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Dossier réalisé
par Ellonore Bush
Le
mot " tatouage " nous vient directement de ces lointaines îles
du Pacifique que Bougainville - à Tahiti en 1768 - baptisa Nouvelle Cythère…
le paradis terrestre. Le tatau, pratique rituelle, marquait la peau de
quasiment tous ces peuples aux mœurs fascinantes et bardées de tabous.
Les
colons envoyèrent leurs missionnaires à Tahiti et bannirent les pratiques
tribales, dont le tatouage. Ils effacèrent ainsi un passé millénaire aux
origines situées en Asie du Sud-Est. On retrouve d'ailleurs, et encore
de nos jours, des traditions de tatouage chez un grand nombre d'ethnies
asiatiques. Le tatouage aurait-il alors vu le jour en Asie pour rejoindre
l'Occident à bord des navires explorateurs du XVIIIe siècle ? NON !
D'après Darwin,
aucune société n'aurait été étrangère au tatouage, et bon nombre d'évidences
archéologiques et anthropologiques le prouvent. Sur toute la planète et
depuis toujours, les hommes se sont tatoués. Parfois, les inscriptions
sous-cutanées tenaient lieu de pratique thérapeutique, parfois elles témoignaient
du prestige d'un individu au sein de sa société, ou encore de son origine
géographique. Souvent lié aux rites de passage à l'âge adulte, le tatouage
symbolise l'endurance, le courage et les étapes de la vie. Magique, il
protège comme un talisman.
Adopté
par les marins et les prostituées au XVIIIe siècle, puis par les taulards
et motards occidentaux au XXe siècle, il sera considéré comme une marque
de décadence. Alors que le tatouage représentait autrefois l'appartenance
fondamentale à une société et à une culture, il a sombré jusqu'à devenir
un des attributs type de l'anti-social. Étrange destin d'une tradition
millénaire et universelle qui ne voit son blason redoré que depuis une
dizaine d'années…






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