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Nouvelle-Zélande

Culture

Cinéma

La production cinématographique néo-zélandaise s’est affirmée dans les années 1970. On crédite généralement Geoff Murphy des premiers vrais succès nationaux, parlant de sujets néo-zélandais dans des décors néo-zélandais. À son actif, le road movie Goodbye Pork Pie (1981), Utu (1983) et Le Dernier Survivant (The Quiet Earth, 1985).
En 1987, Ngati est le premier long-métrage à avoir été réalisé par un Maori. Le film néo-zélandais le plus connu sous nos cieux reste cependant La Leçon de piano de Jane Campion (1993), si merveilleusement plongé dans l’atmosphère coloniale. C’est aussi le premier film néo-zélandais à avoir reçu des récompenses internationales. L’année suivante, deux autres films connurent une large audience : Créatures célestes (Heavenly Creatures) de Peter Jackson avec Kate Winslet et L’Âme des guerriers (Once were warriors) de Lee Tamahori.
Ces dernières années sont marquées par l’empreinte de Peter Jackson, qui débuta en faisant des films d’horreur à petit budget, avant de tourner la trilogie du Seigneur des anneaux (2001-2003), réalisée en Nouvelle-Zélande avec des équipes locales. C’est lui encore qui a tourné le remake de King Kong en 2005. Parmi les acteurs néo-zélandais les plus connus figurent Sam Neill (La Leçon de piano, Jurassic Park) ; Keisha Castle-Hughes, nominée pour un Oscar à 13 ans pour son rôle dans Paï, une histoire plongée dans la tradition maorie ; la Néo-Zélandaise-Canadienne Anna Paquin, qui a reçu un Oscar pour le meilleur second rôle dans La Leçon de piano), à l’âge de 12 ans seulement ; et Russell Crowe, lui aussi oscarisé en tant que meilleur acteur.

Littérature

L’histoire de la littérature néo-zélandaise débute vraiment au début du XXe siècle avec deux femmes. Katherine Mansfield (1888-1923), dont la jeunesse libre - dissolue, disait-on alors - s’est fanée dans les sanatoriums européens où elle tentait de soigner sa tuberculose, a véritablement commencé sa carrière en 1920 avec Miss Brill (Félicité), le portrait acidulé d’une femme fragile vivant une vie de plaisirs simples à Paris. Beaucoup la reconnaissent comme l’une des meilleurs écrivains de nouvelles de l’époque.

D’un tout autre genre, Dame Ngaio Marsh (vers 1895-1982) a travaillé pour le théâtre avant de devenir célèbre pour ses romans policiers. Dans les années 1930 et 1940, elle s’imposa comme l’une des quatre « reines du crime » anglo-saxonnes aux côtés d’Agatha Christie, Margery Allingham et Dorothy Sayers. D’entre elles, elle est sans doute celle dont l’œuvre est la plus marquée par des traits d’humour. On trouve beaucoup de ses titres en français chez 10/18. Quelques-uns se déroulent en Nouvelle-Zélande, comme Cauchemar à Waiatatapu et Mort au champagne.

Les années 1950 marquent l’explosion de la littérature néo-zélandaise, fruit du rejet du formalisme qui se dessinait déjà avant-guerre. Modernisme et réalités sociales deviennent des éléments moteurs de la recherche, alors que se définit enfin un sentiment national, détaché de la Grande-Bretagne.
Parmi les premiers à s’imposer, Janet Frame (1924-2004) est un cas à part. Cette jeune femme diagnostiquée comme schizophrène, internée huit ans durant dans des hôpitaux psychiatriques, publie en 1951 Le Lagon (The Lagoon), un recueil de nouvelles dont le succès lui vaut d’échapper à la lobotomie ! Pressentie pour une candidature au Nobel, elle est décédée peu avant d’une leucémie, laissant onze romans et cinq recueils de nouvelles. Jane Campion a adapté son autobiographie, Un ange à ma table.

Parmi les autres auteurs néo-zélandais importants, citons Maurice Gee (né en 1931), Patricia Grace (née en 1937), dont le dernier roman, Tu (2004), plonge le lecteur au cœur d’un bataillon maori engagé en Italie durant la Seconde Guerre mondiale ; Witi Ihimaera (né en 1944), réputé comme le plus grand des écrivains maoris vivants, dont le livre The Whale Rider a été adapté au cinéma par Hollywood sous le titre de Paï.
Alan Duff (né en 1950), à la jeunesse agitée, a été révélé par L’Âme des guerriers (Once were warriors), un portrait sans complaisance, comme nombre de ses titres, du monde maori chamboulé par la colonisation. Décédé en 2004, Michael King, romancier, historien, essayiste et biographe, est peut-être l’auteur néo-zélandais le plus apprécié : il a laissé une œuvre riche, puisant au plus profond du double héritage pakeha (blanc) et maori. Bien que non-maori, il possédait une grande connaissance de cette culture. Les amateurs de rimes (en anglais) s’intéresseront à l’œuvre du grand poète maori Hone Tuwhare (né en 1922).

