Il est difficile en quelques lignes de parler de la « poésie »
du vélo. Et puisque vous lisez ce chapitre, c’est que vous avez déjà votre idée
là-dessus. Bon, faire la route à vélo, ce n’est pas forcément choisir le coin
qui grimpe le moins : le Larzac, les Cévennes, les gorges du Tarn, c’est
dur, mais qu’est-ce que c’est beau !
Le vélo, ce n’est pas seulement la France. On connaît des gens qui ont fait
le tour du monde à vélo. En deux ans. Tout le monde n’a pas leur courage.
Pour commencer, soyez moins ambitieux. Allez en Irlande et bornez-vous à visiter
le Kerry assis sur votre selle.
Mais, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, il n’est pas nécessaire
d’avoir les jambes de Jalabert pour aller au bout du monde. La clef du voyage
à vélo est d’abord dans la tête : moral, motivation et volonté sont les
ingrédients fondamentaux et les seuls indispensables. Le reste viendra tout
seul sur la route.
Et puis, quand on a grimpé un col pendant toute une matinée, quoi qu’il y ait
en haut, on trouve ça magnifique. Avant d’enfourcher votre vélocipède, sachez
quand même que la Hollande, c’est plat, et que si, en revanche, le Massif central
ne l’est pas, c’est quand même plus chouette.
Les avantages du vélo
– C’est un excellent moyen d’approcher les gens : la voiture
va trop vite pour pouvoir rencontrer des gens dans les champs, les villages,
sur les terrasses des cafés…
– On a le temps de s’émerveiller devant le paysage.
– On peut visiter des coins impraticables en voiture.
– Ça ne consomme pas d’essence. Bravo les écolos !
– Ce n’est pas cher.
– Il respecte le silence et la nature : oui, le vélo ne pollue pas.
Vous ne troublez pas la sieste d’un tranquille petit village, vous approchez
les animaux, les fleurs : c’est une communion permanente avec la nature.
Voilà.
Le choix du matériel
À l’heure de la saturation des villes, du trop-plein des gaz pollueurs,
de la passion des voyages et des randonnées, des envies d’air frais et des besoins
de verdure, le vélo revient en force. C’est notamment avec l’engouement pour
le VTT que le marché a été relancé et qu’il connaît un essor considérable. Appelé
mountain-bike à l’origine, les constructeurs ont étendu la gamme, créant
de nombreuses familles issues du VTT et adaptées à tous les styles de pratique.
Parmi toutes ces familles : le VTC (tout chemin), le city-bike, le country-bike…
et bien sûr le vélo de course, il est difficile de s’y retrouver. Avant d’investir
dans telle ou telle machine, il est donc nécessaire et indispensable de connaître
précisément l’utilisation que l’on va en faire.
Pour ceux qui se lancent dans une aventure au long cours, pour un tour du monde,
les qualités essentielles demandées à leur compagnon de route seront inévitablement
la robustesse et le confort. Mis à part un vélo fabriqué sur mesure, deux autres
types de bicyclettes peuvent convenir :
– Tout d’abord, dans la famille des VTC on trouve des machines destinées spécialement
à cet usage. Par exemple les modèles « Tracker » et « Expédition »,
entre 3 500 et 7 000 F, de la marque Giant. Ses roues de 700
montées en pneus semi-slick (bande de roulement au centre pour rouler plus confortablement
sur le bitume, et crampons sur l’extérieur pour accrocher sur les chemins) permettent
un meilleur roulage. Sa géométrie et son équipement offrent une position haute
privilégiant ainsi le confort. Muni de garde-boue et de porte-bagages, il permet
le transport d’un important barda.
– Autre possibilité, le country-bike. Il présente à peu près les mêmes caractéristiques
que le VTC précédemment cité. La principale différence étant ses roues de 26 pouces
qui lui permettent de s’aventurer sur des terrains plus accidentés.
Le choix devient plus délicat pour ceux qui rêvent d’évasion durant les vacances,
mais qui souhaitent tout de même jouir d’une machine tout à fait adaptée à leur
passion pour les sorties du week-end. Premier conseil, l’achat devra se faire
chez un vélociste (spécialiste) qui pourra vous guider et vous renseigner sur
les aménagements possibles à effectuer sur votre nouvel engin. En effet, il
est évident que les qualités recherchées pour un périple de plusieurs milliers
de kilomètres ne seront pas les mêmes que pour une utilisation le week-end.
Il faudra donc modifier, ajouter, remplacer certaines pièces.
– Si vous aimez faire de la route, vous opterez pour le type course. En l’aménageant :
garde-boue, porte-bagages, roues un peu plus larges pour le confort, il conviendra
parfaitement à des aventures tels le tour d’Irlande ou Paris-Cap Nord.
