Parcs nationaux et randonnées en Asie du Sud-Est

28 septembre 2017

L’Asie du Sud-Est possède de superbes parcs nationaux et sites de randonnée, à mille lieues des agitations urbaines et touristiques de centres urbains où bascule le centre du monde.
Forêts jusqu’à 3 fois plus vieilles que celles d’Amazonie, biodiversité exceptionnelle, modes de vie restés traditionnels, paysages hypnotiques et incroyables, sommets tutoyant les nuages et volcans redoutables… Autant de découvertes et d’expériences à vivre, lors de randos et de treks de tous niveaux, mais dans leur grande majorité accessibles à tous.
En route pour le parc national de Khao Yai (Thaïlande) et le volcan Rinjani (Lombok), en passant par la région de Sapa (Vietnam), les Gorges du Saut du Tigre (Chine) et le Kinabalu (Bornéo)… On vous fait découvrir les plus belles randonnées dans les parcs d’Asie du Sud-Est, sanctuaires d’une nature intacte et majestueuse.
Avertissement
Évoluer sur les sentiers tropicaux est plus difficile que sous les latitudes tempérées : la chaleur saturée d’humidité multiplie l’effet des dénivelés, pas forcément énormes mais souvent répétés plusieurs fois dans la journée, le terrain est fréquemment glissant, l’itinéraire disparait parfois, empêtré de racines et obstrué de végétation, etc.
Conséquence : condition physique correcte préférable et quelques jours d’acclimatation bienvenus, même pour les secteurs les plus pépères de ce dossier, accessibles aux simples randonneurs du dimanche. Par contre, belle forme a minima pour les ascension du Rinjani, Kinabalu et les treks aventures.
Parcs et randos : Thaïlande
Deux parcs incontournables en Thaïlande, Khao Yai et Khao Sok, aussi bien pour leurs fantastiques paysages que pour leur faune et leur flore.
Parc national de Khao Yai

Cité à l’Unesco, Khao Yai est le plus vieux (1962) et plus grand (+ de 2 000 km2) parc national de Thaïlande.
Située à 120 km seulement au nord-est de Bangkok, la « Grande Montagne » propose aux visiteurs de nombreuses randos en solo ou guidées, dans des paysages et écosystèmes très variés.
Une faune et une flore exceptionnelles
Sa superficie et ses caractéristiques remarquables aident à protéger des centaines d’espèces animales, dont de nombreuses sont menacées. Il n’est pourtant qu’un vestige de la forteresse végétale séparant autrefois l’Isan (nord-est du pays) de la plaine centrale.
Une trentaine d’espèces de grands mammifères vit dans le parc et les éléphants sont les maîtres des lieux. Aussi vif que musculeux, le gaur, quant à lui, préfère rester caché, tout comme le barking deer (cerf Muntjac) ou le dhole (chiens sauvage d’Asie).
Au contraire, les cerfs aiment flâner autour des aires de camping, tout comme les nombreux macaques, volontiers chapardeurs. Du gibbon par contre, arboricole timide dédaignant la terre ferme, on se contente souvent des cris hantés.
Parmi les 400 espèces d’oiseaux du parc, l’emblématique calao nargue les terriens du sommet de la canopée, mais se signale par le brouhaha de son vol.
Passage obligé au centre d’information pour récupérer plan et infos avant de s’engager sur la dizaine de sentiers irriguant la partie ouest. Ils mènent à de beaux points de vue et à de nombreuses cascades, comme Haew Suwat, vedette avec Leonardo di Caprio de La Plage et l’impressionnante Haew Narok (300 m, 4 paliers).
Seules les pistes de pachydermes servent de sentiers dans la partie orientale du parc. Guidage impératif. D’ailleurs, un ranger renforce toujours l’intérêt d’une rando, se renseigner au QG, où on pourra aussi s’inscrire à une sortie nocturne.
Pour les Thaïs, Khao Yai est autant synonyme de plein air que de rando. Grosse affluence les w-e et j. fériés.
Infos pratiques
Accès : Par Pakchong, env. 20 km au nord de l’entrée. Une route traverse le parc. Entrée : 400 baths, env. 10 € (attention validité perdue si sortie). Ouv 6h-21h tlj. Pas de taxis à l’intérieur, se regrouper et louer auprès des rangers ou faire du stop (ça marche).
Se loger : résa à l’avance conseillée pour les bungalows ; les campings sont rarement pleins (loc. tentes et de tout le matos possible). Épicerie et resto (ferme tôt) proche du Visitor Center et des hébergements. On peut aussi se loger à Pakchong et profiter de tours organisés.
Quand y aller : nov-mars (saison sèche; cascades à sec les derniers mois ; nuits fraiches déc-fév). Faune : éléphants, nov-dec ; calaos, jan-fév. Avr-sept : flore exubérante mais très humide.
