5 destinations pour les fondus de chocolat

5 destinations pour les fondus de chocolat
© Planète Chocolat

Bientôt Pâques, c’est le temps du chocolat. Mais pourquoi ne pas aller goûter aux plaisirs du cacao sur place ? Du Mexique à l’Italie, voici 5 destinations qui vont faire frémir de plaisir les amateurs de chocolat. Noir ou au lait, bonbons ou pralines, faites votre valise pour les pays du chocolat !

Oaxaca, le berceau du chocolat

C’est à Oaxaca que l’on boit, paraît-il, le meilleur chocolat chaud du monde. Une tradition qui remonte à l'ère précolombienne, même si la recette originelle a bien changé.

Cultivée sur le territoire des actuels États du Tabasco et du Chiapas depuis 3 500 ans, la fève de cacao servait d’offrande rituelle et de monnaie aux Mayas et aux Aztèques. Réservée à l’élite, la boisson était amère, moussue, et parfois agrémentée d’épices.

Aujourd’hui, le chocolat mexicain a gagné en douceur, grâce à l’ajout de sucre, et on le parfume à la cannelle, aux amandes ou à la vanille. Pour y goûter, rendez-vous sur l’un des marchés de la jolie ville coloniale d’Oaxaca. Un conseil : accompagnez-le d’un pan de yema, un petit pain brioché.

Au Mercado 20 de Noviembre, on trouve aussi des boissons (tejate, champurrado) et des plats traditionnels (poulet à la sauce mole) à base de cacao. Enfin, la ville compte de nombreuses fabriques de chocolat. Les trois principales (Mayordomo, Guelaguetza, La Soledad) tiennent boutique dans la calle Mina. Ne pas hésiter à déguster.

Suisse : Gruyère, c’est aussi du chocolat

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, dans la région de Gruyère, on ne trouve pas que du fromage !

À la Maison Cailler, c’est du chocolat que l’on fabrique. L’histoire de la plus ancienne marque de chocolat suisse débute en 1819, mais l’usine de Broc, elle, a été ouverte en 1898.

Imposant, le grand bâtiment blanc évoque un peu l’imaginaire de « Charlie et la chocolaterie ». Monsieur Wonka n’est pas au rendez-vous, mais si vous participez à un atelier, vous rencontrerez un maître chocolatier qui vous initiera à l’art du conchage et de la ganache.

La visite des lieux, aussi instructive que ludique, vous emmène sur les chemins du cacao, des temples aztèques à la Suisse, et toutes les étapes de fabrication vous sont expliquées, de la fève à l’emballage. Après quoi, vous êtes mûrs pour une dégustation… à volonté. Mais, si vous goûtez à tous les chocolats de la Maison Cailler, c’est la crise de foie assurée !

Bruxelles, au royaume de la praline (photo)

À Bruxelles, on fond pour la praline. Cette petite bouchée de chocolat fourrée a une histoire amusante.

En 1857, Jean Neuhaus, apothicaire de son état, ouvre boutique dans la Galerie de la Reine et, pour cacher le goût de ses remèdes, les enrobe de chocolat. En 1912, son petit-fils va plus loin et remplace carrément les médicaments par de la crème fraîche. La praline était née, et la fortune de la famille Neuhaus faite !

Aux alentours de la Grand-Place, vos papilles sont titillées par les devantures tentatrices des autres grands noms du chocolat belge : Leonidas, Godiva, Corné, Galler, et, à dix minutes à pied, au Sablon, Marcolini et Wittamer, le fournisseur officiel de la famille royale.

Si vous avez envie de mettre la main à la pâte (de cacao), direction les chocolateries artisanales. Chez Zaabär, vous apprendrez à fabriquer des tablettes, des mendiants ou des truffes, tandis qu’à Planète Chocolat, vous confectionnerez de belles pralines. Ici, entre les ateliers, les visites et les dégustations, les fans de la fève sont comblés.

Pour en savoir plus : Liste des chocolatiers de Bruxelles

Turin, bien plus que du Nutella !

C’est au XVIe siècle que naît la grande histoire du chocolat à Turin, lorsque le duc Emmanuel-Philibert de Savoie rapporte de son voyage à la cour d’Espagne des fèves de cacao. Aujourd’hui, on y fabrique 40 % de la production nationale, ce qui vaut à la ville le surnom de capitale italienne du chocolat.

