République tchèque, autour de Prague

République tchèque, autour de Prague
Kutná Hora © JackF - stock.adobe.com

Et si vous profitiez d’un prochain séjour à Prague pour explorer ses environs ? La capitale tchèque est entourée d’une couronne de petits bijoux à visiter sans hésiter, d’autant qu’ils sont souvent accessibles en train ou en bus : des villes de Kutná Hora et Mělník à la réserve naturelle de Kokořínsko, en passant par la verrerie Rückl ou de superbes châteaux. Pour aller plus loin, le temps d’une escapade, à la découverte des beautés de la République tchèque…

Kutná Hora, la majestueuse

Kutná Hora, la majestueuse
Kutná Hora © graphia - stock.adobe.com

À 75 km à l’est de la capitale tchèque, la « petite Prague » s’avère incontournable : Kutná Hora fut longtemps la seconde ville de Bohême, grâce à ses filons d’argent, qui lui permettaient de frapper la monnaie du royaume : le précieux métal y fut exploité de 1280 à 1550, sur 30 km² environ et 13 niveaux de galeries allant 600 m sous terre !

À son apogée, en 1400, la cité comptait 60 000 habitants, contre 25 000 aujourd’hui ! Une fois l’exploitation terminée, elle se transforma en belle endormie, gardant son fabuleux héritage, classé au Patrimoine mondial par l’Unesco. Et il faut dire que Kutná Hora a de quoi séduire le voyageur…

Musée de la mine © trabantos - Shutterstock

Pour plonger dans le passé, pourquoi ne pas partir de là où tout a commencé, dans les mines d’argent ? Sous les ruelles pavées du magnifique centre-ville médiéval, le tour d’un peu plus d’une heure parcourt 250 m de galerie et va jusqu’à 30 m de profondeur.

Au préalable, on endosse la tunique blanche des mineurs (pour être repéré dans l’obscurité) et un casque à lampe frontale. Autrefois, les travailleurs ne s’éclairaient qu’avec une faible flamme et descendaient, en glissant sur un épais tablier de cuir, dans les boyaux qui ne dépassent parfois pas 40 cm de large et 1 m 20 de haut ! Munis d’une masse et un pic, ils parvenaient à dégager, en 6 h, environ 2,5 cm de paroi.

Statues du collège des Jésuites © underwaterstas - stock.adobe.com

Comme l’explique le musée tchèque de l’Argent d’où part la visite guidée, les blocs remontés à la surface étaient triés, lavés et broyés, puis passés au four pour fondre et récupérer l’argent brut. Celui-ci était vendu non loin, à l’hôtel royal de la monnaie, ou Cour des Italiens. On y battait donc la monnaie officielle et c’était également le lieu de résidence des souverains de Bohême de passage dans la ville. Une exposition y retrace toute cette histoire…

L’exploration souterraine touristique s’achève, elle, au niveau de l’imposant collège des Jésuites qui abrite, depuis 1998, un autre type de galerie… d’art contemporain, baptisée GASK. Le long de la façade principale, l’élégant belvédère surplombant les vignes est ponctué de 13 statues du début du 18e siècle, représentant les saints de l’ordre des Jésuites, et rappelant le pont Charles de Prague, la grande rivale…

Cathédrale Sainte-Barbe © Viliam - stock.adobe.com

Au bout de cette corniche se dresse l’extraordinaire silhouette au style gothique flamboyant de la cathédrale Sainte-Barbe, édifiée à partir de 1388, mais achevée 170 ans plus tard. La cathédrale de l’Assomption de Notre Dame et de Saint-Jean-Baptiste a, elle aussi, été bâtie sur plusieurs siècles. Érigée dans le quartier excentré de Sedlec à partir de 1290, elle fut détruite au 15e siècle puis reconstruite 300 ans après dans un esprit très épuré, avec d’impressionnants volumes.

Tout près, dans l’ossuaire de Sedlec, à la chapelle de Tous-les-Saints, c’est au contraire l’accumulation jusqu’au malaise qui frappe : à partir des squelettes de plus de 40 000 personnes, réagencés aux 18e et 19e siècles, ont été constitués des lustres, ostensoirs, calices et tout un décor aussi insolite que macabre.

 

Les vignes de Mělník

Les vignes de Mělník
Château de Melnik et ses vignes © kaprikfoto - stock.adobe.com

Un autre ossuaire, avec environ 15 000 dépouilles, se cache dans la crypte de l’église Saint Pierre et Paul de Mělník, une bourgade à environ 50 km au nord de Prague.

Son clocher à bulbes domine la confluence entre l’Elbe et la Vltava (ou Moldau), les vignes sur les berges pentues et le château où vécurent 23 reines et princesses de Bohême. Y réside toujours l’une des lignées aristocratiques les plus illustres du pays, les Lobkowicz.

