Lettonie : Riga, entre architecture et nature

Lettonie : Riga, entre architecture et nature
© f9photos - Fotolia

Amoureux de l’Art nouveau, Riga est la cité qu’il vous faut ! La capitale de la Lettonie, république balte indépendante depuis 1991, possède la plus forte densité au monde d’édifices de ce style. D’où l’inscription, depuis 1997, au patrimoine mondial de l’Unesco, tout comme sa vieille ville et ses bâtiments en bois. Avec 700 000 habitants (un tiers de la population du pays), c’est  aussi une agglomération verte et aérée, où l’eau est très présente, à travers le fleuve, le canal, les lacs et la mer Baltique. À pied, à vélo, en bateau ou grâce au réseau dense de transports en commun, il est facile et agréable d’explorer son architecture et sa nature, si plaisantes.

Riga, capitale de l’Art nouveau

Riga, capitale de l’Art nouveau
10b de la rue Elizabetes © Anna Lurye - Fotolia

Avec 40 % du bâti Art nouveau au centre de Riga, la capitale lettone est championne du monde de l'Art nouveau ! Le premier des quelque 800 édifices répertoriés date de 1898. Puis, en une quinzaine d’années, un véritable boum immobilier se produit, car la population double avec la croissance économique et industrielle fulgurante de la ville.

En 1901, pour fêter les 700 ans de la création de la cité, une nouvelle rue apparaît : « Alberta iela », bordée d’une dizaine de magnifiques immeubles, dont près de la moitié conçue par l’ingénieur Mikhaïl Eisenstein.

Le père de Sergueï, célèbre réalisateur du Cuirassé Potemkine, est passionné d’architecture et déteste le vide. Ses façades sont aussi chargées qu’il est prolifique en matière de constructions ! Visages grandioses, bustes de femmes plantureux, têtes de lions triomphantes, motifs floraux foisonnants et moult symboles ésotériques ornent murs et frontons.

L’ouvrage le plus connu du maître se situe au 10b de la rue Elizabetes. Cette voie très fréquentée est également une vitrine pour l’Art nouveau, appelé « Jugendstil » en allemand, et qui s’exprime, à Riga, sous des formes variées : en version très décorative, dans un esprit national romantique ou encore selon un aspect plus sobre, voire austère.

Les intérieurs sont, bien sûr, fortement influencés par ce courant. Le centre d’Art nouveau permet d’en admirer la splendeur en reconstituant avec minutie le domicile de Konstantīns Pēkšēns, architecte incontournable à l’époque, puisqu’on lui attribue environ 250 réalisations à Riga !

De 1904 à 1908, il vit dans cet appartement très confortable : salle de bain et toilettes avec l’eau courante, chauffage central, électricité, cuisine équipée, joli petit jardin d’hiver, etc. Le moindre détail est soigné : la table est mise dans la salle à manger, le personnel du musée, en costume ancien, répond aux questions et fait même quelques démonstrations aux fourneaux…

Le vieux Riga

Le vieux Riga
Maisons des Trois Frères © Grigory Bruev - Fotolia

Cette partie plus « moderne » de Riga s’est, heureusement, développée sans détruire le centre historique. Il se trouve de l’autre côté des remparts, démolis au milieu du 19e siècle pour permettre l’extension urbaine. Sur la quinzaine de tours rondes des fortifications, il ne reste que celle de la poudrière : c’est le monument le plus ancien et il héberge désormais le musée de la Guerre, retraçant le passé mouvementé de la Lettonie.

Vecrīga, la vieille ville, témoigne du riche héritage légué au fil des siècles. Fondé en 1201 en tant que port, Riga devient l'un des principaux centres de la Ligue hanséatique en Europe de l'Est, jusqu’au 15e siècle. En suivant le tracé médiéval des ruelles pavées et piétonnes, on découvre une architecture cossue et diversifiée : les façades ouvragées, parfois colorées, côtoient les clochers pointus ou arrondis des églises, dont l’imposante cathédrale en brique, remontant à 1211 mais remaniée à maintes reprises.

Près du très massif Parlement letton (de 1863), trois bâtisses aux styles originaux et disparates se serrent les unes contre les autres, solidaires dans leur étrangeté. Il s’agit des maisons des Trois Frères, des 15e, 17e et 18e siècles, celle de droite rappelant curieusement l’Orient lointain.