– Si vous êtes plutôt du genre à dévaler des montagnes, à défier les éléments
naturels (boue, cailloux, sable…), c’est un véritable vélo tout-terrain qu’il
vous faudra. Ceux destinés aux compétitions des différentes disciplines que
compte le VTT (cross-country, descente, trial, free ride) privilégiant le rendement
au détriment du confort, seront difficilement adaptables à un raid touristique.
Il sera préférable de choisir le type « randonnée » ou « cross »
(le nom diffère selon les marques), qui permet d’obtenir un bon compromis entre
le confort et la performance. Aménagé, il deviendra le compagnon idéal de vos
voyages extrêmes.
– Quant à ceux qui préfèrent les balades en famille, le choix se portera plutôt
sur un VTC de moyenne ou haut de gamme. Il vous accompagnera dans des périples
où routes goudronnées et pistes (très roulantes tout de même !) pourront
alterner.
– Le city-bike est, comme son nom l’indique, destiné à une pratique en
ville et, même si les Scandinaves, les Allemands traversent notre beau pays
avec des vélos de ce type, ils sont limités lorsque la route s’élève.
Le choix du matériau
– Le cadre et la fourche sont les pièces
qui vont déterminer le niveau de performance, la maniabilité et surtout la fiabilité
de votre vélo. Il va donc falloir choisir au mieux le matériau utilisé dans
la fabrication de ces pièces et prendre connaissance de sa qualité. Pour cela
référez-vous à l’étiquette présente sur le cadre.
– L’acier : matériau le plus utilisé dans la fabrication des cadres,
il a des propriétés très différentes selon les composants chimiques qui lui
sont ajoutés. L’acier Hi-Ten est l’acier à l’état pur. Malgré ses qualités de
souplesse permettant confort et stabilité, il est lourd, peu fiable, et équipe
les vélos de bas de gamme. L’acier Cr-Mo (Chromoly) est quant à lui plus solide
et plus léger. Renforcé aux extrémités (double ou triple butted), il
permettra une plus grande solidité tout en conservant les qualités de confort
dues à une meilleure absorption des chocs.
– L’aluminium : beaucoup plus léger que l’acier, non corrosif, rigide,
il est principalement destiné à la fabrication de vélos de pratique sportive.
Mais le progrès des techniques de traitement et surtout l’expansion des suspensions
permettent de compenser la forte rigidité de ce matériau et de rendre le vélo
plus confortable.
– Le titane : matériau idéal pour toutes les pratiques du VTT, mais
au prix dissuasif, le titane est aujourd’hui délaissé au profit des matériaux
composites. Légers, solides, résistants aux impacts, absorbant les chocs, ils
équipent essentiellement des vélos haut de gamme.
D’autres éléments sont aussi des critères de sélection très importants et pourront
faire l’objet de modifications pour tisser le vélo de vos rêves.
– La selle : sur une bicyclette, la selle est un des principaux
points d’appui du corps. La partie en contact étant très fragile, elle devra
être très confortable. Pour cela, la choisir avec un léger rembourrage de gel.
Le must, la « letech » de la marque Italia avec une épaisseur de sorbothane.
– Le guidon : sa largeur est très importante lorsque l’on
reste longtemps en selle ; elle doit correspondre à l’écartement des épaules
du cycliste. À la longue, un guidon trop large finit par causer des crampes
dans les épaules, tandis qu’un guidon trop étroit comprime la cage thoracique
et gêne la respiration. Le guidon de course convient très bien aux longues randonnées
parce qu’il permet d’adopter différentes positions en fonction du profil de
la route, du vent, de la recherche de vitesse ou du désir de détente. Autre
choix, le guidon « cornes de vache ». Sachez qu’une potence courte
et relevée privilégie le confort alors qu’une potence longue et plate est destinée
à la compétition.
– Les pneus : là encore, le choix dépend essentiellement
de l’utilisation que vous allez en faire. Sachez que plus le pneu est large
et cranté, plus il est difficile à « emmener », mais plus il est souple
et résistant. Le but du jeu est donc de trouver le meilleur rapport rendement/confort.
Avec un lourd chargement, choisir des sections de 1,25” à 1,75” pour des itinéraires
sur routes goudronnées ; 1,75” à 1,9” pour des terrains plus accidentés.
Petite astuce, la roue avant étant directrice et la roue arrière tractrice et
supportant une plus forte charge, il est possible de monter un pneu plus étroit
à l’avant. Concernant les pneumatiques, monter des pneus slick pour rouler sur
le bitume, semi-slick pour un usage polyvalent. Si réparer une crevaison vous
traumatise, prenez des pneumatiques avec un renfort de type kevlar ou carrément
des pneus tubless anti-crevaison qui ne nécessitent pas de chambre à air mais
une jante spéciale. Les jantes en acier peu fiables sont à proscrire.
– Les freins : le Vbrake a prouvé son efficacité et équipe
90 % des vélos présents sur le marché.