L’architecture, remaniée au fil des siècles, rassemble roman, gothique, Renaissance, baroque… Les nombreuses salles sont richement décorées (peinture de Paul Véronèse, mobilier précieux, cartes du 17e siècle, jouets anciens, vieilles armures…), bien mises en scène et régulièrement animées par des événements culturels.

La visite des caves révèle l’activité viticole et les cuvées du château, dont une dédiée à Sainte Ludmila, souveraine originaire de la ville qui introduisit le catholicisme en Bohême et fut assassinée en 921. Les sous-sols sont reliés à une série de galeries médiévales : une petite partie est accessible depuis l’office de tourisme, conduisant au puits de 54 m dissimulé sous la place principale. Celle-ci est bordée de jolies maisons colorées et d’harmonieuses arcades.

Kokořínsko et son étrange nature

Kokořínsko et son étrange nature
Réserve naturelle de Kokořínsko © rebius - stock.adobe.com

Depuis Mělník, il est facile de se rendre dans la réserve naturelle de Kokořínsko, réputée pour ses étonnantes formations rocheuses que l’on peut notamment découvrir en suivant le sentier de Cinibulka.

Il passe par les sites de Prolezovacky et de Bludište, ce dernier signifiant labyrinthe, un nom qui n’est pas usurpé ! Le vent et la pluie ont sculpté le calcaire en canyons, hautes colonnes chapeautées de couvercles, pitons rocheux couverts de pins, chênes et bouleaux...

Et même un éperon sur lequel est posé le château de Kokořín, depuis le 14e siècle. Abandonné pendant des siècles, il fut racheté en 1895 par Václav Špaček, grand amateur de chasse, et restauré dans un esprit néoromantique. Peu meublé, il a tout de même conservé de fiers remparts et un donjon de 36 m de haut, accessibles aux visiteurs.

Un chapelet de beaux châteaux

Un chapelet de beaux châteaux
Château de Český Šternberk © kaprikfoto - stock.adobe.com

Les nids d’aigle comme Kokořín ne manquent pas tout autour de Prague. À commencer par, à 50 km au sud-est de Prague, le château de Český Šternberk, érigé au début du 13e siècle et appartenant toujours à la même famille… dont les descendants continuent d’y vivre !

Il offre un surprenant contraste entre son aspect extérieur de forteresse imprenable, et l’intérieur, rénové au 17e siècle en style baroque, dévoilant un fastueux palais. La quinzaine de pièces visitées abrite de nombreux meubles et objets, parfois rares, comme les 545 gravures sur cuivre retraçant la guerre de Trente Ans ou la collection de miniatures en argent.

Konopiště © kaprikfoto - stock.adobe.com

Le temps semble aussi s’être arrêté à Konopiště, luxueuse résidence de François-Ferdinand, héritier du trône de l'Empire austro-hongrois dont l’assassinat à Sarajevo, en juin 1914, déclencha la Première Guerre mondiale. Le souverain l’avait acquis en 1887 pour s’y installer avec sa famille et l’avait fait transformer à son goût.

Par des aménagements modernes (électricité, chauffage central, ascenseur hydraulique, etc.) et avec l’exposition de ses passions compulsives : des œuvres représentant saint Georges terrassant le dragon ; d’exceptionnelles collections d’armes et d’armures, mais également d’objets d’Europe et d’Orient liés à la chasse. Ou encore les milliers de trophées d’animaux accrochés un peu partout : ours de Sibérie, cigogne de Chine, chat sauvage de Dalmatie… Ce n’est que la partie « émergée » des réserves, puisqu’en 50 ans d’existence, François-Ferdinand tua plus de 275 000 pièces de gibier !

Château de Karlštejn © Nataliya Hora - stock.adobe.com

Autre château impérial, celui de Karlštejn, situé à 30 km au sud-ouest de Prague. Il fut fondé en 1348 par l’empereur romain germanique Charles IV pour y déposer les joyaux de la couronne et les reliques sacrées. Ils étaient enfermés dans la chapelle de la Sainte Croix, au fabuleux décor de 129 portraits peints du 14e siècle. Ils figurent une armée veillant symboliquement sur ce trésor, composée de saints, apôtres, rois, chevaliers, évêques… qui étaient parfois accompagnés de leurs reliques, comme pour renforcer leur présence.

Situé au 2e étage du donjon, dans la partie la plus haute du château, ce lieu était très protégé. Dans la tour en contrebas, l’église de la Vierge Marie possède aussi des fresques du 14e siècle. Datant de la même époque, la sublime chapelle Sainte-Catherine, juste derrière, est encore mieux préservée : c’est un petit bijou aux murs incrustés de pierres colorées.

