Vladivostok, l’Extrême-Orient russe

par Marina Alinovitch
20 octobre 2012

Marina Alinovitch
Aux confins du plus grand pays du monde, un port égaré au bout d'une presqu'île… Vue d'Europe, les distances sont vertigineuses. Plus de 9 000 kilomètres et sept fuseaux horaires séparent Vladivostok de Moscou.
S'appuyant sur sa géographie morcelée, Vladivostok s'est construite autour de la Marine et de l'armée. Ville soviétique interdite jusqu’en 1992, elle s'égare ensuite dans les brumes des années 1990. De par sa situation et son histoire, elle a développé tout un imaginaire, nourri de mythes et de fantasmes. Mais les bouts du monde sont une affaire de point de vue…
Pour preuve, Vladivostok et ses 600 000 habitants forment aujourd'hui le port le plus important de la côte pacifique et de l'Extrême-Orient russe. Forte d'une position phare et d'une région riche en matières premières inexploitées, celle qui signifie "le seigneur de l'Orient" en russe, se tourne vers l’Asie et médite des rêves de grandeur.
S'appuyant sur sa géographie morcelée, Vladivostok s'est construite autour de la Marine et de l'armée. Ville soviétique interdite jusqu’en 1992, elle s'égare ensuite dans les brumes des années 1990. De par sa situation et son histoire, elle a développé tout un imaginaire, nourri de mythes et de fantasmes. Mais les bouts du monde sont une affaire de point de vue…
Pour preuve, Vladivostok et ses 600 000 habitants forment aujourd'hui le port le plus important de la côte pacifique et de l'Extrême-Orient russe. Forte d'une position phare et d'une région riche en matières premières inexploitées, celle qui signifie "le seigneur de l'Orient" en russe, se tourne vers l’Asie et médite des rêves de grandeur.
Vladivostok, toute une histoire
Le mythe de Vladivostok
Visiter Vladivostok
Îles et pêche en mer
Fiche pratique
Vladivostok, toute une histoire

Marina Alinovitch
L'histoire russe de Vladivostok débute au 19e siècle. En 1858, un poste naval est installé en pays mandchou par le comte Nikolai Muravyov-Amursky, le fondateur de la ville, dont on peut d'ailleurs voir la statue dans le centre.
Avec ses nombreuses baies et golfes, surplombés par des collines (la ville est parfois surnommée la « San Francisco russe »), Vladivostok offre une configuration militaire intéressante et une position stratégique. On y érige un système de forteresses qui serviront pendant les deux guerres mondiales. Moment clef pour la cité et son développement économique : l'arrivée du Transsibérien, au début du 20e siècle.
L'Armée rouge investit Vladivostok en octobre 1922. Elle devient une ville militaire fermée, même pour les Russes, qui doivent obtenir une autorisation pour s'y rendre.
À la chute de l'URSS, Vladivostok va particulièrement souffrir, car l'éloignement de la région ajoute à l'anarchie ambiante des années post-communistes. L'industrie est détruite. De nombreux business mafieux émergent : contrebande de bois, de pêche, trafic de voitures japonaises importées à la sauvage.
Depuis quelques années, Vladivostok veut tourner la page. Ce port de transit, de services et de logistique, mise aussi sur le tourisme, en provenance des pays asiatiques notamment. En vue du sommet de l'APEC en septembre 2012, la cité s'est offert un impressionnant lifting avec une quarantaine de chantiers, la construction de deux ponts, d'une immense université fédérale, d'un nouvel aéroport, d'une autoroute pour citer les plus importants…
Pour avoir une idée de l'histoire de la ville, vous pouvez visiter le musée d'Histoire (20 Svetlanskaya oulitsa), non traduit, mais les outils préhistoriques, le mobilier impérial, les affiches de propagande se passent de commentaires…
Avec ses nombreuses baies et golfes, surplombés par des collines (la ville est parfois surnommée la « San Francisco russe »), Vladivostok offre une configuration militaire intéressante et une position stratégique. On y érige un système de forteresses qui serviront pendant les deux guerres mondiales. Moment clef pour la cité et son développement économique : l'arrivée du Transsibérien, au début du 20e siècle.
L'Armée rouge investit Vladivostok en octobre 1922. Elle devient une ville militaire fermée, même pour les Russes, qui doivent obtenir une autorisation pour s'y rendre.
À la chute de l'URSS, Vladivostok va particulièrement souffrir, car l'éloignement de la région ajoute à l'anarchie ambiante des années post-communistes. L'industrie est détruite. De nombreux business mafieux émergent : contrebande de bois, de pêche, trafic de voitures japonaises importées à la sauvage.
Depuis quelques années, Vladivostok veut tourner la page. Ce port de transit, de services et de logistique, mise aussi sur le tourisme, en provenance des pays asiatiques notamment. En vue du sommet de l'APEC en septembre 2012, la cité s'est offert un impressionnant lifting avec une quarantaine de chantiers, la construction de deux ponts, d'une immense université fédérale, d'un nouvel aéroport, d'une autoroute pour citer les plus importants…
Pour avoir une idée de l'histoire de la ville, vous pouvez visiter le musée d'Histoire (20 Svetlanskaya oulitsa), non traduit, mais les outils préhistoriques, le mobilier impérial, les affiches de propagande se passent de commentaires…
Le mythe de Vladivostok

