un impressionnant porche-baldaquin merveilleusement sculpté (15e s.). La sobriété des briques laisse place à des décors d’une richesse déconcertante. Au-dessus de nos têtes, la voûte, peinte à la Renaissance (1509) par des peintres italiens, déploie un incroyable bleu. Il rappelle un peu le pastel – l’or bleu du pays – dans ses teintes les plus foncées. C’est d’ailleurs la seule cathédrale en Europe aux murs et aux plafonds entièrement peints : elle totalise 18 500 m2 de fresques !

Les autres fresques murales majeures se situent dans le chœur et représentent le Jugement dernier (15e siècle). C’est le plus grand du monde et il représente les sept péchés capitaux comme nulle part ailleurs. Un merveilleux orgue du 18e siècle – le plus grand de France – vient sublimer le tout. La cathédrale est d’ailleurs réputée pour son acoustique hors pair.

Mais ce n’est pas fini : le Grand Chœur (16e s.) – tout juste rénové – dévoile une dentelle de pierre et des statues d’anges incroyables. Juste à côté, on trouve le Palais épiscopal de la Berbie, qui abrite à présent le musée Toulouse-Lautrec. Allons-y de ce pas !

Sur les traces du peintre Henri de Toulouse-Lautrec

Sur les traces du peintre Henri de Toulouse-Lautrec
Musée Toulouse Lautrec © Aurélie Michel

Cet aristocrate a mené une drôle de vie. Pas si drôle que ça, d’ailleurs. Né en 1864 avec une dégénérescence – ses parents étaient cousins – il se casse les deux jambes à l’adolescence. Mauvais élève, il se tourne vers la peinture et part s’installer à Paris, dans le quartier populaire de Montmartre. La suite… on la découvre au musée Toulouse-Lautrec, à l’intérieur du magnifique palais de la Berbie.

Tableaux, dessins, affiches, lithographie… le musée abrite une riche collection d’un millier d’œuvres, la plus grande jamais consacrée au peintre albigeois. Aux murs, des femmes, des femmes et encore des femmes… Toulouse-Lautrec en peindra beaucoup ! Celles des maisons closes, tout d’abord, qu’il fréquente assidûment (jusqu’à attraper la syphilis…). En quelques coups de pinceau, à même des cartons, il fige leur quotidien. La Femme qui tire son bas (1894) et Seule (1896) en sont de beaux exemples. Il peint aussi des toiles sur le même thème, comme La Toilette (1896).

Lautrec représente aussi les femmes des cabarets et cafés-concerts à travers ses affiches de spectacle, ses œuvres les plus connues. C’est le cas de Louise Weber, alias La Goulue et de l’iconique Yvette Guilbert, aux longs gants noirs. Un symbole que l’on retrouvera sur de nombreuses affiches. En 1901, fin de l’histoire : devenu alcoolique, le peintre meurt à l’âge de 37 ans seulement.

À l’extérieur du musée, les beaux jardins de la Berbie, classés « Jardins Remarquables », valent assurément le coup d’œil.

Castelvielh, Castelneau… balade de quartier en quartier

Castelvielh, Castelneau… balade de quartier en quartier
Rue des prêtres © Aurélie Michel

Si l’ensemble épiscopal est une pure merveille, les quartiers alentours aussi.

Celui de Castelvielh, notamment. On se trouve ici dans le berceau historique de la ville. Avec ses maisons à colombages aux volets marron, bleus, roses, l’adorable placette de Savène prend des airs de petit village du Moyen Âge. En toile de fond, la cathédrale veille, toujours.

Poursuivons la balade dans le quartier du Castelnau, le quartier nouveau. Pas si nouveau, cela dit, puisqu’il date des 12e et 13siècles. On y admire l’Hôtel du Bosc, demeure natale du peintre Toulouse-Lautrec. Où ? Facile : dans la rue qui porte son nom. La porte juste à côté, c’est celle d’une autre grande personnalité albigeoise : le comte Jean-François Galaup de La Pérouse, célèbre explorateur disparu en mer.

Toujours dans le quartier du Castelneau, la rue des Prêtres nous offre l’un des plus beaux clichés de la cathédrale. Il faut en profiter : elle est si grande qu’il est bien difficile de la capturer ! Dans le coin, on admire la Maison du Vieil Alby, l’une des plus belles maisons médiévales de tout le centre historique. Tout ce qu’il y a de plus typique : des colombages, un encorbellement pour protéger les marchandises et un grenier à ciel ouvert, appelé « soleilhou ». On y faisait sécher les salaisons, le linge…

Mais c’est dans le quartier des Combes que l’on trouve la plus vieille maison d’Albi (12e s.) : la maison romane, aussi appelée Hôtel de Fenasse.

