Lundi 17. Découverte du Lac EYASI.
Aujourd’hui, pas beaucoup de route, c’est grasse matinée (7h) car nous ne partons qu’à 9h. 
Après avoir salué et remercié l’équipe de l’Octogon, nous quittons Karatu en direction du Ngorongoro, puis tournons très vite sur la gauche, sur une piste de terre qui a été récemment arrangée.
Nous partons en direction de la région du lac Eyasi, qui abrite plusieurs tribus que nous sommes curieux de rencontrer.
Ici, c’est le royaume des oignons : très fertile, cette région est championne de cette culture (mais elle n’est pas la seule!), et les oignons s’exportent à grande échelle. Des champs bordent la piste tout le long.
Liwawa nous explique que les prisonniers sont systématiquement utilisés comme main d’oeuvre dans les champs. Pas bête!
Cette région un peu reculée et peu touristique n’a reçu l’électricité qu’assez récemment (paraît-il), et elle fait l’objet d’un programme de développement orchestré par le Gouvernement.
L’aménagement de la route n’est pas terminé.
Nous observons des maisons de toutes sortes, des traditionnelles côte à côte avec des maisons “modernes” en béton, plus ou moins grandes selon le degré de richesse des habitants. Habitat pas forcément harmonieux! Ensembles complètement disparates!
Voici du traditionnel :
À côté des habitations, on trouve des “maisons longues” qui sont de longues granges destinées au séchage des oignons, disposés sur des couches ventilées.
Vers 11h, nous nous posons au Lake Eyasi Safari lodge, très bel hébergement offrant des chalets tout confort (ventilateurs) dans un jardin de cactus (ici, c’est chaud et sec!!!), une piscine, et un magnifique panorama sur le lac.
On a beaucoup aimé ce choix.
(inséparables de Fischer)
Pour une fois, pas de pique-nique!
En début d’après-midi, nous partons découvrir un village en majorité Datoga, accompagnés par un guide local natif du village, Édouard.
Le programme a été organisé par Liwawa (et le lodge, sans doute) sur notre demande, car côté agence nous étions dans le flou.
Les Datogas sont en majorité musulmans.
Dans le village, certains habitants (sans doute non musulmans?) élaborent leur propre bière, à partir de céréales locales. Et quand la bière est prête, ils le signalent en installant une perche avec un bidon rouge au dessus de leur maison.
Nous n’avons pas testé. 
Sous la conduite d’Edouard, nous allons voir ce village (celui où il est né), mais principalement une maison, une famille, et découvrir son activité principale : la forge. Car les Datogas sont des forgerons!
Oh, n’imaginez pas les hauts fourneaux et les grosses productions.
Il s’agit ici d’une activité artisanale très modeste, visant à fabriquer quelques bijoux (beaucoup pour touristes) et des pointes de flèches que leur achètent leurs voisins, pour la chasse.
Un portillon bas ferme l’entrée de l’enclos, suffisant pour empêcher les hyènes d’entrer (car on le sait, elles ne sautent pas).
Dans la maison, on s’assied sur des bancs latéraux prévus pour, et Edouard nous explique l’histoire des Datogas et le mode de vie de cette tribu. Les femmes regardent, immobiles (c’est un peu gênant).
Nous apprenons que les Datogas sont originaires d’Ethiopie, que par le passé la tribu a fui vers le sud, à la recherche de bonnes terres, que son périple l’a menée jusqu’au Ngorongoro, où ils se sont battus avec les Masaï déjà installés là depuis longtemps, donc qu’ils ont dû partir encore plus au sud vers le lac Eyasi. Mais qu’entre temps, ils ont réussi à voler aux Masaï le secret de la fabrication de l’acier, l’art de forger du métal!
Et voilà!
À part ça, ils sont polygames et font beaucoup d’enfants, le nombre d’épouses est fonction de la richesse bien sûr (il faut 2 chèvres, 2 vaches et je ne sais plus quoi … pour acheter une épouse), mais comme c’est la 1e épouse qui choisit les autres tout va bien. Dixit Edouard bien sûr. 
Alors voici la forge, juste derrière la maison :
C’est modeste.
Le petit gamin joue près des braises, mais cela ne semble émouvoir personne.
Elaboration d’un bijou
Nous assisterons à la réalisation très rudimentaire d’un bâtonnet d’acier à partir d’un mélange fondu de plusieurs déchets de métaux, coulé dans une petite navette. C’est à la fois dérisoire et touchant.
Je ne sais pas s’ils peuvent vivre de cette activité, et je n’en saurai pas plus.
Il faut quand même remarquer qu’on nous a fait visiter un enclos pour touristes! Les gens que nous avons vus sont en représentation, ils ne vivent pas dans cette maison. Ils font juste leur job.
C’est intéressant, mais ce n’est pas la vraie vie.
Et nous n’en verrons pas plus.