Cuisine
La cuisine hollandaise est marquée au fer par ses
origines maritimes et agricoles, mais surtout protestantes. On n'aimait ni le luxe ni
l'ostentation, ce qui laissait peu de place au raffinement
gastronomique. Même l'emploi des épices restait très limité si l'on
considère que le pays était spécialisé dans le commerce avec l'Orient.
La cuisine hollandaise existe bel et bien. Naturelle, copieuse, peu sophistiquée mais toujours savoureuse, élaborée le plus souvent avec des produits de très bonne qualité.
Du
frais, du sain et du bon. Voilà ce qui pourrait résumer cette cuisine
hollandaise. Si les Hollandais sortent aujourd'hui dîner en ville, ils
se passionnent pour les cuisines exotiques.
On trouve quand même des
restos plus classiques. Ils proposent une cuisine franco-internationale
de bonne facture, mais qui risque de décevoir nombre de Français.
Les habitudes alimentaires néerlandaises
- Petit déjeuner : il est servi avec une prodigalité étonnante
et se compose de divers pains aromatisés ou non, de fromage, de jambon ou de
viandes froides, le tout arrosé de café ou de thé.
- On prend son déjeuner dans l'un des innombrables
eetcafés (littéralement « cafés où l'on mange »), coffee-shops ou
snacks. Le repas de midi se compose de 2 ou 3 broodje (pain s), éventuellement d'un petit plat chaud et d'une salade : cela s'appelle
le koffietafel. À l'école, au bureau, à l'atelier, il n'est pas
rare que l'on ait apporté un casse-croûte dans une boîte à tartines.
Les Hollandais prennent rarement d'alcool à midi, mais
du café au lait ou même du lait.
- Entre 15h et 17h, il est d'usage de prendre le thé ou le café, accompagné ou non de petits gâteaux.
- Le dîner, repas principal, se prend plus
tôt qu'en France (généralement entre 18h et 20h). Il se compose d'une
soupe, d'un plat de viande
ou de poisson avec des pommes de terre ou des légumes verts, et d'un
dessert.
Les Amstellodamois sortent de plus en plus souvent dans les nouveaux
restos
branchés qui ont ouvert leurs portes aux quatre coins de la ville et
qui se piquent de proposer des mets élaboré.
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Les spécialités
- Le hareng salé,
qui se mange cru, est connu dans le monde entier. Au début de la
nouvelle saison de pêche, en mai et juin, le poisson n'a pas encore
atteint sa maturité sexuelle et n'a pas droit à l'appellation de «
hareng ». Il est vendu sous le nom de maatje. Sa chair est douce.
Le
31 mai, c'est la fête du Hareng, jour béni pour les Hollandais, qui
marque le début de la saison. Pour certains amateurs, c'est en été,
quand le poisson est le plus gras, qu'il a le meilleur goût. Il prend
alors le nom de groene ou de nieuwe haring (nouveau hareng).
- Les Hollandais raffolent de tous les produits de la mer :
carrelet, sole, truite, crabe, crevettes, huîtres... Et ils excellent
dans la préparation des poissons fumés : anguille, maquereau, hareng,
saumon, flétan. Fumaison et saurissage se font généralement à
l'ancienne.
- La soupe : le plat national est une soupe qui s'appelle erwtensoep ou snert. Elle contient des pois cassés et on la sert très épaisse. Il en existe bien d'autres.
- Un amour de potée : le stamppot
est un plat on ne peut plus rustique mais néanmoins délicieux. Les
pommes de terre, servies avec de la viande cuite au bouillon, sont
grossièrement écrasées et mélangées à des légumes, généralement du chou.
On trouve toutes sortes de variantes, comme le chou frisé avec des saucisses (boerenkool met worst) ou la choucroute au lard (zuurkool met spek)... sans oublier le célèbre et patriotique hutsepot de Leiden.
- Le pain : au
sésame, au pavot, au tournesol, aux graines de courge, blanc, brun ou
noir... Attention, le pain-beurre ou à l'huile d'olive qu'on vous pose
sur la table est parfois facturé.
Les fromages
Par souci de santé publique, les pouvoirs publics ont rendu tellement
draconiennes les conditions d'hygiène que les producteurs se sont tous
vu, petit à petit, interdire la fabrication de fromage au lait cru.
Certains fermiers ont bénéficié de dérogations et continuent, notamment
dans la région de Gouda, à produire à l'ancienne.
- Le gouda est, à juste titre, le plus réputé de tous. Il est avec un proche cousin, l'edam,
la star incontestée du plateau de fromages. L'un est produit au sud,
l'autre au nord ; l'un était vendu au marché de Gouda, l'autre au marché
d'Edam.
- Le maasdam : on le reconnaît à ses trous. Sa personnalité est plus marquée que celle de l'edam.
