Autour des Baux-de-Provence

Autour des Baux-de-Provence
© Office de Tourisme des Baux-de-Provence

Perché tel un nid d’aigle, Les Baux-de-Provence est classé parmi les « Plus beaux villages de France ». Ses ruelles inondées de soleil, ses placettes et ses terrasses ombragées en font une carte postale de la Provence. Aux portes des Baux, les salles souterraines des Carrières de Lumières servent d’écran géant à un spectacle multimédia. Le village est entouré d’une nature sauvage, entre l’univers minéral et chaotique du Val d’Enfer, la garrigue, les vignobles et les oliveraies du Parc naturel régional des Alpilles. Un pays de Cocagne au terroir généreux.

Le village et le château des Baux-de-Provence

Le village et le château des Baux-de-Provence
Les Baux-de-Provence © Marie Borgers

Campé sur un éperon rocheux formant l’un des contreforts des Alpilles, le village des Baux-de-Provence compte parmi les hauts lieux du tourisme provençal.

Un oppidum celte fut construit ici dès le IIe siècle avant J.-C. Le site doit la précocité et la continuité de son occupation à la situation du plateau des Baux : à la fois reculé et perché, il permet d’apercevoir les éventuels assaillants.

Les ruelles pavées sont élégamment bordées d’hôtels particuliers, saupoudrées ici et là d’éléments d’architecture Renaissance. Elles mènent aux vestiges du château des Baux, partiellement bâti et en partie creusé dans la roche. Des chapelles aux maisons troglodytiques en passant par le donjon qui domine toujours la cité perchée, ces vestiges sont baignés de poésie.

La citadelle révèle les secrets de la tumultueuse histoire des seigneurs des Baux. Cette grande lignée de Provence marqua la région par l’étendue de ses possessions, son influence et ses engagements militaires. Les seigneurs des Baux ont en effet utilisé la forteresse comme place forte dans les guerres baussenques (12e siècle) et les guerres de Religion (16e siècle). La citadelle fut finalement démantelée sur ordre de Louis IX en 1483.

Dans le parc du château, des machines de siège grandeur nature témoignent des tactiques militaires médiévales. Véritable balcon naturel, le parc offre un panorama extraordinaire : il embrasse toute la région d’Aix à Arles, les Alpilles et la montagne Sainte-Victoire. Par temps clair, on peut même apercevoir la Méditerranée. Une vision qui confirme les vertus défensives du site.

En saison, des animations médiévales font revivre le quotidien des Provençaux au Moyen Âge. (tous les week-ends, jours fériés et pendant les vacances scolaires du 26 mars au 31 août 2016)

Petite particularité héritée de la topographie locale, l’église Saint-Vincent présente 3 chapelles troglodytiques. Juste en face, le musée des Santons rassemble des figurines napolitaines illustrant des scènes traditionnelles provençales.

Petit conseil : mieux vaut visiter les Baux hors saison ou bien tôt le matin ; et si possible, passez-y la nuit : après le crépuscule et à la lumière des réverbères, le charme romantique des ruelles pavées n’appartiendra qu’à vous.

Les Carrières de Lumières : un spectacle magistral

Les Carrières de Lumières : un spectacle magistral
Carrières de Lumières © Marie Borgers

C’est dans ces anciennes carrières de calcaire, situées aux portes des Baux, que Cocteau tourna plusieurs scènes de son film Le Testament d’Orphée (1959).

Aujourd’hui, les salles souterraines des Carrières de Lumières sont le théâtre d’un magistral spectacle de sons et lumières. Des œuvres d’art numérisées sont projetées sur leurs parois, leurs piliers, leur sol et même sur leur plafond, exploitant les dimensions mais aussi beauté minérale des lieux.

Chaque année, les Carrières de Lumières explorent une thématique ou l’œuvre d’une sélection d’artistes, réinterprétant des tableaux et des univers artistiques. Le but : révolutionner l’approche des grands maîtres, renouveler le regard du public sur les œuvres, et les faire entrer de plain-pied dans le XXIe siècle, tout en magnifiant les lieux. Klimt, Cézanne, Van Gogh, mais aussi Venise ou la Méditerranée, ont déjà été les hôtes prestigieux des lieux.

Marc Chagall à l’honneur en 2016

En 2016, les Carrières de Lumières présentent pour la première fois une monographie en hommage à Marc Chagall (jusqu’au 8 janvier 2017). Avec projections, animations d’éléments et focus, ce spectacle intitulé « Songes d’une nuit d’été » illustre la diversité des travaux de Chagall – peintures, mosaïques, collages, vitraux... – et de ses sources d’inspiration : l’amour, la famille, la guerre, le cirque, le message biblique...

Les effets de zoom valorisent le travail sur la matière, l’épaisseur et le relief, et nous transportent au cœur des toiles. Le répertoire musical, du classique au rock, de Tchaïkovski à Janis Joplin, accompagne les messages de l’artiste et les enrichit d’une charge émotionnelle.