Parc national de Khao Sok

Au centre de la péninsule méridionale, à mi-chemin entre Phuket et Ko Samui, le Parc national de Khao Sok protège 700 km2 de reliefs calcaires, terrestres ou immergés par un spectaculaire lac de retenue.
Deux sections, - l’une terrestre, l’autre lacustre -, composent ce monde à la fois chaotique et extrêmement photogénique, recouvert d’une forêt en grande partie primaire, vieille de 150 millions d’années, refuge d’une nature exubérante et très particulière.
Le plaisant village-rue de Khlong Sok sert d’accès à la partie ferme du parc. À 70 km à l‘est par la nationale, on embarque via Ban Ta Khun sur les bateaux sillonnant les 170 km2 du lac Chiew Lan. Formé en 1982 par le barrage de Rachabrapha, il donna lieu à une spectaculaire opération de sauvetage de la faune. Ce traumatisme a toutefois généré un paysage calcaire stupéfiant de collines, pitons et falaises émergeant de l’eau, parfois baptisé le « Guilin thaïlandais ».
La géologie et le climat très humide sont propices aux géants de tous genres (bambous, arbres, fleur parasite Rafflésia) et à la présence de nombreuses espèces animales : éléphants, gaurs, léopards, gibbons, macaques, Semnopithèque Obscur (Dusky Langur), serpents, env. 200 espèces d’oiseaux, etc.
Que faire à Khao Sok ?
Khao Sok s’accorde à tous les désirs et même au semi-farniente. Profiter du village, des géniales « Tree-Houses » aménagées dans les arbres, tranquilles sorties en canoë, voire en bouée... Il serait toutefois dommage de ne pas randonner sur la dizaine de sentiers balisés partant de l’entrée du parc, de ne pas se joindre à une observation des oiseaux ou une sortie de nuit guidée.
Il faut absolument voguer sur le lac et, encore mieux, dormir au moins une nuit sur une maison flottante. Bercé par les chants de la jungle, on se réveille entouré de brumes progressivement déchirées par les pitons calcaires..
Les trekkeurs s’intéresseront à de plus profondes immersions dans le parc, d’une à plusieurs nuits avec camping. Certains treks s’étendent aux parcs et sanctuaires voisins de Kaeng Krung, Phang Nga, Khlong Nakha et Khlong Phanom : superficie totale de la zone, 4400 km2 , le double de Khao Yai et autant que Taman Negara !
Parcs et randos : Vietnam et Laos
Cap sur les montagnes, dans les régions de Luang Nam Tha et Sapa, pour partir à la rencontre des ethnies locales.
Région de Sapa (Vietnam)

Située à 350 km au nord-ouest d’Hanoi, Sapa , l’ancienne station climatique des colons français, offre de superbes vues sur les vallées et montagnes avoisinantes depuis ses 1650 m d’altitude.
Plutôt que de réserver un package à l’avance, on suggère de choisir sur place. Plus facile alors d’organiser un tour « privé » évitant de se retrouver en groupe de 10 personnes (voire plus), et de privilégier les agences gérées par les ethnies. Bon exemple: Sapa O'Chau, tenue par des Hmong, avec l’objectif d’élever le taux et la réussite des scolarisations.
Excursions en tous genres
La durée des excursions oscille entre une balade de 4-6h et 3j. Au prog : 3-5h de marche/j. facile à modérée (dénivelé, sentiers parfois glissants), logement chez les habitants de pittoresques villages Hmong, Dao ou Tay et garantie d’une cuisine locale bien goûtue!
De petites sorties d’une journée à pied ou à vélo sont parfaitement envisageables sans guide, vers les villages de Cat Cat ou Taphin par exemple.
Les trekkeurs confirmés – sentiers étroits et raides, nuit à 2200 m, bon équipement nécessaire, 2-3 nuits de camping – pourront s’attaquer au plus haut sommet vietnamien, le Fansipan (3143m), commandant des vues jusqu’au Yunnan (Chine), si la météo le veut bien.
Autant que les panoramas (brouillard fréquent, prévoir 4j. pour assurer), une quinzaine de groupes ethniques différents illuminent les escapades. Également présents au Laos et en Thaïlande, ces peuples sont originaires de Chine où ils sont encore très nombreux (voir notre reportage le Yunnan du Fleuve Rouge).
Extrêmement colorés et animés, les marchés sont aussi vitaux pour l’économie que pour se distraire de vies autrement rudes. Les plus intéressants sont ceux du samedi à Can Cau et du dimanche à Muong Hum (30 km de Sapa). À 100 km, sur la rive opposée du Fleuve Rouge, ceux du district de Bac Ha sont moins visités.
