Les trains mythiques

Camille Poirier
par Camille Poirier

04 janvier 2021

Indian Pacific Train Australie
© Courtesy of Great Southern Railway

Les trains ont un indéniable pouvoir de fascination sur les voyageurs. Permettant d'explorer les pays, d'en admirer les paysages, ce sont aussi des lieux propices aux rencontres et à la découverte.

Quelques trains sont même devenus des destinations ou des voyages en soi, tant ils font rêver le baroudeur qui sommeille en chacun de nous.

On vous entraîne, dans ce dossier, à la découverte de ces trains mythiques : des pionniers qui ont, pour certains, traversé l'histoire ou, pour d'autres, circulent dans des lieux hors du commun. Il y en a pour tous les goûts et aussi tous les budgets, du grand luxe au tortillard antédiluvien, du train de passagers classique aux convois touristiques pour happy few.

En voiture, donc, à bord de célèbres transcontinentaux comme l'Orient-Express ou le Transsibérien, de convois de rêve, comme le Rovos ou le California Zéphyr, ou de lignes de l'extrême, comme le train des nuages en Argentine... 

Les trains mythiques : Europe

Monter à bord du mythique Orient Express, rebaptisé Venise Simplon-Orient Express, observer de superbes paysages écossais grâce au Royal Scotsman ou traverser les Alpes avec le Bernina Express, l'Europe offre à tous les voyageurs de nombreuses destinations à portée de train ! Alors, en avant l'aventure sur les rails ! 

Le Venise Simplon-Orient-Express

Orient Express Train Monde
© Matt Hind - Belmond

Rares sont les moyens de transport à avoir exercé autant de fascination que l'Orient-Express.

Lancé sur les rails pour la première fois en 1883, l'Orient-Express est un train de légende. On le doit à un certain Georges Nagelmackers, un industriel belge qui adapta le concept des trains de nuit Pullman américains au Vieux Continent. En quelques années, il conçoit le train le plus luxueux qui soit : cuir, velours et bois précieux dans les voitures-lits, cristal, argenterie, champagne et grands crus en voiture-restaurant.

À ses débuts, l'Orient-Express part de Paris gare de l'Est et traverse l'Europe centrale et les Balkans en passant par Munich, Vienne, Budapest et Bucarest. Au bout de quatre jours, il dépose ses passagers sur les berges du Danube : le dernier tronçon n'étant pas encore achevé (il le sera en 1889), princes, princesses et autres V.I.P. doivent terminer leur voyage jusqu'à Istanbul avec un autre train, puis en bateau à vapeur.

Progressivement, le mythe se forge et les parcours de l'Orient-Express se diversifient. Ce palace sur rails accueille ambassadeurs, artistes, espions, ainsi que les plus grosses fortunes de l'époque. Sous la plume de Graham Greene, de Guillaume Apollinaire, de Joseph Kessel et surtout de la romancière Agatha Christie (Le Crime de l'Orient-Express), l'Orient-Express accède à la notoriété. 

L'Orient-Express cesse de rouler en 1977, après un lent déclin pendant la Guerre froide. Quelques années plus tard, James Sherwood, un magnat américain, rachète et restaure certains wagons de la Compagnie créée par Georges Nagelmackers et lance un nouveau train en 1982 : le Venise Simplon-Orient-Express, effectuant le parcours Paris-Venise.

La décoration intérieure est restée fidèle à la Belle Époque. Le convoi promène à travers les Alpes une clientèle fortunée (au moins 4 000 € par voyage), nostalgique de l'âge d'or des grands trains de luxe.

Plus d'infos sur le Venice Simplon-Orient-Express.

Certaines autres voitures de l’Orient-Express sont, quant à elles, aujourd’hui la propriété du groupe SNCF (tout comme l'appellation, d'ailleurs) qui les exploite en les intégrant dans une offre d’évènements publics et privés, avec l'objectif de relancer un jour la mythique ligne jusqu'à Istanbul.

La légende est toujours là, même si le train n'est plus tout à fait le même...

À lire : 

Agatha Christie, Le Crime de l'Orient-Express, Lgf.
Graham Greene, Orient-Express, 10/18.