Nourritures spirituelles et terrestres

Nourritures spirituelles et terrestres
Tour TV et Marché central © Mivr - Fotolia

Riga cache bien d’autres surprises. Comme le remarquable musée national d’Art, qui présente les œuvres des artistes lettons du 18e siècle à nos jours. Dont celles de Vilhelms Purvītis (1872-1945), grand peintre de la neige et de ses mille nuances.

Au-delà des collections, c’est l’édifice lui-même, inauguré en 1905, qui étonne. Sous un aspect classique, avec escalier monumental, dorures et marbres, il révèle des touches très contemporaines, grâce à une récente rénovation, fort réussie. Comme ces salles au sol vitré qui dévoile celles de l’étage inférieur. Ou cet ascenseur doré qui mène sous la belle charpente entièrement blanche et jusqu’au toit-terrasse panoramique.

Au loin se dessine la silhouette élancée de la tour de télévision, dépassant les 360 mètres de haut et garantissant un point d’observation encore plus imprenable sur Riga…

À cette flèche affûtée, dressée depuis les années 1970, répondent les impressionnantes voûtes de béton du marché central, ou Centrāltirgus, construites dans les années 1930. Environ 3 000 stands se répartissent sur 72 000 m², parmi cinq immenses hangars accueillant chacun leurs spécialités : viandes, poissons, légumes, etc.

Presque en face, de l’autre côté du fleuve, voici encore une forme qui intrigue, semblable à une montagne de verre et de métal gris clair : c’est la bibliothèque nationale, ouverte en 2014, année où Riga fut capitale européenne de la culture. Sur cette même rive, plusieurs quartiers verdoyants aux maisons de bois invitent à poursuivre la promenade…

Une capitale entre mer et forêt

Une capitale entre mer et forêt
© dimbar76 - Fotolia

Environ 4 000 bâtiments en bois sont recensés à Riga, notamment dans le quartier d’Āgenskalns, proche de la bibliothèque nationale, et sur l’île voisine de Ķīpsala qui offre une vue en cinémascope sur la berge opposée abritant la vieille ville.

Une fois que l’on s’éloigne de la circulation bruyante des ponts et des artères passantes, le calme et la flânerie reprennent leurs droits, le long des chemins irréguliers, de terre ou de pavés, et des rivages du fleuve. S’égrènent alors des bicoques décaties, des maisons bien restaurées ou d’élégantes demeures récentes qui ont gardé l’esprit d’autrefois, avec l’omniprésence du bois et de la brique.

Pour une plongée encore plus profonde dans la nature sereine et l’architecture d’antan, c’est dans les faubourgs du nord qu’il faut se rendre. En bord de lac, sous une forêt de pins, s’éparpille une centaine de constructions en bois, du 17e siècle aux années 1940 : fermes, moulins à vent, petites églises, granges, saunas, greniers à blé, maisons à toit de chaume, cabanes de pêcheurs, etc.

Ces témoins précieux des traditions et de l’habitat rural ont été déplacés des campagnes lettones pour être conservés dans un formidable Musée ethnographique en plein air, étendu sur 87 ha et ouvert en 1924. Certaines bâtisses sont aménagées avec du mobilier et des ustensiles anciens, hébergeant parfois des ateliers, de poterie ou de cuisine par exemple. À proximité s’étale le Mežaparks, parc et quartier résidentiel avec de belles villas du début du 20e siècle.

Riga au fil de l'eau

La capitale de la Lettonie chérit la nature, fleurit ses rues et ses places de massifs impeccablement entretenus : 20 % de sa superficie est constituée d’espaces verts et la même proportion est couverte d’eau… D’ailleurs Riga signifie « rivière sinueuse ». Un petit canal de trois kilomètres traverse le centre, à l’emplacement des fossés des anciennes murailles qui protégeaient la vieille ville. Y naviguent de minuscules bateaux de croisière, des pédalos, barques ou kayaks. On peut même croiser, le soir, des castors… si bien qu’il faut protéger les arbres alentour !

Mais le cours d’eau le plus important de la cité, c’est le fleuve Daugava, le principal du pays, qui prend sa source en Russie et s’élance sur mille kilomètres pour se jeter dans la Baltique, au niveau du port de Riga.

