Fêtes et folklore
- La Saint-Sylvestre se fête bien sûr partout, mais plus traditionnellement à Laupen (canton de Berne), où les Achetringeler, des personnages costumés hideusement masqués et munis d'un balai de genévrier, dévalent du château et entrent dans la ville pour frapper les jeunes filles avec des vessies de porc gonflées, jusqu'à ce qu'elles soient toutes (les vessies, donc...) en lambeaux !
- Les carnavals sont nombreux et souvent fameux. Le plus connu est incontestablement celui de Bâle. Il est précédé, les 13, 20 ou 27 janvier (selon la date de Pâques), du Vogel Gryff, dans le Petit Bâle : le Sauvage descend le Rhin sur un radeau, avant de retrouver ses compères le Griffon (sorte d'oiseau mythique) et le Lion pour des danses endiablées sur le pont et dans les rues.
- Le Vendredi saint est spécialement célébré à Romont (canton de Fribourg), et à Mendrisio (Tessin).
- La Fête-Dieu (dix jours après la Pentecôte) est célébrée dans les cantons catholiques, par exemple à Düdingen (canton de Fribourg), à Visperterminen (Valais), et à Appenzell.
- Les combats de vaches ont lieu du printemps au début de l'été (lors de la montée à l'alpage) dans la vallée du Rhône (Valais).
- La lutte au caleçon est un sport national pratiqué surtout dans les vallées et les montagnes alémaniques. L'Association fédérale de lutte suisse a d'ailleurs réglementé ce noble art, qu'on peut voir, entre autres, pratiqué chaque année à Rigi-Staffel (canton de Schwyz) un dimanche de juillet. Les lutteurs doivent, en ne dépassant pas une aire de copeaux, empoigner l'adversaire par le revers et la ceinture de cuir de son caleçon (passé par-dessus un pantalon, qu'on ne s'offusque pas...) pour le faire tomber sur le dos.
- Le jet de la pierre à Unspunnen, près d'Interlaken (canton de Berne). Record actuel : 3,93 m.
- La désalpe se fête encore à peu près partout où les vaches passent l'été dans les hauteurs… Spectacle grandiose à Sigriswil (canton de Berne).
- Les fêtes des vendanges sont célébrées en Suisse romande surtout, à Neuchâtel le dernier week-end de septembre.
- Moins connue, la Räbechilbi (kermesse des raves) vaut toutefois le déplacement. Le 2e samedi de novembre, la nuit devient magique dans la petite ville zurichoise de Richterswil. Toutes les rues sont bordées de raves évidées et aux parois ciselées, dans lesquelles on a placé des bougies.
- Le marché aux oignons (Zibelemärit) est un événement qu'aucun Bernois ne manquerait, tôt le matin du 4e lundi de novembre.
- La Saint-Nicolas est à vivre à Fribourg (cortège du saint sur son âne avec ses disciples), mais surtout à Küssnacht (canton de Schwytz), où les « gardes du corps » du père Nicolas portent de superbes mitres lumineuses pouvant peser jusqu'à 15 kg !
- Genève fête enfin l'escalade les samedi et dimanche les plus proches du 11 décembre. C'est la commémoration de la résistance faite aux Savoyards en 1602.
Jours fériés
Un vrai casse-tête ! Les jours fériés sont en effet l'apanage des 26 cantons, mais les communes ont aussi leur mot à dire... Sur le plan national, seul le 1er août (fête nationale chômée) est imposé, mais Noël, le Nouvel An et l'Ascension font aussi l'unanimité. Tout le reste dépend des cantons : le Tessin est le plus généreux (15 jours officiels), Fribourg, dans sa partie protestante, le plus restrictif (5 jours seulement) et l'Argovie détient la palme du système le plus compliqué (six cercles différents) !
Couteau suisse
C'est l'un des objets cultes du XXe siècle. Une synthèse des vertus suisses : précis, efficace, ergonomique et économique. Dans sa belle livrée grenat, frappée de la croix blanche, il trône en devanture de toutes les boutiques de la Confédération.
Sous les marques Wenger ou Victorinox, on compte pas moins de 500 modèles différents : de la lame unique pour peler les patates à l'arsenal miniature le plus élaboré comportant jusqu'à 33 fonctions.
Véritable boîte à outils de poche avec ses sensuels bouts arrondis, il permet de couper, tailler, cisailler, percer, déboucher, ouvrir, visser/dévisser, serrer/desserrer, aiguiser, écailler, démonter, se curer les dents et se limer les ongles... ou s'orienter (boussole), gratter le fart des skis, nettoyer les clubs de golf, chasser le canard (appeau) et même éclairer (rayon laser pour conférenciers) ou stocker des données informatiques (clé USB). Le tout également en version pour gauchers.
Réputés inusables, ils font constamment l'objet de recherches en innovations à la pointe de la technologie, et leurs fabricants doivent lutter pour dépister les contrefaçons. C'est que le marché est extrêmement juteux : 100 000 exemplaires sortent chaque jour des fabriques d'Isbach et de Delémont !
Montres
L'adage « une bonne montre est forcément suisse » a bien failli ne plus être vrai. Dans les années 1970, l'Arc jurassien, grand producteur de « garde-temps », était une zone sinistrée : usines fermées, chômage... Le quartz des Japonais fut déclaré vainqueur par K.O. Mais dans les années 1980, une montre bon marché au look accrocheur réaffirme la suprématie helvétique : la Swatch. La demande fut telle que la production n'arriva pas à suivre.
Une quinzaine de maisons aux noms aussi prestigieux que des crus de Bordeaux génèrent cependant l'essentiel du chiffre d'affaires de l'industrie horlogère (plus de 7 milliards de francs suisses) avec des montres de luxe à la classe intemporelle : Rolex, Patek Philippe, Blancpain, Audemars Piguet, Ebel, etc. Les grandes marques de luxe internationales, comme Cartier, Gucci ou Chanel, font d'ailleurs produire leurs montres en Suisse. Revanche suprême : l’horlogerie suisse détient aujourd’hui la moitié du marché japonais.