Infos pratiques
Accès : depuis Hanoi, en train de nuit puis minivan ou en bus.
Quand y aller : avoir une polaire est judicieux toute l’année, il suffit que le bouillard humide descende sur Sapa. Pas vraiment de période idéale, toutes ont leurs avantages et leurs inconvénients. En « hiver » (déc – janv ; gelée nocturne possible, neige parfois...), privilégier les hébergements chauffés, si possible avec cheminée. Janv-fév, attention au Nouvel an (Fête du Tet), paralysant le pays. Mai- oct, plus chaud et humide mais reste supportable, attention quand même à juil -août (pluie tous les jours). Sept- nov et mars-mai sont bien pour les panoramas. Rizières vertes en mai, jaunes en sept.
Région de Luang Nam Tha (nord Laos)

Capitale de la province homonyme sise dans les montagnes du Nord Laos, Luang Nam Tha - à 300 km de Luang Prabang et 60 km de la frontière chinoise - est la meilleure base pour explorer une étonnante région, peuplée d’une trentaine d’ethnies et dotée d’un parc national de 2200 km2 .
Appartenant au célèbre Triangle d’Or, la zone englobe les bassins de 3 rivières alimentant le Mékong. Encore largement boisée, elle représente l’un des derniers refuges régionaux pour une faune gravement menacée, incluant la panthère nébuleuse, l’éléphant et le gaur.
Eco-tourisme et immersion dans la jungle
Une collaboration entre des ONG et le gouvernement laotien a défini l’éco-tourisme comme principe d’exploitation. L’argent gagné lors des activités (trek, VTT, kayak, pirogue motorisée, camping en forêt, nuit chez l’habitant) profite en partie aux communautés locales et à leur sauvegarde. Toutefois, le succès et l’ouverture récente à d’autres opérateurs malmène quelque peu ce crédo...
Plusieurs agences de Luang Namtha et Luang Prabang proposent des programmes assez semblables, mais censés exploiter des secteurs exclusifs, afin d’éviter aux groupes de se marcher sur les pieds. Bien comparer les offres et profils des structures, essayer de récupérer des tuyaux auprès d’autres voyageurs.
Au choix : 2 grands thèmes - séjour « ethnique » ou immersion dans la jungle - à combiner selon ses gouts sur 1 à 3 j. de durée, avec des variantes spécifiques comme « survivre dans la jungle... ». Compter 6h. max de marche/j. en groupe de 8 pers max.
Chaleur humide, terrain accidenté... ces randonnées sont exigeantes. Emporter quelques réserves perso (eau, nourriture), un sac à viande, une polaire (ça caille la nuit, gros différentiel avec la journée, surtout en déc-janv) et un imper.
Plusieurs balades à pied ou en vélo rayonnent depuis Luang Namtha vers des stupas, des cascades et des villages de tisserands ou de distillateurs enthousiastes. Attention au convivial mais puissant alcool lao lao !
Dans le parc de la Nam Kan, 150 km au sud-ouest de Luang Namtha, la remarquable structure écotouristique Gibbon Experience a aménagé des maisons dans les arbres, ponts de corde, tyroliennes et sentiers impliquant plus de cents autochtones.
Infos pratiques
Accès : depuis Luang Prabang via Udomxai (hub routier du secteur) ; depuis la frontière thaïlandaise de Chiang Khong-Ban Hueisai.
Se loger : nombreuses guesthouses petit et moyen budgets à Luang Namtha. Tours avec hébergement, compter à partir de 150 $/pers pour 3 j., base 4 pers tt compris .
Quand y aller : en saison sèche (nov-avr). Végétation plus luxuriante pendant les pluies mais certains itinéraires sont alors inaccessibles.
Parcs et randos : Malaisie
En Malaisie péninsulaire ou sur l’île de Bornéo, de superbes parcs nationaux comme des vestiges de mondes perdus et extraordinaires…
Parc national de Taman Negara (Malaisie péninsulaire)

Plus grand et ancien parc du pays, Taman Negara s’étend sur 3 provinces et signifie tout simplement « parc national ». Ses 4340 km2 ne protègent cependant qu’une petite partie de l’immense forêt tropicale primaire recouvrant autrefois l’arête de la péninsule. C’était avant l’âge du palmier à huile…
Longtemps ces forêts sombres et inextricables furent la chasse gardée des chasseurs- cueilleurs Orang Asli (« homme des origines ») dont quelques groupes sédentarisés, bon gré mal gré, subsistent dans le parc le long des rivières.
Flore, faune et expériences à vivre
La flore : 200 espèces d’arbres par hectare (10x plus qu’en Europe...), environ 10 000 espèces de plantes, des gris-gris (champis luminescents, géante Rafflesia, fougères bicolores etc.) , le tout distribué selon plusieurs écosystèmes et étages.