Spectateur actif, le visiteur est invité à participer à cette œuvre en trois dimensions. Ses déplacements eux-mêmes font partie du spectacle. C’est une véritable expérience immersive et sensorielle qui l’attend, une plongée dans un océan de couleurs chatoyantes. Émotions garanties !

À signaler aussi, un court spectacle intitulé « Au pays d’Alice, hommage à Lewis Carroll » nous lance sur les traces d’un lapin blanc, et nous immerge dans l’univers merveilleux de Lewis Carroll. Une belle entrée en matière au monde onirique de Chagall.

Du Val d’Enfer à Saint-Rémy-de-Provence

Du Val d’Enfer à Saint-Rémy-de-Provence
Tête de mort du Val d'Enfer © Marie Borgers

Magnifique écrin naturel des Baux, le Parc naturel régional des Alpilles alterne des paysages de garrigue, de vignobles et d’oliveraies.

Aux portes du village, les rochers érodés et déchiquetés du Val d’Enfer forment une sorte de chaos, un étonnant environnement minéral et tourmenté. Le lieu doit son nom à Dante, qui situa ici l’entrée des enfers. Bien plus tard, Frédéric Mistral, dans son poème Mireille, en fit l’antre de la sorcière Taven.

Dans cette région de carrières exploitées depuis l’Antiquité, pierre et végétation se font écho, et quelques habitations troglodytiques subsistent. Les étonnants contours des rochers évoquent autant de figures fantasmagoriques, terreau de toutes les interprétations possibles. Ne pas manquer les panoramas sur l’éperon rocheux de Baux.

Un peu plus loin, aux portes de Saint-Rémy-de-Provence, le site de Glanum s’étend sur 2 hectares. Dans un cadre naturel d’exception, voici l’une des plus grandes surfaces archéologiques de France.

Le site témoigne de 1 000 ans d’occupation par les Gaulois, les Grecs et les Romains. Les influences de chacune de ces civilisations se traduisent dans l’urbanisme et l’architecture. Au pied des falaises des Alpilles reposent les vestiges du forum, des thermes, de temples et maisons d’habitation hellénistiques à péristyles, ainsi que la source à l’origine de la cité. Le parc conserve en outre le seul bouleutérion (siège d’assemblée) encore visible en France.

La ville de Glanon fut abandonnée au IIIe siècle, et ses pierres furent utilisées pour construire une autre cité, qui n’est autre que la future Saint-Rémy-de-Provence.

La route nous y mène naturellement. Les boulevards circulaires de Saint-Rémy-de-Provence, plantés de platanes et bordés de terrasses, enserrent la vieille ville. Les ruelles piétonnes aux accents médiévaux recèlent de nobles hôtels particuliers.

Pour les amateurs de peinture, un sentier pédestre et parcours botanique sur les pas de Van Gogh relie le centre de Saint-Rémy au cloître Saint-Paul (sur 1,5 km). Des panneaux reproduisent ses toiles dans les paysages qui ont inspiré l’artiste.

Vins et huiles d’olive du terroir des Alpilles

Vins et huiles d’olive du terroir des Alpilles
Vin du Mas Sainte Berthe © Marie Borgers

Striée de vignobles et d’oliveraies baignés de soleil et saoulés tout l’été par le chant des cigales, la vallée des Baux revendique 2 AOP pour ses vins et ses huiles d’olive.

Au pied du rocher des Baux, les douze domaines produisent des vins AOP Les Baux-de-Provence (blancs, rosés et rouges). Ils pratiquent, sur la totalité de la surface cultivée, une agriculture biologique ou tout au moins raisonnée.

De nombreux producteurs, à l’instar des Romains, associent les cultures de la vigne et de l’olivier. Cette fructueuse alliance sur des terres calcaires et argileuses doit beaucoup au mistral. Ce vent froid et sec garantit un bon état sanitaire des plants : en chassant l’air froid, il protège les vignes du gel, et se fait aussi un rempart contre l’humidité et donc les maladies. Mais surtout, le mistral favorise les échanges d’arômes entre les deux cultures.

Presque tous les domaines ouvrent leurs portes pour des séances de dégustation. L’occasion de découvrir la cohérence des signatures de l’AOP Les Baux-de-Provence –  des vins de roche et de soleil –, mais aussi la diversité des arômes.

Autre incontournable de ce pays de cocagne : l’huile d’olive AOP de la Vallée des Baux-de-Provence. On en distingue 2 variantes : « fruité vert » (notes herbacées, arômes d’artichaut cru, d’herbe mouillée et de foin coupé), et « fruité noir » (parfums d’olive noire, notes de champignons, de truffe et de vanille). Cette seconde variante est issue de la récolte des fruits arrivés à maturité, puis stockés quelques jours pour fermentation.

 

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide Provence.

Office de tourisme des Baux-de-Provence

Les Carrières de Lumières

Comment y aller ?

