Santé
Madagascar, pays en quête d'un début de développement économique, ne possède
pas encore d'infrastructure médicale d'urgence, hormis l'hôpital militaire de
Tana, et le récent Espace Médical, sorte de SAMU-SMUR privé. Alors, pensez à prendre une pharmacie de base qui, si elle ne vous est pas
utile, peut être donnée à une mission ou à une ONG.
Pour les petits bobos, on vous proposera peut-être des préparations à base de plantes médicinales. Mais en cas d'accident grave ne pouvant être pris en charge sur place, il faut
immédiatement contacter votre assurance personnelle, prise avant
votre départ bien sûr, pour être rapatrié sur Tana dans un premier temps, puis
à la Réunion, qui n'est qu'à 1 h de vol, ou vers l'Europe.
Rappel de quelques règles générales à respecter pour rester
en bonne santé
- Faire attention aux fruits et légumes crus, et éviter tout fruit déjà pelé.
- Se laver les mains avant les repas.
- Se méfier des coupures et égratignures. Sous ces climats, elles peuvent mettre
beaucoup plus de temps à guérir.
- Des chaussures neuves qui provoquent des ampoules sont à éviter car, hormis
le fait d'être désagréables, les blessures aux pieds sont très difficiles à
résorber.
- La chaleur, couplée avec l'humidité ambiante, peut provoquer l'apparition de boutons. Bien se sécher après
une douche ou un bain de mer, et porter des vêtements larges et légers, si possible
en coton, sont de petites précautions de base.
- Garder aux pieds des tongs en plastique sous la douche est un moyen efficace
de se protéger de tous les champignons divers qui « fleurissent » sous les tropiques.
Le paludisme
L'ensemble du pays est classé en zone 2, c'est-à-dire qu'il connaît un peu
de résistance à la chloroquine. Le type de palu le plus fréquent est celui à
Plasmodium falciparum, qui n'attaque que la nuit. Il est présent à 90
% à Madagascar et sachez que c’est le plus dangereux. Il a une
durée d'incubation qui va d'une semaine à 3 mois. En cas de fièvre pendant ou
après le voyage, il vous faudra consulter rapidement un spécialiste.
De novembre à avril, le risque de paludisme est plus fréquent sur les Hauts
Plateaux. En hiver il y est quasi nul. Le risque est constant toute l'année
sur les côtes est et nord. Il est indispensable, pendant toute la durée de votre
séjour, et durant 4 semaines après votre retour, de prendre un traitement
antipaludique. La résistance des souches évoluant constamment, il est
plus prudent de demander conseil à un médecin avant de partir quant au traitement
le plus adapté.
Voici cependant des règles à observer concernant la prévention.
- Traitement prophylactique à base de Savarine. À noter qu'un nouveau produit, la Malarone®, est
dans le commerce (mais il est cher). Consulter son médecin.
- Le soir, porter des vêtements clairs, les plus couvrants possible et, mieux
encore, traités.
- Sur les parties découvertes, utiliser lotions ou crèmes répulsives efficaces
: DEET à 50 % ou agent 35/35. Dans tous les cas, s'enduire les parties découvertes
du corps, toutes les 4 h au maximum, dès le coucher du soleil.
- Utiliser une moustiquaire imprégnée (à réimprégner si ouverte depuis plus
de 6 mois).
Autres problèmes
- L'eau est le principal vecteur de maladies. Ne jamais consommer
d'eau du robinet, lavage des dents compris !
- La tourista : en raison des changements d'alimentation et
de climat, on échappe rarement à ce que l'on appelle une turista, la
« courante » locale... Se munir d'un antiseptique intestinal. En cas de diarrhée,
boire beaucoup d'eau, de thé ou de Coca pour éviter la déshydratation, et se
gaver de riz nature.
- L'hépatite A, transmise par l'eau et l'alimentation, est très
fréquente. La vaccination est indispensable !
- La bilharziose et certaines autres parasitoses peuvent s'attraper
lors des baignades en eau douce.
- Le soleil : il peut cogner assez fort. Couvrez-vous la tête,
mettez des lunettes de soleil, et enduisez-vous de crème solaire à indice élevé.