Pour la faune, autant vous prévenir : on voit beaucoup ce dont on se passerait (sangsues, insectes), plus rarement les éléphants sauvages, ours, minuscules chevrotains (mouse deer) et quasi jamais la poignée de rhinocéros et tigres, planqués dans les profondeurs du parc. Communes par contre sont les rencontres avec la gent ailée, les singes, régulières celles des tapirs, varans et lézards volants.
Prévoir 3-4 j. pour rentabiliser l’expérience et s’éloigner du village principal d’accès, Kuala Tahan, plutôt zone d’amusement de nos jours que porte d’un monde perdu, surtout les w-e et j. fériés.
À faire pour tout le monde : sortie de nuit (plutôt à pied qu’en camion...), rapides de la Sungai Tembeling, passerelle dans la canopée (500 m de long à 20-40 m de haut), panorama de Bukit Terisek, chutes de Lata Berkoh, abri nocturne de Chegar Anjing, grottes Gua Telinga et Kepayang Besar.
Les magnifiques chutes d’Air Tenjun et la difficile ascension du Gunung Tahan (2187 m), respectivement 7 et 9 j. de marche A/R, sont réservées aux trekkeurs endurants, tout comme les « jungle survivals », sachant que le climat est exigeant (moy j./nuit 33/26° ; humidité 90 °),
À l’entrée nord du parc, Kuala Koh est plus tranquille que Kuala Tahan. Les sentiers sont plus courts, mais avec arrangement à l’avance, un gros trek rejoint Kuala Tahan. À étudier aussi dans les environs : Kenong Rimba, contigu à Taman Negara au sud-ouest (alléchantes randos guidées de 3-4 j.) et le parc de Stong, dans l’état de Kelantan (belle cascade et superbe camping dans la jungle).
Infos pratiques
Accès et permis : Taman Negara : via Kuala Tahan (à 70 km de Jeruntut, accessible en bus ou train depuis Kuala Lumpur). Permis : env 1,50 €. Kuala Koh : 85km à l’est de Gua Musang, ville à 160 km au nord de Jerantut. Pas forcément de transport public sur le dernier tronçon, il vaut mieux venir en petit groupe. Kenong Rimba : à l’ouest de Kuala Lipis. Bus. Faire un permis (env 12 € /pers) et régler l'organisation (guide obligatoire, bateau nécessaire pour l’accès) au Forest Office au auprès de Appu’s Guesthouse. Stong : 120 km au nord de Gua Musang ; transports publics ; entrée env 2 €.
Se loger : tout type d’hébergement à Kuala Tahan. Kuala Koh : logement de bon rapport qualité-prix.
Quand y aller : mi-janv à oct, haute saison avril-sept. Attention : éviter les grosses pluies du reste de l’année (inondations dangereuses).
Parcs nationaux de Bako, Kubah et Tanjung Datu (Sarawak, Bornéo)

Ces parcs ont en commun l’incroyable biodiversité de Bornéo. Le théoricien de la sélection naturelle Alfred R. Wallace y découvrit des milliers d’espèces au début du 20e s.
Parc de Bako
Bako est le plus ancien, mais aussi plus petit (27 km2), parc du Sarawak. Certes, mais il fait le maximum, car il cumule les atouts : proximité de Kuching (37km), immersion immédiate dans plusieurs écosystèmes tropicaux, garantie de voir des mammifères (singe nasique, sanglier à barbe de Bornéo), mangroves, baies sablonneuses, points de vues, cascades et situation photogénique, sur une péninsule aux falaises déchiquetées enserrant mangroves et baies secrètes…. Bref, une qualité et une diversité naturelle stupéfiantes pour un si petit espace, allant de la luxuriance de forêts tropicales persistantes aux landes stériles des kerangas !
Souvent, on repère dès l’arrivée des nasiques perchés dans les palétuviers puis, proche du QG (centre d’information, hébergements et cantine), des sangliers à barbe (rester prudent s’il y a des petits) et forcément des diaboliques macaques en quête de rapines.
La quinzaine de sentiers bien marqués (30 mn à 7h de marche) convient à tous les visiteurs. Les plus longues options dessinent des boucles passant par le plateau. On peut aussi se faire déposer sur les plages éloignées, puis rejoindre le QG.
Beaucoup visitent Bako à la journée, mais on conseille fortement d’y dormir, pour jouir de spectaculaires levers et couchers de soleil et s’inscrire aux intéressantes sorties nocturnes guidées.