– Les pédales : préférez les pédales classiques munies de
cale-pieds en plastique souple. Les pédales automatiques sont à éviter pour
les voyages itinérants. Si les chaussures spéciales qu’elles nécessitent sont
efficaces, elles ne sont pas du tout adaptées à la marche et les nombreux arrêts
dans les villages – pour prendre une photo par exemple – deviendront
vite désagréables.
– Les suspensions : envahissant le marché du vélo, elles
sont pourtant à déconseiller en présence de chargements. Seule la tige de selle
à suspension peut être un bon investissement en améliorant considérablement
le confort de votre machine. L’idéal étant de la prendre avec un réglage externe
de la dureté.
– Les braquets : pour s’adapter à la force physique du cycliste,
aux variations du relief, etc., le vélo est équipé d’un mécanisme permettant
d’utiliser à la fois le pédalier et le pignon le mieux adapté aux circonstances
du moment. Une boîte de vitesses, en quelque sorte, mais double, puisque l’on
choisit à la fois le pédalier et le pignon. La démultiplication ainsi obtenue
s’appelle le braquet. En théorie, le nombre de vitesses dont dispose un vélo
correspond au produit plateaux par pignons. En réalité, certains rapports sont
inutilisables : si on couple le plus à gauche des plateaux avec le plus
à droite des pignons, ou l’inverse, la chaîne ne travaille plus en alignement;
dans le meilleur des cas, le frottement des pièces nuit sensiblement à l’effort
déployé. Dans le pire, quelque chose casse.
Pour pouvoir passer les bosses (et les cols) sur le vélo sans se fatiguer, il
faut avoir au moins un développement de moins de 3 m (pour les plateaux
28, 38 et 48 dents, pour les pignons 13 à 28 dents). La plupart des
« tour du monde » utilisent le tour de roue (2,15 m).
– Les rayons : mettre des rayons renforcés à la roue arrière,
ça ne coûte pas cher et vous irez jusqu’en enfer avec ! Demander des rayons
de tandem. Si vous voulez faire chic, 40 rayons à la roue arrière, c’est
plus solide mais plus cher. Et si vous cassez une jante ou un moyeu, vous risquez
d’être obligé de changer toute la roue.
– Les transmissions : on parle souvent de groupe pour la
transmission. Ce qui signifie que l’ensemble des pièces (pédalier, dérailleurs,
moyeux, manettes de frein…) sont compatibles. Les marques Sachs et Sram proposent
quelques innovations pour essayer de déloger le constructeur Shimano, leader
incontesté en la matière.
– Les porte-bagages : si votre vélo n’en est pas équipé à
l’origine, vérifiez que le cadre dispose d’œillets pour en recevoir. Ils doivent
être solides, de préférence en acier, pour pouvoir être ressoudés si nécessaire.
– Les garde-boue : ils doivent être métalliques, et suffisamment
écartés des roues pour ne pas « garder » la boue.
– La pompe : toute récente sur le marché, la Switch de la
marque Zefal est imbattable. Elle s’adapte à la fois aux valves de type Schrader
et Presta.
– Accessoires : ces mises au point effectuées sur les organes
vitaux de votre vélo, quelques accessoires s’avèrent utiles, voire fortement
conseillés.
– Pour l’éclairage, on trouve actuellement des halogènes très légers qui se
cliquent sur le guidon. Mais la nuit n’étant pas faite pour rouler, il est avantageux
de s’équiper d’une lampe plus large d’utilité, comme la lampe frontale par exemple.
– Pour éviter de coucher votre vélo à l’arrêt et d’abimer ainsi le guidon et
les sacoches, prévoyez la béquille.
– Pour avoir la carte à portée de main, la fixation d’un porte-cartes sur le
cintre est pratique.
L’outillage et le matériel de rechange
Une pompe et des rustines, oui, mais ce n’est pas suffisant. Il faut
aussi des démonte-pneus (« minutes »), de la dissolution, une râpe,
quelques clés, un chiffon et une burette d’huile.
Par ailleurs, avec les bagages, il arrive fréquemment que la roue se voile ou
que des rayons se cassent (souvent les deux ensemble). Achetez donc quelques
rayons avant de partir. Ça ne coûte pas cher et c’est facile à monter. Si vous
ne les utilisez pas, vous pourrez toujours les employer pour faire des chich-kebabs,
moyennant l’adjonction d’un bouchon de liège !
L’outillage
– Un jeu de trois démonte-pneus
– Nécessaire pour les crevaisons
– Clé à pédale (surtout pour ceux qui prennent l’avion)
– Dérive chaîne
– Une clé à rayons
– Un jeu de clés Allen (visserie BTR)
– Un jeu de clés plates
– Un petit tournevis
– Fil de fer pour servir votre ingéniosité.
La plupart de ces outils sont compactés dans des multi-outils très pratiques
et peu encombrants.
Matériel de rechange
Cette rubrique dépend énormément de la longueur du voyage et des
pays traversés.
– Chambres à air
– Câble de frein et de dérailleur arrière
– Pneus
– Rayons
– Chaîne ou quelques maillons
– Patins de freins.