Angkor, toujours

Le saint des saints

Le saint des saints
Angkor Wat © Claude Hervé-Bazin

Au bout de la longue allée, surveillée par d’autres nâgas, une seconde enceinte-galerie s’ouvre sur le temple, aux cinq tours élancées vers les cieux. Elles symbolisent les cinq pics du mythique mont Meru, séjour des divinités de l’olympe hindou. Le temple reproduit sur terre l’idéal céleste.

Le roi-dieu Suryavarman II présida à la construction d’Angkor Vat dans la première moitié du XIIe siècle, pour rendre hommage à Vishnou le protecteur. L’empire, étendu jusqu’aux abords de l’actuelle Malaisie, touchait à son apogée.

Guerrier inlassable et fin diplomate, Suryavarman II se doublait d’un bâtisseur. Il fit d’Angkor Vat le plus vaste temple hindouiste au monde. 50 000 ouvriers ont participé à sa construction, qui prit 37 ans et fut achevée à la mort du roi, en 1150. Dans la galerie sud, un bas-relief de près de 100 m lui rend hommage. On le retrouve, paré comme un dieu, entouré de ses brahmanes.

Les bas-reliefs d’Angkor Vat sont sans égal : entourant l’ensemble de l’enceinte-galerie, ils s’étirent sur 800 m de long ! Ils arborent notamment des scènes mythologiques tirées des deux grandes épopées de l’Inde ancienne, le Ramayana et le Mahabharata. C’est l’une des surprises d’Angkor : la région, bercée par la culture indienne à partir du Ier siècle avant J.-C., plaça longtemps son destin entre les mains des divinités hindoues.

Les courettes encadrées de galeries se multiplient, menant jusqu’à l’enceinte ultime, le Bakan : 12 séries de marches d’une incroyable raideur, remplacées aujourd’hui par un escalier en bois, se hissaient vers le sanctuaire supérieur et sa tour, haute de 65 m.

Là-haut, Vishnou a cédé la place à Bouddha. C’est à lui que l’on doit le miracle de la préservation du temple, resté vivant alors même qu’Angkor était abandonné aux Thaïlandais par ses rois décadents au XVe siècle.

Texte : Claude Hervé-Bazin

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