Le Royal Scotsman - Écosse

Royal Scotsman Train Ecosse
© Matt Hind - Orient-Express Hotels Ltd

C'est, dit-on, le train le plus luxueux et le plus prestigieux du monde. Dans la lignée des Express qui reliaient autrefois Londres à Édimbourg (Queen of Scots, Flying Scotsman) et des autres trains de luxe de la Belle Époque, le Royal Scotsman est un petit bijou sur rails. La décoration intérieure, selon le plus pur style edwardien, lui confère une ambiance de club privé et propulse le voyageur cent ans en arrière. Mais le mythe vient aussi de l'extérieur, de la légendaire Écosse.

Voici l'un des trajets (le plus classique) du train : départ d'Édimbourg, au son des cornemuses. Une fois passé le pont suspendu du Forth (un joyau de l'architecture victorienne), le Royal Scotsman s'enfonce dans les superbes campagnes écossaises, direction les Highlands, via Aberdeen et Inverness. De jour, le Royal Scotsman longe les Lochs mythiques et traverse des régions parsemées de châteaux ténébreux : c'est le territoire des clans.

Des paysages à couper le souffle que le passager peut admirer depuis la voiture-observatoire, à travers une large baie vitrée. Le conducteur de la locomotive prend bien soin de ralentir la vitesse à l'approche des plus beaux sites. À bord, un dîner composé de gastronomie locale (gibier, fruits de mer, saumon…), et des divertissements (lectures, concerts...) sont proposés. Ambiance assez guindée, tout de même.

Après avoir traversé les Highlands, le train rejoint Kyle of Lochalsh face à la superbe île de Skye (Nord-Ouest), avant de faire route à travers les Lowlands pour regagner Dundee, puis Édimbourg. Tout au long du parcours, des excursions sont organisées. C'est là un des plus beaux voyages ferroviaires du monde, mais aussi l'un des plus chers (compter dans les 5 000 £, voire plus, pour un voyage de 3 à 5 jours !).

Infos et réservations sur le site du Royal Scotsman.

Le Train jaune (Ligne de Cerdagne)- Pyrénées-Orientales

Train Jaune Train France
© TER SNCF

De tous les petits trains historiques et touristiques qu'exploite la SNCF, le Train jaune est probablement l'un des plus célèbres et des plus pittoresques.

Construite au début du XXe siècle pour désenclaver les hauts plateaux catalans des Pyrénées-Orientales, la ligne longue de 63 km, qui rappelle les chemins de fer sud-américains, comporte 19 tunnels et deux ponts exceptionnels : le viaduc Séjourné et le pont Gisclard, classés monuments historiques.

Depuis près de cent ans, le petit convoi arborant les couleurs catalanes (jaune et rouge) escalade les pentes pyrénéennes. Classé à l'Unesco depuis 2002, le chemin de fer de Cerdagne (c'est son nom) traverse ce plateau rocheux aux paysages de toute beauté où l'on trouve de charmants petits villages montagnards et quelques châteaux en ruine.

Ce petit périple s'effectue de Villefranche-de-Conflent (427 m) jusqu'à Latour-de-Carol (1 231 m). 

Plus d'infos sur le site Pyrénées-Cerdagne.

Le Bernina Express - Suisse, Italie

Bernina Express Train Suisse
© Rhätische Bahn, Chur / swiss-image.ch/Peter Donatsch

Le Bernina Express traverse de splendides paysages alpins entre Suisse et Italie : en seulement quatre heures de parcours, il relie Coire, l'une des plus anciennes villes de Suisse, à Tirano en Italie. Il y a également des départs depuis les stations de Davos et de Saint-Moritz.

Un voyage inoubliable pour le passager, qui traverse 55 tunnels, franchit 196 ponts, descend des pentes qui atteignent 70 pour mille de dénivelé, côtoie glaciers, villages pittoresques et monuments historiques. Le train passe par la vallée et le tunnel de l’Albula, puis par le col de la Bernina à 2 253 mètres d’altitude. Il franchit également l'unique viaduc hélicoïdal (en forme de spirale) du monde. Une traversée des Alpes originale et plaisante, tout à fait abordable (à partir de 60 francs suisses en 2e cl). 

