Angkor, toujours

Le mythique Ta Prohm

Le mythique Ta Prohm
Ta Prohm © Claude Hervé-Bazin

Plus fort que Banteay Kdei, Ta Prohm (photo) s’enveloppe d’une nature restée omniprésente. Le temple-monastère, bâti en 1186 par Jayavarman VII en l’honneur de sa défunte mère, a été laissé dans sa gangue de végétation par les archéologues — une manière de témoigner du travail titanesque réalisé sur les autres sites.

Les visiteurs se pressent pour découvrir les dalles écartelées et les murs tantôt éventrés, tantôt soutenus par les troncs massifs et cannelés des lagerstroemia calyculata. Certains, par défi, ont poussé à cheval sur l’enceinte !

Déstabilisant les temples et les tours isolées sur lesquels ils se sont juchés, certains arbres, hauts comme des immeubles, dardent leurs racines dans les moindres interstices, poussant jusqu’à menacer ruine.

Un fromager s’épanche ainsi telle une pieuvre, pesant de tout son poids sur une galerie miraculeusement préservée. Les façades disparaissent peu à peu, englouties, tandis que les racines aériennes des trang (figuiers étrangleurs) et des banians emprisonnent les pierres de leurs bras. Malgré tout, les temples tiennent encore, jusqu’à quand ?

Dans un recoin, un bâtonnet d’encens se consume doucement devant un Bouddha, crachant une âcre fumée blanche. Timide manifestation d’une foi devenue discrète, en ce lieu où, jadis, officiaient 12 640 prêtres, danseuses et serviteurs.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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