La Bourgogne souterraine, comme au ciel

La carrière d’Aubigny, à Taingy

La carrière d’Aubigny, à Taingy
Manolo Mylonas

Avec ses 16 carrières, le Forterre, au sud d’Auxerre, fut longtemps un véritable « grenier à pierres » qui servirent, par exemple, aux constructions de l’opéra et de l’hôtel de ville de Paris. Dans cette colossale cavité creusée par l’homme depuis la préhistoire, cette « cathédrale inversée » aux voûtes culminant à 35 m, on ne peut que se sentir écrasé par les milliers de vies de carriers qui s’y sont relayées, dans la pénombre des torches, extrayant des blocs de 15 t qu’ils déplaçaient sans moyen mécanique. À sa manière, Jean-Bernard est leur descendant. Avec son épouse, il ne ménage pas sa peine pour communiquer sa passion pour la carrière où, « môme, [il venait] faire l’andouille à Mobylette ».
Outre les différents chefs-d’œuvre exposés, escaliers, colonnades, chapiteaux, les groupes d’enfants ont droit à un cours de taille. Le niveau inférieur est plus brut, plus naturel. L’humidité monte, les sons s’estompent, l’obscurité gagne.
« Mais au cours des siècles, conclut Jean-Bernard les yeux brillants, personne ne l’avait jamais vue éclairée comme ça. » Et d’un seul coup, il allume les quelque mille lampes disposées par un scénographe. Et la carrière prend vie.

Texte : Laurent Boscq

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