A l’occasion d’un séjour dans le Nord, et après avoir rencontré des personnes dont les vacances ont été totalement pourries par un chauffeur, nous nous sommes fait expliquer en détail les mécanismes de ce métier en Inde, par des indiens.
Tout d’abord, l’ensemble de la société indienne fonctionne sur la base du bakshish, des commissions et des pourboires, la rémunération de base proprement dite, souvent très faible dans le cas d’un chauffeur, n’étant qu’un élément du revenu.
Ensuite, les touristes qui dépensent des mois voire des années du salaire d’un chauffeur pour se promener 2 ou 3 semaines dans son pays ne peuvent pas être considérés comme autre chose que des sacs à fric, c’est facile à comprendre en faisant preuve d’un peu d’empathie…
Ainsi donc, le chauffeur qui prend en charge ses passagers pour quelques jours a pour but de leur faire fréquenter les hôtels, restaurants, magasins où il touche une commission. Il espère aussi toucher un pourboire de ses clients en fin de parcours.
S’il est subtil, il va donc pousser ses clients vers les lieux qui le commissionnent, en prenant garde de ne pas les exaspérer, ce qui aurait un effet négatif sur son pourboire final.
Mais il peut aussi préférer tenir la commission plutôt que courir après le pourboire, auquel cas la situation devient épineuse : plus les clients résistent à la pression, plus le chauffeur qui voit son complément de revenu s’évanouir devient désagréable et non coopératif.
Globalement, c’est quand même lui qui gagne à l’usure, car personne n’a envie de passer chaque jour de ses vacances en conflit ouvert.
Il faut donc choisir son chauffeur en exigeant au préalable un devis clair et détaillé concernant le prix journalier, le nombre de km inclus, les heures de service comprises, les péages et taxes d’états inclus, les frais de bouche et d’hébergement du chauffeur inclus et ne payer que 50% au départ, le solde à l’arrivée.
En termes de pourboire, j’ai donné à peu près 15% du montant total de la prestation, en Euros, ce qui compensait largement les petites commissions que notre chauffeur aurait perçues s’il nous avait “cornaqués” à sa guise.Bien que ses repas soient officiellement compris, nous l’avons souvent invité à déjeuner car une fois tout malentendu potentiel écarté, les relations deviennent cordiales et enrichissantes avec une personne qui connaît fort bien son pays.