Kubah et Tanjung Datu
À 20 km à l’ouest de Kuching, Kubah offre aux randonneurs un intéressant réseau de sentiers, une belle cascade à étages parfaite pour se baigner, des points de vue et une mare où observer de multiples espèces de grenouilles au couchant. A même distance mais au sud, le centre de réhabilitation de Semenggoh réserve, selon sa chance, la toujours émouvante vision de nos cousins orangs-outans.
Occupant l’extrémité occidentale de la province, le maritime Tanjung Datu (nuit obligatoire sur place) réserve des plages perdues, des sentiers faciles à moyens, de nombreux perroquets, calaos et singes ainsi qu’un centre de protection des tortues.
Infos pratiques
Accès et permis : les permis coutent env 3 €/parc. Pour Bako, Kubah et Semenggoh, plusieurs bus/j. depuis Kuching (pour Bako, rajouter bateau 6 € A/R); Tanjung Datu, accès via Sematan (à 100 km de Kuching) puis bateau.
Hébergement : dortoirs ou bungalows dans les parcs de Bako, Kubah et Tanjung Datu. Camping de Bako un peu sale et sous le danger des incursions de singes (bien fermer les tentes ne rien laisser à l’intérieur).
Quand y aller : en saison sèche. Haute saison : juin-aout, résa à l’avance des hébergements.
Parc national du Gunung Mulu (Sarawak, Bornéo)

Mulu mérite amplement son classement Unesco : cet éden de 530 km2, innervé d’étroites vallées où triomphe la jungle (17 écosystèmes différents), est polarisé par la forêt d’aiguilles calcaires géantes des « pinnacles » et creusé par le plus grand réseau mondial de grottes.
Longtemps fréquenté uniquement par de petits groupes de chasseurs-cueilleurs Penan, aujourd’hui sédentarisés dans les villages de Batu Bungan et Long Iman (visite possible), Mulu ajoute à ses attributs extraordinaires une organisation et des équipements remarquables, s’accordant à tous, des familles aux trekkeurs chevronnés.
Pinnacles, cavernes et chauves-souris
Érosions, dissolutions... Ouvert devant nos yeux, ce livre géologique vieux de 5 millions d’années narre le combat perdu d’avance du calcaire contre les eaux. Malgré leur 50 m de haut, les iconiques Pinnacles ne sont jamais que des échardes, comparées aux cavités gigantesques et encore en partie inexplorées.
Mulu s’explore principalement guidé et exige en principe des réservations à l’avance ou un minimum de planification.
Au rayon des classiques, les grottes « Show Cave » avec pour vedettes Lang et Deer Cave. Cette dernière orchestre avant le couchant un spectacle époustouflant de 3 à 4 millions de chauves-souris s’échappant des ténèbres en un ruban ondulant sans fin. Objectif dîner : 5gr/j par volatile, faites le calcul... d’où peut-être le faible nombre de moustiques dans le parc, merci !
Lagang Cave (Fast Lane) initie aux étonnants habitants du monde sans soleil : vers cannibales et parricides, tissant des fils où s’engluent leurs génitrices ailées, gros crickets s’attaquant aux œufs des hirondelles (ceux des fameux nids), etc.
Ceux qui aiment se mouiller et crapahuter s’inscriront aux programmes « adventures cave » pour de petites spéléos bien encadrées de différents niveaux.
Autres réjouissances, l’impressionnante passerelle dans la canopée, la recommandée sortie de nuit guidée et, praticables en solo, la cascade de Paku et l’instructif sentier botanique.
Treks d’exception
Mulu tire aussi sa renommée de 3 treks exceptionnels. Le plus célèbre (3 j.) procure une vue rapprochée sur les « pinnacles » du Gunung Api (1750 m) avec une dernière section très raide - 15 échelles délicates à la redescente même si les guides sont là pour la sécurité.
Headhunters’ Trail (4j. sans les Pinnacle) emprunte un ancien sentier de guerre des chasseurs de têtes reliant Mulu à Limbang, via une finale en bateau et une nuit en long house (maison clanique). Enfin, l’ascension du Gunung Mulu (2376m ; boucle de 50 km, 4 j.) est le plus exigeant. Se renseigner bien à l’avance.
Infos pratiques
Sites : mulupark.com ; mulucaves.org
Accès : petit aéroport à côté du parc ; vols depuis Kuching , Miri et Brunei. Alternatives : 2 speed boats et taxi jusqu’à Miri (12 h en tout ; cher, se grouper, 4 pers max) ou entrer par le Headhunter trail. Entrée : env 12 €, valable 5 j.
Réservations : passer par le parc (leur écrire, on paye sur place) ou par une agence comme Bornéo à la carte (management français ; www.borneoalacarte.com ) ou encore un guide indépendant comme Mack Lampang (+60 12 872 8306). En très haute saison (juil-aout), résa à l’avance très conseillée et idem par principe pour les treks aventure. Sinon prévoir 5 j. pour pouvoir s’inscrire à peu près partout (s’adresser aux rangers et scruter les panneaux d’info tous les matins).