Tous les ans, se tient d’ailleurs ici le grand festival Cioccolatò. À côté des géants industriels comme Ferrero, inventeur du célèbre Nutella, de nombreux artisans (Peyrano, Baratti & Milano, Streglio, Feletti, Caffarel, Stratta) sont toujours garants de la tradition, tout en inventant sans cesse de nouvelles recettes.

Parmi les spécialités piémontaises, citons le gianduiotto, une pâte onctueuse mêlant cacao et noisettes de la région, emballé dans du papier doré ou argenté ; mais aussi les cioccolatini, des pralines aux multiples formes, l’alpino et le cremino, fourrés à la crème liquoreuse.

Enfin, impossible de repartir de Turin sans avoir goûté au fameux bicerin dans le décor raffiné de l’un des cafés historiques du centre-ville. Servi dans un verre à pied, à l’instar d’un grand cru, cette boisson se compose de trois strates : d’abord un café bien noir, puis une bonne couche de chocolat épais, le tout surmonté de crème fleurette. Delizioso !

Bayonne, capitale française du chocolat

On le sait peu, mais Bayonne est la première ville chocolatière de France. C’est ici, en effet, que le cacao fut introduit dans le pays au début du XVIIe siècle. Fuyant l’Inquisition, les Juifs de la péninsule Ibérique, qui s’installent dans le quartier Saint-Esprit, apportent la précieuse fève dans leurs bagages. Mais, mieux encore, ils connaissent l’art de fabriquer du chocolat.

À l’époque, c’est sous la forme d’une boisson épicée qu’on le déguste. Un plaisir réservé aux plus fortunés. Il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’on puisse le croquer à pleines dents.

Quatre siècles plus tard, Bayonne compte encore sept chocolatiers de référence, qui possèdent même leur propre académie. Parmi eux, l’Atelier du Chocolat (7, allée de Gibéléou) propose un parcours découverte de 1 h 30, qui se conclut par une dégustation.

Et chaque week-end de l’Ascension, la ville célèbre les Journées du chocolat, avec au programme des concerts, des spectacles de rues, des expos, des conférences, et, surtout, des « trempages » et des dégustations chez les artisans.

Pour en savoir plus

Boire un bon chocolat chaud à Paris

Où peut-on boire un bon chocolat chaud à Paris ? Les adresses ne manquent pas, mais certaines font l’unanimité parmi les chocophiles.

- Chez le chocolatier Jean-Paul Hevin (231, rue St-Honoré, 1e arrdt), Meilleur Ouvrier de France, vous aurez le choix entre la tradition et des variantes plus osées, au piment, à la banane, et même aux huîtres !

-  Réputé pour son onctuosité, le chocolat d’Angelina (226, rue de Rivoli, 1e arrdt) a la cote à Paris. On fait souvent la queue pour avoir une table dans le charmant salon de thé Belle Époque.

-  Dans une ambiance plus design, chez Jacques Genin (133, rue de Turenne, 3e arrdt), vous dégustez du chocolat Araguani de Vairhona fondu dans du lait entier. Une tuerie !

-  Sinon, pour rester dans la tradition, au Café de Flore (172, bd St-Germain, 6e arrdt), on vous sert un chocolat chaud à l’ancienne, dans un pichet, avec un pot de chantilly, gourmandise oblige.

Des chocolats en Provence

C’est, avec le calisson, l’une des merveilles gourmandes d’Aix-en-Provence : les délicieux chocolats de Puyricard, créés il y a presque un demi-siècle par un couple belge (et oui !). On en trouve évidemment sur le Cours Mirabeau, mais aussi à Paris.

Nouveauté : une Cité du Chocolat a ouvert ses portes à Tain-l'Hermitage (Drôme)

Et, au Venezuela, le criollo, le « caviar du cacao »

C’est le cacao qui fait vibrer les amateurs de chocolat. Rare (5 % de la production mondiale à peine), il a une couleur pâle et un arôme des plus fins. Son arbre est très fragile. Le criollo le plus réputé vient de Chuao, un village isolé près du parc national Henri-Pittier et de Puerto Colombia, le long de la cordillère des Caraïbes, à 200 km environ au sud-ouest de Caracas.

Texte : Olivia Le Sidaner

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