Circulant sur des lignes construites au début du 20e s pour désenclaver les Alpes suisses, le Bernina Express est principalement fréquenté par les touristes qui peuvent admirer, grâce aux wagons panoramiques, les sommets enneigés et les lacs de montagne. Depuis l'été 2008, les lignes de l'Albula et de la Bernina sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Renseignements : site du Bernina Express. Voir aussi notre article La Suisse vue du train.

Les trains mythiques : Amérique

Traverser la Californie en train, c'est presque trop facile si l'on a, auparavant, sillonné la cordillère des Andes en tortillard ! Découvrez donc notre petite sélection ci-dessous...

Le Canadien - Toronto-Vancouver

Canadian Pacific Railway
© I Viewfinder - stock.adobe.com

S'il est un pays où le train a grandement participé à la construction de la nation, c'est bien le Canada. Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, le tout premier Premier ministre John A. MacDonald lance le pari fou d'unir les différentes provinces par le rail. 

C'est chose faite en 1886 après un chantier dantesque dans lequel furent engagés des milliers de travailleurs chinois. Une voie longue de quelque 5 000 km relie le Pacifique, depuis la Colombie-Britannique, au Québec

Le Canadien Pacifique (Canadian Pacific Railway) sert alors de ciment pour la mosaïque multiethnique qui compose le Canada. Il s'avère aussi être un bon outil pour peupler les grands territoires de l'Ouest.

De nos jours, la ligne est exploitée entre Toronto et Vancouver par le Canadien pour le plus grand bonheur des touristes. Ce train tout confort se promène de l'Ontario à l'océan Pacifique à travers lacs, forêts, montagnes et prairies. Le voyage offre des panoramas grandioses (notamment lors de la traversée des Rocheuses) et demeure un moyen original pour découvrir les richesses naturelles du Canada.

Le Canadien propose trois classes à bord : la classe Economie (classe économique avec sièges inclinables), ainsi que la classe Voiture Lit, avec ses chambres simples, doubles ou triples, et la classe Prestige. 

Le voyage de Toronto à Vancouver, via Winnipeg (Manitoba), Edmonton et Jasper (Alberta) dure quatre jours. En fonction de la classe et des différents services choisis à bord (repas, bagages…), les tarifs peuvent varier de 300 (éco) à 1 800 € (voiture-lit) environ. 

Le site du réseau ferré canadien Via Rail propose un système de réservation et donne plein de petites astuces pour voyager à moindres frais (cartes de réduction, passes…).

Ferrocarril Central Andino - Pérou

El tren de la Sierra Train Pérou
© PromPerú

Ce train, qui mène de Lima à Huancayo, défie les Andes péruviennes, circulant à 4 800 m d'altitude sur le toit de l'Amérique ou presque. Cette ligne fut conçue pendant la deuxième moitié du XIXe siècle dans le but de faciliter l'exploitation des ressources minières du centre du pays.

Le train quitte la gare de Callao, port de Lima, sur le littoral pacifique. Sur 535 km, il franchit une cinquantaine de ponts, près de 70 tunnels, négocie des centaines de virages dont une dizaine de zigzags, et passe du niveau de la mer à des sommets aussi hauts que le mont Blanc. 

Près de Ticlio, à son point culminant, le train passe à quelque 4 800 m d'altitude. Pour compenser la raréfaction de l'oxygène, la présence d'une bouteille d'air oxygéné est obligatoire sur chaque voyage. On sert également aux passagers une tasse de thé de coca, le remède des Péruviens pour surmonter le mal de montagne.

Après dix années d'interruption, le train de la Sierra a repris du service il y a quelques années, mais ses sorties restent limitées à un voyage par mois. Le trajet aller simple entre Lima et Huancayo (12 à 14 heures) coûte de 80 à 190 € selon classe et saison. 

Pour plus d'informations, consultez le site de la compagnie des chemins de fer péruviens.

