Pour faire une surprise à mon compagnon, je voudrai organiser un petit trek de 2/3 jours dans les Alpes, sur le dernier des ponts de mai (donc à cheval entre mai et juin !). Mon compagnon connait bien les Pyrénées, et est bon randonneur, mais moi je m’y connais beaucoup moins.
L’idée serait de dormir en refuge ou en tente (nous y sommes habitués), ou les deux. J’envisage aussi de juste réserver les repas sans les nuits et de porter la tente !
Le problème c’est que je ne connais pas assez les Alpes pour savoir quels itinéraires sympas ne seront plus enneigés à cette période. Je pensais au Tour des Glacier de la Vanoise, mais c’est peut être un peu trop en altitude à cette période, et surtout certains refuge sont fermés avant mi juin !
Auriez-vous quelques conseils pour m’aider à organiser tout cela ?
Merci beaucoup !
mado2
Bonjour,
Quelques suggestions, en tenant compte du fait que je n’ai jamais bivouaqué fin mai début juin. Je me suis contentée de parcourir des tronçons de GR en misant sur des refuges ou hôtels ouverts.
Le GR Tour du Lac d’Annecy ou le GR 96 peuvent servir de base pour un court séjour dans la région Lac d’Annecy / Plateau des Glières / Aravis-Bornes. C’est souvent à la dernière minute que j’élaborais mon programme, en prévoyant des échappatoires en cas de météo capricieuse.
Je me permets de citer des conversations consacrées à cette région:
En règle générale, il n’y a pas de problèmes de neige sur ces itinéraires, bien que trouver de temps en temps des névés soit banal en cette période. En revanche, il faut se méfier des sentiers étroits et gluants dans les forêts. Même si on a la joie d’apercevoir la silhouette gracieuse d’un chevreuil.
mado3
Un site (office de tourisme de Thones) consacré à la région:
Bonjour,
J’ai à plusieurs reprises bivouaqué fin Mai non pas dans les Alpes, mais dans les Préalpes, plus précisément dans le Vercors . Une période idéale dans ce secteur , où d’autre part les cabanes d’accès libre sont assez nombreuses en cas d’intempéries . La période est idéale parce qu’il ne fait pas encore très chaud ,parce que les sources coulent encore . Pour les repas, nous faisions tout en autonomie, mais je pense qu’il doit y avoir des possibilités si vous construisez votre itinéraire en conséquence.
Vous pouvez chercher aussi entre Vercors et Devoluy . La ligne de chemin de fer Grenoble Veynes Devoluy est une aubaine .
Autre possibilité : dans l’extrême Sud des Alpes : je suis allée il y a longtemps en randonnée bivouac en hiver de Menton à Breil sur Roya, et de Tende à Saorge (itinéraires construits à partir des cartes au 25000ème et pas forcément en suivant un GR, en tenant compte des risques éventuels de coulées de neige )
calamity.jane5
Autre possibilité, cette fois-ci en dehors des Alpes : les Monts du Cantal (GR 400, Via Arverna) Il peut y avoir des endroits encore problématiques avec de la neige gelée , mais on peut toujours trouver des endroits où passer si l’on a une carte au 25000ème et les villages de Mandailles, Le Falgoux , Cheylade et Albepierre ont des restaurants qui doivent être ouverts . Comme le dit Mado, il faut toujours prévoir des échappatoires . Les Monts du Cantal sont magnifiques au printemps, quand les genêts sont en fleur et qu’il y a encore quelques névés . Et le patrimoine architectural est intéressant .
mado6
Rebonjour !
A condition que la météo soit favorable, certains secteurs méritent d’être découverts, même s’il y a encore de la neige en altitude.
Alpes du Nord, secteur Samoëns (vallée du Haut-Giffre), sont ouverts et gardés dès fin mai/début juin les refuges suivants:
Le refuge de Gers est également gardé dès le 1er juin, mais quand j’avais séjourné dans la région au début du mois de juin, je m’étais contentée d’une randonnée à la journée en partant de Salvagny/Sixt-fer-à-Cheval, le col Pelouse étant encore très enneigé. Il n’en demeure pas moins que les familles de la région s’y précipitent ! A éviter les week-end. Mais il suffit de s’éloigner.