Hébergement : dortoirs à bungalow de luxe dans le parc ; dehors, 3 guesthouse ou le luxe du Royal Mulu
Quand y aller : ouv toute l’année, mieux en dehors de la saison des pluies.
Mont Kinabalu (Sabah, Bornéo)

Contrairement à ce qui est souvent écrit, le mont Kinabalu n’est pas le plus haut sommet d’Asie du Sud-Est. Il est battu par le recordman Hkakabo (5881 m) et quelques-uns de ses confrères himalayo-birmans. Mais le Kinabalu domine sans conteste toute la région de sa couronne de granit culminant à 4 095 m.
Sans difficulté technique, ce trek de 2 j. avec nuit en refuge s’adresse aux marcheurs de 7 à 77 ans. Voire plus : records entérinés de 4 et 90 ans ! De 30 à 50 000 personnes arrivent au sommet chaque année, avec seulement 10 % d’échec. Seules conditions : être en bonne forme, avoir bonnes chaussures, polaire et coupe-vent pour le sommet.
Autre avantage, le Kinabalu n’est qu’à 85 km au nord-est de la capitale provinciale Kota Kinabalu. Englobant ses pentes, un parc national de 750 km2 est cité à l’Unesco pour ses riches écosystèmes. Nombreux sentiers forestiers, oiseaux, plantes carnivores « pitcher », orchidées, insensée rafflesia en saison, trempette dans la source chaude Poring et sorties guidées dans le parc botanique proche du QG du parc complètent l'escalade.
Trek au sommet
Obligatoirement guidée, l’ascension débute par 4-6 h de grimpée (6 km, 1400 m de dénivelé) sur des sentiers de jungle. Après une courte nuit en refuge, lever à 2h du mat pour négocier 3h très raides, parfois en s’aidant d’une corde fixe (3km, 800 m). Après le monumental lever de soleil, redescente d’un trait - bâtons de rando utiles pour préserver ses genoux (loc possible). Quelques supermen font l’A/R en une journée soit 4 000 m de dénivelé total.
Pour un (fort) supplément d’adrénaline, une via ferrata abat ses statistiques : 3 500 m au point le plus haut, longueur 430 m, traversée verticale 100 m, 2 ponts de singe et une nuit supplémentaire en refuge, tout ça dans de parfaites conditions de sécurité.
Après ces gros efforts, direction le corridor de jungle de la rivière Kinabatangan (présence d’animaux garantie), les fonds coralliens top niveau de Sipandan et Sarawak la belle voisine. Bornéo, on t’adore !
Infos pratiques
Accès : de très nombreux bus et minivans passent devant l’entrée du parc (nationale desservant l’est de Sabah). Ouv 7-19h. Le permis coûte environ 60 €, le prix des porteurs et guides aussi avec un nombre d’entrée/j. limité à 120. Résa à l’avance quasi impérative, choisir un package de 2J/1N.
Se loger : éviter le Sutera Lodge, trop cher pour les prestations, préférer les guesthouses et restos proches de l’entrée. Impossible d’éviter la nuit sur la montagne par contre (env 110 € /pers avec les repas).
Quand y aller : meilleur période fév-avr. Eviter fin oct-déc.
Parcs et randos : Indonésie
Bienvenue au pays des volcans : du Bromo de Java au Rinjani de Lombok, le choix est vaste !
Parc national Bromo-Tengger-Semeru (île de Java)

De l’île de Sumatra aux petites îles de la Sonde, l’arc indonésien est sous-tendu par plus de 100 volcans en activité appartenant à la redoutable « ceinture de feu ».
Seul impératif : s’enquérir de l’activité volcanique déterminant tout ou partie de l’ouverture des sites. Histoire de ne pas vous déplacer pour rien, d’autant qu’une augmentation d’activité est remarquée depuis 2010.
Le Parc national du Bromo-Tengger-Semeru réunit les 2 volcans principaux et la lunaire mer de cendres de l’impressionnante et ultra photogénique caldeira du Tengger (16 km de diamètre, 300m de haut) au mont Semeru, 17 km plus au sud.
Le Bromo
Le volcan Bromo (2 392m ; 800 m de diamètre, 200 de profondeur) dont le nom vient du dieu hindou Brahma, est une icône du tourisme mondial (éviter les w-e si possible). Sa silhouette et son ascension aisée - 200 marches pour atteindre son cratère fumant, après la traversée de la mer de cendres – attirent des dizaines de milliers de visiteurs par an.
Le plus beau lever de soleil embrasse la caldeira, le Bromo, le calme voisin Batok et les métronomiques volutes éruptives du Semeru depuis le Penanjakan (2770 m). Compter 1h30 de marche à moins d’y aller directement en 4x4.