Les chocolats, bonbons et pâtisseries
- La star des douceurs hollandaises est incontestablement la crêpe, la pannekoek. Tellement grande qu'elle doit déborder de l'assiette. On la recouvre traditionnellement de stroop, c'est-à-dire de sirop de betterave. En réalité, le stroop s'apparente plus au sirop d'érable ou de canne qu'à l'huile de foie de morue.
Mais aux pannekoeken, on préfère incontestablement les poffertjes.
Ce sont des sortes de minicrêpes, légèrement soufflées, cuites dans une
poêle spéciale. On les enfourne brûlantes dans la bouche, juste
recouvertes de beurre et de sucre glace. On n'en trouve plus guère que
dans la région de Delft.
- Toutes les sortes de réglisses (drop) ou de bonbons sont présentées dans des emballages attrayants. Ce qui est unique, ce sont les granulés en chocolat (hagelslag)
que les enfants adorent sur leurs tartines ; on les trouve aussi bien
chez les pâtissiers-chocolatiers qu'au supermarché. Le plus connu de
tous les bonbons aux Pays-Bas est le haagse hopje, un caramel au café.
- On trouve également une gamme étendue de pains d'épices sucrés
ou épicés, tels ceux de Groningue, de Deventer et de Frise, les pains
d'épice au gingembre, sans oublier le célèbre spéculos de la
Saint-Nicolas. Comme pâtisserie régionale, on se doit de citer aussi le vlaai du Limbourg, légère pâte levée garnie de fruits ou de compote.
La rijsttafel
Littéralement, rijsttafel signifie « la table de riz ». Ce fameux plat,
originaire du centre de l'île de Java, se compose
de riz cuit sec et d'une kyrielle de petits plats secondaires,
contenant de la viande, des légumes variés, des sauces étranges,
des épices fortes et très fortes...
Le serveur dépose l'ensemble sur la table.
Commencez par mettre un peu de riz dans votre assiette, puis composez votre hors-d'œuvre vous-même en disposant les divers mets autour du riz.
Gare aux piments !
Boissons
La bière
Les Hollandais sont d'excellents brasseurs. On voit refleurir
des brasseries un peu partout dans le pays.
Heineken écrase tout le monde, surtout si l'on considère que la marque possède aussi Brand et Amstel.
Et pourtant,
on compte actuellement une bonne trentaine de micro-brasseries dans le
pays et donc une variété incroyable de goûts, de recettes et de
personnalités... On distingue plusieurs grandes familles.
- La pils ou lager
représente 85 % de la consommation. On y retrouve les bières des grands
industriels comme celles citées plus haut. On peut aussi citer la Kroon Pills
produite dans le Brabant, une des régions de production les plus
réputées. Ce sont des bières de soif, fraîches, légères, faciles à
boire.
- Viennent ensuite les nombreuses bières blondes,
plus fines, plus goûteuses et parfois plus douces que les précédentes.
Certaines d'entre elles sont produites dans des abbayes, comme la Christoffel du Limbourg ou La Trappe du Brabant (autrefois appelée De Schaapaskooi). Cette dernière abbaye produit également une excellente bière blanche, la Witte Trappiste, ainsi qu'une magnifique bière rousse, à la couleur rubis foncé.
- Bien plus intéressantes à notre avis sont les bières de saison. Déjà pour leur côté éphémère, mais surtout pour leur fabrication artisanale et leur caractère bien trempé. Citons la Colombus, produite à proximité d'Amsterdam, la Jopen Koyt, produite à Haarlem, et les bières de printemps (spring bier) et d'automne (bockbier).
Le genièvre
Cette
excellente eau-de-vie, un peu comparable au gin, est sans aucun doute
la boisson nationale hollandaise (ou flamande puisque le nord de la
France et la Belgique en produisent également). Les Hollandais en
raffolent.
On distingue traditionnellement le genièvre jeune (jong), du vieux (oud) ou du très vieux (zeer oud).
Mais cette classification est trompeuse, car elle correspond en réalité
à l'intensité de l'aromatisation et non pas à son âge. En effet,
l'eau-de-vie de genièvre est avant tout le résultat d'une distillation
de malts de maïs, de seigle, d'orge (c'est le jeune), puis
éventuellement d'une infusion de genièvre, de cumin, d'anis ou de toute
autre épice (c'est le vieux et le très vieux)...
L'apéritif le plus demandé est le jonge genever,
qui titre 38°. Le genièvre est servi frappé dans un petit verre, le
borrel, en forme de tulipe (la fleur nationale du pays), toujours
rempli à ras bord.
Outre les « cafés bruns », il existe à Amsterdam des lieux de dégustation spécialisés, appelés proeflokaalen.
Les
amateurs de genièvre ont une habitude particulière : ils commandent en
même temps un verre de genièvre et une bière. Le serveur dépose alors
un stelletje (duo) sur le bar.
- Il existe en outre un grand choix de bonnes liqueurs, dont l'advocaat (une liqueur d'œuf).