Marina Alinovitch
Le mythe de Vladivostok commence avec sa géographie. Une presqu'île égarée sur un territoire hostile, et investie par des pionniers, des exilés politiques et des bagnards. Plusieurs auteurs ont contribué à forger notre imaginaire. Si on associe souvent Vladivostok au Transsibérien et à la Sibérie, en réalité, le port se situe dans la région de l'Extrême-Orient.
Michel Strogoff de Jules Verne, Corto Maltese ou La prose du Transsibérien de Blaise Cendrars évoquent essentiellement la Sibérie. Seul Joseph Kessel, qui s’y est vraiment rendu, décrit réellement la ville dans son roman Les temps sauvages ; nous sommes à la fin de la Première Guerre mondiale. Vladivostok, qui n'est pas encore tombée aux mains des bolcheviques, héberge un monde en perdition, aristocrates en fuite, prostituées, militaires et bandits en tout genre…
Autre contribution au mythe : son passé de ville militaire fermée sous l'URSS. Elle accueille à cette époque des sites de construction navale et des bases sous-marines (en 1985, le réacteur d'un sous-marin nucléaire explose dans une baie).
Du côté russe, Vladivostok a également des airs de bout du monde – une région loin du pouvoir central moscovite – mais s'attache surtout une solide réputation de ville mafieuse. Le Primorié, dont elle est la capitale, est en effet une des régions les plus corrompues de Russie. L'ancien maire, un parrain de la mafia dans les années 1990, a quitté le pays pour échapper à son procès.
Ici, la plupart des habitants roule dans des voitures japonaises : Honda, Toyota, Nissan. Ce business a fait vivre la ville pendant plusieurs années jusqu'à l'entrée en vigueur de taxes, imposées par le gouvernement fédéral en 2008. On achetait des voitures au Japon et on les revendait en Russie. Aujourd'hui, Vladivostok cherche à redorer son image pour attirer les investisseurs.
Michel Strogoff de Jules Verne, Corto Maltese ou La prose du Transsibérien de Blaise Cendrars évoquent essentiellement la Sibérie. Seul Joseph Kessel, qui s’y est vraiment rendu, décrit réellement la ville dans son roman Les temps sauvages ; nous sommes à la fin de la Première Guerre mondiale. Vladivostok, qui n'est pas encore tombée aux mains des bolcheviques, héberge un monde en perdition, aristocrates en fuite, prostituées, militaires et bandits en tout genre…
Autre contribution au mythe : son passé de ville militaire fermée sous l'URSS. Elle accueille à cette époque des sites de construction navale et des bases sous-marines (en 1985, le réacteur d'un sous-marin nucléaire explose dans une baie).
Du côté russe, Vladivostok a également des airs de bout du monde – une région loin du pouvoir central moscovite – mais s'attache surtout une solide réputation de ville mafieuse. Le Primorié, dont elle est la capitale, est en effet une des régions les plus corrompues de Russie. L'ancien maire, un parrain de la mafia dans les années 1990, a quitté le pays pour échapper à son procès.
Ici, la plupart des habitants roule dans des voitures japonaises : Honda, Toyota, Nissan. Ce business a fait vivre la ville pendant plusieurs années jusqu'à l'entrée en vigueur de taxes, imposées par le gouvernement fédéral en 2008. On achetait des voitures au Japon et on les revendait en Russie. Aujourd'hui, Vladivostok cherche à redorer son image pour attirer les investisseurs.
Visiter Vladivostok