Le Bromo et le Semeru font l’objet d’un culte hindouiste servi par l’ethnie Tengger, au temple Pura Luhur Poten et lors du rituel Yadnya Kasada.
Le Semeru
Le volcan Semeru, baptisé en l’honneur du Mont Meru, séjour des dieux hindous, est beaucoup plus calme, hormis ses projections toutes les 30 mn.... Rien d’étonnant puisque le toit de Java (3676 m) est réservé aux randonneurs confirmés.
Son ascension en 3-4 j. demeure accessible avec un peu de préparation et l’équipement adéquat : bonnes chaussures, vêtements chauds, torche puissante et guide fort conseillé sur la dernière section, au-delà de Ranu Pane. Au sommet, la grosse récompense d’une vue à 360°embrassant le Bromo, la caldeira et, vers l’est, le Kawah Ijen et les balinais Agung et Batur.
Infos pratiques
Accès : Bromo : respectivement 100 km et 400 km de Surabaya et Yogyakarta. Bus ou train jusqu’à Probolinggo d’où des minibus rejoignent Cemoro Lawang (40 km, compter 2 h). Toutes les agences de la région proposent un package Bromo mais ce n’est pas une obligation. Semeru : en partant du Bromo, 7h de marche pour traverser la mer de sable et négocier la raide sortie de caldeira puis atteindre le lac de Ranu Pane (village, station des rangers, location de tentes possible). Après une nuit en losmen (guesthouse), env 7h de marche dans la forêt jusqu’au très joli lac Ranu Kumbolo (alt : 2400 m). Nuit en tente et lever... à 1h du matin pour 3 h de marche dans une savane, 2 h dans la forêt puis la section finale (3h) bien raide sur cendre. Alternativement, partir de Surabaya ou Malang via Tumpang pour atteindre directement Ranupane en minibus puis 4X4.
Se loger : Bromo : résa à l’avance ou arrivée avant 15h à Cemoro Lawang sous peine de ne rien trouver de correct, surtout le w-e. Semeru : Losmen à Ranu Pane puis camping.
Quand y aller : Bromo : plus belles vues pdt la saison sèche (avr-nov). Fête Yadnya Kasada : pleine lune du 1er mois du calendrier local (entre sept et déc). Semeru : éviter déc-mars quand les cendres se transforment muent en dangereuses boues glissantes.
Volcan Rinjani (île de Lombok)

Pour les autochtones Sasaks et les Balinais, les volcans Rinjani, Merapi (Java) et Agung (Bali) sont les 3 morceaux d’une lune brisée par les jeux imprudents de singes célestes. Les nuits de pleine lune, lors des cérémonies Pekelan, ils offrent des bijoux au volcan.
L’ascension complète du mont Rinjani (3727 m), 5e plus haut sommet d’Indonésie, représente un gros challenge. Vue impériale à 360° sur tout Lombok, les îles voisines de Sumbawa et Bali, avec leurs volcans posés sur les nuages, et satisfaction de l’exploit accompli en sont les récompenses inoubliables. Ce volcan est toujours en activité, donc renseignez-vous à ce sujet avant d'entreprendre un trek.
Trek au Rinjani
Seule une minorité de randonneurs avec guides (indispensable) et porteurs s’engage et vient à bout du programme complet soit 4 j. au départ de Sembalun Lawang pour 7 000 m de dénivelé cumulé ! Mais notez qu’aucune compétence technique particulière n’est requise, juste une bonne - voire très bonne - condition physique. S’abstenir toutefois si on souffre de vertige, au risque de coincer dans la descente de la caldeira ou la dernière section du volcan.
Ceux qui s’estiment trop juste pour la totale ne doivent pas se priver du Rinjani pour autant. D’autres formules (2j., 3 000 m de dénivelé cumulé ; 3j avec descente vers le lac, 4 200m), permettent de jouir du stupéfiant panorama englobant le maître des lieux, la caldeira (50 km2 de diamètre), vestige gullivérien de l'effondrement d'un ancien volcan, et le lac Segara Anak (« fils de la mer » pour son bleu turquoise ; 6 km de large ; 200 m de profondeur), grignoté par les tentacules d’un Gunung Baru (2351m), « nouvelle montagne » en crise de croissance continue. Causant la fermeture d’aéroports et parfois de tout ou partie du site, l’activité volcanique du Gunung Baru s’est accélérée récemment.
En apéro, ou digestif, accès à plusieurs cascades depuis Senaru, comme la spectaculaire Air Terjun Sindang Gila (40 mn A/R dans la forêt) et, une petite heure au-delà, Tiu Kelep, où on peut se baigner.