Tren a las Nubes - Le train des nuages en Argentine

Tren a las Nubes Train Argentine
© Tren a las Nubes

A l'origine, ce train reliait Salta, dans le nord-ouest de l'Argentine, au viaduc de la Polvorilla en  empruntant l'une des voies ferrées les plus spectaculaires au monde

Sur un parcours de 217 km, pas moins de 21 tunnels, 29 ponts et deux tronçons en zigzags lui permettaient de venir à bout de l'intraitable cordillère des Andes.

Mais la plus grande attraction, conçue par l'ingénieur Richard Fontaine Maury, reste les 13 viaducs en fer grâce auxquels la voie se détache des montagnes pour enjamber des ravins sur plusieurs centaines de mètres.

Aujourd'hui, seuls 21 km de cette ligne sont en service au départ de San Antonio de los Cobres à destination de l'impressionnant viaduc de la Polvorilla, au terminus de la ligne : un pont de 224 m long et 63 de haut. À cet endroit, le train roule à 4 220 m d'altitude ! De l'oxygène est conservé à bord pour aider les passagers en proie au mal des montagnes.

Un service d'autocars permet de rejoindre San Antonio de los Cobres au départ de Salta. Compter 12 h de voyage en tout, bus depuis Salta inclus.

Pour plus d'informations, consultez le site du Tren a las Nubes.

Le Chepe (Chihuahua al Pacifico) - Mexique

Chepe
© Elisa Locci - stock.adobe.com

Des vastes étendues désertiques truffées de cactus à la côte bordée par l'océan Pacifique, le Chihuahua Pacifico (ou « Chepe ») traverse des paysages de légende, des canyons et montagnes splendides et des terres chargées d'histoire(s). 

Ce train, l'un des rares au Mexique à transporter des passagers, quitte tous les matins à la même heure la gare de Chihuahua (Nord), située au cœur d'une région qui reste célèbre pour ses immenses ranchs (Chihuahua est la capitale des cow-boys mexicains).

Un peu plus loin, le Chepe pénètre dans la région du Copper Canyon (le canyon du cuivre ou Barrancas del Cobre), constituée d'un réseau de gorges profondes taillées par les rivières. C'est le territoire des indiens Tarahumaras que l'on croise à Creel, étape touristique à mi-chemin entre Chihuahua et Los Mochis. Après avoir quitté ce décor de film, le train poursuit sa route vers la côte Pacifique et Los Mochis, qu'il finit par atteindre après un voyage de 670 km.

La ligne, dont la construction dura six décennies, emprunte une trentaine de ponts et quelque 85 tunnels, et s'élève depuis le niveau de la mer jusqu'à 2 438 m d'altitude, avec en particulier un passage hélicoïdal (en spirale). Le trajet dure de 15 à 16 heures.

Pour plus d'infos concernant les tarifs et les horaires, consultez le site du Chepe.

Le California Zephyr - Ouest américain

California Zephyr Train Etats-Unis
© Courtesy of Alex Mayes / Amtrak

Lancé depuis Chicago à la conquête du Midwest et du Far West, le California Zephyr symbolise le mythe de la « frontière » qui guida pendant plus d'un siècle les pas des pionniers américains venus de l'Est.

Sur plus de 3 900 km, cet énorme train à la couleur chrome traverse sept États et tout ce que l'Ouest américain compte comme merveilles naturelles: les Rocheuses, le Grand Lac Salé, le désert du Nevada, la vallée du Colorado, mais aussi le fleuve Mississippi, les fermes du Nebraska, les prairies du Middle West, les baies, lacs et forêts de Californie… Les points d'intérêt sont donc nombreux entre Chicago et la baie de San Francisco (Emeryville).

Comme les Américains aiment à le décrire, le California Zephyr est la ligne la plus spectaculaire de l'Amtrak, le réseau ferroviaire national. Inauguré en grande pompe en 1949, ce train reste, avec la Route 66, l'un des plus fameux périples des États-Unis. Le voyage dure 51h30 et le train circule trois fois par semaine.

Il existe plusieurs manières de voyager à bord du California Zephyr. C'est selon son porte-monnaie. Si les cabines privées avec couchette demeurent assez chères (jusqu'à 1 300 dollars), les sièges inclinables en classe économique restent bon marché (environ 150 $) et assez confortables. Où que l'on voyage, on peut accéder à l'un des salons du train, disposant de larges baies vitrées. Vue imprenable sur les Rocheuses !

