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![]() Culture et traditions Nord-Pas-de-CalaisFêtes traditionnelles Carnavals et géants Le Nord-Pas-de-Calais (le département du Nord surtout) a toujours été une région d'excès : excès dans la guerre,
excès dans le travail, excès dans les luttes sociales, excès dans l'amitié,
alors bien sûr excès dans la fête. Et partout dans
le Nord, par ces temps de fête, sortent les géants. Ce sont des
personnages de carton pâte, peints dans des couleurs vives où dominent le plus
souvent le rouge feu et les jaunes allumés, et armés d'une structure d'osier.
La plupart du temps, ils portent des noms liés par un bout de sentiment à la
ville.
Ducasses La ducasse, c'est la fête patronale du bourg ou du quartier dans le Nord-Pas-de-Calais. « Ducasse » est la contraction du mot « dédicace »(on décidace ce jour au saint de la paroisse). La ducasse du Nord, c'est la kermesse flamande, c'est le pardon breton. C'est un air d'accordéon entre les baraques foraines. C'est le bal populaire, le tour de carrousel, et la cuite des célibataires. Et autrefois, tout le bourg y était, et dansait et trinquait jusqu'à la lueur du matin. Sauf quand même le commis de ferme qui devait quitter à l'heure des bêtes. Langues, dialectes et accents régionaux Le picard, de Paris au sud de Bruxelles La langue picarde est très ancienne. Tout débute par le latin parlé par les envahisseurs romains de Jules César, qui connaîtra ses lettres de noblesse au Moyen Âge. Malgré de nombreux combats pour l'anéantir, le vieux langage a toujours été écrit par de grands auteurs. Du picard au ch'ti : un parler bien vivant Le mot ch'timi apparaît pendant la Première Guerre mondiale. Les Poilus du Nord furent appelés ch'timis à cause de leur manière de dire toi et moi avec une profusion de CH. Ce ch'ti, en quelque sorte version « nordiste » du picard, s'est transmis jusqu'à nos jours et n'a jamais été tant parlé, chanté et écrit dans toutes les variantes linguistiques. Cette langue traditionnelle compte actuellement 2 millions de locuteurs. Petit lexique du ch'ti - Bourle : jeu qu'on pratiquait dans l'arrière-salle des estaminets
et qui consistait à lancer des plateaux de bois sur la terre battue. Estaminets S'il est un mot qui chante délicieusement aux oreilles des vieux Nordistes, c'est bien le mot estaminet. C'était là qu'on trouvait le boire et la fille. Un espace de libre péché à l'abri du regard, ou avec l'accord « casuistiquement » tacite d'une Église fort morale. Imaginez. Une salle au plancher couvert de sciure, un comptoir en acajou chantourné, couvert de zinc. Des vitres aux verres teintés. Le tout donnant sur une cour longue où traînent encore les palets de métal du jeu de bouchon et quelques plumes du perdant du combat de coqs de la veille. Sous l'auvent, car faute d'arrière-salle, c'est ici que la veille, on a monté le gallodrome improvisé (et on croit entendre les encouragements cruels des coqueleux et des parieurs). Et derrière l'urinoir en épaisse ardoise noire, il y a le pigeonnier car le patron est coulonneux. Estaminet, lieu de mémoire. Les combats de coqs sont presque interdits et la fumée du tabac n'est plus écologiquement correcte. Mais si vous cherchez bien quelque part le long de la frontière, ou le long d'un canal, vous découvrirez peut-être l'un des derniers. Et vous comprendrez alors les lieux de la convivialité vraie. De la convivialité de classe. Car l'estaminet était (est encore, chut...) ce que le pub est à l'Irlande. Un espace de liberté et d'espoir qui accepte toutes les contradictions. Charitables de Béthune Un jour de l'an de grâce 1188, deux maréchaux-ferrants, paraît-il à jeun, croient
voir le bon saint Éloi, patron des forgerons, qui leur demande d'enterrer dorénavant
de manière moins expéditive. Ils fondèrent alors la Confrérie des charitables de Saint-Éloi,
chargée d'enfouir dignement tous les défunts. Figures Il faudrait quelque chose d'épais comme une bible ou un bottin pour imprimer tous les personnages illustres sinon célèbres qui ont eu pour berceau le Nord et le Pas-de-Calais ou qui ont œuvré pour les Flandres, Artois et autres Hainaut. Entre autres : Charles de Gaulle (1890-1970) ; Jean Bart (1650-1702), le plus grand des corsaires français ; Louis Blériot (1872-1936), le premier aviateur à avoir traversé la Manche ; l'abbé Prévost (1697-1763), auteur du célèbre Manon Lescaut ; Charles Sainte-Beuve (1804-1869), le plus grand des critiques littéraires ; Charles de l'Écluse : c’est lui qui a introduit la pomme de terre en France à la fin du XVIe siècle ; Henri Matisse (1869-1954) : le plus grand fauve de la peinture mondiale ; Maximilien de Robespierre, excessif dans la volonté de salut public, avec une trajectoire républicaine quand même aux affres de Thermidor ; Saint Patrick (vers 389-461), patron de l'Irlande et des gens intelligents ; Antoine Watteau (1676-1721), peintre fameux. |
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