Avertissement : la gestion des déchets est un gros problème sur le site. Ne rien laisser derrière soi et encouragez les autres à faire de même.
Infos pratiques
Accès, permis : vols pour Lombok direct ou avec escale depuis toute les grandes villes du pays et aussi Kuala Lumpur, Singapour. Bus + ferry depuis Bali ou les autres îles. Pour rejoindre et passer d’un point de départ d’excursion à l’autre, nombreux minibus. Entrée : env 10 €. Possible de réserver un package complet (ascension, nourriture, nuitées) depuis toute l’Indonésie ou presque (agence Green Rinjani recommandée, greenrinjani.com) mais on peut aussi bien l’arranger sur place.
Se loger : nombreuses pensions à Senaru et Sembalun Lawang
Quand y aller : fermé déc-mars pour cause de pluies (trop dangereux). Mois les plus chauds, juil-sept; gros pèlerinage à la mi-oct.
Parcs et randos : Yunnan (Chine)
Un trek spectaculaire dans les gorges du Saut du Tigre, site classé à l’Unesco, dans le Yunnan.
Gorges du Saut du Tigre (Yunnan)

À 95 km au nord de Lijiang, dans l’aire protégée des Trois Fleuves Parallèles (Unesco), le Yangzi, après avoir viré vers le nord-est, se glisse dans un chas stupéfiant entre les aiguilles « tolkienesques » du Dragon de Jade (Mt Yulong, 5600 m) et le Mont Haba (5400 m).
Attention les yeux : c’est sur les flancs de ces gorges de 30 km parmi les plus profondes du monde (presque 4 000 m) que se déroule ce trek. Pour échapper à un chasseur, un tigre aurait franchi d’un bond l’étroiture bouillonnante du Tiger Rock. 30 m seulement, d’où le nom « Gorges du Saut du Tigre » (Hutiao Xia en Chinois).
Facile à mettre en oeuvre, ce trek déroule des panoramas étourdissants sans être technique ni extrêmement physique, à l’exception des fameuses 28 épingles, à grimper à son rythme.
Éviter les fortes pluies (éboulis possibles) et les gros bardas – ravitaillement possible, 2l d’eau et quelques grignotages suffisent. Si nécessaire, chevaux et palefreniers peuvent servir de recours.
Avant de partir, récupérer un plan des gorges auprès des guesthouses régionales. On chemine perpétuellement sur la rive gauche du Yangzi - en contrebas, mais pas forcément visible - et le les sommets du Dragon de Jade en face.
Depuis Qiaotou, le sentier grimpe en surplomb d’une route de montagne : un séduisant itinéraire buissonnier vers le Shangri La (Zhongdian). Compter 2 j. de rando à raison de 6-8h de marche/j.
À mi-chemin (Bendi Wan ou un hameau 2h avant), des pensions typiques, simples mais chaleureuses préparent de délicieuses cuisines locales avec des vues stupéfiantes. Parfois même des toilettes !
Redescendu sur la route peu avant le Verger des Noyers (Hetao Yuan), on peut revenir vers Qiaotou ou poursuivre vers Zhongdian en minivan, pousser jusqu’à Daju en traversant le Yangzi en ferry (préférer le permanent « Lao Dukou », plus éloigné, au casse-gueule « Xin Dukou ») ou encore prolonger d’une nuit en marchant vers Haba à travers la montagne.
Dépaysant mais plus exigeant, un trek de 5 j démarre de Baoshan : une superbe cité de pierre perchée au-dessus du Yangzi, à rejoindre en minivan depuis Daju plutôt qu’à pied. Objectif : le lac Lugu, fief des « amazones » Mosuo, une ethnie vivant autrefois systématiquement en fratries matriarcales, sans les pères des enfants.
Infos pratiques
Accès : par Qiaotou, bourg situé sur la route entre Lijiang et Zhongdian-Shangri La (multiples bus/j.) Ces 2 stars du tourisme yunnanais s’atteignent en bus, avion ou train (dans le cas de Lijiang) depuis Kunming, mais aussi d’autres villes chinoises.
Se loger : pensions à partir d’env 2,5 € le lit. Sentier du haut, Naxi Family Guesthouse (à 4 h de marche de Qiatou) ou Half Way Guesthouse (village de Bendiwan, 2-3 h plus loin). Route du bas, Tina's Guesthouse (jonction avec le sentier du haut) ou 30 mn plus loin, à Hetao Yuan. Daju : Tiger Leaping Gorge Hotel ou Snowflake Hotel.
Quand y aller : possible tte l’année mais vérifier la météo et se renseigner sur l’état du sentier. Éviter si grosses pluies, souvent en aout-sept). Meilleure période : mai-début juin (floraisons) et octobre (verts car après les pluies).
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