Les réservations peuvent s'effectuer sur le site de l'Amtrak.

Pour en savoir plus, lire notre reportage Les Etats-Unis en train, de New York à San Francisco.

Denali Star - Alaska

USA Alaska Denali Star Train
© Ruth P. Peterkin - Fotolia

Le Denali Star est le plus occidental des trains américains et offre des vues spectaculaires d’une nature indomptée.

Entre Anchorage, plus grande ville d’Alaska, et Fairbanks située dans les terres, 580 km plus au nord, le train s’arrête à Talkeetna et Denali Park, deux étapes entre montagnes enneigées et forêts infinies.

Une partie du train, le Wilderness Dome Trail consiste en des voitures panoramiques offrant des vues à couper le souffle sur les grands espaces de l'Alaska.

Le Denali Star est en service de mai à septembre et les tarifs vont de 126$ à 459$ en fonction du service. Plus d'infos sur le site d'Alaska Rail

White Pass & Yukon Route - Le train de la ruée vers l'or (Alaska, Canada)

White Pass Yukon Train Canada
© Jed Thompson

Le chemin de fer qui relie le port de Skagway en Alaska à Whitehorse dans le Yukon (Canada) est plutôt court (à peine 177 km), mais il raconte une histoire longue et passionnante qui inspira l'écrivain Jack London : celle de la plus importante ruée vers l'or du continent nord-américain.

Nous sommes dans les dernières années du XIXe siècle et, alors que les pépites se font de plus en plus rares en Californie, les chercheurs d'or ont écho d'un nouveau filon dans le Klondike, une rivière qui coule dans le Yukon, à la frontière avec l'Alaska. Ils sont alors plusieurs dizaines de milliers à accourir dans la région pour plonger leur tamis dans les eaux du Klondike. Seulement voilà, la zone est montagneuse et les prospecteurs et leurs mules éprouvent les pires difficultés à remonter en amont de la rivière.

Malgré quantité d'obstacles, on décide de construire une voie ferrée afin de faciliter l'acheminement du matériel. Deux ans de travaux sont nécessaires, de 1898 à 1900, à la réalisation de cette ligne qui frôle la paroi rocheuse, tutoie le vide et les chutes d'eau et franchit un col à 879 m d'altitude (le « White Pass »).

Le train fit rapidement la fortune des chercheurs. Mais la fièvre ne dura pas longtemps. Au début du XXe siècle, il ne restait presque plus d'or dans le Klondike et les prospecteurs durent faire leurs valises à la recherche d'un nouvel eldorado. La ligne servit au transport des minerais, ainsi qu'à désenclaver le Yukon.

Depuis 1988, la ligne White Pass est exploitée par un train touristique qui promène les passionnés d'histoire et les amateurs de beaux paysages sur les traces des chercheurs d'or du Klondike et de Jack London. Plusieurs forfaits sont proposés au départ de Skagway : seule la moitié de la ligne est en service, jusqu'à Carcross. Compter de 135$ à 250$ selon la formule choisie.

Le site du White Pass & Yukon Route propose un système de réservation, ainsi qu'une quantité d'informations sur cette ligne épique.

Les trains mythiques : Asie, Afrique et Océanie

L'Asie n'a rien à envier au reste du monde, puisque vous pouvez la traverser dans l'un des trains les plus populaires de la planète : le Transsibérien. Mais pour découvrir l'Asie et l'Australie par le rail, vous pouvez également en emprunter beaucoup d'autres ! 

Le Transsibérien - Moscou-Vladivostok

Train Transsibérien
© struteanu - Fotolia

Avec plus de 9 200 km entre Moscou (gare Iaroslav) et Vladivostok, près de mille gares et sept fuseaux horaires traversés, le Transsibérien est le réseau de chemin de fer le plus long du monde. Et assurément l'un des plus fameux.

Les trains du Transsibérien ont su conserver leur caractère authentique. Sur le trajet, se succèdent les différents paysages de la Sibérie : les monts Oural, la Taïga et ses immenses conifères, le lac Baïkal (que le train longe sur 200 km), le fleuve Amour, les steppes sans fin d'Asie centrale, etc.