Forteresse de Křivoklát © dtatiana - stock.adobe.com

De même, la plus belle pièce de la forteresse de Křivoklát est une chapelle. Dédiée à la Sainte Trinité, elle date du 13e siècle, comme le château maintes fois remanié. Reconstruite à la fin du 15e siècle en gothique tardif, elle possède un bel autel en bois polychrome.

Impressionnantes également, la salle royale au plafond en ogive destinée aux audiences et aux banquets, la bibliothèque, avec sa réserve de 53 000 livres, et la prison, où sont exposés divers instruments de torture, qui font froid dans le dos…

Attention, entre début novembre et fin mars, les accès aux châteaux sont parfois restreints à des horaires beaucoup plus réduits, donc mieux vaut se renseigner avant de partir à la découverte des alentours de Prague...

L’art du cristal de Bohême

L’art du cristal de Bohême
© Rückl Crystal a.s.

Dans la vallée de la rivière Berounka, entre Karlštejn et Křivoklát, se trouve par ailleurs le village de Nižbor et sa célèbre verrerie Rückl. C’est la seule à fabriquer du cristal noir et du rose. Elle exporte 80 % de sa production et s’est spécialisée dans les trophées pour le sport, la musique, le cinéma et même le concours de Miss Univers !

Toujours en activité, elle organise des tours guidés de 45 min pour admirer l’incroyable travail artisanal des 150 employés de l’usine.

Le processus qui transforme en verre un mélange de potasse, salpêtre, sable vitrifiable, soude, minium et borax porté à 1 500 °C paraît presque magique. Et le savoir-faire des souffleurs et des graveurs fascine par sa précision. Du grand art !

Fiche pratique

Retrouvez toutes les infos pratiques, les bons plans et les adresses dans le Routard République tchèque, Slovaquie en librairie. 

Consultez notre guide en ligne République tchèque

Site de l’office du tourisme de République tchèque

Comment y aller ?

Air France et Czech Airlines proposent des allers-retours quotidiens entre Paris-Charles de Gaulle et Prague. Trouvez votre billet d’avion

Où dormir ?

- U Kata : Štefánikova 92, à Kutná Hora. Légèrement excentré, l’hôtel de 43 chambres au style très classique présente le double avantage d’être confortable et pratique, avec son parking gratuit. En prime, il possède un spa avec sauna, jacuzzi et bain à la bière, une spécialité tchèque… Parfait pour se relaxer après une intense journée de visite ! Chambre double à partir de 67 € avec petit déj.

- Penzion U Zámku Mělník : Svatováclavská 24, à Mělník. La charmante propriétaire francophone héberge ses hôtes dans 10 chambres réparties en deux bâtisses, en plein centre et à deux pas du château. Chacune est décorée selon une thématique, toutes sont fonctionnelles et cosy. Chambre double à partir de 51 € avec petit déj.

- Château de Křivoklát : Appartements au château. À condition de réserver à l’avance, il est possible de dormir dans l’enceinte du château, où deux appartements ont été aménagés, avec chacun salle de bain et coin cuisine : l’un pour trois personnes et l’autre avec deux chambres doubles. Dans une dépendance toute proche, un 3e logement, aussi bien équipé, peut accueillir 8 hôtes. Nuitée à partir de 16 € par personne, sans petit déj.

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Où manger ?

- V Ruthardce : Dačického náměstí 15, à Kutná Hora. Tlj midi et soir. Plats : 4,30-10 €. En plein centre-ville, le restaurant abrite plusieurs salles rustiques, où le bois domine. Sur les bancs des longues tables d’hôtes, les convives commandent des plats goûteux et copieux, du tartare de bœuf au filet de truite, en passant par l’épaule de porc au chou rouge ou les champignons grillés au persil avec purée de pommes de terre.

- Na Hradbách : Nnáměstí Míru 10, à Mělník. Tlj midi et soir. Plats : 5-17 €. Caché sous les arcades de la place principale, le restaurant baptisé « les remparts » rend hommage à sa localisation, dans une jolie cour pavée et fleurie, surmontée d’une petite tour de guet, vestige des fortifications qui entouraient la ville. En terrasse ou dans la demeure médiévale sont servies des spécialités tchèques roboratives : rôti de porc au chou, langue de bœuf avec ragoût de chou-rave et pomme de terre, etc.

- Restaurant Zastávka : Knádraží 379, à Nižbor. Tlj midi et soir. Plats : 6-9 €. À deux pas de la verrerie Rückl, de l’autre côté de la voie ferrée, le restaurant voisin de la gare a investi une bâtisse en bois, quelques wagons et une terrasse au-dessus des rails. Dans un décor rétro, inspiré de l’univers ferroviaire, est proposée une carte courte, mais variée : soupe du jour, risotto de champignons et parmesan ou escalope de poulet et salade de pommes de terre.

Texte : Stéphanie Condis

Mise en ligne :

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