Marina Alinovitch
Vous aurez vite fait le tour de la jolie petite rue pavée, Fokina oulitsa, qui plonge vers la mer. N'oubliez pas d'emprunter les passages intérieurs, où sont installés boutiques, cafés et restaurants. Pour avoir une vue générale de la ville, prenez le funiculaire et montez sur une des collines de Vladivostok.
Tout au long de la baie de l'Amour, une promenade vous offre en été une ambiance digne des stations balnéaires russes, vendeurs d'étoiles de mer et de glaces, tour en pédalos, attractions à sensation, stand de brochettes et bière, à la pinte seulement.
Pour se baigner dans la mer du Japon par contre, mieux vaut quitter Vladivostok et ses eaux polluées. Essayez par exemple la très fréquentée plage de Chamora (Шамора en russe) à une quinzaine de kilomètres. En hiver, tenter la balade sur la mer du Japon glacée. Revigorant !
Enfin pour la soirée, profitez de la vie culturelle et nocturne de Vladivostok. La cité d'un demi-million d'habitants peut s’enorgueillir de plusieurs théâtres, d'un opéra, et de festivals réputés, notamment de cinéma et de jazz. Le plus connu, le festival de film international "Pacific méridien" se déroule en septembre. L'Alliance française organise également des événements.
Tout au long de la baie de l'Amour, une promenade vous offre en été une ambiance digne des stations balnéaires russes, vendeurs d'étoiles de mer et de glaces, tour en pédalos, attractions à sensation, stand de brochettes et bière, à la pinte seulement.
Pour se baigner dans la mer du Japon par contre, mieux vaut quitter Vladivostok et ses eaux polluées. Essayez par exemple la très fréquentée plage de Chamora (Шамора en russe) à une quinzaine de kilomètres. En hiver, tenter la balade sur la mer du Japon glacée. Revigorant !
Enfin pour la soirée, profitez de la vie culturelle et nocturne de Vladivostok. La cité d'un demi-million d'habitants peut s’enorgueillir de plusieurs théâtres, d'un opéra, et de festivals réputés, notamment de cinéma et de jazz. Le plus connu, le festival de film international "Pacific méridien" se déroule en septembre. L'Alliance française organise également des événements.
Îles et pêche en mer

Marina Alinovitch
Toujours dans le thème « coquillages et crustacés », après avoir acheté une tenue de marins russes (jolies chemises pour hommes mais mieux vaut être svelte...) dans la boutique Flotski Univermag (Svetlanskaya oulitsa 11), embarquez pour une des îles avoisinantes, l'île Popov ou Roussky. Liaisons fréquentes à la gare maritime, juste à côté de la gare d'arrivée du Transsibérien. Là-bas, vous pourrez faire du vélo et camper si la saison le permet. L'île Roussky doit être aménagée prochainement en "une zone de récréation balnéaire", selon les mots du maire.
Autre option intéressante : visiter la forteresse, soit son musée, (Batarenaia oulista 4a), soit les constructions en elles-mêmes. L'excursion est proposée en anglais dans les hôtels de la ville.
Pour finir avec le thème marin, pourquoi ne pas tenter de se joindre à une partie de pêche en mer – arrosée – avec des Russes ? Faute d'invitation, se renseigner au Yacht club sur les possibilités de location de bateau.
Enfin, pour ceux qui souhaiteraient voir un peu la région et se lancer dans une aventure en Extrême-Orient russe, le tout nouveau Parc national du Léopard de l'Amour, créé au printemps 2012 (accessible en bus de Vladivostok, environ 2 h 30) développe un programme d'écotourisme. Affaire à suivre...
Autre option intéressante : visiter la forteresse, soit son musée, (Batarenaia oulista 4a), soit les constructions en elles-mêmes. L'excursion est proposée en anglais dans les hôtels de la ville.
Pour finir avec le thème marin, pourquoi ne pas tenter de se joindre à une partie de pêche en mer – arrosée – avec des Russes ? Faute d'invitation, se renseigner au Yacht club sur les possibilités de location de bateau.
Enfin, pour ceux qui souhaiteraient voir un peu la région et se lancer dans une aventure en Extrême-Orient russe, le tout nouveau Parc national du Léopard de l'Amour, créé au printemps 2012 (accessible en bus de Vladivostok, environ 2 h 30) développe un programme d'écotourisme. Affaire à suivre...
Fiche pratique

