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Traditions Tunisie

Chicha

Fumer la chicha, c'est en fait fumer du tombac dans une pipe à eau (le narguilé). Le tombac est une plante très proche du tabac, que l'on fait bouillir. Ajouter du miel et un peu de citron puis laisser macérer une demi-heure. On en remplit le fourneau de la chicha, que l'on recouvre d'une feuille d'aluminium percée de trous, puis on dispose par-dessus un bout de charbon de bois incandescent.
À la terrasse d'un café, c'est un agréable passe-temps qui fait partie des commodités de la conversation.
On a longtemps prétendu que le tombac était moins nocif que la cigarette, mais c'est largement contesté aujourd'hui par de récentes études scientifiques.

Femmes

Dans aucun autre pays musulman les femmes n'ont la place qu'elles occupent en Tunisie. En août 1956, soit quelques mois seulement après l'accès à l'indépendance du pays, le président Bourguiba a fait entrer en vigueur un code sur le statut des femmes, tandis que, jusqu'ici, il se fondait sur la charia (la loi coranique) : abolition de la polygamie, procédure juridique relative au divorce (qui peut être demandé par la femme), âge minimal pour le mariage (pour lequel le consentement de la femme est exigé), etc. Habib Bourguiba tentera aussi de dissuader les femmes de porter le voile.
Il encourage la création de l'Union nationale des femmes de Tunisie (UNFT), afin de lutter pour leur émancipation. En 1957, le droit de vote leur est acquis. Les femmes tunisiennes doivent à l'UNFT l'information sur leurs nouveaux droits, la promotion de l'éducation et du travail, et l'ouverture des crèches. L'interruption volontaire de grossesse est autorisée dès 1965 (avant la France), et une large majorité de femmes ont aujourd'hui recours à la contraception.
La classe moyenne compte de nombreux couples bi-actifs. Plus de la moitié des étudiants en faculté, 25 % de la population active, et 8 % des directeurs d'entreprise sont des femmes. Certaines Tunisiennes (dans les grandes villes du Nord) ont ainsi une vie très proche de celle des Occidentales, alors que d'autres, plus attachées à la tradition, restent soumises à l'autorité de leur mari, notamment dans le Sud ou dans les villages plus reculés. On y voit peu de femmes circuler dans les rues et encore moins travailler.

Hammam

Le hammam a une signification sociale essentielle : pendant longtemps, ce fut la seule sortie autorisée aux femmes. Les hommes, quant à eux, s'y rendaient entre amis. Au hammam, les mères pouvaient juger de l'état physique et de la beauté des jeunes filles afin de choisir leur future belle-fille. De nos jours, la future épousée se rend toujours au hammam accompagnée de sa famille et de ses amies, avant le mariage.
Aujourd'hui, aux hammams populaires, toujours aussi fréquentés, s'ajoutent les instituts de beauté, souvent installés dans les grands hôtels, où se rend plus volontiers la bourgeoisie tunisienne. Quand elle ne se fait pas carrément construire un hammam à domicile. Bref, une coutume très ancienne qui se modernise (pour ceux qui en ont les moyens).
C'est l'un des rares endroits où les touristes femmes auront une relation privilégiée avec leurs consœurs tunisiennes.

Savoir-vivre et coutumes

La tolérance est généralement présentée comme étant l’un des traits fondamentaux du peuple tunisien, mais on est en pays musulman, ne l'oublions pas. Un certain nombre de règles s'imposent dans le comportement et dans la tenue vestimentaire.

Ce qu'il faut faire

- Se déchausser avant d'entrer dans une pièce d'une maison particulière dont le sol est couvert de tapis.
- Répondre à toutes les questions que l'on vous posera et qui, parfois, vous paraîtront indiscrètes.
- Ne pas être préssé.
- Prolonger la pause thé en acceptant plusieurs verres, même si l'on n'a plus soif.
- Si l'on a été invité dans une famille, laisser un petit cadeau plutôt que de l'argent.
- Si l'on a photographié ses amis tunisiens, ne pas oublier de leur envoyer les clichés au retour.
- Retirer ses lunettes de soleil quand on s'adresse à quelqu'un.
- Ne jamais refuser le couscous que l'on vous offre.
- Pour appeler le garçon de restaurant ou de café, dire : « khouya ! » (mon frère).
- Ne jamais passer devant quelqu'un en prière.
- Ne jamais chercher à pénétrer dans un lieu saint.

La politesse

Comme on peut le constater dès l'arrivée, les Tunisiens utilisent des formules de politesse beaucoup plus longues que les nôtres. Elles appartiennent à un ancien code d'usages toujours en vigueur. Qui ne connaît le fameux inch Allah (s'il plaît à Dieu) ? Le nom de Dieu revient souvent d'ailleurs dans les formules utilisées.



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