- En train : gares d’Avignon TGV (puis 30 à 40 min de route) et d’Aix-en-Provence TGV (puis environ 1h de route).

- En voiture : par les autoroutes A7, A9 et A54.

- En avion : par les aéroports de Marseille et d’Avignon.

Où goûter à la gastronomie provençale ?

- Hostellerie de la Reine Jeanne : Grand Rue, dans le vieux village des Baux-de-Provence.
Bar-restaurant à la carte régionale, cuisine de bistrot provençale préparée à base de produits du marché. À déguster dans la coquette salle panoramique avec vue plongeante sur le Val d’Enfer, ou sur la terrasse ombragée.

- Domaine de Manville : au pied des Baux, dans un ancien domaine viticole réhabilité avec goût, un petit coin de paradis charmant et tout confort. Il est abordable de de se régaler au resto gastronomique ou au gastro-bar ambiance lounge, et de goûter à la douceur de vivre de ces lieux tout en élégance. Et pour ceux qui auraient les moyens de prolonger le plaisir : hôtel 5-étoiles aux (très) vastes chambres, petits déj à l’abri des verrières du jardin d’hiver (pains et viennoiseries maison), villas hôtelières formant un joli hameau.

- Oustau de Baumanière : Mas de Baumanière, sur la route d’Arles, à 800 m des Baux, dans le vallon de la Fontaine.
Vaste parc de 20 ha planté d’essences méditerranéennes, anciennes bâtisses réhabilitées autour d’un mas provençal… On ne présente plus ce lieu très chic, qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.  La table d’hôtes reste abordable (32 € les 3 plats). Cuisine aux accents méridionaux préparée avec les légumes du potager domanial.

Où dormir ?

- Hostellerie de la Reine Jeanne : Grand Rue, dans le vieux village des Baux-de-Provence. Tél. : 04-90-54-32-06.
Chambres mignonnes et intimistes, donc certaines avec terrasse et/ou vue sur le Val d’Enfer. 56 à 70 € la double.

Trouvez votre hôtel aux Baux-de-Provence.

Où acheter des vins et huiles d’olive du terroir des Alpilles ?

Le Moulin CastelaS : récoltant et moulinier, le domaine cultive ses olives en agriculture biologique. Il produit et embouteille l’huile d’olive AOP. D’avril à septembre, les mardis et jeudis à 10h, visite du moulin couplée d’ateliers de dégustation d’huiles d’olive. Produits dérivés de l’olive, et intéressantes créations d’huiles parfumées aux herbes aromatiques. Des huiles d’olive dignes de tables gastronomiques et produites comme de grands cépages.

- Mas de la Dame : le plus ancien domaine viticole des Baux, au pied du village, une exploitation familiale en activité depuis plus d’un siècle. Ce domaine peint par Van Gogh embrasse 57 ha de vignes et 20 ha d’oliviers. Le Mas de la Dame a insufflé la culture bio dans la vallée. On vendange ici à la main. Producteur récoltant de vins AOP Les Baux-de-Provence et producteur d’huile d’olive première pression à froid : une pression à température ambiante sur presses mécaniques ou dans des centrifugeuses, afin de préserver les qualités gustatives de l’olive.

- Le Mas Sainte-Berthe : une propriété viticole familiale au pied de l’éperon des Baux, qui totalise 45 ha de vignes et 6 ha d’oliviers. La récolte se fait ici aussi manuellement, pour ne pas endommager les ceps et raisins. Le vigneron travaille la finesse des vins en vue d’accords avec la cuisine méditerranéenne. Propose à la vente ses huiles d’olive (AOP bien sûr) et tapenades, ainsi qu’une sélection de produits du terroir local : miels, confitures, pieds paquets, biscuits, amandes, nougats... Un circuit pédestre de 1,8 km jalonné de panneaux explicatifs fait le tour du vignoble, entre oliviers et garrigue.

- Confiserie Lilamand : une fabrique fondée en 1866. Ses spécialités : le fruit confit qui a fait sa renommée, mais aussi les calissons, issus de l’association d’amandes et de fruits confits. Le principe du confisage : évaporer l’eau du fruit pour la remplacer par un sirop de sucre, tout en conservant les arômes du fruit. Quant au calisson, c’est un incontournable de la table des 13 desserts servis à Noël en Provence. Les musts de la maison ne sont autres que les aiguillettes de fruits, notamment les orangettes, enrobées ou non de chocolat. Citons aussi les pâtes de fruits, les sirops de fruits confits (idéal en nappage), les calissons enrobés de chocolat, marmelades, crèmes de calisson… La confiserie s’investit dans le projet de plantations d’amandiers dans la vallée des Baux, indispensables pour ses calissons.

- Ne pas oublier le marché de Saint-Rémy-de-Provence, le mercredi matin, orienté sur les produits du terroir et les arts de la table provençaux.

 

Texte : Marie Borgers

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