Culture Saint-Martin

Histoire

Le coton commence à être cultivé à partir de 1700 et devient le produit dominant jusqu'à ce qu'il soit supplanté par la canne à sucre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle – sans disparaître pour autant.

La canne à sucre

La canne à sucre est introduite en 1763, l’année même où Saint-Martin est rattachée à la Guadeloupe. Une décennie plus tard, elle occupe 170 ha de terres. La plus grande plantation emploie alors 31 esclaves. En 1786, un rapport recense 24 sucreries. À cette époque, la canne est devenue la ressource principale de la partie française.
Le sucre est principalement exporté en Amérique du Nord, dans les colonies et en métropole, et le rhum en Guadeloupe. Le nombre d’esclaves noirs importés comme main-d’œuvre augmente considérablement, tandis que la proportion de colons blancs (français, mais aussi anglais, irlandais, italiens...) diminue.

À partir de 1790, l’instabilité politique engendrée par la Révolution française puis par les guerres napoléoniennes, responsables notamment d’un blocus naval, provoque le déclin des sucreries. La fin de l’esclavage (en 1848 côté français, 1863 côté hollandais) achève cette industrie, modifiant radicalement l’économie de l’île.
Côté français, on se tourne vers les salines jusque-là inexploitées et l’on adopte un nouveau statut : celui de port franc. Beaucoup d’habitants émigrent néanmoins dans les îles proches pour trouver du travail. La dernière sucrerie cesse ses activités en 1895.

Le vent tourne

Il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que Saint-Martin redécolle, entraînée par la partie néerlandaise, où les Américains créent l’actuel aéroport international, désenclavant ainsi l’île. Le commerce est en plein essor, notamment de produits américains à destination de la Guadeloupe et de la Martinique. Les mœurs s’américanisent, l’anglais progresse et supplante en partie le français et le hollandais, et l’île prend l’habitude de s’autogérer.

L’électricité est installée dans les années 1960, les premiers établissements bancaires ouvrent. L’ère du tourisme commence côté hollandais... pour exploser dans les années 1980 grâce à la manne du dollar fort. Sint-Maarten joue la carte du tourisme américain et, en 1986, la loi Pons de défiscalisation permet à la partie française de prendre le train de la prospérité en marche. Attirés par l’essor, des migrants de toute la zone caraïbe débarquent.

Un pas vers l'autonomie

Forte de son particularisme hérité de l’histoire, Saint-Martin, qui n’a jamais eu l’impression, côté français, d’être véritablement aidée par la Guadeloupe, a choisi de s’en éloigner le 7 décembre 2003 en votant en faveur d’un nouveau statut territorial.
Depuis 2007, Saint-Martin (comme sa voisine Saint-Barthélemy) est ainsi une collectivité d’outre-mer (COM) de la République française, bénéficiant à ce titre d’une certaine autonomie, notamment en matière fiscale. Le territoire demeure cependant partie intégrante de l’Union européenne.

Côté sud, Sint-Maarten, longtemps intégrée à l’entité des Antilles néerlandaises, a trouvé sa propre voie vers l’autonomie, en votant par référendum, en 2010, pour devenir un « pays » composant du royaume des Pays-Bas (non-membre de l’Union).

Population

Dans les années 1980, puis 2000, Saint-Martin a connu une véritable explosion démographique. En 1980, l’île ne comptait guère plus de 21 000 habitants (8 000 côté français, 13 000 côté néerlandais). Une décennie plus tard, le chiffre avait plus que triplé – et même quadruplé aujourd’hui !

C’est l’essor spectaculaire du tourisme qui est à l’origine de ce boom. La plupart des nouveaux résidents ne sont pas tant Français et Hollandais qu’Antillais – Haïtiens, Dominicains (de la République dominicaine), Dominiquais (de la Dominique), Surinamiens et autres Guyanais (de Guyana), venus dans l’espoir d’une vie plus facile...
Résultat : l’île compterait aujourd’hui une centaine de nationalités. Et encore les statistiques sont difficiles à établir : le Département d’État américain estime le nombre de résidents illégaux sur l’île à près de 15 000 personnes...

Cet influx de travailleurs étrangers vaut à Saint-Martin une population jeune (35 % de moins de 20 ans, contre 24 % en métropole) et un taux de natalité presque 2 fois supérieur.
A contrario, le PIB de la partie française est 2 fois inférieur à celui de la métropole... Sur place, bien souvent, l’eldorado se transforme en galère. De nombreux quartiers accueillant les nouvelles populations immigrées, comme Sandy Ground (aux portes de Marigot) et Quartier d’Orléans, contrastent fortement par leur pauvreté avec les résidences défiscalisées...
Du côté français, le chômage est endémique : avant même le passage d’Irma, il concernait le tiers des actifs (et la moitié des jeunes). Côté hollandais, c’est nettement mieux : 11,5 % – même si cela se fait au détriment des salaires et des conditions de travail.

Conséquence logique du grand écart entre résidents fortunés et immigrants, le climat social est tendu. Les pillages survenus au lendemain d’Irma l’ont encore démontré. Ne vous étonnez donc pas de voir des vigiles veiller sur vos agapes lors des Mardis de Grand-Case. C’est le prix de la sécurité que les commerçants ont choisi de payer afin de ne pas faire fuir la clientèle américaine, très sensible à cet argument...
Et puis, voyons les choses du bon côté : depuis l’ouragan, les vols à main armée, jusqu’alors récurrents, ont pour ainsi dire disparu !

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