J’avais pu aussi me balader dans le secteur d’Anterne (cirque des Fonts, petit col d’Anterne, refuge Alfred Wills qui n’était pas gardé, lac d’Anterne, collet d’Anterne GR 5 …). Mais d’autres marcheurs et moi même avons réussi à dissuader des randonneurs itinérants en bivouac sur le GR 5 de s’aventurer vers le col d’Anterne et au-delà en direction du Brévent. D’autres ont rebroussé chemin. En outre, le mauvais temps est survenu soudain avec une violence inouïe.
En traversant quelques névés, j’avais pu aussi profiter du magnifique vallon de Sales (GR 96) et de ses cascades grandioses.
Sommets enneigés, végétation printanière exubérante, cascades déchaînées, le débit de la flotte étant à son maximum, à condition de faire preuve d’un minimum de prudence, et de savoir renoncer, la région est très séduisante en cette saison. Je suis allée au célèbre cirque du Fer-à-Cheval: il n’y avait personne !
Autre refuge ouvert et gardé dès le week-end fin mai/début juin: le refuge de Furfande (Queyras, Hautes-Alpes). Les habitants de Briançon et les familles de la région convoitent ces lieux dès la première vague de chaleur. Mais se lancer dans de l’itinérant pur et dur est problématique en cette période, le Queyras pouvant être très enneigé.
calamity.jane7
Bonjour,
Il me semble , à la réflexion , que j’ai dû bivouaquer dans le Queyras à la Pentecôte en partant de Ceillac (nous avions dû aller en particulier au sommet Bucher.Nous étions allés aussi une fois dans la vallée de Névache et nous avions passé le seuil des Rochilles dans la neige et le brouillard en revenant ensuite, à pied par le Galibier (l’enneigement global le permettait ) . Mais impossible de dire à l’avance quelles seront les conditions de la montagne . Il faut se renseigner une quinzaine de jours avant , suivre l’évolution , poser des questions juste avant de partir , et après cela , ajuster au fur et à mesure en prévoyant toujours des échappatoires et des itinéraires de substitution , et toujours se souvenir que le danger peut venir d’en haut (coulées de neige et chutes de pierres )
Il me semble aussi qu’on peut tenter sa chance sur les itinéraires en balcon entre Briançon et le Lautaret , côté Cerces , pour la vue panoramique sur l’Oisans (bien regarder la carte et l’exposition au soleil ).
Il est très important ,comme le dit Mado, de savoir renoncer, et même si l’on est des bivouaqueurs purs et durs, il n’est pas déshonorant , en cas de nécessité, de dormir dans un hôtel (ou même, dans les cas extrêmes ,de payer un taxi, si l’on a du réseau , pour rejoindre un lieu plus civilisé .
mado8
Briançon / col du Lautaret : oui j’ai eu l’occasion, à de multiples reprises, d’emprunter le GR 50, notamment la partie en balcon entre le Lautaret - Le Lauzet - Le Monétier-les-Bains, et aussi entre le col du Lautaret et Villar d’Arène et La Grave, ce qui offre une alternative au GR 54 tour de l’Oisans en cas de fort enneigement. En effet, j’ai dû affronter, dans cette région que j’adore (on est prêt à tout !), de violentes tempêtes de neige, par exemple au col d’Arsine. Retour du soleil le lendemain, après une nuit passée dans un gîte: il a été possible de faire des randonnées ponctuelles, même en marchant dans la neige, vers le plateau d’Emparis ou le Signal de La Grave.
Le GR 50 est parfois bien pratique: itinéraire de liaison, possibilité de rejoindre des villages ou la ligne d’autocar Grenoble - Briançon qui passe par le col du Lautaret ou d’autres lignes.
Le Briançonnais et Briançon (destination toutes saisons: par exemple, j’aime bien les randonnées historiques et militaires) méritent d’être découverts ou redécouverts avant des changements qui risquent de survenir avec la préparation des JO 2030.