- Les petites bêtes : dans les forêts humides de la côte est,
vous verrez parfois sortir les sangsues. Pensez à mettre un pantalon
et à porter des chaussures montantes lors de vos explorations. Méfiez-vous de
certains scorpions et mygales, ainsi que des scolopendres,
sortes de mille-pattes tout plat avec deux pinces sur la tête, que l'on trouve
souvent en brousse. Si vous êtes piqué par l'une de ces bestioles, en général
les habitants brûlent la plaie avec une braise (charmant, mais rien d'autre
à faire !) et il faut rester allongé sans paniquer.
- La rage : de nombreux chiens errants sont porteurs de la maladie, y compris dans le centre de Tananarive, mais il faut tout aussi bien se méfier d’une griffure de chat ou d’une morsure de lémurien. Si on voyage longtemps ou avec des enfants en bas âge, il est plus prudent de se faire vacciner préventivement. En cas de morsure, il convient de se rendre à l’institut Pasteur de Tananarive dans les 48 h.
- La peste et le choléra : le choléra est malheureusement en passe
de devenir endémique dans certaines parties de Madagascar, notamment dans les
régions proches des Comores (Majunga). Faire très attention à ce que l'on consomme
et à ce que l'on porte à la bouche. Il convient ensuite d'être vigilant devant
toute diarrhée aqueuse abondante de plus de 48 h, sans fièvre ou des vomissements
fréquents. Dans l'attente de consulter au plus vite, se réhydrater au maximum
de Coca, bouillon de légumes, eau du riz... Le choléra n'est grave que par les
pertes qu'il entraîne en eau, sodium, potassium et autres sels minéraux. Dès
que ces pertes sont compensées, on peut être considéré comme guéri.
La peste est endémique à Madagascar mais à un niveau suffisamment faible pour
ne poser aucun problème pour les touristes. En cas de séjour prolongé avec immersion
profonde dans les populations villageoises, éviter les contacts avec les rongeurs
et se prémunir contre les piqûres de leurs puces.
- Le sida et les MST : si le nombre de sidéens semble plutôt moins important que dans le reste de l’Afrique (140 000 cas recensés officiellement sur l’île pour environ 40 millions sur le reste du continent), une grande prudence s'impose. D'autre
part, sachez que, à travers tout le pays, les MST sont
nombreuses et diverses. Toutes les protections sont donc à prendre !
Dangers et enquiquinements
Madagascar est un pays plutôt sûr, sauf le soir et la nuit dans la capitale, Tananarive, et dans certains quartiers de villes de province. On ne vous dit pas que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et qu'il ne peut strictement rien arriver jamais nulle part, mais aucune paranoïa n'est de mise dans ce pays où le vazaha, l'étranger, est en général considéré avec un grand respect.
N'oubliez pas que le tourisme est parfois tout autant un choc culturel pour ceux qui vous accueillent que pour vous. Dans la capitale, évitez juste de sortir le soir et la nuit seul(e) et à pied, et conservez sur vous votre passeport.
En cas d'agression, NE RÉSISTEZ PAS.
Quelques règles générales
- Ne pas arriver en pays conquis ni exhiber ses richesses autour de soi.
- Respecter les coutumes du pays et les interdits (fady).
- Ne roulez pas seul sur les routes et les pistes la nuit.
La mendicité
Elle se développe dans la capitale et existe dans certaines villes de province. On raconte que certaines familles envoient leurs enfants mendier ou que d'autres arrivent des campagnes dans ce but. Le tourisme encourage ce genre d'attitude, mais il vaut mieux ne pas y céder sans échanger un paiement contre un service.
Les moustiques
Les moustiques aiment la peau bien blanche et piquent de jour comme de nuit. Le sujet reste épineux à Mada puisqu'en 2005-2006 une épidémie de chikungunya, un virus transmis par ces insectes, a touché l'île. Sans virer dans la psychose inutile, on conseille vivement de privilégier les traitements préventifs et de se couvrir les bras et les jambes dans la mesure du possible.
Tourisme sexuel
Les boîtes de nuit malgaches sont la plupart du temps des lieux favorisant la prostitution. Le tourisme sexuel est malheureusement en plein développement, profitant de la situation économique désastreuse du pays. Cela n'empêche absolument pas de faire une jolie rencontre au coin de la brousse, mais souvent, et surtout en ville, les contacts sont intéressés.
Drogue
Outre l'euphorisante mais interdite feuille de khat, importée du Yémen et consommée dans le nord de l'île, on doit surtout se méfier du rongony, le cannabis local, strictement interdit à la consommation. On ne rigole pas avec ça : vous risquez des amendes et des peines d'emprisonnement. On nous signale aussi des « combines » afin de piéger les doux rêveurs.