5 escapades gourmandes hors de France

5 escapades gourmandes hors de France
Roberto Borgo / Turismo Torino

Routard gourmand, il y a de quoi se faire plaisir à moins de 3 h de vol de la France. Que vous soyez tapas ou pasta, tajine ou waterzooi, voici cinq destinations gastronomiques pour vous régaler le temps d’un week-end. Faites vos valises, préparez votre rond de serviette, et cap sur le Pays basque, le Piémont, Bruxelles, Copenhague ou Marrakech !

Donostia-San Sebastián, capitale des tapas

La nouvelle cuisine basque, qui revisite un terroir riche en produits gourmands, possède une réputation internationale. Les deux maîtres incontestés de cette école, Juan Maria Arzak et Martin Berasategui, ont chacun leur restaurant (qui portent tous les deux leur nom) à Donostia-San Sebastián, à une trentaine de kilomètres de la frontière française.

Cette ville, lovée au creux de l’une des plus belles baies de la péninsule Ibérique, est épicurienne. On vient de loin pour y déguster les pintxos, des tapas sophistiqués à la mode basque, dans les établissements de la vieille ville. À la mode locale, on les accompagne de cidre.

Il y a foule les soirs de week-end dans les bars du Casco Viejo. Dans une chaude ambiance, les Basques (et aussi pas mal de touristes) se remplissent la panse en sirotant quelques bons petits crus. Le paradis des tapas, c’est la calle Fermin Calbeton et ses alentours :  à vous de vous laisser tenter et d’aller de bar en bar. C’est la coutume. Mais, attention, à 3-4 € le pintxo, l’addition grimpe vite pour les gourmands !

- La Cuchara de San Telmo : calle del 31 de Agosto, 28. Des pintxos et des raciones concoctés avec la maestria de grands chefs. L’un des hauts lieux des tapas made in Donostia. Pintxo 3-4 €

- Zeruko : c/Pescaderia 10. Un sommet culinaire dans le genre. Cannellonis à la mousse de cèpes, verrine d’encornets… L’adresse incontournable pour les esthètes des tapas.

Turin et le Piémont, patrie du slow food (photo)

Le Piémont chérit la bonne chère et les arts de la table. C’est d’ailleurs ici qu’est né le mouvement slow food, qui prône le bien-manger et la redécouverte des produits du terroir.

Situé au pied des Alpes, le Piémont est le berceau de quelques fleurons de la gastronomie italienne, comme la truffe blanche d’Alba, les vins des Langhe (barolo, barbaresco…) et le divin chocolat gianduja. C’est ici aussi que sont nées des enseignes comme Nutella, Grom (glaces) et Eataly (épicerie) avant d’essaimer dans le monde entier.

Turin, capitale du Piémont, a de quoi séduire les gourmands. Commencez par l’aperitivo dans l’un des nombreux bars du Quadrilatere Romano. Pour le prix d’un verre (un peu majoré, certes), vous avez droit à un buffet de victuailles à volonté : charcuterie, olives, fromages, petites pizzas, gressins…

Dans le même quartier, pas mal de restos où goûter de savoureux plats piémontais, comme les agnolotti del plin (petits raviolis), le brasato (bœuf braisé) ou le risotto à la tomme. Enfin, dans l’un des cafés historiques de la ville (Mulassano, San Carlo, Baratti & Milano…), succombez aux plaisirs du bicerin (photo) : un savoureux mélange de chocolat, de café et de crème de lait fouettée.

- Dausin : à l’angle de via Goito et via Galliari, dans le quartier branché de San Salviaro. Tél  : 01-16-69-39-33. Ce restaurant de quartier ne désemplit pas. Succès mérité, car on s’y régale de bons petits plats piémontais (agnolotti, brasato…) réalisés selon le principe locavore du "kilomètre zéro". Toutes les recettes sont élaborées à partir de produits de saison locaux. Accueil sympa et tarifs plus que modérés. Repas complet à la carte autour de 20 €.

- Eataly : en face du Lingotto. Plus qu’un supermarché, un temple de la gastronomie italienne ! On y trouve 7 comptoirs de restauration thématiques (pâtes, viandes, fromages, poissons…). Possibilité de faire ses emplettes après le repas. Compter environ 8 € le plat. Visite obligatoire.

Bruxelles, sucré-salé

Bien sûr, il y a les frites de la Maison Antoine, citées par le New York Times, parmi les meilleures du monde. Et les grands classiques comme le stoemp aux chicons (endives), les croquettes de crevettes grises, le coucou de Malines, le waterzooi de poulet, la potée ardennaise ou la carbonade flamande que des grands chefs comme Pierre Wynants (Comme chez Soi)  revisitent avec talent.

À Bruxelles, on ne saurait se régaler totalement sans faire un sort aux délicieuses bières d’abbaye. Poussez la porte d’un estaminet, café populaire typiquement belge. Les plus anciens, du côté de l’Îlot sacré, où le temps semble s’être arrêté, regorgent de charme – et le choix de bière est très vaste.