Les travaux débutent en 1891, mais ce n'est qu'en 1916 (soit un an seulement avant la révolution bolchevique) que le projet d'une Russie unifiée par le rail est enfin réalisé. Les Russes en sont très fiers. C'est, après tout, l'une des plus grandes réalisations de l'histoire du pays.

Plusieurs trains circulent sur la ligne du Transsibérien. Mais c'est le train « Rossiya » n° 1 /2 qui incarne le trajet du Transsibérien classique, recommandé pour faire le périple Moscou-Vladivostok (compter 6 jours et 22 h). Il y a trois classes : la première avec des cabines à deux lits (au moins 600 € pour le trajet intégral d'une semaine), la seconde avec des cabines à quatre lits et la troisième avec des lits en dortoir.

Après être passé par Irkoutsk et avoir longé le lac Baïkal, le Transsibérien permet une connexion à Ulan Ude avec deux autres trains : le Transmongolien, qui relie Pékin via les steppes de Mongolie et le désert de Gobi, et le Transmandchourien qui se rend à Pékin par la Mandchourie. 

Les infos sur les tarifs et les horaires se trouvent sur le site des chemins de fer russes. Consulter aussi le site du Transsibérien et de l'agence Espace Transsibérien. Pour en savoir plus, lire notre reportage sur le Transsibérien.

Le train du Yunnan - Chine

Train du Yunnan
© beibaoke - stock.adobe.com

Né il y a plus d'un siècle, le train qui reliait Hai Phong à Kunming (Yunnan), via Hanoi, est un vestige du colonialisme français en Asie. Une époque où les grandes puissances européennes cherchaient à étendre coûte que coûte leur influence sur le sud de la Chine. C'était à la fin du XIXe siècle, et la France, déjà implantée en Indochine, lorgnait en douce sur la riche province du Yunnan.

Les Français se chargèrent du tracé, les Chinois des travaux : plus de 12000 ouvriers périrent sur le chantier. La ligne fut inaugurée en 1910.

Le train longeait le fleuve Rouge pour s'arrêter à Lao Cai, côté vietnamien. Il repartait de Hékou, de l'autre côté du fleuve, à l'assaut du Yunnan. Sur plus de 400 km, le petit convoi zigzaguait entre jungle et rizières, enjambant gorges et ravins grâce à de remarquables viaducs de style Eiffel.

Sur le parcours, plusieurs stations ont été construites sur le modèle des petites gares de campagne françaises. Écriteaux en français et horloges de la IIIe République ont subsisté.

Aujourd'hui, le train n'est plus en service et la ligne est seulement exploitée entre Kunming et Hekou en Chine. Toutefois, le gouvernement chinois souhaite, dans un avenir proche (ou lointain…), moderniser la ligne dans le cadre d'un vaste projet de chemin de fer international à travers le Sud asiatique. 

Eastern & Oriental Express - De Singapour à Bangkok

Eastern Oriental Express Train Monde
© Mark Hind - Eastern & Oriental Express

Depuis 1993, l'Eastern & Oriental Express accomplit l'un des plus beaux voyages ferroviaires d'Asie. Au départ de Singapour, il parcourt la Malaisie et la Thaïlande en passant par Kuala Kangsar et Kanchanaburi (pont de la rivière Kwai) jusqu'à Bangkok.

Sur environ 2 000 km, ce train de luxe pénètre dans la forêt tropicale, longe rizières et champs de thé, borde tantôt la mer d'Andaman, tantôt la mer de Chine et, à l'approche des grandes villes bourdonnantes, se fraie un passage au milieu des marchés, des maisons sur pilotis et des anciennes villas coloniales.

L'Eastern & Oriental Express s'adresse à des voyageurs fortunés. Ses voitures vertes et dorées sont aménagées dans un style oriental qui mélange marqueterie, bois de cerisier laqué, soies thaïlandaises et broderies malaisiennes.. Bref, un véritable palace sur rail.

