- Superficie : 163 610 km², dont 25 000 km² de désert.
- Population : 10,4 millions d'habitants, dont 98,2 % d'Arabes,
1,2 % de Berbères et 0,6 % autres (Français, Italiens).
- Densité : 65 habitants au km², dont 63 % en zone urbaine.
- Capitale : Tunis (730 000 habitants, 2 000 000 avec l'agglomération).
- Religions : islam, religion officielle. On compte 98 % de musulmans, 1 % de juifs et 1 % de chrétiens.
- Langue officielle : arabe.
- Monnaie : dinar tunisien.
- Président de la République : Moncef Marzouki (élu en décembre 2011).
- Premier ministre : Béji Caïd Essebsi (depuis février 2011).
- Indice de développement humain : (espérance de vie, éducation, niveau de vie) : 0,683. Rang mondial : 81.
- Salaire minimum : 264 Dt (132 €) ; salaire moyen entre 600 et 900 Dt (300-450 €).
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco : la médina de Tunis, le site archéologique de Carthage, l'amphithéâtre d'El-Jem, le parc national d'Ichkeul, le site de Kerkouane, la médina de Sousse, Kairouan et Dougga.
Économie
Un faible pouvoir d'achat
Si la croissance n'avait cessé de progresser jusqu'à la crise internationale de 2008-2009, cela n'a pas suffi à diminuer les inégalités. Car pour continuer à attirer les investisseurs étrangers, les salaires étaient maintenus à un faible niveau.
Priorité emploi
L'immolation par le feu du jeune chômeur diplômé Mohammed Bouazizi le 17 décembre 2010 fut le tragique reflet du sombre tableau du marché de l'emploi, doublé de maux plus profonds (corruption systématique, injustice sociale, inégalités entre régions, etc).
Plusieurs pans de l'économie tunisienne ont été quasi paralysés lors de la révolution et les secteurs du tourisme, du transport, du commerce ou encore des travaux publics particulièrement touchés.
Le gouvernement a décidé d'un plan de relance capable d'agir rapidement sur le marché du travail.
Une économie à assainir
La famille (Ben Ali et Trabelsi) s'était appropriée des pans entiers de l'économie : immobilier, banque, téléphonie, grande distribution, industries, médias, etc. Ce « hold-up » économique aurait amputé la croissance du pays de 2 à 3 % par an selon un économiste tunisien. Sans compter la corruption.
L'État a aujourd'hui fort à faire pour stopper la gangrène qui a ravagé de larges secteurs.
Les ressources principales
Le pays tire des bénéfices substantiels de ses ressources pétrolières. Néanmoins, celles-ci baissent régulièrement et la Tunisie doit importer du pétrole.
Les mines de fer et de phosphates sont aussi largement exploitées.
La « manne » étrangère
Le G8, réuni à Deauville fin mai 2011, a promis une aide cumulée de 40 milliards US$ à la Tunisie et à l'Égypte.
Les services, moteurs de l'économie
Les services contribuent à hauteur de 55 % du PIB. Les nouvelles technologies (centres d'appels, télécommunications) se révèlent être le moteur de l'économie tunisienne. Une particularité, la croissance tunisienne est tirée par sa demande intérieure plus que par les exportations.
Le tourisme occupe habituellement une place prépondérante, que ce soit en part du PIB ou en pourcentage d'actifs
L'industrie, un secteur vital
L'industrie emploie près d'un tiers des Tunisiens et représente environ 35 % du PIB.
Le secteur était particulièrement dynamique grâce notamment au bâtiment, au génie civil, aux industries mécaniques et électriques. Ces deux dernières ont amorcé un ralentissement depuis quelques années. Le textile, certes toujours florissant, subit la concurrence étrangère.
L'agriculture, un secteur exportateur
L'agriculture et la pêche n'occupent plus que 18 % de la population et représentent environ 11 % du PIB. Mais l'année 2010 a été marquée par une mauvaise récolte de céréales. Toutefois, en 2011, et comparé aux autres secteurs déficitaires, l'agriculture était l'activité qui affichait les résultats les plus positifs en ce début d'année.
L'olivier est la principale ressource agricole, très tournée vers l'exportation avec 60 % de sa production d'huile vendue à l'étranger. Viennent ensuite les cultures d'agrumes, d'amandiers, de céréales et de raisin.
Droits de l'homme
Alors que les négociations s'éternisent pour donner une suite politique à la « révolution de jasmin », des manifestants continuent de se rassembler. Le but : maintenir la pression sur le gouvernement pour qu'on ne leur « vole » pas leur révolution. Ils regrettent que les élections devant aboutir à la mise en place d'une assemblée constituante, initialement prévues en juillet 2011, aient été repoussées de trois mois. La Tunisie ne passe pas aussi facilement d'un régime autoritaire à un système démocratique.
Pourtant, des textes importants en matière de Droits de l'homme ont déjà été - ou sont en passe d'être - ratifiés. De nombreux partis se créent, ce qui constitue l'un des éléments de la lenteur du processus en cours. En parallèle, le nombre de journaux et de sites Internet indépendants a explosé. L'ancien président Ben Ali et sa femme, aujourd'hui en exil en Arabie Saoudite, ont été condamnés par coutumace à 35 ans de prison, tandis que plusieurs caciques de l'ancien régime sont déjà derrière les verrous. Libérée, la société civile fait entendre ses revendications et les puissantes associations de femmes, notamment, ont gagné le principe de la parité hommes-femmes lors des futures élections.
Mais des militants des Droits de l'homme dénoncent la perpétuation de la torture, la police a même dû présenter ses excuses pour avoir réprimé violemment certaines manifestations en mai 2011. Des internautes se sont par ailleurs émus de la décision de couper l'accès à certains sites.
Bref, le système benalien n'a pas tout à fait disparu, les réflexes autoritaires persistent et dans ce domaine, comme dans celui de la lutte contre la corruption, de nombreuses révolutions restent encore à mener.