Terminez votre virée gourmande sur une note sucrée.  Il y a de quoi se lécher les babines… Gaufres liégeoises ou bruxelloises, mais aussi croustillons et beignets feront votre bonheur.  Le chocolat belge s’expose – et se déguste – dans le centre historique ou sur la Place du Sablon. Godiva, Leonidas, Neuhaus,  Corné sont les plus connus. Notre coup de cœur : Pierre Marcolini, un orfèvre du chocolat. Enfin, faites un saut chez Dandoy, à deux pas de la Grand Place, pour goûter aux fameux spéculoos !

- À la Mort Subite : rue Montagne-aux-Herbes-Potagères, 7. Super café traditionnel pour déguster de bonnes bières (Faro, kriek, blanche, lambic) accompagnées de tartines au fromage blanc, salades et omelettes.

- Volle Gas : pl. Fernand-Cocq, 21. Au cœur d’Ixelles, LE bistrot bruxellois par excellence. Banquettes surmontées de miroirs, tables en marbre, poêle de faïence. Tous les grands classiques sont au menu : croquette des crevettes grises, stoemps (potées), waterzooi, lapin à la kriek…

Copenhague, le meilleur resto du monde

Et oui, vous avez bien lu ! C’est un restaurant de Copenhague qui, à deux reprises (2010 et 2011), a été élu meilleur restaurant du monde par le prestigieux Restaurant Magazine : une consécration pour Rene Redzepi, le jeune chef du Noma. D’autres suivent le chemin de René Redzepi : plusieurs restaurants et des chefs, comme Rasmus Kofoed, du Geranium (Bocuse d’Or) se sont bâti une réputation internationale. En tout, Copenhague ne compte pas moins d’une douzaine de restaurants étoilés.

Seul bémol (de taille) : la plupart de ces restos sont très chers, il faut au moins 1 000 Dk (130 €) pour dîner au Noma ! La fameuse "nouvelle cuisine nordique", qui prône le retour aux vraies saveurs, aux produits de saison et au terroir, n’est pas franchement à la portée de tous les estomacs…

Envie d’un déjeuner sur le pouce ? Goûtez les smørrebrøds, sandwiches typiquement danois que l’on trouve un peu partout. Très touristique, mais sympathique, Nyhavn, avec ses petites maisons colorées qui bordent le canal, reste un des hauts lieux pour se restaurer. Le soir, on conseille de faire comme les Danois et de pique-niquer le long du canal.

Fiskebar : Flæsketorvet 100. Un bar à poisson très couru du quartier de Kodbyens. Mieux vaut réserver. On s’y régale de fruits de mer, version tapas, dans une ambiance conviviale et branchée.

 - Noma : Strangade 93. Si vous voulez goûter à la cuisine du "meilleur resto du monde", il vous faudra réserver de 3 à 6 mois à l’avance. Si ! Si ! De quoi prendre le temps pour économiser, il faut compter au moins 150 € au dîner pour goûter à la cuisine tradi revisitée (et surprenante) de Rene Redzepi.

Marrakech, tajines & cie

La cuisine marocaine ? Un régal, qui justifie à lui seul un voyage. Et, avec les vols low cost, une virée gastronomique à Marrakech ne revient pas forcément cher. La perle du Sud regorge de bonnes tables où l’on peut s’adonner aux délices du tajine, du couscous, des keftas et de la délicieuse pastilla au pigeon.

Certains restaurants de la médina sont installés dans des édifices traditionnels, comme les ksour (Ksar Essaoussan), les funduq (Le Foundouk) ou des riads (Dar Zellij, La Villa Nomade). Au plaisir des mets s’ajoute celui d’un décor enchanteur. Que demander de plus ?

Tentez l’expérience d’un repas sur ce gigantesque théâtre de rue qu’est la place Jemaa-el-Fna, où des dizaines de restos de rue servent des mets de toutes sortes (soupes, tajines, grillades…) à des prix défiant tout concurrence. Assis sur des bancs de bois, on se régale dans la fumée des braseros et les bruits de la foule. Enivrant, même si on ne sert pas d’alcool…

- Le Dar Zellij : 1, Kaasour Sidi-ben-Slimane. Un très beau riad du XVIIe siècle, superbement restauré, pour une cuisine des plus savoureuses. Musique le soir, beaucoup de charme.

- Le Ksar Essaoussan : 3, derb Cherfa-el-Maz-zaoudième, rue des Ksour. Une superbe cuisine marocaine que l’on déguste dans un patio près de la fontaine, ou dans d’adorables petits salons intimistes.

Fiche pratique

Consultez nos guides en ligne Espagne, Italie, Bruxelles, Danemark et Marrakech

 Comment y aller ?

- Donostia/San Sebastián : aéroports de Biarritz ou Bilbao (Air France, EasyJet) et liaison par autobus

- Turin : TGV depuis Paris et Lyon à partir de 29 €, vols avec Air France et Alitalia.

- Bruxelles : train Thalys depuis Paris-Nord, liaisons aériennes avec plusieurs villes françaises (Brussels Airlines)

Copenhague : vols directs depuis plusieurs villes françaises (Air France, SAS, Norwegian…)

 - Marrakech : vols directs depuis plusieurs aéroports français (Transavia, Royal Air Maroc, Ryanair…)

Où dormir ?

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Texte : Jean-Philippe Damiani

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