Musique

On ne peut pas dire que les musiciens néo-zélandais aient vraiment fait des étincelles sur la scène internationale. Exception qui confirme la règle, dans la catégorie pop rock, les Finn Brothers, Tim & Neil, ont connu un succès planétaire tant avec les groupes Split Enz et Crowded House qu’à deux ou en solo, pour des chansons comme Don’t dream it’s over ou Weather with you.
En termes de dynamisme local, Dunedin et son « Dunedin sound » ont été à l’avant-scène musicale néo-zélandaise dans les années 1980-90. The Clean (ex-Great Unwashed !), The Chills, Look Blue Go Purple, Straightjacket Fits, Sneaky Feelings, The Verlaines, The Jean-Paul Sartre Experience (vous avez bien lu !) en sont ou en ont été les représentants les plus marquants. Leur point commun ? Un style alternatif un peu grunge (un courant qu’ils ont en fait précédé).
Les années plus récentes ont montré une influence grandissante du reggae et des rythmes maoris ou polynésiens, avec des représentants comme Te Vaka ou Fat Freddies Drop. Signalons, pour le fun, la contribution de Richard O’Brien à l’écriture du Rocky Horror Show, qui cartonna à Londres à partir de 1973.

Média

La presse quotidienne néo-zélandaise est avant tout régionale, mais les titres des plus grandes villes connaissent une assez large diffusion, en particulier le New Zealand Herald dans la région d’Auckland, le Dominion à Wellington et le Press sur l’île du Sud.
La presse étrangère est surtout anglo-saxonne : ne comptez pas trouver Le Monde ou Libé dans chaque kiosque…
Côté télé, les chaînes nationales TV1 et TV2 voisinent avec les privées TV3 et C4 (musique), appartenant au même groupe, l’Australienne Prime et la MTS, la télévision maorie, inaugurée de manière nationale en 2004 (programmes en maori et en anglais). Les chaînes du câble sont retransmises par la plupart des hôtels et motels.

La culture maorie

Les mythes, communs à tout le monde polynésien, dont sont issus les Maoris, racontent comment le demi-dieu Maui, farceur devant l’éternel, aurait pêché l’île du Nord du fond des océans et comment son canoë pétrifié serait devenu l’île du Sud. D’autres histoires décrivent l’arrivée de Kupe, le premier Maori, depuis Hawaiki, terre sacrée que certains assimilent à l’île de Raiatea (près de Tahiti). C’est lui qui nomme cette immense terre Aotearoa (« le pays du long nuage blanc »). Bientôt, d’autres hommes et femmes le rejoignent : l’histoire de la Nouvelle-Zélande se confond désormais avec les Maoris. Les historiens confirment la légende, en situant les migrations vers l’an 1000.
Au fil du temps, les colons développent leurs propres règles sociales, leurs propres formes d’art et de pensée. Ils se regroupent en familles étendues, les whanau (prononcer fanau), et en iwi, des tribus dont les ancêtres communs auraient voyagé à bord d’un seul et même canoë. Au quotidien, les dieux et leurs intermédiaires, prêtres et castes supérieures, imposent leurs lois à travers un système complexe de tapu (tabous).
Peu à peu, l’augmentation de la population, en particulier sur l’île du Nord, voit les conflits s’étendre et les Maoris devenir des guerriers redoutables. Une victoire est l’occasion pour les chefs d’étendre leur sacro-saint mana, leur puissance spirituelle, et celui de leur tribu. Les premiers explorateurs européens en font l’amère expérience, certains d’entre eux finissant sur le bûcher (des vanités) et du cannibalisme…

Art et artisanat

Les arts maoris sont ceux de tous les peuples polynésiens, revisités par une tradition locale millénaire : danse, chant et tatouage. Les deux premiers, intimement liés, avaient (et ont encore dans une certaine mesure) vocation à compter l’histoire des ancêtres, les migrations, les exploits des héros disparus, la puissance de leur mana, la beauté des filles de jadis, des paysages, la force des dieux et la peur qu’ils inspirent.
Typiquement néo-zélandais, le haka, rendu célèbre par les rugbymen des All Blacks, était à l’origine une danse de guerre, aussi mis en scène pour tester les réactions de visiteurs inconnus et impressionner d’éventuels ennemis.
On peut aussi assister à l’esthétique poi dance, au cours de laquelle les danseurs « jonglent » avec de petites balles attachées à une ficelle.

Primordial dans le passé, presque abandonné, et aujourd’hui en plein renouveau, le moko, le tatouage traditionnel, est aussi une pratique polynésienne. Réalisé par étapes au cours d’une vie, il en résume en quelque sorte le cours, avec ses hauts-faits, permettant au statut de chacun, et surtout des chefs, de s’afficher aux yeux de tous. On croise à nouveau aujourd’hui des Maoris au moko facial très impressionnant.





 



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