Campée sur la rive droite de l’estuaire du Tage, Lisbonne est avant tout un site d’une incomparable beauté, parfois déroutante certes, mais qui a su remarquablement traverser le temps.
S’il y a une capitale qui s’acharne à bluffer ses visiteurs, c’est bien Lisbonne, que d’éternels travaux continuent de mettre à mal avant de lui faire le plus grand bien, pour parodier dom Francisco Manuel de Melo : « Un mal dont on jouit, un bien dont on souffre. » Au XVIIe s, l'écrivain portugais qualifiait ainsi la saudade, sentiment de nostalgie supposé envahir tout Lisboète à la vue du Tage, cette « mer de paille » aux reflets dorés porteuse des rêves de voyage de tout un peuple.
Mais Lisbonne n’est pas triste, elle ne vit pas chaque instant qui passe dans le souvenir de ses heures glorieuses. Ne vous fiez pas pour autant à ces images montrant la nuit lisboète comme une fête perpétuelle se déroulant sous les étoiles, au bord du Tage, sur les anciens docks : le mal de vivre n’a pas simplement engendré une fureur de vivre ; ici, les deux coexistent, simplement.
Les artisans des vieux quartiers de Lisbonne résistent face à la montée des boutiques à la mode (pour combien de temps ?), et les restaurants où l’on décline la morue de dizaines de façons différentes (on dit qu’il existe 365 recettes possibles) côtoient les bars tendance.