Couteau suisse
C'est l'un des objets cultes du XXe siècle. Une synthèse des vertus suisses : précis, efficace, ergonomique et économique. Dans sa belle livrée grenat, frappée de la croix blanche, il trône en devanture de toutes les boutiques de la Confédération.
Sous les marques Wenger ou Victorinox, on compte pas moins de 500 modèles différents : de la lame unique pour peler les patates à l'arsenal miniature le plus élaboré.
Véritable boîte à outils de poche, il permet de couper, tailler, cisailler, percer, déboucher, ouvrir, visser/dévisser, serrer/desserrer, aiguiser, écailler, démonter, se curer les dents et se limer les ongles... ou s'orienter (boussole), gratter le fart des skis, nettoyer les clubs de golf, chasser le canard (appeau) et même éclairer (rayon laser pour conférenciers) ou stocker des données informatiques (clé USB). Le tout également en version pour gauchers.
Réputé inusable, le couteau suisse fait constamment l'objet de recherches en innovations à la pointe de la technologie, et ses fabricants doivent lutter pour dépister les contrefaçons. Le marché est extrêmement juteux : 100 000 exemplaires sortent chaque jour des fabriques d'Isbach et de Delémont !
Montres
L'adage « une bonne montre est forcément suisse » a failli ne plus être vrai. Dans les années 1970, l'Arc jurassien, grand producteur de « garde-temps », était une zone sinistrée : usines fermées, chômage... Le quartz des Japonais fut déclaré vainqueur par K.-O.
Mais dans les années 1980, une montre bon marché au look accrocheur réaffirme la suprématie helvétique : la Swatch. La demande fut telle que la production n'arriva pas à suivre.
Depuis, le soufflé s'est un peu dégonflé, mais le virage a été pris.
Une quinzaine de maisons aux noms aussi prestigieux que des crus de bordeaux génèrent cependant l'essentiel du chiffre d'affaires de l'industrie horlogère (plus de 7 milliards de francs suisses) avec des montres de luxe à la classe intemporelle : Rolex, Patek Philippe, etc. Les grandes marques internationales de luxe, comme Cartier, Gucci ou Chanel, font d'ailleurs produire leurs montres en Suisse. Revanche suprême : l’horlogerie suisse détient aujourd’hui la moitié du marché japonais.
Savoir-vivre et coutumes
La Suisse, pays du « propre en ordre » ? D'aucuns prétendent que
cela n'est plus vrai, nous avons tendance à affirmer le contraire.
Les visiteurs de passage sont toujours impressionnés par la discipline (et les voitures qui s'arrêtent pour laisser passer les piétons sur les passages prévus à cet effet) et le sens de la propreté
suisse (les passants gardent leurs papiers en main le temps de trouver
une corbeille, un mégot ne s'écrase pas sur le sol...).
Le coup des petites boîtes vertes,
où pendent des sachets de plastique de la même couleur, en a étonné
également plus d'un : il s'agit en fait de sachets mis à disposition
des propriétaires de chiens pour ramasser la crotte. Et ça marche !
Fabricants des meilleures montres du monde, les Suisses sont aussi des interlocuteurs à la ponctualité sourcilleuse.
On n'arrive pas en retard à un rendez-vous professionnel, et le costume
reste une marque de respect. Les gens s'appellent par leur nom de
famille et la familiarité n'est jamais de mise.