Même si le cœur urbain n’est pas directement tourné vers la mer, il y est facilement connecté, en particulier grâce à une ligne de chemin de fer qui relie, depuis la fin du 19e siècle, la gare centrale à une dizaine de petites stations balnéaires. Regroupées sous le nom de Jurmala, c'est-à-dire « bord de mer », elles séduisent avec leurs charmantes maisons en bois.

Sur une vingtaine de kilomètres s’étire une superbe plage de sable blond très fin, ourlée de dunes, pins et joncs. En toute saison, les Rigois viennent s’y promener et prendre l’air, une bouffée d’iode et de grands espaces.

Fiche pratique

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Office du tourisme de Riga

Office du tourisme de Lettonie

Comment y aller ?

En avion :

Au moins un vol direct par jour (en 2 h 45) avec Air Baltic entre Paris-Charles-de-Gaulle et Riga (et inversement). En 2018, deux à quatre vols directs hebdomadaires entre Nice et Riga (et vice-versa) de fin mars à fin octobre (en 3 h), mais aussi deux allers-retours directs par semaine entre Bordeaux et Riga (en 3 h 30), de début juin à fin octobre.

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Où dormir ?

- Gutenbergs : Doma laukums 1, Riga.  Cachés dans une ruelle pavée de la vieille ville, les lieux abritèrent la première imprimerie de Riga… D’où le nom de l’hôtel, en hommage au célèbre inventeur allemand. Les 38 chambres au cadre confortable et classique, avec poutres apparentes et meubles anciens, sont chapeautées par l’agréable restaurant du toit-terrasse, avec vue sur le fleuve. Chambre double : à partir de 50 €, avec petit déj.

- Two Wheels : Baložu iela, 12, Riga. Dans le quartier d’Āgenskalns, un peu excentré mais calme et verdoyant, la charmante maison en bois centenaire compte dix chambres pour deux à quatre personnes, dans un esprit hostel intimiste et chaleureux, à mi-chemin entre l’auberge de jeunesse et l’hôtel. Le propriétaire est un baroudeur et la déco rappelle Rio, Zanzibar ou d’autres souvenirs de ses voyages. Chambre double : à partir de 40 €, avec petit déj.

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Où manger ?

- Restaurant 3 : Kalēju iela, 3, Riga. C’est la pépite gastronomique du centre historique ! Dans un décor élégant et tendance, avec murs en brique et banquettes cosy, le restaurant s’inspire des ingrédients locaux, souvent bio et « sauvages », pour créer des plats aussi beaux que bons : justesse de la cuisson pour le gibier, déclinaison des champignons jusque dans les desserts (inoubliable mousse aux chanterelles !) et saveurs subtiles qui titillent les papilles. Tous les jours, de midi à 23 h. Menus dégustation 39,90-54,90 €. Plats le midi en semaine : 8,90-12,90 €.

- Kolonāde : Brīvības bulvāris, 26, Riga. Le pavillon entouré de colonnes blanches ioniques est posé près du pompeux opéra, mais joue la sobriété en salle, avec un design épuré aux teintes douces et aux notes scandinaves. Les larges baies vitrées et les terrasses sur le jardin public, la discrète musique jazzy, le service prévenant et souriant font passer un agréable moment… D’autant que la cuisine de brasserie s’avère copieuse et savoureuse. Au répertoire, soupes fraîches, entrecôte maturée, pasta, pizza, risotto ou poisson et légumes vapeur. Du lundi au vendredi de 11 h à 22 h 30 (vendredi jusqu’à minuit), samedi de midi à minuit et dimanche de midi à 21 h. Menus 10-28 €.

Où prendre un verre ?

- B-bārs : Doma laukums, 2, Riga.  Ce bar branché de la vieille ville est spécialisé dans les cocktails, en particulier ceux à base de Balsam, la célèbre liqueur locale élaborée avec un mélange de plantes et d’épices. En fin de semaine, l’ambiance festive monte d’un cran, au son des sets de DJ.

- Skyline Bar : Elizabetes, 55, Riga. Certes, l’endroit est plus touristique qu’authentique, mais il serait dommage de passer à côté du superbe panorama à 360 degrés sur la ville et ses environs. Perché au 26e étage de l’hôtel Radisson Blu, en plein centre, c’est le spot idéal pour assister au coucher du soleil, à travers les baies vitrées partout présentes, y compris aux toilettes ! Le bar, ouvert jusqu’à 2 h, voire 3 h le week-end, se transforme en piste de danse quand la soirée avance.

Texte : Stéphanie Condis

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