En plus des voitures-lits, le convoi compte deux voitures-restaurants où les repas raffinés évoluent avec le voyage, une voiture-bar, ainsi qu'un wagon observatoire avec véranda qui permet d'observer le défilé des paysages. Il faut compter au moins 3 000 € le voyage de trois à quatre jours (selon le forlait choisi) entre Singapour et Bangkok ! Il existe également un service entre Kuala Lumpur et Bangkok.

Notez qu'on peut rejoindre Bangkok depuis Singapour en train en version économique : le trajet prend deux jours au moins avec changements à Johor Bahru, Kuala Lumpur et Padang Besar en utilisant les trains locaux. C'est moins confortable et surtout moins cher (billets à partir de 70 €) ! Avec un avantage considérable : on découvre la vraie vie sur les rails... 

Infos et réservations sur le site de l'Eastern & Oriental Express ou sur le site de la compagnie des chemins de fer malais.

Qing-Zang et Lhassa Express - Le train du « toit du monde au Tibet

Qing-Zang
© chungking - stock.adobe.com

Le dernier tronçon de la ligne a été inauguré en 2006, entre Golmud, dans le Qinghai, et Lhassa, au Tibet (1 142 km). Depuis, le « train du toit du monde » (également appelé Qinghai-Tibet ou Qing-Zang) fait rêver les amateurs de voyages hors du commun et relie le Tibet au reste de la Chine, notamment à Pékin (4 561 km de trajet et 3 jours de voyage).

Le tronçon Qing-Zang dispose de la station la plus haute de la planète : Tangula, à 5 068 mètres d’altitude. Deux cent mètres de plus que le sommet de la ligne des Andes Ferrocaril Central Andino reliant Lima au centre du Pérou !

Le train effectue un passage dans le tunnel le plus élevé au monde (4 905 mètres), et plus de 900 km du voyage se déroulent à plus de 4 000 mètres d’altitude. Certains wagons sont même pressurisés pour éviter aux passagers d’avoir le mal d’altitude. 

Au-delà de l’attrait touristique, ce train a déclenché bien des controverses. En effet, la ligne ferroviaire pourrait permettre à la Chine de renforcer son influence sur une région en quête d’autonomie. Sans oublier que le Tibet possède d’impressionnantes réserves minières, qui ne laissent certainement pas indifférents les investisseurs chinois…

Il est difficile d’obtenir des billets, sans compter le délai d’attente pour les visas… Pour que le rêve devienne réalité, il convient donc de s’y prendre suffisamment à l’avance ou de passer par une agence de voyage. Bien se renseigner si le train est en service en raison des éventuelles difficultés climatiques et de la situation au Tibet.

Voir le site China Tibet Trains

Rovos Rail - La fierté de l'Afrique du Sud

© Rovos Rail

L'Afrique aussi a son palace roulant, il se vante même d'être le plus luxueux du monde ! Surnommé « Pride of Africa » (la fierté de l'Afrique), le Rovos Rail offre à qui en a les moyens une croisière inoubliable à bord d'un train au confort et au faste inégalables, inspirés par l'ère victorienne.

Tiré par d'anciennes locomotives (rachetées et restaurées par l'homme d'affaires Rohan Vos), le convoi de wagons-lits Pullman des années 1920-30 sillonne tout au long de l'année le réseau ferré d'Afrique du Sud. Des haltes sont prévues afin que les passagers puissent admirer de plus près la formidable richesse du patrimoine naturel sud-africain.

Le train circule sur plusieurs lignes au départ de Pretoria, à destination de Cape Town, Durban, des chutes Victoria ou de Walvis Bay en Namibie.

Il existe aussi un service entre Cape Town et Dar-es-Salaam en Tanzanie. Un convoi a même traversé toute l'Afrique, du Cap au Caire, en 2010 et 2012 !

Ceux que les périples du Rovos font rêver doivent débourser un minimum de 1 500 €, prix moyen d'un aller simple entre Le Cap et Pretoria. Les prix doublent ou triplent facilement (et montent jusqu'à 11 000 €) selon que l'on souhaite poursuivre son voyage jusqu'en Namibie ou en Tanzanie

Les infos sur les tarifs et les différents trajets sont disponibles sur le site du Rovos Rail.