Marina Alinovitch
Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Russie
Comment y aller ?
Avec le Transsibérien bien sûr ou Aeroflot !
En train, sept jours. En avion, environ 13 heures de vol, sans compter la correspondance à Moscou, au départ de Paris.
Ne pas oublier le visa obligatoire pour la Russie. Toutes les informations sont là, sur le site de l'Ambassade de Russie à Paris.
Où dormir ?
Autant le dire, l'hébergement en Russie affiche un mauvais rapport qualité-prix et Vladivostok ne déroge pas à la règle.
- Hostel See You : Krygina oulitsa 42a. La seule adresse bon marché de la ville (mais ça peut changer). Plongée dans l’ambiance soviétique avec cette auberge située dans une grande tour en brique rouge. Wifi, cuisine à disposition, vue sur la baie. C’est plutôt propre, hyper typique, et l’accueil est sympathique. Par contre c'est excentré. 650 roubles le lit en dortoir. (17 € environ)
- Hotel Moryak : une adresse centrale, sans charme, abordable et propre, fréquentée par les groupes asiatiques. Gentil accueil. Posyetskaya oulitsa 38. Environ 2 000 roubles la chambre (50 €).
- Hôtel Versailles : Svetlanskaya oulitsa 10. Une adresse correcte et un peu plus chic. Environ 4 000 roubles la chambre (100 €)
Où boire un verre ? Où manger ?
Le plus typique en été : les stands à brochettes, ces "chachliks" caucasiens en bord de mer. On installe les tables et les tireuses à bières et tout le monde semble content.
Pour manger sur le pouce, testez aussi les fast-food russes, ces stands de blinchikis, des crêpes salées ou sucrées et toujours roboratives.
Au niveau des cafés, des bars et des restaurants, Vladivostok connaît un vrai boom après la torpeur soviétique. De nouvelles adresses surgissent tous les mois. Beaucoup de cuisine japonaise.
- Drugoe mesta, Fokina oulitsa 16a. Un petit café-bar bien cosy, avec le wifi. La cuisine est bonne. On mange pour 500 roubles. (12 €)
- Mummiy troll, Pogranichnaïa oulitsa 6. Un restaurant-bar-salle de concert qui porte le nom d'un groupe de rock emblématique de Vladivostok et ultra-connu dans les pays russophones. À ne pas manquer. Concert tous les soirs. On peut manger également, environ 500 roubles. (12 €)
Comment y aller ?
Avec le Transsibérien bien sûr ou Aeroflot !
En train, sept jours. En avion, environ 13 heures de vol, sans compter la correspondance à Moscou, au départ de Paris.
Ne pas oublier le visa obligatoire pour la Russie. Toutes les informations sont là, sur le site de l'Ambassade de Russie à Paris.
Où dormir ?
Autant le dire, l'hébergement en Russie affiche un mauvais rapport qualité-prix et Vladivostok ne déroge pas à la règle.
- Hostel See You : Krygina oulitsa 42a. La seule adresse bon marché de la ville (mais ça peut changer). Plongée dans l’ambiance soviétique avec cette auberge située dans une grande tour en brique rouge. Wifi, cuisine à disposition, vue sur la baie. C’est plutôt propre, hyper typique, et l’accueil est sympathique. Par contre c'est excentré. 650 roubles le lit en dortoir. (17 € environ)
- Hotel Moryak : une adresse centrale, sans charme, abordable et propre, fréquentée par les groupes asiatiques. Gentil accueil. Posyetskaya oulitsa 38. Environ 2 000 roubles la chambre (50 €).
- Hôtel Versailles : Svetlanskaya oulitsa 10. Une adresse correcte et un peu plus chic. Environ 4 000 roubles la chambre (100 €)
Où boire un verre ? Où manger ?
Le plus typique en été : les stands à brochettes, ces "chachliks" caucasiens en bord de mer. On installe les tables et les tireuses à bières et tout le monde semble content.
Pour manger sur le pouce, testez aussi les fast-food russes, ces stands de blinchikis, des crêpes salées ou sucrées et toujours roboratives.
Au niveau des cafés, des bars et des restaurants, Vladivostok connaît un vrai boom après la torpeur soviétique. De nouvelles adresses surgissent tous les mois. Beaucoup de cuisine japonaise.
- Drugoe mesta, Fokina oulitsa 16a. Un petit café-bar bien cosy, avec le wifi. La cuisine est bonne. On mange pour 500 roubles. (12 €)
- Mummiy troll, Pogranichnaïa oulitsa 6. Un restaurant-bar-salle de concert qui porte le nom d'un groupe de rock emblématique de Vladivostok et ultra-connu dans les pays russophones. À ne pas manquer. Concert tous les soirs. On peut manger également, environ 500 roubles. (12 €)
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