Deux ans plus tard, nous sommes repartis d’Inverie et nous avons poursuivi jusqu’à Poolewe, sur la côte du Wester Ross. Le nouveau carnet de voyage consacré à cette randonnée a pour titre *Randonnée dans les Highlands de l’Ouest . Du Knoydart à la Fisherfield Forest *.
J’ai lu depuis avec beaucoup d’intérêt ces articles sur les graves mésaventures survenues à des randonneurs sur le le Cap Wrath trail au cours de la période où je me trouvais avec Théodorine sur l’île de Skye à l’automne 2025 (carnet de voyage Raasay et Skye . Midges , brouillard, déluge et tempête sur les îles, récit fidèle d’aventures fort limitées et peu glorieuses )
L’aticle ci - dessous relate ce qui est arrivé à un vieux randonneur sur le parcours Glenfinnan Corry hully bothy . Il a mis beaucoup de temps à descendre le glen Cuirnean , décrit ainsi par Iain Harper
https://www.youtube.com/watch?v=Jb29IQ6YRR8 (j’ai déjà fourni le lien de cette vidéo )
L’âge de ce randonneur ne fait à mon avis pas grand-chose à cette affaire . Ce qui nous était apparu à tous les quatre comme un itinéraire en tout terrain normal par conditions relativement sèches peut devenir infiniment plus difficile s’il s’agit de progresser dans un bourbier . Nous avions dû franchir plusieurs fois la rivière mais cela n’avait pas posé de problème , en période de basses eaux . Inutile de compter même pour un jeune randonneur sur la vitesse de progression .
Il s’est ensuite perdu , d’après ce que j’ai cru comprendre , au cours de l’étape suivante , Corry hully bothy Sourlies bothy , après avoir eu beaucoup de mal à remonter le cours de la rivière jusqu’au Mam na Cloich Airde et après , en raison de la spongiosité du terrain et du niveau des eaux . J’ émets l’hypothèse qu’il s’est perdu là où le torrent entre dans une petite gorge qui se termine par des cascades . Il faut effectivement monter mais redescendre ensuite . Nous avions eu juste un peu d’indécision avant cette gorge . Nous n’avons pas eu de problèmes , non pas en raison de nos aptitudes, mais parce que les conditions étaient , je le dis avec le recul, excellentes .
J’ai lu depuis qu’au delà de Sourlies bothy , il pouvait y avoir des problèmes pour rejoindre le pont sur la rivière Carnoch beaucoup plus importants que ceux que nous avons eus :
A cause de la marée ,qui peut empêcher de suivre la côte .
A cause du grand marécage qu’il faut remonter . Si la rivière Carnoch connaît une crue importante , cela peut être abominable .
Il a réussi à survivre 6 jours, ce qui est étonnant .
Au cours de la même période , un autre randonneur a été secouru , entre le lochan Fada et Dundonnell ( trajet auquel nous avons renoncé l’année suivante , pour un ensemble de raisons dictées
par la prudence )
Dans les deux cas ,ils étaient menacés de mourir d’hypothermie d’abord, de faim ensuite .
Le premier randonneur qui a survécu pendant 6 jours (il devait être solide ,malgré son âge ) était dans une section hors réseau .
Le second a été secouru in extremis , puisqu’il était déjà en état de légère hypothermie .
Il n’est pas nécessaire qu’il fasse très froid pour mourir d’hypothermie . Il suffit pour cela d’'être trempé, de subir un grand vent, et d’être trop épuisé ou affamé pour continuer à avancer .
Griffith Pug, le physiologiste de l’Everest, avait étudié les effets du froid sur les organismes . On peut lire avec intérêt le livre que lui a consacré sa fille
Avant de jouer un rôle fondamental dans la première ascension de l’Everest par Hillary , il s’ était intéressé au cas de morts survenues dans un groupe de jeunes Britanniques lors d’une compétition sportive dans le Lake Distrikt (une sorte de trail , si à la mode aujourd’hui ?) . L’hypothermie , dont le risque était largement sous - estimé à cette époque , était en cause .
Pour conclure , les grands ennemis du randonneur en Ecosse sont la météo, le terrain marécageux, la famine et l’isolement . C’est pour cela que le Cap Wrath Trail est difficile .