Fièvre et rythmes colorés au carnaval de Santiago

Fièvre et rythmes colorés au carnaval de Santiago
© Robin Petit

Le carnaval de Santiago de Cuba est l'un des plus trépidants des Caraïbes. Le plus fou et le plus coté des carnavals cubains. Musique, danse et paillettes éblouissent et amusent la foule en délire pendant trois jours dans la belle capitale de l'Oriente, à l'extrême est de Cuba. Une histoire mouvementée, des préparatifs effrénés pendant plusieurs mois, une chaleur humaine indescriptible : c'est l'événement majeur de l'année, à vivre sans modération !

Une histoire métissée


Le carnaval de Santiago de Cuba est un doux mélange, aux origines aussi métissées que la population de l'île elle-même. Une pincée de tradition agricole, deux grosses poignées de ferveur religieuse, une mesure de patriotisme, et l'amour de la fête, pour lier le tout. À la fin du XVIIe siècle, on pouvait assister à une immense procession religieuse dans le centre de la ville en l'honneur de Saint-Jacques, saint patron de la ville ; les Cubains y célébraient en même temps la fin des récoltes de la canne à sucre, la zafra. Au fur et à mesure, les autres saints du calendrier aux alentours de cette date (en particulier Sainte-Christine, Sainte-Anne et Saint-Joachim), eurent droit à leur part de la fête. Comme il existait déjà un carnaval – équivalent caribéen de Mardi Gras – avant la période du Carême, où pénitence et modération étaient les maîtres mots, il fut décidé de réunir ces deux fêtes en une seule… autour de la date anniversaire de la Revolución, le 26 juillet. La durée du carnaval a oscillé pendant longtemps entre un mois, trois semaines, une semaine… Désormais il dure trois jours. C'est peu, certes, mais intense. Très intense…

L'ambiance unique du faste populaire


Aujourd'hui, le Carnaval de Santiago est le carnaval à ne pas manquer à Cuba. Les habitants de la région de l'Oriente – dont Santiago est la capitale – et les visiteurs sont nombreux à investir les rues de la ville pendant cette période. De grosses enceintes, installées le long de l'itinéraire du défilé, commencent à vibrer vers la fin de l'après-midi, couvrant soudain les notes des tres (guitares fétiches des joueurs de son cubano, dont Santiago est la « mère patrie »). Des buvettes sont également mises en place dans les environs, afin de permettre aux carnavaleros de se sustenter. C'est surtout la bière qui coule à flots, servie à la pression dans des brocs en plastique usés et colorés (chacun apporte le sien et le fait remplir au fur et à mesure). Le Cuba libre a aussi son succès, même s'il est bien plus cher ; et pour « éponger » tout ça, les fameuses pizza con jamon y queso cuisent tranquillement dans de petits fours de fortune, attendant les amateurs. Ce moment de faste est si important qu'il est perceptible dans chaque ruelle, sur chaque sourire à Santiago. Les jeunes filles passent les journées à se faire belles, les garçons gominent leurs cheveux… Il se passe réellement quelque chose de magique et d'unique. Avant que la vraie fête ne commence à la tombée du jour, on peut entendre les comparsas, groupes de danseurs et de musiciens, répéter une dernière fois avant de se lancer… Car les chorégraphies sont créées et travaillées des mois à l'avance, les costumes sont pensés et fabriqués tout au long de l'année. Cela brille, scintille sur les corps en mouvement ! Parmi les plus attendus, on peut citer les extravagants personnages à la tête de papier mâché, colorées et un rien effrayantes, et bien sûr les reines du Carnaval, fières et délurées sur leur char. Ces estrellas et leurs suivantes, les luceros, sont élues avant le début du carnaval lors de concours de beauté organisés dans les villages et les usines.

Une fièvre grisante


Eh oui ! à Cuba en général et au carnaval en particulier, on ne peut nier la chaleur humaine et sensuelle qui se dégage de l'atmosphère ambiante. Il fait très chaud – en termes de degrés centigrades, bien sûr – à cette époque de l'année, et on n'a plus vraiment envie de dormir finalement, une fois la nuit tombée. Nombreux sont d'ailleurs les Cubains qui n'en restent pas là. Après une marche dansante et endiablée derrière les chars somptueux et quelques litres de bière, tout le monde se retrouve à Cuabanacan ! Sur l'immense parking du stade municipal sont installées buvettes, scènes, pistes de danse pour continuer la fête jusqu'au bout de la nuit, cette fois. Joie, rythme et mots doux entre deux pas de salsa se mêlent, dans un brouhaha et un grouillement jubilatoires : démonstrations de danse, radios crochets pour les nouveaux talents, concerts de musiciens (avec filles hystériques en option s'il s'agit d'un boys band…), un régal !

Infos pratiques


Le Carnaval de Santiago de Cuba a lieu les 25, 26 et 27 juillet prochains.
 
Office du tourisme de Cuba en France
280, bd Raspail, 75014 Paris.
Tél. : 01-45-38-90-10.
www.cubaweb.cu
 
Bureau d'informations culturelles à Cuba
Patio de los Dos Abuelos.
Tél. : 23-267.

Où dormir ?


Gabriel Jardines Tornés
Rey Pelayo, n° 110, e/ Reloj y Clarin.
Tél. : 625-381.
Entre 12 et 15 US$ la seule chambre double de cette vieille et grande maison coloniale avec patio. SDB privée. Maison tenue par un couple charmant dont le fils parle le français. Copieux petit déj (2,5 US$).
 
Chez Ana Castillo Enamorado
Calle Mariano Corona n° 564, e/ Enrramada y Aguilera.
Adresse très centrale et bien tenue, chambres sympathiques autour de 20 US$ donnant sur une longue salle fraîche avec fauteuils à bascule.

Texte : Florence Cavé

Mise en ligne :

Cuba Les articles à lire

Confiné à la maison et coincé dans un rayon d'un kilomètre ? Il est temps de s'envoler...

La Havane, la musique, les plages, le vieux Trinidad, le souvenir de Che Guevara, les...

Voyage Cuba

Bons Plans Voyage

Services voyage