L'Indian Pacific - L'Australie, d'un océan à l'autre

Indian Pacific Train Australie
© Courtesy of Great Southern Railway

Comme son nom l'indique, l'Indian Pacific relie l'océan Pacifique à l'océan Indien. Entre les deux, un autre océan : le désert australien. 

Pour traverser les 4 300 km qui séparent Sydney, sur la côte est, de Perth, à l'extrême ouest du pays, quatre jours sont nécessaires à l'énorme locomotive de l'Indian Pacific.

Le convoi passe devant les Blue Mountains et son immense forêt d'eucalyptus, puis effectue une première halte dans la charmante ville de Broken Hill, réputée pour ses mines d'argent. 

Le train s'arrête ensuite à Adélaïde avant de s'attaquer à la plaine du Nullarbor (littéralement « la plaine sans arbres ») sur une ligne droite de 480 km (« The long straight »), la plus longue du monde. La région offre des panoramas époustouflants, notamment au coucher du soleil, quand le désert se met à rougeoyer.

Au sortir du Nullarbor, le train passe par Kalgoorlie, qui concentra autrefois la ruée vers l'or australienne. Terminus à Perth, l'une des villes qui bougent le plus en Australie. Compter au minimum 1 800 AUD (1 100 €) pour l'ensemble du trajet, et à partir de 700 AUD (350 €) pour un tronçon Sydney-Adélaïde..

Réservations et renseignements sur le site de la Great Southern Railways.

Le Ghan - L'Australie, sur la trace des chameliers afghans

Ghan Train Australie
© Courtesy of Great Southern Railway

Ce train qui traverse l'Australie du Nord au Sud doit son appellation aux premières générations d'immigrés afghans, qui, au cours du XIXe siècle, ont apporté une large contribution à l'exploration des territoires australiens.

À cette époque, la connaissance de l'île-continent se limitait essentiellement au littoral. Les explorateurs qui désiraient se lancer à la conquête du Far West australien eurent alors l'idée d'importer des chameaux d'Asie centrale, plus résistants que les chevaux. Et comme personne en Australie ne s'y connaissait vraiment en chameaux, on fit venir des chameliers d'Afghanistan.

Pour rendre hommage à ces milliers de travailleurs immigrés, l'un des plus anciens trains du pays a été baptisé « The Afghan Express » avant de changer de nom en 1929 pour devenir « The Ghan ». Locomotive et wagons affichent clairement les origines de la voie ferrée : un chamelier afghan sur sa monture.

Les travaux débutèrent en 1929, mais ne furent totalement achevés qu'en... 2004. La ligne Adelaïde - Alice Springs - Darwin (2979 km) fut enfin ouverte au Ghan et à son convoi d'un kilomètre de long (le train le plus long du monde avec plus de 40 voitures). 

On s'en doute bien, le Ghan offre de somptueux paysages à ses passagers : gorges, falaises, rivières, bush, forêts, désert… tout y passe ! Le Ghan relie Adélaïde à Darwin en 3 jours, compter au moins 2 300 AUD (1 400 €) pour le voyage complet.

Réservations et renseignements sur le site de la Great Southern Railways.

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Dans l’un des plus prestigieux vignobles de France, plusieurs établissements valent un séjour de 2, 3 ou plusieurs jours... Certains dans des bâtisses de caractère, d’autres portés par des grands noms...
Martinique : sur la route des rhums

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Cette année 2026, le rhum agricole de Martinique fête les 30 ans de son AOC ! L’occasion d’explorer les distilleries de l’île et de découvrir non seulement les secrets de fabrication de ce spiritueux,...
Où manger une bonne glace en France ?

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C’est l’un des grands plaisirs de l’été : s’attabler devant une belle coupe glacée ou déambuler un cornet à la main. Du Touquet à Bonifacio, on a déniché pour vous une vingtaine de glaciers...
Randonnées incontournables dans le Périgord et le Lot

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Le Périgord et ses quatre régions touristiques nommées par autant de couleurs (noir, blanc, vert et pourpre), le Quercy et plus administrativement parlant la Dordogne et le Lot, sentent bon le terroir...

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