Enfin, il faut absolument allez se promener dans le cloître de l’église romane Saint-Salvi construit en 1270. Un véritable havre de paix ! En y regardant de plus près, sous les arcades, on aperçoit sur les briques les traces de doigts des briquetiers…

Rendez-vous au marché couvert

Rendez-vous au marché couvert
Bougnettes © Aurélie Michel

Pour les petits – et grands – creux, direction le quartier de Saint-Julien. Depuis le tout début du 20e siècle, il abrite le marché couvert, si cher aux Albigeois. Conçue par André Michelin, cette halle triangulaire de style Baltard en impose. Et surtout, elle régale.

À l’intérieur, on retrouve sur les stands toutes les grandes spécialités du Tarn. Les salaisons des Monts de Lacaune, entre autres, une tradition perpétuée depuis le Moyen Âge. Il faut goûter au saucisson, au jambon de Lacaune (IGP) et au fetche, du foie de porc séché… il n’y a qu’à Albi qu’on en mange ! 

Côté charcuteries – celles-ci sont cuites, à la différence des salaisons – on fait connaissance avec la bougnette (farce à la viande de porc, à l’œuf et au pain emballée dans une crépine de porc puis frite), le melsat (sorte de boudin blanc tarnais) et le boudin noir. De bonnes choses à retrouver dans les vitrines de la charcuterie Millas. Elle travaille en exclusivité avec trois éleveurs de porcs (élevés sur de la paille) et fabrique, à la main et de façon artisanale, salaisons et charcuteries.

Pour la note sucrée, c’est en face, au stand du boulanger. On croque dans l’un de ses échaudés, l’un des plus vieux biscuits de France. Fabriqué à la main avec une sorte de pâte à pain au goût d’anis, il est d’abord échaudé dans de l’eau bouillante, puis passé au four. Deux cuissons, c’est bien là tout le principe du biscuit (bi-cuit). On pourra aussi faire une petite infidélité au Tarn en goûtant la fouace, une brioche venue du département voisin : l’Aveyron ! Un délice.

Les halles sont ouvertes tous les jours, mais le samedi, c’est jour de marché : plus de 200 marchands viennent installer leur stand tout autour des halles, vendre leurs produits des fermes voisines. Bonnes odeurs, mots occitans, produits locaux… un vrai paradis pour le midi.

Fiche pratique

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Albi Tourisme

Tourisme Tarn

Comment y aller ?

En train :

TGV Paris-Toulouse (à partir de 4 h 17) ou Intercités vers Toulouse et TER Toulouse-Albi (56 min).

En avion + voiture

Vols Paris-Castres/Mazamet avec HOP ! (puis 45 min de route jusqu’à Albi) ou vols vers Toulouse Blagnac (à 1 h de route d’Albi) depuis plusieurs aéroports français.

En voiture

Albi se trouve à 698 km de Paris (7 h de route), 312 km de Bordeaux (3 h de route), 77 km de Toulouse (1 h de route), 197 km de Montpellier (3 h de route).

Où dormir ? Où manger ?

Chambres d’hôtes La Maison de Julia : 28, rue du Capitaine Julia. Chambres ultramodernes, jardin, piscine… Julia et son mari nous accueillent sur la rive droite dans un cadre magnifique. Et aux petits soins ! Le matin, délicieux petit déjeuner (dans la courette par beau temps) entièrement fait maison : cakes, madeleines, yaourt, confitures… Un vrai coup de cœur.

Hôtel-restaurant L’Alchimy : 12, place du Palais. À deux pas de la Cité épiscopale, une bonne adresse où déjeuner, dîner et passer la nuit. Produits frais et de saison.

Restaurant Le Lautrec : 13-15, rue Henri de Toulouse-Lautrec. On déguste ici de délicieuses spécialités albigeoises, comme le cassoulet à la morue, au plus près de la maison des Toulouse-Lautrec, car on est ici dans leurs anciennes écuries !

Trouvez votre hôtel à Albi

Acheter un souvenir issu de l’artisanat :

Les Poteries d’Albi : 112, avenue Albert Thomas. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, c’est l’une des dernières poteries artisanales de France. Magasin ouvert toute l’année, du lundi au samedi. Visite des ateliers lors des Journées Européennes des Métiers d’art et lors des Journées du Patrimoine (16 et 17 septembre 2017).

Texte : Aurélie Michel

Mise en ligne :

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